jeudi 22 décembre 2011

Mais qui a décongelé Pierre Robes-Roule ?

En tout cas, quel qu'il soit il a bien fait, puisque ce nauséabond animal vient de publier, sur son blog en léthargie avancée, un scandaleux et méchant petit conte de Noël, dont je ne suis pas sûr qu'il faille le laisser traîner à portée de tous les yeux – enfin, c'est vous qui décidez.

Il n'empêche que lire des choses pareilles au pays des droits de l'homme et en plein vingt-et-unième siècle, ça fait tout de même un peu mal aux orphelines…

L'avalé des à-valoir


La différence essentielle entre un écrivain et son confrère en bâtiment : lorsqu'il a terminé un roman, le premier remet son ouvrage sur le métier ; le second se contente de le remettre à son éditeur.

mardi 20 décembre 2011

La cantinière et les pyjamas rayés – journée portes ouvertes à l'asile

Policiers français en pleine procédure administrative, après le contrôle d'un sans-papier

Le billet débute comme suit :

Ce qui est fascinant, si l'on jette un regard en arrière, c'est que nous venons de passer 10 ans sous le régime de la terreur.

D'emblée, on sent que le tableau va être réaliste et tout en nuances. Et en effet, la suite donne dans le pastel le plus délicat :

Cela fait maintenant 10 ans que nous sommes plongés en permanence dans une sorte d'ambiance de fin du monde, dans une crise de panique sans fin dont la principale conséquence, et non des moindres, est d'oblitérer chez nous toute capacité cognitive un tant soit peu rationnelle.

On parlera ensuite de notre “joug de peur”, moins tendre que la joue de bœuf mais conduisant tout aussi sûrement à la boucherie, présume-t-on. Parvenu au bout du deuxième paragraphe de cette prose pâteuse, grisâtre, très “Europe de l'Est” dans sa conception d'ensemble, on se demande déjà quel genre de carotte poursuit notre âne gauchiste, lorsque l'on débouche tout à trac sur l'esplanade des tours jumelles, un certain 11 septembre. Mais si, vous savez bien : ce fameux fait divers dont on ne saura probablement jamais qui l'a commandité (on ne nous dit pas tout…), qui a permis aux forces de la réaction et du grand capital de transformer la moitié du monde – au moins – en un gigantesque camp de concentration, avec exécutions sommaires, désignation puis extermination de gentils boucs émissaires innocents et barbus, barbelés électrifiés, petits enfants grecs et espagnols mourant de faim sous leurs préaux, etc. Tout cela au nom d'un danger “qu'on ne voit pas” (encore que, à mon modeste avis, les dizaines de personnes qui se sont jetées du haut des tours en flammes l'ont tout de même entr'aperçu, le danger en question).

Personnellement, j'ai la chance de n'être pas de gauche et de n'avoir que de très faibles accointances avec le progressisme de cabanon tel qu'il se déploie ici. Mais si je l'étais, de gauche, il me semble que je déprimerais quelque peu à l'idée d'avoir de semblables alliés. 

Toute obnubilée par la terreur, la panique, la tremblote du mouton et le joug de peur qui lui enserrent les tréfonds, la Dame laisse pourtant échapper ceci, entre deux sulfatages de financiers ventrus et cyniques :

L'état de sidération des peuples est tel que nous avons même perdu la capacité de rire du ridicule le plus achevé.

Qu'elle se rassure : cette “capacité de rire du ridicule le plus achevé”, nous venons tout juste de la retrouver, grâce à elle.

dimanche 18 décembre 2011

Réservons le droit de vote aux étrangers !


C'est ce que propose l'excellent Jacques Étienne (dont on se demande ce qu'il peut bien fumer dès le matin…) dans son billet du jour. On notera que les arguments qu'il développe sont parfaitement rigoureux et sensés, pour peu que l'on pense vivre dans un monde lui-même rigoureux et sensé.

samedi 17 décembre 2011

Maréchal, nous voilà presque arrivés


C'est avec un très grand intérêt que je poursuis la lecture du livre de Michèle Cointet, Nouvelle histoire de Vichy. Étude à la fois très fouillée et d'une clarté exemplaire, se refusant les facilités et les partis pris idéologiques, d'un bord ou de l'autre. Néanmoins, il y a tout de même une faiblesse du scénario, grandement dommageable au soutien de l'attention chez le lecteur : à une centaine de pages de la fin, on devine déjà que tout cela va probablement très mal finir.

vendredi 16 décembre 2011

Les singes intégristes et les singes blasphémateurs


La conversation, sous mon billet d'hier matin, a quelque peu dévié, en partie du fait de Dorham (Dorham est un formidable dévieur de conversation, ce qui n'est pas sa moindre qualité : il a dû être aiguillage ferroviaire dans une vie antérieure…). Je n'y ai pas participé pour la raison simple qu'elle ne me concerne pas. Étant, à ce jour, incroyant, je vois mal ce que je pourrais avoir à dire sur le Christ, sa nature divine ou non, sur le fait de savoir qui est catholique et qui ne l'est pas, etc.

Néanmoins, je sais ce que je pense du blasphème et des blasphémateurs. Au mieux, des sales gosses. Au pire, si l'on se mêle de croire à Satan, de pauvres diables gesticulants et assez ridicules, pris dans la main de leur Maître. Le blasphème ressortit à la foi, bien évidemment, mais à une foi dégradée, dévoyée, hystérique, dostoïevskienne, écumante et impuissante, girardienne. Pour comprendre le blasphémateur, il faut lire et relire le Paradis perdu de Milton : le blasphémateur incarne la chute, mais dans sa version “théâtre de boulevard” ; les blasphémateurs sont toujours ridicules, au moins à notre époque où ils ne risquent rien. Il me semble impossible de blasphémer sans déchoir et s'abîmer, après Sade. Il reste que tout blasphémateur est un croyant qui ne se supporte plus. Un athée parfait, un incroyant tranquille ne blasphème pas : il passe outre. Mais y en a-t-il ? Qui parvient à écarter l'inquiétude ? Rejeter Dieu, c'est encore l'admettre, non ? Je pense à ces pantins gesticulateurs qui – disent-ils – se font “débaptiser”, ce qui est très tendance. Mais se faire débaptiser (si la chose était possible), c'est clamer avec force que l'on croit à la puissance du baptême. De même que se faire démobiliser est reconnaître l'existence de l'armée.

Bien sûr, il y a aussi le blasphémateur de circonstance, celui qui a compris, pour parler aussi vulgairement que lui, qu'il y avait “du pognon à s'faire” ; et c'est très précisément ce que tentent, un peu chaque jour, les minables théâtreux dont on parle ces temps derniers.

Mais pourquoi en parle-t-on ? Parce qu'il existe des gens regroupés sous le nom de Civitas. Qui sont assez stupides pour se laisser entraîner sur le terrain des blasphémateurs subventionnés ; qui organisent des processions, qui gémissent en chœur, se flagellent en rond – et font de quelques cadavres progressistes des martyrs de la culture, des christs-en-croix de la laïcité, des saint Sébastien de la liberté d'expression. C'est la bêtise à front de taureau contre une autre qui lui ressemble trait pour trait. Le singe affronte le singe, et chacun se prend pour l'homme. Alors que, pendant ce temps où ils font les guignols, ils devraient plutôt voir les blasphémateurs pour ce qu'ils sont réellement – du rien qui fait du bruit – et prier pour eux ; en silence.

jeudi 15 décembre 2011

Deux hommes et une seule chaise : drame


Les hommes politiques, de quelque bord qu'ils soient ou se croient, ne sont jamais des adversaires ; tout juste des rivaux.

Les acteurs sont des cons (André Wilms en particulier)

Nous parlions hier de Jean-Louis Murat. Je réitère : je crois vraiment n'avoir jamais entendu aucun chanson de ce garçon – mais il est vrai que j'ai cessé de m'intéresser à la chanson en général il y a au moins trente ans – ou vingt-cinq, peu importe.

