lundi 31 mars 2008

Je m'enfonce

Tout à l'heure, passant juste devant le chenil où Swann se trouve (là, je pense "emprisonné", ce qui est idiot), j'ai vraiment failli m'arrêter pour le récupérer. Qu'en aurais-je fais demain ? Et mercredi ? Voilà... Donc, j'ai continué ma route, en sachant qu'il était là, à une dizaine de mètres de cette route où je passais. Lui-même n'en savait rien, il ne reconnaissait pas le bruit du moteur de ma voiture passant si près de lui. Moi, oui. Je savais qu'il était là, bien traité évidemment, mais sans moi qui passais si près.

Ensuite, j'ai pensé à autre chose. C'est à dire à rien. Arrivant à la maison, il n'y avait pas de chien. Aucun. Maison morte. Je me suis - comme prévu - rapatrié dans la Case. J'ai branché l'ordinateur, mis de la musique (Brahms), me suis servi un verre, me suis assis dans un fauteuil de plein air (mais à l'intérieur). Et, l'absence de Swann aidant, je me suis mis à penser à Balblec - et encore maintenant. Je sais bien qu'il est idiot de penser à un chien mort. Mais ce n'est pas un chien mort.

Juste Balbec.

J'ai du mal...

Con, probablement, je n'en ai jamais réellement douté, et ça fera plaisir à l'autre épouvantail momentanément gardois. Il n'empêche que, depuis ce matin, j'ai passé peu de temps à penser à autre chose qu'à Swann dans le petit enclos où je l'ai laissé vers neuf heures. Et ça m'ennuie un peu d'être aussi pleurnichard...

L'Irremplaçable est une pétasse alzheimerisée (et je pèse mes maux au plus juste)

Tous les mecs le savent : pour une femme qui se barre du domicile conjugal, tout est simple, lumineux, évident, concernant le malheureux encouillé qui reste sur le sable. Ainsi, dans mon cas : « Voyons, tu as un merveilleux Monoprix à cent mètres de ton bureau, regorgeant de bouffe enchanteresse, que le monde entier nous envie : de quoi te plains-tu ? »

Oh ! mais de rien, de rien ! D'ailleurs, j'en reviens. D'abord, le magasin en question était à environ un kilomètre et demi. Ensuite, ce n'était pas un Monoprix regorgeant de sublimes nourritures, raffinées à s'en pisser dessus, mais un "G 20" vendant des trucs bas de gamme et à peine frais aux salauds de pauvres. Enfin, comme on est lundi, c'était fermé.

Pour le coup, je me suis retrouvé au Franprix de la place Georges-Pompidou (déjà, hein...) où j'ai acheté des trucs à peine becquetables. De plus, j'ai failli latter la gueule d'un Indien maigrichon, lequel a essayé de me faire croire qu'une caisse était fermée, alors que, la seconde suivante, il y accueillait une femme (ni jeune ni très jolie, en plus) avec un grand sourire faux cul de Levantin suifeux.

(Oui, je sais que les Indiens ne sont pas des Levantins, mais je suis chez moi, je dis ce que je veux.)

Tout cela à cause de l'Irremplaçable, qui doit être écroulée dans un confortable canapé, cependant que je suis coincé à Levallois, à vous raconter d'insignifiantes conneries. Et continuant de flipper en imaginant Swann pleurant après son ignoble maître dans sa cage grillagée.

Franchement, il y a des jours...

En vrac

Bon, rentrant d'un déjeuner tardif, je me retrouve avec 18 commentaires (minimum). Comme j'ai du boulot, je réponds collectivement : FUCK ! (smiley ! smiley !)

Des nouvelles de cette bonne vieille SFIO

Suivez le guide...

Sensiblerie ? Peut-être, oui...

Ce matin, vers huit heures et demie, les carreleurs ont débarqué en force (c'est une image : ils étaient un). Rassurez-vous, c'était prévu, on n'a pas été pris de court. Comme ce brave garçon (qui ressemble étonnamment à l'acteur Michael Keaton jeune) nous refait la terrasse, cela signifie que la maison principale est inaccessible pendant quatre ou cinq jours. Le plan arrêté est donc le suivant : Catherine a embarqué Bergotte en direction de la Franche-Comté, comme on peut le vérifier ici.

