- Allô, chérie ? Me m'attends pas pour dîner ce soir : ma mère vient de mourir et je suis complètement charrette sur mon travail de deuil...
jeudi 31 janvier 2008
À moitié bourré
Ce matin, sans doute pour avoir conduit hier soir avec la vitre entrouverte, je me suis réveillé avec l'oeil gauche rouge, gonflé et vaguement larmoyant. Il en résulte que, depuis, à chaque fois que je passe devant un miroir, j'ai l'impression étrange d'avoir picolé du côté gauche et d'être resté sobre du droit.
mercredi 30 janvier 2008
Offrande musicale
Aujourd'hui, peu après trois heures, je remontais l'avenue Georges-Pompidou, en direction de la rue Thierry-Le Luron, à Levallois-Perret. La conjonction de ces trois noms devrait suffire à dépeindre la joyeuseté de mon âme, à ce moment imprécis. Il avait cessé de pleuvoir, mais les façades aveugles dégouttaient d'une eau insipide et dédaigneuse. Pour augmenter encore la poésie inverse de l'instant, il sera dit que je sortais de la boulangerie située sous les arcades, après être passé chercher de l'argent dans le mur d'une agence bancaire.
Je ne l'ai pas vue tout de suite, tant elle était immobile et absorbée d'elle-même. Elle se tenait à environ un mètre de la vitrine, à la limite de l'arche estafilée de pluie et du ciel ouvert de l'avenue. Elle était étrangement peu vêtue pour le froid humide qu'il faisait, c'est du moins ce qu'il m'a semblé. Ses jambes étaient nues presque jusqu'à mi-cuisses, et je jurerais bien qu'elle ne portait ni blouson ni veste ni manteau. Sans doute, puisque j'ai remarqué le rose légèrement marbré de ses bras un peu trop maigres.
Elle s'observait avec une telle attention, une intensité si précise que j'ai eu l'impression qu'elle venait tout juste de poser une question essentielle à son reflet et qu'elle en attendait la réponse. Son image dans la vitre paraissait à peine moins frémissante qu'elle-même, quoique légèrement plus sombre et incertaine.
Elle avait douze ans, peut-être treize - je ne suis pas un grand spécialiste. Mais de cet âge où l'enfance et l'avenir se disputent en silence un corps dont nul n'est encore censé vouloir. Et il m'a paru, mon demi-pain sous le bras, mes billets en poche, que c'était la question qu'elle venait de poser et que son reflet tardait un peu à résoudre. J'ai ralenti mon pas.
À cet instant, les nuages spongieux se sont entrouverts au-dessus des jets d'eau en jachère de la place, deux rayons presque parallèles sont venus marquer l'endroit où elle se tenait et ont enserré souplement la naissance de ses mollets. D'incolores, d'à peine discernables, ses cheveux sont redevenus blonds, ou presque. Elle a paru satisfaite de l'oracle et s'est éloignée en direction d'une courte rue dont je n'ai jamais réussi à retenir le nom.
Comme j'avais un peu trop serré mon pain sous mon bras, quelques éclats de croûte brune restaient accrochées à mon pantalon, entre la poche et le haut de la cuisse.
[Rien de cela n'est arrivé - en dehors du pain et des billets de banque. Ou bien, oui, peut-être, après tout, mais il m'aurait fallu des yeux pour en être sûr. Or, aujourd'hui, je n'en avais pas à ma disposition.]
Je ne l'ai pas vue tout de suite, tant elle était immobile et absorbée d'elle-même. Elle se tenait à environ un mètre de la vitrine, à la limite de l'arche estafilée de pluie et du ciel ouvert de l'avenue. Elle était étrangement peu vêtue pour le froid humide qu'il faisait, c'est du moins ce qu'il m'a semblé. Ses jambes étaient nues presque jusqu'à mi-cuisses, et je jurerais bien qu'elle ne portait ni blouson ni veste ni manteau. Sans doute, puisque j'ai remarqué le rose légèrement marbré de ses bras un peu trop maigres.
Elle s'observait avec une telle attention, une intensité si précise que j'ai eu l'impression qu'elle venait tout juste de poser une question essentielle à son reflet et qu'elle en attendait la réponse. Son image dans la vitre paraissait à peine moins frémissante qu'elle-même, quoique légèrement plus sombre et incertaine.
