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| Photo choisie pour complaire à mes amis progressistes… |
Mine de rien, je suis tout de même né “sous” Pie XII, ce pape aussi admirable que calomnié par la vermine communiste. Si le temps continue de passer comme il se plaît à le faire, on risque d'être de moins en moins nombreux à être nés “sous” Pie XII. Il reste que je m'apprête à vivre l'élection de “mon” septième Souverain Pontife. Jean XXIII, je l'avoue, ne m'a laissé que peu de souvenirs marquants. De même ne gardé-je qu'une mémoire assez floue du conclave ayant porté Paul VI sur le trône de Pierre. Jean-Paul 1er, ça commence à devenir plus net, mais il est passé trop vite : je n'ai pas eu le temps de vraiment dessaouler entre son élection et sa mort. Restent Jean-Paul II et Benoît XVI. J'ai beaucoup aimé le premier nommé. Même si, durant son pontificat, j'étais censé être encore de gauche, ses positions fermes sur tous les sujets à fort taux de modernodosité m'ont ravi d'emblée. Et plus la volaille progressiste piaillait, plus j'étais content de lui.
Il me semble que c'est à partir du dernier conclave, celui de 2005, que les athées professionnels ont commencé à donner bruyamment de la voix pour expliquer aux cardinaux qui ils devaient élire et, sobre todo, de qui ils ne devaient absolument pas faire le Vicaire du Christ, sous peine d'excommunication progresseuse. On peut se moquer d'eux, je ne m'en prive généralement pas ; mais un ami me disait l'autre jour que j'avais bien tort de dauber : le fait que des laïcs, et même des incroyants affirmés, s'intéressent voire se passionnent pour l'élection du pape, m'expliquait-il, est la preuve indubitable que les racines chrétiennes de l'Europe sont encore vivaces, malgré qu'ils en aient – il a peut-être bien raison.
Benoît XVI a soulevé de belles espérance, notamment par son discours de Ratisbonne, en septembre 2006, dans lequel il ôtait sans ménagement son masque de bisounours à l'islam. Hélas, en raison de la levée de boucliers mahométans et des criasseries de leurs supplétifs européens, il dut assez vite faire machine arrière – même s'il n'est pas interdit de se dire qu'il ne doit pas en penser moins pour autant.
Et maintenant le prochain, donc. Là, mes confrères en journalie et mes camarades blogosphéreux s'en sont donné à cœur joie ; ou, pour mieux dire, à glandes salivaires que-veux-tu. Il est indispensable, Vos Éminences, de fournir à ces jeunes gens – dont beaucoup sont cacochymes mais refusent de s'en aviser – un pontife sur mesures ! Un qui mariera les prêtres, ordonnera les femmes, bénira les évêques homos, distribuera des préservatifs après chaque bénédiction Urbi et orbi (qu'on appellera désormais une béné urb', afin de mettre l'Église en phase avec l'époque), lancera le chantier d'une grande mosquée vaticane, et autres menues choses du même acabit.
Mais, surtout, Vos Éminences, surtout, arrangez-vous pour que votre prochain patron soit noir – c'est absolument indispensable si vous voulez que votre pauvre troupeau décervelé vous fiche à peu près la paix. N'allez pas leur expliquer que les deux ou trois cardinaux africains qui auraient à la rigueur les compétences requises sont beaucoup trop réactionnaires pour devenir Évêque de Rome : vous y perdriez votre temps, nul ne vous écouterait. Chez les antiracistes, sachez-le, la couleur de la peau l'emporte sur tout le reste : ça semble un peu curieux au début, mais vous verrez on s'y fait.
Pour le coup, je serais ravi, moi, Vos Éminences (mais sans vous commander, hein !), si vous nous élisiez le Ghanéen ou le Guinéen. Je crois que je jouirais intensément d'entendre tous nos oiseaux sans tête pépier de bonheur durant les premières semaines du pontificat, avant de les voir s'étrangler et se rouler par terre de fureur dès que le nouveau pape commencerait à prendre de nouvelles mesures, à rédiger ses premières bulles.
Oui, sincèrement, je crois que ça serait plaisant.






