De mon côté, je me suis rapatrié dans la Case, avec ma cafetière et mon micro-ondes. Plus des fringues propres, afin de ne pas empuantir tout Levallois dans les jours qui viennent. Bref, pendant que l'Irremplaçable va se goinfrer de cuisses de grenouilles fraîches, de saucisses de Morteau et de quelques fromages à déguster à genoux, pour moi ce sera cantine le midi (Au mieux Ambiance d'à côté, s'il m'arrive de craquer tel ou tel jour) et junk food le soir ; comprenez : saucisses de Strasbourg trempées froides dans le pot de moutarde - la routine.

J'en arrive au vrai sujet de ce message (oui, oui, je sais : on s'emmerde un peu, chez moi...). En partant pour Levallois, j'ai déposé Swann au chenil le plus proche de chez nous, où il restera jusqu'à samedi matin. J'ai dû l'accompagner jusqu'à son petit enclos individuel, où il refusait d'aller sans moi. Puis, lui tourner le dos et m'éloigner, en l'entendant japper et "pleurer" derrière moi. Ensuite, j'ai passé le reste du trajet à me dire que je venais de l'abandonner ; ou, en tout cas, que c'est ce qu'il devait penser, lui.

En plus de ça, à cause du chemin outrageusement boueux conduisant à la prison canine, j'ai à moitié ruiné mes pompes, amoureusement cirées d'hier.

Il y a des semaines qui commencent bien...

dimanche 30 mars 2008

D'un nuisible

À propos de Daniel Cohn-Bendit...

Le Néo japonesque

Ça s'appelait comme cela. C'était un établissement furieusement hybride, qui avait posé ses assises à l'entrée de la rue Montorgueil (côté gauche quand on a les Halles dans le dos), au mitan des années quatre-vingts. À cette époque, il n'y avait, hors la rue Sainte-Anne, à peu près pas de restaurant japonais dans Paris, et les bouffeurs de sushis passaient pour des originaux, contrairement à aujourd'hui, où il sont devenus les moutons bêlants de la modernité festive.

Le Néo-japonesque avait été ouvert par un Français de souche assez con (rien que la coupe de cheveux, vous auriez ri), retour du Japon où il avait effectué son service civil, appris la langue et épousé une native - six à sept fois plus intelligente et cultivée que lui : je suppose que le côté exotique de notre ami lui avait brouillé l'entendement affectif et sexuel - au point qu'elle semblait tout à fait heureuse avec ce semi-mongolien de modèle assez courant par chez nous.

L'originalité (indéniable) de l'endroit était qu'on y faisait restaurant japonais au rez-de-chaussée (régenté par un ressortissant hongrois à l'humour ravageur, se foutant ouvertement de la bouffe qu'il était payé pour servir), et boîte de nuit au sous-sol. Durant deux ou trois ans, je me suis empiffré de riz au poisson à l'étage de rue, et sévèrement alcoolisé dix-huit marches en dessous.

Un soir (ou était-ce u-u-u-une nuit ?), une jeune femme atterrissant au tabouret de bar voisin du mien m'a dit, avec un charmant sourire que je revois encore, que j'avais "un mignon petit nez".

Elle était plutôt jolie, si mes souvenirs alcoolisés sont exacts, bien plus en tout cas que ce qu'il m'était raisonnablement permis d'espérer en ce genre de lieu. Ce doit sûrement être pour cela que je l'ai envoyée chier avec une réplique d'une bêtise et d'une brutalité qui me fait encore plus ou moins honte aujourd'hui. Elle a compris à quel genre de connard elle avait affaire et s'est éloignée sans faire d'histoire.

En réalité, ce long détour était juste pour vous dire que, depuis deux ou trois mois, le "mignon petit nez" auquel, durant une minute ou deux, cette inconnue a paru être sensible, est en train de se tuméfier merveilleusement, de devenir un archétype de pif d'ivrogne. Et que, bizarrement, j'en conçois un plaisir certain.