Elle avait douze ans, peut-être treize - je ne suis pas un grand spécialiste. Mais de cet âge où l'enfance et l'avenir se disputent en silence un corps dont nul n'est encore censé vouloir. Et il m'a paru, mon demi-pain sous le bras, mes billets en poche, que c'était la question qu'elle venait de poser et que son reflet tardait un peu à résoudre. J'ai ralenti mon pas.
À cet instant, les nuages spongieux se sont entrouverts au-dessus des jets d'eau en jachère de la place, deux rayons presque parallèles sont venus marquer l'endroit où elle se tenait et ont enserré souplement la naissance de ses mollets. D'incolores, d'à peine discernables, ses cheveux sont redevenus blonds, ou presque. Elle a paru satisfaite de l'oracle et s'est éloignée en direction d'une courte rue dont je n'ai jamais réussi à retenir le nom.
Comme j'avais un peu trop serré mon pain sous mon bras, quelques éclats de croûte brune restaient accrochées à mon pantalon, entre la poche et le haut de la cuisse.
[Rien de cela n'est arrivé - en dehors du pain et des billets de banque. Ou bien, oui, peut-être, après tout, mais il m'aurait fallu des yeux pour en être sûr. Or, aujourd'hui, je n'en avais pas à ma disposition.]
mardi 29 janvier 2008
Le néant de Néa, ou le vrai visage des Gentils blogueurs
Sur le blog qui se trouve en lien trois ou quatre messages plus bas, les choses se précisent, les visages se dévoilent, les remugles atteignent doucement les narines. Pour cause de manque de courtoisie, je me suis fait traiter successivement de "gros con", puis de "trou du cul", ce qui ne donne pas une idée très haute des connaissances anatomiques des PJGM de ce bouge.
Pour finir, la tenancière a déclaré que si je parlais ainsi que je le faisais, c'est parce que j'avais une petite bite, argument d'une délicatesse toute féminine, comme on voit.
Gros con, trou du cul et petite bite : je peux partir en week-end tranquille, je suis paré de tous les côtés.
Pour finir, la tenancière a déclaré que si je parlais ainsi que je le faisais, c'est parce que j'avais une petite bite, argument d'une délicatesse toute féminine, comme on voit.
Gros con, trou du cul et petite bite : je peux partir en week-end tranquille, je suis paré de tous les côtés.
Comment différencier un troll d'un gentil blogueur ?

À M. Chieuvrou, pour apaiser ses angoisses existentielles...
Pour la clarté de la démonstration, nous nous proposons de définir en premier lieu ce qu'est un gentil blogueur, que nous appellerons désormais un GB. Un GB est une personne qui vient sur votre blog, si possible de manière assidue, et ne manque pas, à chaque visite, de signaler son passage. Quel genre de traces laisse-t-il ? Des traces laudatives, exclusivement. Suivant la tonalité du billet qu'il vient de lire (ou juste de parcourir, ce qui est le cas le plus fréquent), le GB peut se déclarer "mort de rire" (qu'il écrira mdr ou lol), "bouleversé", "ému aux larmes" ou encore "écoeuré" (ce dernier terme ne convenant que lorsque le billet traite, de près ou de loin, du président de la République actuel). Dans tous les cas, il doit louer le talent de l'auteur et se déclarer entièrement d'accord avec lui. À la rigueur, s'il s'est fait une réputation d'esprit libre, il pourra timidement signaler une légère divergence de vue sur un point infinitésimalement secondaire. Ce qui, en retour, permettra au tenancier du blog de se déclarer "ouvert à la contradiction".
Maintenant, qu'est-ce que le troll ? À mon arrivée dans la blogosphère, il y aura bientôt un an, je pensais naïvement qu'il s'agissait d'une bande d'esprits maléfiques débarquant en masse sur un blog donné dans le but de l'inonder de propos grossièrement provocateurs. Je me suis rapidement aperçu que cette définition méritait d'être considérablement élargie. Peut être considéré comme troll toute personne signalant, en commentaire, qu'elle n'est pas d'accord avec ce qui vient d'être dit par le maître ou la maîtresse de maison. S'il le fait, en outre, sur un mode ironique, il devient troll au carré, autrement dit : un monstre. Le troll est l'intervenant qui rompt, un court instant, la miroitante unanimité laudative qui régnait avant son irruption incongrue.
