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| Jardins du château de Versailles – Communion solennelle, mai 1969 |
samedi 28 janvier 2012
vendredi 27 janvier 2012
jeudi 26 janvier 2012
mercredi 25 janvier 2012
On rouvre, mais c'est juste pour dire qu'on ferme…
À peine fermé déjà rouvert, mais c'est juste pour expliquer que c'est fermé. En raison de la manière un tantinet aberrante qu'a Blogger de s'exprimer en français, un certain nombre de lecteurs ont cru que, pour pouvoir entrer ici, il fallait désormais appartenir à une élite dont ils auraient été exclus par décision taulière. Il n'en est rien. Ce blog est bel et bien fermé, et il l'est à tout le monde (sauf à moi, mais je ne gâtoche pas encore au point de passer mes journées à me relire). Voilà déjà quelques jours que je ressens le besoin d'une vraie cure de désintoxication, me rendant bien compte que je ne pourrais supporter sans dommages psychiques pas forcément réversibles les océans de connerie militante induits par la proximité de je ne sais quelle élection à prétentions nationales. Et il m'a paru que le meilleur moyen de me garder des blogs des autres était encore de fermer le mien. Fermeture définitive ? Temporaire longue ? Temporaire courte ? Ne le sais. Il en va ici comme de toute tentative d'affranchissement d'une drogue nocive : on ne maîtrise pas tous les paramètres, et une grande humblesse reste donc de rigueur. Il y a un moment, l'Irremplaçable suggérait qu'en cas de rechute je pourrais toujours limiter la casse on supprimant ma blogroll – ça, c'est déjà fait – et en fermant les commentaires. L'idée n'est pas mauvaise en soi, même si on risque de penser que je copie sur Georges. Enfin, on verra bien. Pour l'heure, place au silence, voire au blogautisme.
(Si jamais mes raisons de déserter venaient à me sembler insuffisantes, je me garde celle-ci en réserve…)
(Si jamais mes raisons de déserter venaient à me sembler insuffisantes, je me garde celle-ci en réserve…)
lundi 23 janvier 2012
État des blogs durant la première moitié du XVIIe siècle
« La lecture des mazarinades, ces opuscules, libelles, placards orduriers, complaintes irrévérencieuses, dont la folle explosion marque cette période – on en a dénombré plus de 5 000 –, ajoute à la confusion. Christian Jouhaud l'a fort bien montré, ce ne sont pas des textes d'opinion, mais de propagande, des textes “d'action” remplissant une fonction tactique, collant à l'actualité convulsive, s'insérant dans la mise en scène à la fois baroque et festive du combat politique. La loi du genre est l'imprécation, l'invective ou la calomnie. Dans certains de ces textes, la haine de Mazarin – et accessoirement celle de la reine, à laquelle s'accrochent les fantasmes les plus débridés – s'enfle jusqu'au délire. Mais cette violence n'est que défoulement : il devient « inutile de tuer Mazarin puisqu'on l'assassine journellement sur le papier ». Si ces brûlots éphémères offrent peu d'intérêt pour l'histoire des idées politiques, du moins témoignent-ils de l'extraordinaire libération de la parole et de l'écrit en ce bref moment. Chaque faction eut ses officines d'imprimerie, ses colporteurs, ses écrivains à gages ou “engagés” (Scarron, Cyrano, Chapelain, Sarazin). »
Jean-Christian Petitfils, Louis XIV, Librairie Perrin, p. 48.
J'avais d'abord pensé me fendre d'un petit commentaire, à la suite de cet extrait ; et puis à quoi bon ? Chacun aura compris seul de qui et de quoi il s'agit. On ne fait pas tomber Mazarin en vociférant sur le Pont Neuf.
à :
09:00
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récriminations intempestives
Tiroirs à chaussettes :
Auteurs de vue,
Histoire d'en France
mercredi 18 janvier 2012
Le deuil de Périclès et la tristesse d'Anaxagore
Hier soir, au cours de mon zapping-dodo…
Oui, alors, commençons par préciser certaines choses. Un zapping-dodo, ce n'est pas n'importe quoi. Bien sûr, le premier crétin aura compris qu'il s'agit, télécommande en main, de passer d'une chaîne à l'autre avant d'éteindre le téléviseur et d'aller se coucher. Mais ce n'est pas pour autant un simple balayage pré-dormition – il y a des règles. Notamment, le zapping-dodiste est requis de s'arrêter sur certaines chaînes, qui devront être prises au hasard parmi celles qu'il ne regarde jamais, qui sont a priori le plus éloigné possible de son petit univers mental habituel ; et il devra y rester plusieurs minutes – au minimum cinq – sans chercher à s'en évader. Un bon zapping-dodiste est ainsi capable, entre minuit et demie et une une heure, d'écouter sans l'interrompre un clampin lui délivrer le bulletin météorologique du lendemain pour le nord de l'Amérique latine, ou de compatir longuement aux difficultés pratiques que rencontre dans sa vie quotidienne un jeune Texan de 285 kilos. Cela posé, revenons à notre sujet.