Il me semble que si, par miracle, je suis encore vivant d'ici une dizaine d'années, je réaliserai enfin mon rêve d'adolescence : avoir au milieu du visage un tubercule rubescent proche de celui du regretté Robert Dalban.

Le Tonton flingueur est en marche : rien ne pourra plus l'arrêter.


[Je dois préciser que, m'étant brouillé avec la patron de cette hybride gargote, je me suis fait un plaisir de lui laisser un impayé d'environ trois mille francs, ce qui, à l'époque, représentait un nombre de bières assez considérable, Nicolas me comprendra (et j'ai pensé à mettre le lien, ne venez pas me casser les couilles - ni le nez).]

Je chercherai un autre jour...

Dans Blog-it Express, ma fonction préférée est "Cherchez un membre." Pour l'instant, je n'en ai pas encore eu l'utilité et continue de me montrer rétif à l'injonction. Mais sait-on ce que l'avenir nous réserve ?

samedi 29 mars 2008

On n'a pas vigilé le moins du monde

Ça fait tout de même même du bien : passer trois heures à table, au haut de la Montagne Sainte-Geneviève, sans prononcer une seule fois le nom de Nicolas Sarkozy - pour la simple raison, je crois, que ni mes deux convives, ni moi-même n'en avions rien à battre. Bref, on a parlé de tout et de rien, on n'a pas vigilé le moins du monde (sauf sur le niveau du pichet de sauvignon, parce qu'il ne faut quand même pas déconner avec l'essentiel).

Nous fûmes rejoints par une jeune femme sur les coups de deux heures, nous étions en terrasse, pouvions fumer, que nous manquait-il ? Rien. À un moment, j'ai tout de même évoqué mes amis vigilants, l'un de mes commensaux a demandé : " Ah ? ce sont ceux qui arborent sur leur blog un gros oeil exophtalmique, genre Chantal Sébire ?"

J'ai dit oui, on s'est marré, on a repris un pichet.

Un dimanche entier dans les arbres

« Je m'en vais dans le champ avec un jeune pommier à planter.
« Je le pose par terre, je le tourne, je regarde ses branches à peine ébauchées prendre leur place dans l'espace qui les entoure.
« Un arbre a besoin de deux choses : du substance sous terre et de beauté extérieure. Ce sont des créatures concrètes mais poussées par une force d'élégance. La beauté qui leur est nécessaire, c'est du vent, de la lumière, des grillons, des fourmis et une visée d'étoiles vers lesquelles pointer la formule des branches.
« Le moteur qui pousse la lymphe vers le haut dans les arbres, c'est la beauté, car seule la beauté dans la nature s'oppose à la gravité.
« Sans beauté, l'arbre ne veut pas. C'est pourquoi je m'arrête à un endroit du champ et je lui demande : "Ici, tu veux ?"
« Je n'attends pas de réponse, de signe dans la main qui tient son tronc, mais j'aime dire un mot à l'arbre. Lui sent les bords, les horizons et cherche l'endroit exact pour pousser.
« Un arbre écoute les comètes, les planètes, les amas et les essaims. Il sent les tempêtes sur le soleil et les cigales sur lui avec une attention de veilleur. Un arbre est une alliance entre le proche et le lointain parfait. »

Erri De Luca, Trois chevaux.

vendredi 28 mars 2008

Message désagréable, incorrect et tombant probablement sous le coup des lois

Il va de soi que tout le monde se fout que j'aie mis près de deux heures pour rallier Le Plessis-Hébert, partant de Levallois. Je vous comprends : vos petits problèmes personnels, je m'en contre-pignole tout autant. Néanmoins, dans mes pérégrinations circum-autoroutières, j'ai vécu des expériences intéressantes - au moins une : je sais où se trouve l'enfer, pour l'avoir traversé (et en être ressorti, ce qui n'est pas donné à tout le monde).