Au cours de mes pérégrinations, j'ai cru constater que le troll était particulièrement redouté chez ce que nous appellerons les "petits jeunes gens moraux", les PJGM, généralement trentenaires et de gauche - mais ce n'est pas une exclusivité non plus. Dans les riantes contrées où règne le Bien Absolu (BA) et où s'ébattent les PJGM, l'irruption du troll est vécu comme un scandale intolérable, un coin enfoncé par le Mal Absolu dans leur petit paradis post-moderne. À ce titre, il doit être impitoyablement et très vite éliminé. Car le PJGM a très peur de la contagion du Mal (mais aussi de la grippe aviaire, de Brice Hortefeux, des OGM, de George Bush, etc. : le PJGM a peur, d'une manière générale et presque constitutive).
Comment s'organise la chasse au troll ? En bande, essentiellement. Bien qu'il soit tenu de condamner fermement la corrida et la chasse à courre, le PJGM ne répugne pas de recourir à la traque lorsqu'il s'agit du troll. Sans qu'il soit même besoin de leur passer la laisse ni de donner du cor, la meute des GB rapplique alors pour flétrir, conspuer, agonir le gnome sautillant et lui faire rentrer ses pieds de nez jusque dans l'arrière-gorge.
En général, au moment où la curée se met en place, comprenant à quel genre de singes hurleurs il a affaire, le troll est déjà loin, et la belle chasse qu'on s'était promise se termine pour les PJGM en barbecue citoyen avec congratulations festives : une fois de plus, on a réussi à repousser la Bête Immonde.
On réprime quelques rots discrets et le doux babil peut reprendre...
Au cours de mes pérégrinations, j'ai cru constater que le troll était particulièrement redouté chez ce que nous appellerons les "petits jeunes gens moraux", les PJGM, généralement trentenaires et de gauche - mais ce n'est pas une exclusivité non plus. Dans les riantes contrées où règne le Bien Absolu (BA) et où s'ébattent les PJGM, l'irruption du troll est vécu comme un scandale intolérable, un coin enfoncé par le Mal Absolu dans leur petit paradis post-moderne. À ce titre, il doit être impitoyablement et très vite éliminé. Car le PJGM a très peur de la contagion du Mal (mais aussi de la grippe aviaire, de Brice Hortefeux, des OGM, de George Bush, etc. : le PJGM a peur, d'une manière générale et presque constitutive).
Comment s'organise la chasse au troll ? En bande, essentiellement. Bien qu'il soit tenu de condamner fermement la corrida et la chasse à courre, le PJGM ne répugne pas de recourir à la traque lorsqu'il s'agit du troll. Sans qu'il soit même besoin de leur passer la laisse ni de donner du cor, la meute des GB rapplique alors pour flétrir, conspuer, agonir le gnome sautillant et lui faire rentrer ses pieds de nez jusque dans l'arrière-gorge.
En général, au moment où la curée se met en place, comprenant à quel genre de singes hurleurs il a affaire, le troll est déjà loin, et la belle chasse qu'on s'était promise se termine pour les PJGM en barbecue citoyen avec congratulations festives : une fois de plus, on a réussi à repousser la Bête Immonde.
On réprime quelques rots discrets et le doux babil peut reprendre...
lundi 28 janvier 2008
De la supériorité philosophique des femmes
"Par la force des choses, presque toutes les existences sont d'une simplicité déconcertante ; réfléchir à Spinoza en pissant risque de vous faire rater la cuvette."
(Jim Harrison, Dalva, p. 224, 10/18.)
Où l'on constate que seules les femmes peuvent sereinement conjuguer Éthique et miction.
(Jim Harrison, Dalva, p. 224, 10/18.)
Où l'on constate que seules les femmes peuvent sereinement conjuguer Éthique et miction.
Ça y est, je suis célèbre !
On s'occupe beaucoup de moi par ici. Et ne "zappez" pas la fin du billet qui, si elle ne parle plus de ma petite personne, constitue un très réjouissant râle d'auto-satisfaction de la taulière...
Pas trop tôt...