Mais tout de même (et bien que je ne l'écouterai jamais probablement), rencontrer un chanteur qui connaisse au moins le nom de Bernanos ou de Léon Bloy (qui me gonfle, mais c'est une autre affaire) donne envie de taper dans ses mains avec un sourire niais et d'entamer la danse de la pluie.

Parce que, en général, les chanteurs, les acteurs, les “comiques”, etc., sont des noix vomiques qui demandent d'avoir un estomac solide pour les écouter, et même seulement les regarder.

Par exemple, hier, dans l'émission de merde de Taddéi (sur France 3, ne me demandez pas son nom), il y avait André Wilms, ce vieil acteur connu des Français pour avoir joué dans ce film pitoyable (La Vie est un long fleuve tranquille) de ce réalisateur pitoyable qu'est… Comment s'appelle-t-il déjà, celui-là ? On a oublié. Peu importe. Bref, ce vieux Wilms s'est vautré hier soir dans un ridicule absolu, il m'a fait pitié, tellement que j'ai finalement zappé parce que je déteste voir les gens se ridiculiser devant moi. Or, c'est ce qu'il a fait, bien entendu : il s'est ridiculisé. Parce que, visiblement, il est un con. Un con impérial. Dans une société normale, personne ne demanderait son avis sur rien à cet ignorant absolu ; mais, là, on était à la télévision, chez Frédéric Taddéi qui, lui-même, enfin bon… il est animateur, quoi.

Il était très amusant, ce Wilms. On le sentait sûr de savoir certaines choses (et il cherchait des yeux la caméra qui le filmait), il parlait sur ce ton pontifiant qu'ont tous les mauvais comédiens français, et les imbéciles de toute nationalité, quand on leur tend un micro. Il avait bien révisé avant de venir, notre Wilms, glané trois citations, tout ça…  C'est au moment où, le regard grave et la glotte profonde, il nous a balancé "l'art dégénéré" (oh, putain, vous auriez vu sa gueule, à ce moment-là, à ce vieux cabot !), que mes nerfs ont lâché et que je suis passé sur une autre chaîne qui diffusait un film de zombis – tout le monde a ses faiblesses.

L'honnêteté m'oblige à dire que ce Wilms n'était pas le seul souverain poncif présent sur ce plateau. Il y avait aussi le vieux Closets (François de) et deux ou trois raclures médiatiques dont l'histoire – véhiculée par votre serviteur – n'a pas retenu le nom. 

L'affaire s'appelait “revue de presse”. Le principe est simple. À chaque changement de sujet, on garde le panel du jour (et notamment notre Wilms qui, en temps que saltimbanque, sait bien sûr tout sur tout), et on leur donne à bouffer un innocent qui n'a pas bien compris qu'il ferait mieux de fermer sa gueule, ou au moins d'éviter cette fosse aux lions édentés. Hier soir, les Blandines modernes étaient d'abord un catholique "intégriste" (là, nos Wilms et nos Walter Closets ont déchiré à belles dents et sans risque), puis un commandant de police, venu parler de la promesse de Nicolas Sarkozy d'équiper les policiers de fusils à pompe. Comme il n'était pas certain que les six appointés du plateau soient suffisants pour écraser le commandant en question, on lui avait adjoint une sorte de  grosse chose qui, si j'ai bien compris, après avoir erré dans diverses professions, a écrit deux romans policier, ce qui, on le comprend, lui donnait le droit de parler de la police, de la société, de la prévention, etc., avec beaucoup plus d'autorité que le pauvre commandant en question.

Quel que soit le sujet de cette “revue”, l'affaire était entendue : on amenait dans l'arène un malheureux simplet qui n'avait pas compris que le monde avait changé. Je pense qu'à la fin de l'émission, ils l'ont tous compris – mais c'était trop tard. Je leur suggère, la prochaine fois, de venir avec leur fusil à pompe.

mercredi 14 décembre 2011

Ça balance pas mal, en auvergne…

Je crois bien n'avoir jamais entendu une seule chanson de Jean-Louis Murat. Ou bien j'ai oublié. Ou alors j'étais saoul. Ou i' sentait pas bon. Toujours est-il que je trouve ce garçon fort sympathique, à en juger d'après cette interview parue dans Le Point, et dont voici un extrait :

« Ces hommes de gauche patentés, je connais leur mode de fonctionnement. Le plus grand des jolis cœurs, Renaud, je l'ai vu faire un truc qui te conduit normalement en prison. Il est devenu mon ennemi de base, même si on ne tire pas sur une ambulance. J'ai vu aussi des hérauts de la gauche jouer au poker une petite nana perdue, une nana de 16 ou 17 ans. "Elle est pour toi ou elle est pour moi ?" Je les ai vus faire ça, ces mecs qui hurlent à la mocheté du monde dès qu'un chien se fait écraser. Dans le business, c'est pire. C'est un milieu où il faut se taire. Ils ne peuvent pas me supporter, je le leur rends bien. Je n'ai pas d'amis là-dedans. »

Et puis un autre, tiens :

« Je n'ai jamais été de gauche une seule minute dans ma vie, mais je n'ai jamais été de droite non plus. L'engagement, c'est différent, c'est le pont plus loin. Si tu t'engages, tu dois faire abstraction du fait de savoir si tu es de droite ou de gauche. Ou alors il faut faire de la politique comme Flaubert, c'est-à-dire déceler la connerie, sortir le détecteur. C'est un spectacle tellement ridicule qu'il faut jeter un regard neuf dessus. On aurait besoin de Blake Edwards pour mettre en scène la clownerie de l'accord passé ces derniers jours entre les Verts et le PS, par exemple ! »

En plus, il a une belle gueule, M. Murat. Si j'étais pédé, je crois que je coucherais plutôt avec lui qu'avec un autre.

mardi 13 décembre 2011

Quand tu es gauchiste, tu as le droit d'être homophobe

La Preuve. Tu peux aussi être souvent vulgaire, jamais drôle et dessiner toujours comme une bite.

Les charmes capiteux de la bergère à oreilles


J'aime beaucoup les films anglais. Et même les téléfilms. À condition qu'ils déroulent leur scénario chez les riches : les navrances populeuses d'un Ken Loach, par exemple, me donnent immanquablement envie de débrancher le poste – ce qui est idiot, puisque j'ai la télécommande en main – et d'aller m'octroyer une double ration de single malt au fumoir. De toute façon, je me fous bien de l'histoire qu'on me raconte : ce que j'attends, ce sont les scènes d'intérieur qui me permettront d'apercevoir le mobilier – et tout particulièrement les fauteuils. J'ai toujours rêvé de me déposer le fondement sur le Commonwealth, ça tournerait presque à l'obsessionnel. Aussi, quand Jacques Étienne a publié ce billet, me suis-je aussitôt roulé dans les convulsions de la jalousie la plus vile.

Puis, essuyant la bave aigre qui maculait mes lèvres, j'ai annoncé à l'Irremplaçable que le programme d'économies rigoureuses que nous venions tout juste de voter allait être inauguré par l'achat d'un fauteuil chesterfield – et plus précisément d'une bergère à oreilles, probablement assez semblable à celle reproduite à gauche, ci-dessus. 

(Je ne sais pourquoi cette appellation, bergère à oreilles, me fait invinciblement penser à la vieille devinette salace concernant la taille idéale chez une femme…)
Bref, cette lubie prendra corps le 29 décembre prochain, entre onze heures et midi, et l'affaire se réglera dans la Manche. Si notre ruine définitive devait s'ensuivre, M. Étienne pourrait en être tenu pour seul responsable, j'aime autant qu'il le sache, et vous. 

dimanche 11 décembre 2011

L'aloès comme le vin s'améliore avec le temps


On était trois, mais à peine puisque je dormais à moitié. Catherine dit à sa fille :

– Il est tellement vieux qu'il est forcément bio.