Cela s'appelle Les Mureaux. C'est situé entre nulle part et ma réserve à vin, mais plus près de nulle part. Ça se présente comme suit : cinq barres de HLM pourries, un centre commercial, sept barres de HLM pourries, une pizzeria éclairée aux néons et déserte, huit barres de HLM, un garage, neuf bar... etc.

Comme pour franchir le feu tricolore dont deux cents mètres vous séparent vous le voyez passer onze fois au vert (et autant au rouge, forcément), vous avez tout le temps d'observer la population de l'endroit. C'est très simple : pas un Français (je veux dire un blanc : je vous avais prévenu qu'on allait être désagréable) ; ou alors, ils sont planqués je ne sais où. Mais pas un, franchement, j'ai bien observé, et sans idée préconçue.

Les Mureaux, c'est le croisement de la Casbah d'Alger, sans le charme ni les parfums, avec un village africain privé des cases et des vieux sages ridés qui palabrent (déblatèrent des conneries, en français de France) autour de l'arbre multicentenaire - d'ailleurs, il n'y a aucun arbre. Il n'y a pas de vieux nègres non plus, du reste, en tout cas pas à huit heures du soir. Pas davantage de chèvres dans les rues, et les jeunes enfants, quand on en croise un, n'ont même pas de mouches dans les yeux, ce qui est un comble : l'éventuel touriste est frustré.

On n'est nulle part, c'est-à-dire, précisément, en enfer. Enfer pour eux, enfer pour nous, enfer pour tout le monde : le monde de demain, celui que nos braves élites appellent de leur voeux. Ils n'ont d'ailleurs pas besoin de l'appeler, il est déjà là : il vous suffit d'y aller voir.


Par chance, il restait une bouteille de chablis au Plessis, et un peu de terrine de sanglier : clin d'oeil de l'ancienne France.

Un autre regard sur le Tibet

C'est ici.

Racines de ciel

« Cultiver des arbres donne beaucoup de satisfaction.
« Un arbre ressemble à un peuple, plus qu'à une personne. Il s'implante avec effort, il s'enracine en secret. S'il résiste, alors commencent les générations de feuilles.
« Alors, tout autour, la terre l'accueille et le pousse vers le haut.
« La terre a un désir de hauteur, de ciel. elle pousse les continents à la collision pour dresser des crêtes.
« Elle se frotte autour des racines pour se répandre dans l'air par le bois.
« Et si elle est faite de désert, elle s'élève en poussière. La poussière est une voile, elle émigre, elle franchit la mer. Le sirocco l'apporte d'Afrique, elle vole des épices aux marchés et en assaisonne la pluie. »

Erri De Luca, Trois chevaux.

jeudi 27 mars 2008

Les morts, les pauvres morts

Mon bon Bergouze, inutile de te fâcher : ce n'est pas moi qui te réveille de ton sommeil immobile (je le suppose tel, en tout cas, sinon, ça fout un peu la trouille, même si c'est toi : les morts, aussi familiers soient-ils, finissent par nous devenir étranges, sais-tu ?). Il se trouve que, voici une dizaine de minutes, Catherine m'a fait savoir que notre absence de dialogue - l'interruption de notre babillage - la chagrinait quelque peu.

Fort bien. Moi aussi, d'une certaine manière. Mais tu comprendras sans doute qu'il puisse m'arriver d'être fatigué de cette conversation univoque. Fatigué, pas trop, du reste. Un peu frissonnant, parfois, ça, oui.

(Pardon, le nez me coule, je m'interromps : tu te souviens que le nez coule, parfois, lorsqu'il n'est pas que d'os ? Ce sont les dysfonctionnements du corps qui nous retiennent vivants, à partir d'un certain âge - et tu n'as pas connu cette époque bénie des maladies anodines, des douleurs insouciantes, des tourments bénins : on passera bientôt dans un autre âge, ne nous envie pas trop.)

Tu as déjà deviné que je n'ai rien de particulier à te dire. L'envie d'entendre résonner le son de ma propre voix sur le clavier et, va savoir, la tienne me répondre d'une manière ou d'une autre. Tu ne réponds jamais, c'est sagesse de ta part, probablement.