Aujourd'hui, l'Irremplaçable et Bergotte rentrent au nid. Du coup, le damoiseau se sent tout frétillant d'attente...
samedi 26 janvier 2008
Hommagealéo
Il y a deux invariants absolus lorsque l'Irremplaçable m'abandonne lâchement, comme c'est le cas en ce moment (comment culpabiliser son épouse tant aimée et lui pourrir ses vacances...) :1) Je bouffe du n'importe quoi à haute teneur en cholestérol,
2) j'écoute Léo Ferré en m'arsouillant gentiment (juste avant la junk food précédemment évoquée...).
Invariablement, je finis par retomber sur LE disque de Léo, à savoir le "double album" enregistré sur la scène de Bobino en février 1969, avec Paul Castanier, le pianiste-qui-voit-rien, comme accompagnateur. Léo, ce soir-là, a la voix totalement éraillée, détruite, et, pourtant, il n'a jamais fait un disque pareil avant, et n'en fera plus ensuite. (J'ai mis "double album" entre guillemets car, de nos jours, ça tient sur un simple CD...)
L'espace d'un ou deux verres et de 26 chansons, je redeviens l'anarchiste hirsute que je fus, vendant Le Monde libertaire (je sens que vais amuser MM. Tang et Chieuvrou, là...) à la sortie du lycée Civry (rebaptisé Émile-Zola ensuite, durant que j'y étais, à la grande et ironique surprise de Jean-Christophe Tournier, professeur de français de 24 ans, dont je chéris la mémoire, et qui trouvait que donner à un lycée beauceron le nom d'un écrivain qui avait malmené de belle manière le "grenier à blé" en question dans La Terre, était pour le moins curieux - si j'avais été moins inculte, ou plus vieux, ou les deux, à l'époque, j'aurais volontiers proposé "lycée Marcel-Proust", Illiers-Combray se trouvant à quelques heures de cheval de Châteaudun, mais bon), je vibre à Ni Dieu ni Maître, m'enflamme aux Anarchistes, frissonne d'érection potentielle à C'est extra, pleure d'amour à À toi, and so on.
Et, même, si j'ai abusé des boissons alcooliques (ce qui n'est pas le cas ce soir, ma chérie, mon rien, mon tout !), me rêve propriétaire d'un chimpanzé femelle nommée Pépée, épouillant gentiment Swann et Bergotte, dans une grande fraternité cyno-simiesque, telle qu'il n'en existe, je crois, nulle part.
Si les plus jeunes de mes lecteurs veulent savoir à quoi ressemblait un chanteur nommé Léo Ferré, c'est là qu'ils doivent aller s'esbaudir les oreilles, dans ce disque merveilleux (mais qui leur semblera peut-être bien ridicule, poussiéreux, j'en passe) et nulle part ailleurs.
[Je voulais mettre en ouverture de ce billet une belle photo de Léo et n'ai trouvé que de petits clichés rabougris : Jacquelin, si tu passes par ici, tu es autorisé à laisser s'exprimer ton génie informatique... Il faut impérativement une photo dudit avec ses longs cheveux blancs, mais si possible pas trop vieux quand même (années 70, ce serait parfait !), sinon, c'est tricher...]
On s'occupe comme on peut
Sinon, je viens de regarder deux petits films pornos des Années folles et j'en ai vraiment pris plein les mirettes !
(Ne cherchez pas à comprendre, ça n'en vaut pas la peine...)
(Ne cherchez pas à comprendre, ça n'en vaut pas la peine...)
Une autre ? Bon, d'accord...
" - Ma chère, j'aic compris dès la fin des années quatre-vingts que la presse écrite connaîtrait la même évolution que l'enseignement dans les années soixante-dix. Féminisation, prolétarisation, taylorisation. Le triptyque maudit que vivent désormais les médecins généralistes ou les avocats pénalistes. C'est une règle d'or : dès que tu vois arriver des femmes en masse dans une profession, fuis-la."
Mais pourquoi il est désagréable comme ça, ce Zemmour ?
Mais pourquoi il est désagréable comme ça, ce Zemmour ?