Il ne s'agissait pas de moi, j'en ai eu l'immédiate certitude. Mais, me dirigeant vers la cuisine pour un verre supplémentaire, j'ai tout de même souri. Comprenne qui pourra.

vendredi 9 décembre 2011

Clio diesel, Clio turbo

Je savais que mon billet d'hier, concernant Jean Sévillia, m'attirerait les commentaires que j'ai eus. Je me demandais d'où ils viendraient (je ne parle évidemment pas de Léon), mais me doutait que l'un au moins émanerait de Dorham. L'autre est arrivé de chez Artémise, ce qui m'a surpris dans un premier temps mais plus du tout dans un second.

Le premier commentaire de Dorham est pour dire, tout à fait en gros, qu'il est d'accord avec Sévillia pour ce qui concerne Pie XII, ce qui semble normal puisqu'il (Dorham) est catholique. Sa deuxième intervention est, comme je l'attendais plus ou moins, pour me mettre en garde contre Sévillia lui-même. Il le fait malignement, bien entendu comme c'est son habitude :

« L'Histoire objective n'existe pas, elle est impossible ; elle est toujours orientée en fonction des penchants politiques de l'auteur. Aussi, faire confiance à un historien, quel qu'il soit, me semble relever d'une grande imprudence. »

Bref, il noie tout dans le relativisme, ou en tout cas il feint de le faire. L'histoire devient opaque pour tout le monde ; lire des livres, se fier aux références données par l'auteur, tout cela est absurde et voué à l'échec : l'histoire n'existe qu'en fonction des présupposés idéologiques de celui qui l'aborde.

Je crois parler assez régulièrement des livres d'histoire que je lis. Je ne me souviens pas que Dorham ait cru bon de m'avertir de ce danger idéologique terrifiant lorsque j'évoquais un ouvrage écrit par un historien réputé de gauche (Hobsbawm, Furet, Winock, Azéma, etc.). La raison est évidemment patente : un historien de droite, ou “punaisé” de droite, comme on punaise un papillon exotique, ne peut que gauchir sa recherche au nom de ses présupposés, cependant que son homologue de gauche, lui, se laisse doucement porter par le fleuve de la vérité.

Maintenant, il y a le cas d'Artémise. Elles est historienne. De profession professorale. Estampillée et diplômée. Du coup, elle draine après elle tout le poids des professeurs plus anciens qui l'ont reçue dans le cénacle, ce qui la dispense d'argumenter en quoi que ce soit : elle délivre ses oukases, vous ligote joyeusement Sévillia avec Secher et vous fait disparaître ce petit couple républicain dans un trou de Loire au nom d'une orthodoxie qu'elle ne prend pas la peine de justifier le moins du monde : elle édicte, et ça doit vous suffire.

Je ne sais pas si Jean Sévillia a tort ou raison ; ou un peu tort et beaucoup raison ; ou l'inverse. J'attends d'Artémise qu'elle m'explique en quoi Reynald Secher est un rigolo ou un escroc, en quoi les documents qu'il cite et reproduit en fac-similé ne sont pas recevables ; et je dis à Dorham qu'un historien – non plus qu'un romancier : voir Balzac – ne se laisse pas forcément gouverner par ses préférences idéologiques.

J'ai eu pour professeur Jacques Marseille, en 1977 et 1978. Il était alors très proche du parti communiste et n'en faisait pas mystère. À cette même époque, il a décidé que sa thèse de doctorat d'État aurait pour sujet la manière dont la France avait pillé les richesses de ses colonies – et il s'est mis au travail, a plongé dans les archives afin de montrer comment ce pays, le nôtre, s'était enrichi sur le dos des Africains, Maghrébins, Annamites, etc.  Sauf qu'à sa grande surprise (qu'on imagine déplaisante, au moins dans un premier temps), il est arrivé à la conclusion inverse, à savoir que ses colonies avaient coûté de l'argent à la France. Et il l'a écrit.

Dorham est de gauche, Artémise est jeune : cela leur donne toutes les excuses pour être du côté de la vérité. Quant à moi, vieux, réactionnaire et passablement inculte, j'ai encore plus qu'eux toutes les raisons du monde pour raconter n'importe quoi.

jeudi 8 décembre 2011

La colonisation, ce génocide complètement raté

Pie XII fut-il ce pape pronazi que nous présente ad nauseam la vulgate antichrétienne moderne ? Galilée est-il ce martyr d'une Église obtuse, résolument opposée à tout progrès scientifique, qui traîne encore dans les manuels d'histoire des écoles ? La colonisation européenne représente-t-elle ce mal absolu, ce génocide auquel nous intime de croire la gauche, qui en fut pourtant à l'origine ? Sommes-nous bien sûrs d'être encore capables de comprendre l'état d'esprit de ces millions d'hommes qui furent précipités dans la fournaise de la Grande Guerre ? La France d'après 1945 a-t-elle été, comme on tendrait à nous le faire croire, rebâtie quasiment par les seuls immigrés d'Outre-Méditerranée (qu'on venait pourtant de génocider – voir plus haut), cependant que ces salauds de souchiens bronzaient à la Baule, quand ils ne maniaient pas le fouet sur le dos de ces mêmes damnés de la Terre ? Autant de questions, et quelques autres avec elles, que Jean Sévillia examine avec érudition et entrain dans son dernier livre, Historiquement incorrect, dont je déconseille vivement la lecture à tous ceux qui ont besoin de leur cellule de confinement idéologique pour ne pas céder à la panique du grand large. Pour les autres, allez-y : on n'a pas tous les jours l'occasion de s'aérer le cortex.

Rappelons tout de même quel sinistre sire est l'auteur : non content d'être rédacteur en chef adjoint au Figaro Magazine (c'est très mal, ça !), il est en plus récidiviste puisque, voilà une pincée d'années, il publiait déjà un livre intitulé Historiquement correct, bâti sur le même principe que celui dont je viens de parler tout à fait superficiellement. C'est dire si les collégiens et lycéens de ce temps ne courent absolument aucun risque de voir un jour les propos pestilentiels de ce maniaque atterrir sur leurs pupitres.

mercredi 7 décembre 2011

Quand vacillent les certitudes nauséabondes


C'est tout à fait machinalement que je me suis approché de l'une des cinq fenêtres qui, de ce bureau, donnent sur la rue Anatole-France et la petite place du Maréchal-Juin. C'était rouge pour les piétons et, nonobstant, j'avise une dame très vieille et très branlante, affligée d'un panier à roulettes qu'elle semblait traîner en laisse derrière elle comme un cador rétif, faisant mine de s'engager sur le passage dit protégé, tout luisant de la pluie qui venait de choir. « Mamy, t'es givrée, tu vas te faire mettre en pièces ! » fut mon cri intérieur. Peut-être l'entendit-elle car elle s'arrêta aussitôt. Puis le petit bonhomme piéton se mit au vert. Un groupe de quatre ou cinq jeunes cadres idiots s'engagea résolument sur le passage sans s'occuper de rien ni de personne, ridiculement alertes, pompeusement assurés de leur droit à l'existence. Ma grand-mère d'un moment les suivit à petits pas, bien lentement et avec un fort tangage latéral. C'était si mal engagé, sa traversée d'Anatole, que l'autre trottoir semblait s'éloigner. Finalement, ce fut un jeune noir, fringues de racaille et téléphone vissé à l'oreille, qui, après s'être penché sur la sienne, d'oreille, prit le bras de l'aïeule afin de la faire traverser.