Pourtant, j'ai pensé à toi, hier, en inscrivant ici même mon extrait quotidien d'Erri De Luca, celui concernant l'élan blasphématoire du maçon athée enterrant sa fille unique de dix ans. Je ne t'ai jamais dit cela, et peut-être ne le sais-tu pas (j'ignore moi-même comment l'information circule, où tu es, et si si cela vous intéresse vraiment). J'ai moi aussi blasphémé le ciel, auquel je ne crois toujours pas, malgré quelques efforts bien vains, à l'époque où tu te tordais sur un lit du pavillon Moïana de l'hôpital Saint-Antoine.

Ivre comme un porc, les yeux injectés de douleur et d'alcool, j'ai éructé en direction des étoiles invisibles du boulevard Vincent-Auriol - je m'y revois parfaitement, l'alcool dans l'estomac et le sang, la douleur dans les membres - rien bien sûr par rapport à celle qui te clouait.

Quelques jours plus tard, ou plus tôt - quelle importance ? -, je suis (j'étais) entré dans cette église de l'avenue Ledru-Rollin (je crois...) qui était ta paroisse. Et j'ai essayé de prier. Tu es mieux placé que quiconque pour savoir que ça n'a rien donné. Ma prière a dû être à l'image du reste de ma vie sans toi, j'en ai peur : on ne baise pas Dieu aussi facilement, ça se saurait...

J'ai dû encore, avant ce 17 novembre 1985, me vautrer plusieurs fois dans l'ordure, pensant naïvement que me rouler dans le caniveau pourrait te tirer de l'ornière ; il n'en a rien été. Tu es sorti de ma vie (et de la tienne, ce qui est autrement ennuyeux), d'une manière que, l'âge étant, j'ai alors jugée (il me semble) scandaleuse et injuste. J'avais tort, bien entendu : il n'y a, en ce domaine, ni justice ni injustice - la mort est hors champ, et la tienne principalement.

Ce soir, il fait nuit - comme très souvent le soir, tu te souviens ? -, nous sommes nombreux, l'heure venue, à penser à vous, nos morts, certains que je connais, d'autres, plus nombreux infiniment, que j'ignore. Nous sommes assis sous l'ombre de Baudelaire qui, je le crois - si je ne dois croire à rien d'autre -, existe à la fois parmi vous et au milieu de nous :

Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
Certes, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.

Pulvérisons ensemble les idées reçues

On entend souvent dire autour de soi que le pâté fait grossir : c'est faux. Contrairement à ce qu'un vain peuple pense, le pâté est parfaitement diététique. C'est la patéine qui fait grossir, nuance. Si vous avez soin de choisir du pâté dépatéiné, Mesdames, vous conserverez votre silhouette de jeune fille, tout en ayant le plaisir délicat de bâfrer du matin au soir comme d'ignobles truies.

Non, non, je vous en prie : pas de merci entre nous...

Bonne nouvelle (surtout pour Zoridae-la-miro)

Cédant à mes sanglotantes suppliques, La Nouvelle Lettre du jeudi change de corps !

(Changer de lit changer de corps
À quoi bon ?)

Livres suicidés

« Je lis des vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies. Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les emporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, contaminés, noyés en tombant d'un pont avec les suicidés, fourrés dans un poêle l'hiver, déchirés par les enfants pour en faire des petits bateaux, bref ils devraient mourir n'importe comment sauf d'ennui et de propriété privée, condamnés à vie à l'étagère. »

Erri De Luca, Trois chevaux.

mercredi 26 mars 2008

Tenez-vous-le pour dit !

Encore un texte superbe sur ce blog, que vous devriez bien ranger parmi vos "favoris", parce que je ne vais tout de même pas vous faire le lien tous les jours.

(Merde, quoi...)

Les coïncidences de l'Art

Comme je le disais hier à l'excellent Martin Lothar, j'ai toujours été stupéfié par la coïncidence qui fait que le fameux tableau L'Angélus de Millet ait été réalisé par un peintre qui s'appelait lui aussi Millet.