L'idée est plaisante
" Elle connaissait son bréviaire politiquement correct sur le bout des doigts, aussi bien qu'au temps du catéchisme chez ses grands-parents. J'avais parfois l'impression en l'écoutant qu'elle était l'enfant que j'aurais eu avec la télé. "
(Éric Zemmour, Petit frère, p. 79, Denoël)
(Éric Zemmour, Petit frère, p. 79, Denoël)
vendredi 25 janvier 2008
On englue
Une idée de nouvelle : des hackers qui empoissent tous les ordinateurs de la planète, en leur envoyant des hydromails...
Mahler de bonne heure
À ceux d'entre vous - et je sais qu'ils sont légion - qui seraient amenés à devoir effectuer matinalement le trajet Plessis-Hébert - Levallois-Perret, je ne saurais trop conseiller, en guise d'accompagnement, la quatrième symphonie de Mahler, dans la mesure où sa durée correspond exactement à celle que requiert le parcours en question.
On peut même affiner un poil (je ne sais si vous avez déjà affiné un poil, mais si vous tentez l'expérience, vous vous rendrez vite compte que ce ne peut pas être le métier de tout le monde, loin s'en faut). Si vous disposez des versions de Boulez ou d'Abbado, ces deux chefs méritants vous conduiront jusqu'aux environs du pont de Neuilly, ce qui est déjà bien. Mais si vous avez opté pour le serein Klemperer, lui vous emmènera royalement jusqu'à la porte du parking souterrain, à force de ralentir les tempos (et, non, je n'écrirai pas tempi !). De plus, votre fin de trajet sera accompagnée par la sublime voix d'Élisabeth Noiretête, et l'on connaît de plus mauvaises façons de commencer sa journée.
Petit ajout n'ayant rien à voir : les plus déliés de la pensarde se souviennent sans doute que, voilà quelques semaines, je faisais part de la présence légèrement incongrue, dans un pré bordant l'autoroute A 13, d'un chalumeau (camélidé à poil laineux, le chalumeau est une sorte de dromaludaire à deux bosses). Eh bien, depuis trois jours, l'animal a été rejoint par une bande de lamas. Non pas des lamas d'Asie, au corps imberbe et entortillé dans un rideau de douche orange, mais d'authentiques lamas andins, de ceux qui, quand eux fâchés, eux toujours faire ainsi.
Finalement, Mahler au saut du lit, ce n'est peut-être pas une si bonne idée que cela.
On peut même affiner un poil (je ne sais si vous avez déjà affiné un poil, mais si vous tentez l'expérience, vous vous rendrez vite compte que ce ne peut pas être le métier de tout le monde, loin s'en faut). Si vous disposez des versions de Boulez ou d'Abbado, ces deux chefs méritants vous conduiront jusqu'aux environs du pont de Neuilly, ce qui est déjà bien. Mais si vous avez opté pour le serein Klemperer, lui vous emmènera royalement jusqu'à la porte du parking souterrain, à force de ralentir les tempos (et, non, je n'écrirai pas tempi !). De plus, votre fin de trajet sera accompagnée par la sublime voix d'Élisabeth Noiretête, et l'on connaît de plus mauvaises façons de commencer sa journée.
Petit ajout n'ayant rien à voir : les plus déliés de la pensarde se souviennent sans doute que, voilà quelques semaines, je faisais part de la présence légèrement incongrue, dans un pré bordant l'autoroute A 13, d'un chalumeau (camélidé à poil laineux, le chalumeau est une sorte de dromaludaire à deux bosses). Eh bien, depuis trois jours, l'animal a été rejoint par une bande de lamas. Non pas des lamas d'Asie, au corps imberbe et entortillé dans un rideau de douche orange, mais d'authentiques lamas andins, de ceux qui, quand eux fâchés, eux toujours faire ainsi.
Finalement, Mahler au saut du lit, ce n'est peut-être pas une si bonne idée que cela.
jeudi 24 janvier 2008
Des idées, moi ? Vous rigolez !
Un certain nombre de blogo-gens me tient pour un individu facilement ironique, voire "provocateur" (c'est leur grand mot, lorsqu'il s'agit d'évacuer rapidement une idée qui leur déplaît tellement qu'ils n'osent même pas en discuter, ni même envisager d'en discuter).
Or, suis-je provocateur ? Ai-je même des idées ? Dans les deux cas, la réponse me paraît devoir être négative. En dehors des billets relevant de la plus complète bouffonnerie (tel celui qui, il y a deux ou trois jours, s'intitulait "Traquons l'imberbe !"), je ne crois pas faire de la provocation par plaisir. Mais je sais ce qui peut le faire croire.