Quand ils eurent tous deux disparus de ma vue, j'eus l'impression que le clin d'œil du géant vert Cételem, sur l'immeuble en face, était nettement plus ironique que d'habitude et qu'il s'adressait à moi seul.

mardi 6 décembre 2011

Le boudin c'est l'homme : toujours meilleur quand il est blanc


Si jamais les aléas de votre misérable existence vous conduisent un jour à Bouillon, Belgique, vous pourrez sans crainte aller déjeuner ou dîner ici. Si vous avez un ami SDF vivant dans le coin, pensez à l'emmener avec vous : le SDF belge est idéal pour les conversations amicales et intelligentes. En plus, il aime le chablis, ce qui n'est pas un mince atout.

Le SDF belge est du reste un curieux oiseau, dans la mesure où, contrairement à son homologue français, il est logé tout à fait convenablement : son toit ne fuit pas, l'appartement est chauffé – il y a même la wi-fi et du café (mais plus de filtres : il faut descendre en chercher à la supérette qui est à trente mètres). De plus, il n'hésite pas à montrer sa gratitude lorsqu'on lui apporte un camembert au lait cru et moulé à la louche direct de Normandie.

Si vous vous rendez à Bouillon, il est fort probable que votre GPS vous fera passer par Rethel, petite ville située à peu près à mi-chemin entre Reims (où vous vous serez arrêté pour revoir la cathédrale) et Charleville-Mézières (où vous ne manquerez pas d'aller admirer la place Ducale et de visiter le musée Rimbaud s'il vous reste un peu de temps). Mais avant cela, vous aurez poussé la porte de cette boutique, afin d'y acheter moult boudins blancs ; car le boudin blanc du cru n'a rigoureusement rien à voir avec les espèces de bites molles, insipides et spongieuses que l'on vous sert habituellement dans les autres charcuteries du royaume. Si vous vous apercevez que vous avez égaré l'adresse de ce temple, téléphonez à Nicolas J. qui se fera un plaisir de vous remettre sur le droit chemin.

Si vous avez un lien de parenté quelconque avec Christiane et Daniel Goux, vous pourrez aussi vous arrêter chez eux et vous y faire servir une salade au lard accompagnée par un gewurtztraminer à se rouler par terre en couinant de bonheur. Mais bon : il faut être parent très proche, tout de même…

Au retour, vous déciderez de faire escale à Laon pour y visiter la vieille ville. Mais, comme chaque fois que vous prenez cette décision-là, il se mettra à tomber des cordes juste pour votre arrivée, et le ciel redeviendra serein dès que vous aurez renoncé à la visite. Du coup, vous rentrerez directement chez vous, où vous ne manquerez pas, après avoir récupéré vos chiens au chenil de Chaignes, de vous octroyer un généreux apéritif de fin de voyage. Vous tenterez ensuite d'éponger l'alcool ingéré en dévorant l'un des boudins blancs rapportés, mais n'y réussissant pas vous irez vous coucher – en choisissant de le faire dans votre seconde maison, afin de ne pas importuner votre Irremplaçable par vos barrissements de dormeur ivre.

samedi 3 décembre 2011

En route vers l'Est


Retour lundi soir…

jeudi 1 décembre 2011

Les républicains français, ces négationnistes à bonne conscience

Le Massacre des Lucs-sur-Boulogne, vitrail de l'église paroissiale

L'étude de Reynald Secher sur le génocide/mémoricide vendéen (je n'en suis encore qu'à la partie “génocide”) est absolument terrifiante : on voit là se mettre en place tout ce que les nazis et les communistes – sans parler des Turcs de 1915 – réaliseront un siècle et demi plus tard : l'élimination systématique d'une population donnée – femmes, enfants et vieillards compris – avec effacement des traces de ce crime froidement programmé, ces massacres d'une sauvagerie inouïe ne semblant pas être le fruit de “débordements” de soudards ivres de sang, si l'on en croit les pièces produites par l'auteur, mais le résultat d'une politique voulue, planifiée et bruyamment applaudie à mesure de son exécution par les membres du Comité de salut public, Robespierre en tête – ces mêmes membres qui, pour beaucoup d'entre eux, trois ou quatre années plus tôt, signaient bravement notre fameuse Déclaration des droits de l'homme. Et on reste béant de constater qu'un Carnot a encore sa rue, son boulevard ou sa place dans pratiquement toutes les villes de France, qu'un boucher ignoble comme le général Haxo a la sienne à Paris, etc. Un peu comme si Himmler possédait son avenue à Berlin ou Eichman sa mignonne placette dans le vieux Düsseldorf – mais on va me dire que j'exagère, que les deux choses ne sont pas comparables. Malheureusement, non seulement elles le sont, mais il semble assuré que, de ces deux “choses”, la première a très largement inspiré la seconde : on a tiré, à Berlin, les leçons des erreurs et des approximations commises à Paris par les vertueux membres de la Convention. Au fond, la seule vraie différence entre ces deux génocides est que celui perpétré par les nazis a été montré au grand jour dès la fin de la guerre, et que ses négationnistes sont généralement poursuivis et condamnés. Dans le cas de la Vendée, nous sommes tous, plus ou moins, des négationnistes à bonne conscience.
 

Pourtant, il n'y a vraiment pas de quoi…


Merci à Duga…

mercredi 30 novembre 2011

mardi 29 novembre 2011

Le chevalier des Touches était-il gay ?


Il y a chez Barbey d'Aurevilly certaines exagérations qui, lorsqu'on les rencontre pour la première fois, ou la deuxième, peuvent paraître ridicules, au point d'oblitérer la lecture durant une minute ou deux. Elle surviennent le plus souvent, ces outrances, lorsqu'il s'agit d'exalter le courage ou la force d'un personnage – généralement mâle mais pas toujours. Et puis, à force de les voir revenir, une atmosphère nouvelle se crée, étrange, inattendue, mal définissable. Jusqu'à ce qu'on comprenne à quoi, par elles, nous ramène Barbey : aux épopées médiévales, aux chansons de geste, dans lesquelles il n'est pas rare qu'un chevalier, d'un seul coup d'épée, tranche tout uniment et par le milieu le cavalier ennemi et son cheval. Cet exemple m'a surgi à l'esprit juste après avoir lu le passage suivant du Chevalier des Touches (GF-Flammarion, p. 142), dans lequel il est question du chouan Juste Le Breton :

« Un jour, ici, sur la place du Château, il était entré à cheval chez un de ses amis qui logeait Hôtel de la Poste, et, ayant monté ainsi les quatre étages, il avait forcé à sauter par la fenêtre son cheval, qui, en tombant, se brisa trois jambes et s'ouvrit le poitrail, mais sur lequel il resta vissé, les éperons enfoncés jusqu'à la botte, n'ayant pas, pour son compte, une égratignure ! »

On veut bien que les plafonds de l'Hôtel de la Poste aient été particulièrement bas (mais alors comment faisait Le Breton pour circuler sous eux, juché sur sa monture ?), mais tout de même, ce saut de quatre étages…

Dans le même roman, il est question du chevalier éponyme ramenant un certain M. Jacques d'Angleterre jusqu'aux côtes normandes, dans une coque de noix tenant plus du radeau précaire que de la barque. Et il est dit que, pour s'alléger au maximum, les deux hommes se servirent pour ramer de la crosse de leurs deux fusils. Je ne suis pas un expert en aviron, certes, mais…

Enfin, pour revenir au Le Breton sauteur d'obstacle de tout à l'heure, lors de l'attaque de la prison de Coutances – où les douze sont venus délivrer des Touches, qui doit être guillotiné le lendemain –, il saute sur la sentinelle pour l'empêcher d'alarmer. Puis, au lieu de la tuer, il la maintient en l'air en la serrant au cou durant tout le temps que dure le coup de force de ses camarades

En réalité, la question qui me trotte, ayant refermé le roman, est celle de savoir si des Touches est homosexuel ou non. Peut-être d'ailleurs suis-je le dernier, pour cause de lecture tardive, à enfoncer cette porte depuis longtemps ouverte. Mais enfin… cette insistance suspecte de l'auteur à parler de sa beauté toute féminine – laquelle d'ailleurs inspire une sorte de sourde répugnance à Mademoiselle du Percy, elle-même assez “virile” dans son aspect –, à indiquer le peu d'intérêt qu'il montre aux jeunes femmes qui peuplent le récit, et au contraire à valoriser l'amitié indéfectible et étroite entre le chevalier et le mystérieux M. Jacques… Surtout, il y a cette étrange scène presque finale, lorsque, pour sauver le chevalier réfugié dans sa chambre, la très prude et très vierge Aimée de Spens se dénude entièrement devant sa fenêtre, afin de faire croire aux poursuivants de des Touches qu'elle est bel et bien seule chez elle : ne le fait-elle pas parce qu'elle sait que son protégé ne tentera rien pour lui ravir son innocence ? Que le regard qui ne manquera pas d'effleurer son corps ne peut rien avoir de sacrilège ? Bien sûr, on pourrait aussi imaginer qu'au contraire elle s'efforce de le tenter, parce qu'elle éprouve du désir pour lui. Mais d'une part cela ne cadre pas avec ce personnage, si entier et solennellement promis de fraîche date au fameux M. Jacques. Et d'autre part, même si elle avait voulu le tenter, le fait est qu'elle n'y réussit pas du tout.

Je me demande ce qu'en pense Renaud Camus, tiens

lundi 28 novembre 2011

Scandale : les étrangers restent des Français de seconde zone !

Ne reculant devant rien pour me faire souffrir, je viens de lire un dix-millième billet prônant l'octroi du droit de vote aux étrangers résidant en France. Inutile de revenir sur la profonde et sotte aporie que constitue cette mirobolante idée. Non, ce qui m'étonne chaque fois c'est plutôt l'incohérence des arguments avancés. Tenez, dans le billet que je viens de lire, on nous dit :

Les résidents étrangers de longue durée installé à côté de chez vous participent à la vie de la cité comme vous et moi.

Or, non, justement, ils n'y participent pas comme vous et moi, pour la simple et suffisante raison qu'ils n'ont pas le droit de vote. Je suppose que l'on veut signifier qu'ils participent à la vie économique de “la cité”, comme il est dit si drôlement. Mais alors je m'étonne que nos braves amis gauchistes, qui font profession de mépriser et haïr tout à la fois l'argent, ramènent la vie de la cité à sa seule composante économique et monétaire. Paradoxe qui est d'ailleurs confirmé quelques lignes plus bas :

Ils y demeurent, y travaillent et y payent leurs impôts. Leurs enfants, souvent nés en France, vont à l'école publique. Ils sont parties prenantes de la construction de l’avenir de notre pays.

En quoi le fait de payer des impôts serait-il suffisant pour devenir citoyen d'un pays ? D'un pays où, de surcroît, environ la moitié des citoyens n'en paient pas ? S'ils paient des impôts (si certains paient des impôts…) c'est simplement pour pouvoir bénéficier des nombreux services gratuits que leur offre, comme à tout le monde, et fort généreusement, leur pays d'accueil. Ce qui, d'ailleurs, est naïvement avoué dès la phrase suivante, où l'on nous dit que leurs enfants vont à l'école publique : c'est précisément pour cela qu'ils paient des impôts, comme vous et moi. (Et on passera sur le fait que nul, à ce jour, n'a jamais encore été capable de nous dire comment on devait s'y prendre pour réussir à construire un avenir…) 

Et puis, bien entendu, comme à chaque fois, l'auteur termine en nous précisant doctement que ce projet ne concerne que les élections locales, et qu'en aucun cas ces étrangers ne pourront se transformer d'électeurs en élus. Ah ? Et pourquoi donc ? Qu'est-ce qui motive cette soudaine timidité ? Si les étrangers-qui-paient-des-impôts participent à la fameuse “vie de la cité”, il me semble que, du même coup, ils participent aussi à celle de l'État, non ? Et vous leur interdiriez de choisir leur député ? Leur président ? Xénophobes, va ! Et au nom de quel distinguo qui m'échappe prétendez-vous leur barrer l'accès à la mairie de leur commune (où leurs enfants vont à l'école publique) ? Du Conseil général de leur département (où ils paient des impôts comme vous et moi) ? De l'Assemblée nationale ? De l'Élysée ?

Mes bonnes âmes, je suis désolé de devoir vous le dire, mais vous êtes d'une incohérence qui frôle la faiblesse mentale. Ou bien si vous faites du comme-vous-et-moïsme à géométrie variable ? Ce serait moche, vraiment. D'autant qu'on en arriverait presque à se demander si, au fond de vous-même, vous ne considéreriez pas les étrangers comme des Français de seconde zone. Ce qui serait encore plus moche.

Heureusement, nos braves amis ont toujours, en dernier recours, l'argument imparablement massue pour nous faire taire ; lequel peut s'exprimer à peu près ainsi : d'autres pays d'Europe l'ont fait, alors pourquoi que pas nous ? 

Le “pourquoi que pas”, c'est l'avenir de l'Europe. Un avenir à construire, évidemment : retroussez vos manches, rangez vos truismes et sortez les truelles.

Vives inquiétudes au sujet de Nicolas J


Voilà au moins vingt-quatre heures qu'il n'a pas fait de nouveau billet sur son gadget stupide…

Le pronostic vital serait-il engagé ?

La blogosphère tremble…

dimanche 27 novembre 2011

Mais quel embêtement, cette extralucidité des morts !

Grands Normands – sous-titré Études sentimentales – est une sorte de vagabondage littéraire auquel s'est livré Jean de La Varende, dans les années trente du siècle qui nous fuit. Le livre comprend deux douzaines de petits textes, initialement publiés ailleurs, qui parlent de Barbey d'Aurevilly, Flaubert et Maupassant. Dès la seconde page de son introduction, on tombe sur cette anecdote que je n'ai pas cru devoir garder pour moi seul (je précise que j'ai scrupuleusement respecté la ponctuation parfois déconcertante de l'auteur) :

« J'ai connu la princesse de M… Elle trompait outrageusement son confiant mari. Après la mort du prince, cette ardente personne tint, à toute force, malgré les supplications de sa famille et les pleurs de ses enfants, à épouser son dernier amant, hélas ! si jeune. Quelqu'un lui dit : “ Mais voyons… épargnez-nous ce scandale… Du temps du pauvre Guy, vous n'aviez pas de tels scrupules… ”. Le conseilleur lui proposait, en somme, de continuer… La princesse eut cette réponse : “ Du temps où Guy vivait, j'arrivais à lui cacher mes liaisons. Maintenant qu'il me voit, ce n'est plus possible ”… Je salue, bien bas, la princesse moustachue, et remariée. »

Voilà pour le sourire. Quant aux opinions, très tranchées, de La Varende à propos des romans de Flaubert, elles me déconcertent et m'incertisent, dans la mesure où elles sont à l'exact opposé de celles que je pense avoir, lui mettant Salammbô au sommet de la pyramide, alors que ce Flaubert-là, le Flaubert “peplum” m'a toujours profondément ennuyé. Le pire est que ses arguments me troublent, et que me semble bien proche le moment où, soupirant et résigné, je vais devoir relire le roman, en tentant de le faire avec les yeux de La Varende. Et en sachant, moi aussi, qu'il me verra.