C'est le fait que je n'ai jamais d'idée. Des sensations, cela m'arrive, comme à vous tous - des idées, jamais. Il se produit, bien évidemment, que des idées me traversent la tête, c'est humain. Elles sont toujours extérieures, jamais miennes.
"Bonjour, je me présente : je suis une idée.
- Enchanté, moi c'est Didier Goux. Entrez, prenez les patins, asseyez-vous. Je vous sers quelque chose ?"
Donc, l'idée se présente, ainsi qu'on vient de le voir. Pour qu'elle prenne corps, il m'est nécessaire de l'écrire, ici ou là, mais le plus souvent ici. Ce que je fais. Ensuite, seulement ensuite, je l'examine, l'évalue, la soupèse, la retourne, la... (oui, bon, on se calme). À l'issue de cet examen, parfois je l'adopte, parfois la rejette - le plus souvent l'affaire demeure indécidable. Parce que, fondamentalement, je m'en fous. Il n'empêche qu'elle reste écrite et que, pour vous, cela demeure et demeurera MON idée. Or, non, pas du tout. Ou peut-être. Mais pas sûr.
De toute façon, je ne tiens pas plus que cela à avoir des idées personnelles. Les vôtres me suffisent bien.
Or, suis-je provocateur ? Ai-je même des idées ? Dans les deux cas, la réponse me paraît devoir être négative. En dehors des billets relevant de la plus complète bouffonnerie (tel celui qui, il y a deux ou trois jours, s'intitulait "Traquons l'imberbe !"), je ne crois pas faire de la provocation par plaisir. Mais je sais ce qui peut le faire croire.
C'est le fait que je n'ai jamais d'idée. Des sensations, cela m'arrive, comme à vous tous - des idées, jamais. Il se produit, bien évidemment, que des idées me traversent la tête, c'est humain. Elles sont toujours extérieures, jamais miennes.
"Bonjour, je me présente : je suis une idée.
- Enchanté, moi c'est Didier Goux. Entrez, prenez les patins, asseyez-vous. Je vous sers quelque chose ?"
Donc, l'idée se présente, ainsi qu'on vient de le voir. Pour qu'elle prenne corps, il m'est nécessaire de l'écrire, ici ou là, mais le plus souvent ici. Ce que je fais. Ensuite, seulement ensuite, je l'examine, l'évalue, la soupèse, la retourne, la... (oui, bon, on se calme). À l'issue de cet examen, parfois je l'adopte, parfois la rejette - le plus souvent l'affaire demeure indécidable. Parce que, fondamentalement, je m'en fous. Il n'empêche qu'elle reste écrite et que, pour vous, cela demeure et demeurera MON idée. Or, non, pas du tout. Ou peut-être. Mais pas sûr.
De toute façon, je ne tiens pas plus que cela à avoir des idées personnelles. Les vôtres me suffisent bien.
mercredi 23 janvier 2008
Tout seul... elle m'a laissé tout seul...
Vous, je ne sais pas, forcément. Moi, en revanche (revanche de quoi ?), je supporte de moins en moins d'être laissé pour compte tout seul. C'est très curieux, car, deux ou trois jours avant que cela ne se produise, l'idée me séduit plutôt. Mais, dès que je me retrouve sans Irremplaçable (si vous n'avez pas d'irremplaçable, passez votre route : vous allez vous faire chier...), je commence à me demander ce que je vais faire de mes os - et de plus en plus tôt. Même picoler m'ennuie, c'est dire.
Messieurs, sommes-nous tous à ce point aliénés ? J'aimerais savoir si, vous retrouvant seul, parfois, chez vous, vous errez ainsi, à l'intérieur de votre propre vie ? (Non, juste pour savoir...) Est-ce que la nuit est réellement plus épaisse, ou bien c'est juste moi ?
Messieurs, sommes-nous tous à ce point aliénés ? J'aimerais savoir si, vous retrouvant seul, parfois, chez vous, vous errez ainsi, à l'intérieur de votre propre vie ? (Non, juste pour savoir...) Est-ce que la nuit est réellement plus épaisse, ou bien c'est juste moi ?
mardi 22 janvier 2008
Traquons l'imberbe !