C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar…

samedi 26 novembre 2011

De la Vendée à Vichy : balade révisionniste


Il est des magazine qui ne coûtent pas très cher à l'achat, mais qui se révèlent finalement onéreux, en raison de ce que l'on pourrait appeler les “dépenses induites” ou encore les “frais dérivés” Il en va ainsi de la Nouvelle Revue d'Histoire – NRH pour les pratiquants. Dès le premier feuilletage rapide du numéro de novembre-décembre (oui, la dame est bimestrielle…), j'ai su que je ne résisterais pas à l'appel de la commande pour deux des ouvrages recensés. Tout d'abord le livre de Reynald Secher intitulé Vendée. Du génocide au mémoricide, dans lequel, nous dit-on, l'auteur montre, en s'appuyant sur des archives jamais encore exploitées par les historiens, que le massacre global des Vendéens fut bel et bien programmé sciemment par les dirigeants de la Convention, Robespierre au premier chef – génocide qui fut ensuite tout aussi sciemment occulté par les historiens, à commencer par Michelet qui a ouvert la brèche de dénégation dans laquelle tous les autres ou presque se sont engouffrés.
Pour que cet ouvrage ne se sente pas trop seul dans son petit panier Amazon, je lui ai adjoint la copieuse Nouvelle Histoire de Vichy, de Michèle Cointet. Parce que je commence (euphémisme) à être exaspéré de voir cette période de l'histoire traînée à tout bout de champ devant tous les tribunaux progressistes, par des belles âmes dont on comprend, après lecture de deux ou trois lignes de leur charabias idéologique, qu'ils n'ont pas la moindre idée de ce qui a pu se passer alors, des tenants et aboutissants, des causes et des effets, tout satisfaits qu'ils sont de remâcher des slogans souventes fois déglutis. On me dira que, moi non plus, je ne connais à peu près rien de cette époque ? C'est vrai, d'où la commande du livre de Mme Cointet.

Ma hâte est telle de recevoir ces deux livres que je songe dès à présent à rebaptiser ce blog. Peut-être l'appellerai-je Didier Goux habite Vichy, ou bien C'est mon chouan, ou encore, plus lapidairement, Vendée Blog – mais pour ce dernier, je suis presque sûr qu'il existe déjà, du côté de La Roche-sur-Yon ou de Fontenay-le-Comte.

jeudi 24 novembre 2011

Mais regarde donc où tu mets les pieds, bon sang !


J'aime beaucoup cette citation de Christopher Caldwell, trouvée chez dxdiag :

L'Europe est devenue une société multiethnique dans un moment d'inattention.

Et il y a des moments qui durent… mais qui durent…

Ne cherchez pas dans les pianos ce qu'il n'y a pas


Hier, suite à un embouteillage épouvantablissime, dû à des causes sans intérêt mais tragiquement conséquentes, il m'a fallu deux heures et demie pour franchir les dix-huit derniers kilomètres me séparant encore de Levallois. Passé le premier quart d'heure où je fus immobilisé avec tous mes petits camarades d'infortune à l'intérieur du souterrain de l'A 14, il m'apparut que la gaîté primesautière de Charles Trenet, qui m'accompagnait depuis Le Plessis, n'allait pas tarder à entrer en conflit violent avec l'humeur nouvelle que je me sentais poindre. Je l'ai donc fait taire et remplacé par la Passion selon saint Matthieu, dirigée par Karajan.

Eh bien, je vous le dis pour le jour où il vous arrivera semblable mésaventure cauchemardesque, Jean-Sébastien Bach est un remède souverain contre les tortures de l'existence moderne, du moins contre celles qui se vivent à l'intérieur d'une automobile. Et s'il n'a pas tout de même le pouvoir de faire sauter les bouchons, il vous permettra de regarder celui dans lequel vous serez englué d'un peu au-dessus.

mardi 22 novembre 2011

Deux ruines parmi les ruines – mais avec de l'esprit

Hier après-midi, alors que, lestés d'un excellent déjeuner pris à l'auberge voisine, le sire de Marchenoir et moi-même cheminions en devisant parmi les splendides restes de l'abbaye de Jumièges (“deux ruines parmi les ruines”, ne manqueront pas d'ironiser d'aucuns), que l'Irremplaçable dans le même temps fixait de son œil implacable sur sa pellicule virtuelle,  me vint au détour d'une phrase le terme de réactionnariat. Comme notre hôte me fit l'honneur de le trouver drôle et assez bien venu, je me suis décidé à le mettre en circulation – libre de tous droits, comme c'est l'habitude de la maison.

S'en serve qui voudra.

samedi 19 novembre 2011

Redressez-vous, mes frères !

Je découvre seulement maintenant un journal bi-mensuel qui existe pourtant depuis 1946 et s'appelle L'homme nouveau – publication catholique qui, après un premier feuilletage, me semble d'excellente tenue et point trop progressiste. Le dernier numéro paru, daté d'aujourd'hui même, consacre son dossier principal à Jean Duns Scot, théologien de l'Immaculée Conception mort en 1308, ce qui devrait inciter chacun de vous à se ruer vers le kiosque le plus proche pour en faire l'emplette – je plaisante. Une autre partie est consacrée à la trop fameuse pièce “iconoclaste” intitulée Sur le concept du visage du fils de Dieu (entre nous soit dit, si la pièce est toute écrite dans le même style pataud que ce titre, ça doit valoir son pesant de colombins). Dans cette page figure un encadré, Lâchez-nous la phobie !, que je vous recopie séance tenante :


« Christianophobie par ici, cathophobie par-là, le champ lexical des médias cathos tourne en boucle. Encore une fois, nous nous mettons à la remorque culturelle et sémantique du monde. Dans une reconfiguration médiocre et branchée du terme de xénophobie, l'absurde concept d'homophobie fit son apparition. Nous nous sommes alors tous gaussés de cette façon de torturer la langue pour servir l'idéologie ambiante. Quelque temps après, c'est l'islam qui allait chercher, dans la sémantique homosexuelle, son droit à gémir et à se faire plaindre, comme communauté discriminée, en inventant l'islamophobie. Pas certain d'ailleurs que le prophète ait beaucoup aimé cet emprunt sémantique à la communauté gay. Et voilà que gogo catho veut lui aussi son droit à gémir et à se faire plaindre, et nous invente la cathophobie ou la christianophobie. Alors soyons clairs entre nous, ce bricolage conceptuel sonne complètement faux pour dire le rapport de Jésus au monde, de l'Église au monde, donc du chrétien au monde. Nous ne sommes pas une communauté en mal de reconnaissance qui se “victimise” pour exister. Le Christ ne se plaint pas d'être une victime, il choisit de l'être, et se donne librement par amour. Peut-on imaginer sainte Blandine dénoncer dans l'arène la cathophobie lyonnaise ! Aucun des martyrs n'a revendiqué le droit d'être aimé du monde, seulement celui d'aimer Jésus. Il ne s'agit pas ici de justifier les attaques contre le Christ ou l'Église, ou de justifier l'inaction des chrétiens mous ; il s'agit juste de se défaire d'une sémantique ridicule, menteuse, réductrice et manipulatrice, qui ne peut signifier ni l'Histoire du salut ni l'incommensurable amour de Dieu pour nous. »


Ça fait tout de même du bien, par les temps, d'entendre des gens qui refusent les pleurnicheries convenues et hypocrites, non ? Enfin, moi, ça m'en a fait. Et ce court billet d'humeur m'a remis en mémoire le “commandement” qui est le mien depuis déjà un petit bail : Refusez en toute circonstance d'utiliser les mots de l'ennemi.

Et je retourne à Jean Duns Scot.

vendredi 18 novembre 2011

Un livre qui vaut de l'or – et pas qu'un peu


Ce billet publicitaire ne s'adresse qu'aux quelques personnes qui auraient, pour des raisons qu'il ne m'appartient pas de juger, un peu d'argent sale à blanchir. En effet, non seulement le livre présenté ci-dessus est scandaleusement cher (alors même que l'auteur ne gagnera pas un centime à sa vente), mais en plus on peut le lire gratuitement ici. Alors, évidemment, il y a les photos de Catherine, et le côté “sur papier” qui immortalise le babillage. Mais enfin, à votre place, je passerais mon chemin.

Sinon, pour les vrais blanchisseurs dont je parlais, ça se joue par là.

(Pour avoir reçu hier les trois versions de l'ouvrage, je crois être en mesure d'affirmer que c'est celle “avec jaquette” qui est la plus satisfaisante à l'œil…)

jeudi 17 novembre 2011

Un cheyen de ma cheyenne

L'un des commentateurs attitrés de ce blog s'étonnait tout à l'heure, et en ayant la gentillesse de paraître s'en inquiéter, de mon relatif silence ici même. J'en suis moi-même assez surpris, mais qu'y puis-je ? Que dire, que raconter ? De quoi, grand Dieu, vous entretenir ? De ce clin d'œil imbécile et figé du gros bonhomme vert sur le mur vitré d'en face, qui me donne parfois l'impression d'habiter l'un de mes propres cauchemars ? De mon vénéré patron qui, loin de vouloir se débarrasser de moi comme on aurait pu espérer qu'il le fît, semble avoir dans l'idée de me faire travailler davantage ? Du reste, tout le monde, ces temps-ci, paraît vouloir me faire travailler – il doit y avoir un virus dans l'air, je ne vois pas d'autre explication.

Je pourrais aussi vous parler du pitoyable film (White feather – La Plume blanche) que nous vîmes l'autre soir, l'Irremplaçable et moi, et qui nous provoqua une série de fous rires purement nerveux. C'était, prétendument, l'un des premiers westerns à prendre le parti des Indiens ; moyennant quoi ces Cheyennes passaient à longueur de pellicule pour de parfaits crétins, affublés de noms grotesques : Jour naissant, Cheval américain, Main cassée, Petit chien… Vers le milieu de cette navrante pantalonnade, afin de nous désennuyer un peu, je me suis mis à tricoter une petite histoire parallèle, se déroulant au sein de la tribu des meteos (prononcez mété-hausse) : la douce et pure Couverture nuageuse, fille du grand chef Anticyclone des Açores, tombait amoureuse du gentil comptable blanc Maurice Durand ; hélas, leur amour était rendu impossible par le cousin apache (équivalent chez les Indiens de notre “cousin germain”) de Couverture nuageuse, le terrible et cruel Ciel de traîne qui, avec l'aide de son frère de sang, Alerte orange, déclenchait des tsunamis de fer et de feu pour faire chier les Visages-Pâles. À la fin, la malheureuse Couverture nuageuse, voyant s'anéantir tous ses espoirs de coups de bite à l'occidentale, changeait de nom pour s'appeler désormais Dépression stationnaire et entrer dans un vénérable couvent indien, installé dans l'enceinte d'une magnifique tente gothique. Quand à Maurice Durand, de désespoir il s'abîmait dans le travail, passait le concours pour devenir commissaire aux comptes et le réussissait.

Mais quel serait l'intérêt de vous faire perdre votre temps avec ces conneries ?

lundi 14 novembre 2011

La politique par-dessus le marché


Dans la France d'avant, les candidats aux diverses élections proposées tentaient de vendre leurs salades sur les marchés. Aujourd'hui, ils font campagne contre les marchés : le camelot scie la branche sur laquelle il était juché – et la grande distribution de tracts se fait désormais en tête de gondole.

dimanche 13 novembre 2011

Journée de la gentillesse : distraire les hérissons

Aujourd'hui, me dit-on, c'est la journée de la gentillesse. C'est bête car justement, ce matin, je me sentais d'une assez belle équanimité – le soleil sans doute, qui, en l'absence de tout tilleul intempestif, vient désormais inonder ma terrasse, avec la générosité d'un gouvernement socialiste aspergeant les subventions sur les officines alentour. Mais depuis que je sais devoir être gentil jusqu'à ce soir minuit, uniquement parce qu'un sphincter anal appointé en a décidé ainsi, ça me donne envie d'écrabouiller un hérisson ; ou d'injecter patiemment du cyanure dans chacune des graines de tournesol dévolues aux mésanges ; ou bien de mélanger mes déchets en plastique avec les ordures ménagères afin de niquer sa race à la planète ; ou encore de torgnoler sans cause mon épouse légitime – mais là j'aurais un peu la crainte du retour de boomerang.

Bien sûr, je pourrais aussi aller lire tous les blogs qui passent à ma portée et exposer au taulier, calmement et en détail, ce que je pense exactement de sa prose et de lui. Mais ce serait choisir la solution de facilité. Or, la journée de la facilité c'est pas aujourd'hui, ne mélangeons pas tout. Et puis ce serait oublier que la pire méchanceté que l'on puisse faire à un blogueur est de n'aller pas le lire.

Je sens bien que je ne trouverai rien ; rien de vraiment flamboyant. Il me reste à espérer que, parmi les grappes de chasseurs qui parcourent en ce moment même la campagne, il s'en trouvera un assez obligeant pour, croyant viser un lapin ou un chevreuil, estropier gravement son voisin ou son beau-frère, lui-même armé. Ce serait au moins gentil pour les gens du Samu qui aiment à se rendre utiles le dimanche, et ça distrairait les hérissons.

vendredi 11 novembre 2011

Les coupeurs de bois ou Pavane pour un tilleul défunt

Le massacre a été perpétré hier, pendant que j'avais le dos tourné ; mais j'en suis tout de même le premier coupable…

Les gentils tondeurs de pelouse ont muté en ces sortes de gremlins grimpeurs et armés…

De leur passage il nous reste un tas de bois, un arbre tronçonné dont notre voisin se chauffera l'hiver prochain.

mardi 8 novembre 2011

La Varende, de la Révolution à nos sombres jours

Irrempe – abbaye du Bec-Hellouin
« Ce qui fit encore plus de mal que la courte épilepsie révolutionnaire, fut la suite, la séquelle. Les plus sûrs furent touchés. Un immense découragement sévissait, un besoin de disparaître, une annihilation de la ferveur. La Restauration consacra la Révolution ; la société ne se rétablissait point, ni la société religieuse, ni la société civile : sa maladie avait été trop forte ; ce ne fut qu'une fausse convalescence dans laquelle nous nous débattons encore avant la culbute définitive. La Bande Noire eut beau jeu, ces démolisseurs architecturaux ; les propriétaires, épuisés, leur livraient leurs murs. On dirait que, d'avoir abattu tant de magnificences, la France ne fût plus capable d'invention, elle qui avait créé tant de styles et mené l'Europe artistique. La niaiserie s'ajoutait à la jactance. »

Jean de La Varende, L'Abbaye du Bec-Hellouin, Plon, 1948, p. 29.

Et puisque nos lectures sont lavarendiennes, suivons encore leur auteur dans l'une de ses Promenades, recueil de chroniques parues entre 1955 et 1959 dans La Nation Française, que les éditions Charles Hérissey ont eu la bonne idée de republier en un volume – lequel aurait assurément gagné à être plus soigneusement relu et davantage corrigé.

Lorsque l'un de ses courts voyages conduit notre gentilhomme normand jusqu'au cœur de la Bretagne, et même en sa capitale, il s'y désole de ce que la perspective qu'offrait les quais de Rennes à son souvenir soit désormais presque anéantie par l'érection d'un “gratte-ciel sans toit”, trop absurdement haut pour n'être pas dommageable au paysage urbain dans lequel on l'a inscrit de force. Ce gratte-ciel, sitôt la virgule passée, La Varende le qualifie de silo à locataires

dimanche 6 novembre 2011

Une double mauvaise nouvelle



Stéphane Hessel est toujours vivant.