Tout comme vous, j'ai appris, hier, qu'il ne restait plus qu'un seul Poilu (mot horrible, grotesque, méprisant, que nous paierons un jour d'avoir gardé, mais c'est une autre affaire). Un Poilu français, évidemment. Les Boches, on s'en contre-branle, et c'est même une vraie honte que ces salopards aient pu survivre : Dieu devra nous rendre compte de cela, un de ces jours...
Bref. Il est une chose dont personne, à part moi, ne semble s'aviser : que sont devenus les derniers planqués ? Si vous le voulez bien, pour la clarté du débat, de l'éternel combat entre le Bien et le Mal, qui nous occupe tant et tant de nos jours, appelons-les les Imberbes. Les enculés d'Imberbes, même, histoire d'indiquer clairement dans quel camp on se situe.
Les planqués, ce sont tous ces semi-pédés qui ont réussi, au prix de bassesses que nul n'ose se représenter, à échapper aux tranchées, à rester tranquillement à Paris (ou à Châteauroux ou ailleurs), trombinant gentiment, à la fraîche, les consolables veuves de guerre.
Eh bien ! je vous l'affirme hautement : ces vermines rampantes, il en est peut-être des survivantes. Des planqués de 110 ans, survivant ignominieusement dans leur bled pourri, pleins du souvenir de ces féminines corolles indûment comblées par leurs soins, salivant encore des pipes goulues administrées par de répugnantes défaitistes en chaleur, au moment même où leurs héroïques poilus se faisaient exploser les gonades à coups de schleuhs shrapnells !
Alors, mes frères, je vous le dis, il est temps. Ne laissons pas ces méfaits impunis. Unissons-nous, enquêtons, cherchons, traquons, débusquons les derniers Imberbes, et, le 11 novembre prochain, devant la Flamme, arrachons fièrement les antiques génitoires de ces hontes nationales, sous l'oeil larmoyant et aveugle de notre dernier héros.
La fierté du pays est à ce prix - et ce n'est pas trop cher payé.
Bref. Il est une chose dont personne, à part moi, ne semble s'aviser : que sont devenus les derniers planqués ? Si vous le voulez bien, pour la clarté du débat, de l'éternel combat entre le Bien et le Mal, qui nous occupe tant et tant de nos jours, appelons-les les Imberbes. Les enculés d'Imberbes, même, histoire d'indiquer clairement dans quel camp on se situe.
Les planqués, ce sont tous ces semi-pédés qui ont réussi, au prix de bassesses que nul n'ose se représenter, à échapper aux tranchées, à rester tranquillement à Paris (ou à Châteauroux ou ailleurs), trombinant gentiment, à la fraîche, les consolables veuves de guerre.
Eh bien ! je vous l'affirme hautement : ces vermines rampantes, il en est peut-être des survivantes. Des planqués de 110 ans, survivant ignominieusement dans leur bled pourri, pleins du souvenir de ces féminines corolles indûment comblées par leurs soins, salivant encore des pipes goulues administrées par de répugnantes défaitistes en chaleur, au moment même où leurs héroïques poilus se faisaient exploser les gonades à coups de schleuhs shrapnells !
Alors, mes frères, je vous le dis, il est temps. Ne laissons pas ces méfaits impunis. Unissons-nous, enquêtons, cherchons, traquons, débusquons les derniers Imberbes, et, le 11 novembre prochain, devant la Flamme, arrachons fièrement les antiques génitoires de ces hontes nationales, sous l'oeil larmoyant et aveugle de notre dernier héros.
La fierté du pays est à ce prix - et ce n'est pas trop cher payé.
On embauche
Tu ne sais rien faire ?
Tu n'as aucun talent particulier ?
Ce ne sont pas les scrupules qui t'étouffent ?
Tu aimes penser comme les autres et croire que ce sont les autres qui pensent comme toi ?
Alors, rejoins-nous...
Le journalisme est TON métier !
Tu n'as aucun talent particulier ?
Ce ne sont pas les scrupules qui t'étouffent ?
Tu aimes penser comme les autres et croire que ce sont les autres qui pensent comme toi ?
Alors, rejoins-nous...
Le journalisme est TON métier !
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