Les vieillards sont finalement des gens bien décevants, allez. Toujours à faire le contraire de ce qu'on espérait d'eux.

vendredi 4 novembre 2011

Misères et splendeur d'une verticalement défiée

Je l'ai relu une fois, puis une autre, lentement, afin de m'assurer que je n'étais pas devenu brutalement dyslexique des yeux. Mais non, tel était bien le titre qui, prochainement, s'étalera sur six colonnes dans un prestigieux hebdomadaire parisien. Il s'agit du témoignage d'une lectrice qui affirme :

« Grâce à ma ressemblance avec Mimi Mathy,
je me sens enfin bien dans ma peau… »

Oui, je sais, allez-y franchement : moi aussi j'ai éclaté de rire, et les personnes qui m'entourent. Je vous laisse quelques secondes pour récupérer…

Il n'empêche que l'histoire de cette pauvre femme est un implacable révélateur de la misère spirituelle en milieu festif. Elle commence par expliquer que son mètre trente-trois lui a valu de demeurer transparente aux yeux des garçons, l'adolescence venue : cruel mais prévisible. Ensuite, les hommes se mettent à la draguer, mais, dit-elle en substance, c'est encore pire, car ce sont des pervers qui veulent juste se taper une naine pour assouvir leurs “obscurs fantasmes” et ne s'intéressent pas à elle – à elle en-tant-qu'être-humain, comprend-on : névrose tout spécialement féminine et assez répandue. On apprend ensuite, presque accessoirement (ils semblent n'être que des sortes de béquilles à sa souffrance), que cette dame a un compagnon qui l'aime et qu'ils ont eu ensemble deux enfants en tous points adorables. Néanmoins, rien à faire : le mètre trente-trois est toujours là pour l'empêcher d'être pleinement heureuse…

Mais voici qu'un jour, sur la suggestion toute innocente de son compagnon, elle se teint en blonde. Là, du jour au lendemain, tout le monde s'aperçoit qu'elle ressemble à Mimi Mathy (ce qui est malheureusement vrai : j'ai les photos sous les yeux) et on commence à lui demander des autographes. C'est le commencement du bonheur : ce que ni le compagnon ni les enfants n'avaient pu totalement faire, le public va y parvenir en un clin d'œil. L'acmé de cette soudaine et géante félicité est représentée comme il se doit par un passage dans une émission de télévision – consacrée aux sosies de stars, on l'aura deviné –, lequel multiplie le public en question par cent, par mille – et parachève le bien-dans-sa-peauïsme de l'ex-naine devenue reflet de vedette.

La conclusion est double et d'une logique sans faille : le reflet désire d'une part donner des spectacles au profit d'une association œuvrant en faveur des enfants malades ; et, par ailleurs, elle veut préparer un “one woman show” qui lui permettra, dans quelques années, espère-t-elle, de “vivre de sa nouvelle image”. Le beurre caritatif et l'argent du beurre showbizuel : un mètre trente-trois de pure modernité.

mercredi 2 novembre 2011

Le journal le plus difficile à lire : Charpie Hebdo

Ce qui vient d'arriver à Charlie Hebdo est sans doute fort regrettable, en tout cas pour l'équipe de ce pitoyable follicule. Mais, par notre très sainte laïcité, qu'est-ce que c'est drôle ! Et tellement riche d'enseignements pour tout le monde, d'expériences en tous genres ! 

Riche d'enseignements pour les fossiles de l'hebdomadaire concerné, d'abord. Depuis le temps qu'ils ânonnent que tous les “extrémismes” religieux se valent, ils savent depuis la nuit dernière que ce n'est pas tout à fait exact.

Riche d'enseignements pour ceux qui en appellent encore et toujours, sur le ton de l'invocation pré-orgasmique, à ces braves et insubmersibles musulmans modérés, qui sont évidemment l'écrasante majorité et qui ne demandent qu'à vivre en paix parmi nous, et qui sont bien entendu les plus farouches défenseurs de la liberté d'expression et de la laïcité réunies : ceux-là peuvent depuis ce matin écouter le pieux silence observé par cette écrasante majorité pacifique et la totalité de ses représentants, en réponse à l'attentat.

Oui, vraiment, il y aurait matière à leçons de toutes sortes. Sauf que, sauf que… Sauf que, indécrottable réac que je suis, je n'ai évidemment rien compris ! Tout faux, le vieil islamophobe qui voit du méchant musulman partout !  Ce n'est pas ça, mais pas ça du tout, voyons ! Tout ce que la blogosphère compte de gauchistes aliénés est monté au front, comme un seul Poilu à roulettes, pour nous exposer la vérité profonde de ce fait-divers. Je prends l'un de ces guignols presque au hasard :


« On sait à qui profite le crime. Et ce n’est certainement pas aux musulmans, ni même à ceux qu’on voudrait désigner comme tels pour la seule couleur de leur peau ou leur patronyme pas très catholique… Du pain béni pour le front national, la droite dure de ce pays, et tous les réacs qui vont ainsi pouvoir s ‘en donner à cœur joie… La parole raciste et xénophobe va pouvoir trouver là sa zone favorite de liberté d’expression…
Bien sûr, quelle que soit l’origine de cet incendie (l'enquête nous le dira, et nous saurons nous en souvenir…), je ne peux que condamner l’acte criminel en soi. Mais gardons nous pour l’instant de toute interprétation hasardeuse : nous ne savons rien, bon sang ! Gardez votre calme ! Il faut savoir raison garder… »

Eh oui, il a raison, notre ami : gardons-nous, bon sang, gardons-nous ! Il en bégaie  de décontenançage, le pauvre garçon ! Et nous qui nous lancions joyeusement dans toutes les explications hasardeuses passant à notre portée : quelle erreur, que cette précipitation ! Bon, certes, tout en sachant raison garder, on peut tout de même, d'ores et déjà, pour tuer le temps, décréter que la droite “dure” va s'en donner à cœur joie, que tous les réacs dansent la farandole depuis l'aube, que les racistes relèvent le mufle – et que si ça se trouve c'est eux qu'ont fait le coup. Ce serait d'ailleurs logique, puisque, notre petit ludion nous l'affirme : le crime ne peut pas profiter aux musulmans. On se gardera bien de lui expliquer que le “crime” n'a pas été perpétré pour profiter à qui que ce soit, qu'il n'est probablement que la résultante prévisible de la bêtise violente et du fanatisme de ses auteurs. Non, on ne lui dira rien, on le sent encore trop fragile.

Il ne faut pas désespérer Legoland.

Pour être happy, soyons few : l'agenda 2012 qu'il faut avoir !


Bon, je ne vais pas vous faire l'article, vous diriez que je ne suis pas objectif. Il n'empêche que cet agenda est une belle réussite. Chaque double page correspond à une semaine de l'année : à gauche la partie utilitaire, à droite une superbe photo prise par l'auteur (c'est bien le moins, sinon on se demande à quoi elle aurait servi…) et elle-même illustrée par une phrase judicieusement tirée des Écritures.

On peut le feuilleter par là-bas. Et même l'acheter.

mardi 1 novembre 2011

C'est un peu fort de keffieh !

L'Unesco, cette officine de l'ONU phagocytée par les musulmans activistes (de l'ONU elle-même désormais aux mains des pays les plus rétrogrades et des régimes les plus sanguinaires de la planète) vient de reconnaître la Palestine comme “membre à part entière” d'elle-même – c'est-à-dire de rien. Que la Palestine soit membre à part entière de rien ne devrait surprendre personne, puisque la Palestine n'est à la vérité pas beaucoup plus que rien – mais un rien mis sous tutelle par une bande de chameliers ivres appelée le Hamas. Que la France – mon pays, la France – se soit abaissée à cette mascarade, ait présenté son cul d'aussi gente manière, me fait dire qu'en effet nous devons être mûrs pour être gouvernés par un François Hollande. Peut-être même que Ségolène Royal nous eût mieux convenu.

Heureusement, l'Amérique, même plombée par le calamiteux Obama, vient de frapper du poing sur la table, semblant se souvenir qu'elle existait toujours, contrairement à nous. Étrangler l'Unesco, et l'ONU avec elle, au moyen des cordons de sa propre bourse me paraît être une heureuse initiative. Que nous nous serions honorés de soutenir et d'appuyer. Mais on ne se débarrasse pas aussi facilement d'un long passé de fiotes pro-arabes. Or, c'est malheureusement le nôtre.