Hier soir, au cours de mon zapping-dodo, je suis tombé sur une émission – j'ai oublié de noter le nom de la chaîne diffuseuse – consacré à l'historienne Mona Ozouf. On y parlait de sa jeunesse, de son métier de professeur, des livres qu'elle a pu écrire, seule ou avec son mari ou avec François Furet et d'autres – des choses comme cela. C'était intéressant.
Et, soudain, parce que son nom venait d'être prononcé, mais tout à fait en passant – Par Pierre Nora je crois bien –, j'ai senti fondre sur moi une profonde tristesse de la mort de Jacqueline de Romilly. Cela n'avait rien à voir avec un deuil personnel, bien entendu ; c'était tout de même quelque chose qui ressemblait à du chagrin, et intense ; le sentiment inopiné mais très dense d'une perte irréparable, de l'évanouissement dans le néant d'un esprit magnifiquement structuré et d'une richesse difficilement comparable. J'avais beau me dire qu'il restait ses nombreux livres sur la Grèce, que je n'en avais lu que deux ou trois, que je pouvais y puiser encore, rien n'y faisait. Parce que ce n'était pas tant des connaissances de Mme de Romilly que je portais le poids, à ce moment-là, mais plutôt de la manière unique, charnelle, dont elles étaient contenues et agencées entre elles, vivifiées dans ce cerveau-là, qui avait cessé d'être. Pendant plusieurs minutes cette mort m'a réellement scandalisé, et je ne ressentais rien d'absurde à cela. Même après que je fus me réfugier sur la chaîne météo, j'ai continué un assez long moment de porter ce deuil qui n'en était pas un. Et les vents de sept à huit beauforts qui soufflaient à cette heure de la soirée au large de Terre-Neuve ont eu beaucoup de mal à disperser les voiles de crêpe dont j'avais involontairement recouvert l'Athènes de Périclès et d'Anaxagore.
mardi 17 janvier 2012
Connaissez-vous Tibor Déry ? Moi non plus…
D'abord, il ne s'appelle pas réellement Tibor Déry, mais Déry Tibor, puisqu'il est hongrois. C'est un écrivain. Mort. Il y a déjà plusieurs mois, poussé par l'enthousiasme de Dame Crevette, j'avais acheté de lui un court roman intitulé Niki. Depuis, ce mince volume attendait sur ma desserte livresque mon bon vouloir, lequel ne se manifestait guère, je ne sais pourquoi.
J'ai lu Niki cet après-midi, en deux heures. Une histoire simple et tragique, d'un fox-terrier femelle recueilli par un couple quinquagénaire dont le fils unique est mort sur le front russe. L'animal surgit un soir, chez eux, en 1948, et meurt prématurément en 1955. Entre ces deux dates, et en 140 petites pages, on aura vu le stalinisme s'étendre, le monde devenir opaque et absurde, rendu aussi inintelligible aux humains qu'il l'est d'ordinaire aux chiens. On ne sait pas exactement de quoi finit par mourir Niki, on ne saura pas davantage pourquoi l'ingénieur Ancsa, son maître, est arrêté, on ignorera également pourquoi il est finalement libéré, le même jour où l'animal s'en va crever sous l'armoire. Peut-être parce que sa “mission” est terminée, qui consistait à donner sans calcul son amour et son appétit de vie à Mme Ancsa, demeurée seule après l'arrestation et la disparition de son mari, et dont tout le monde se détourne prudemment, à l'exception de Jegyes-Molnar, géant placide, aussi peu bavard qu'un chien et qui a la particularité de savoir faire bouger ses oreilles…
Tibor Déry avait lui-même une chienne qui s'appelait Niki. Il apprendra sa mort en 1958, alors qu'il se trouvait en prison depuis les événements de 1956.
samedi 14 janvier 2012
Le vieux réac aggrave son cas et met en danger son triple A
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| La réception du Grand Condé à Versailles, par Gérôme. |
Le numéro daté de janvier-février de la Nouvelle Revue d'Histoire propose un dossier intitulé “Les intellectuels et la gauche dans la collaboration” : on sent tout de suite les remugles nauséabonds et sulfurisés à donf dont mes nazis naseaux palpitent déjà. Le drame de cette revue – mais elle n'est pas la seule à provoquer ce type de dommages collatéraux – est qu'elle donne furieusement envie, à chaque livraison nouvelle, de commander quelques-uns des livres qui y sont évoqués. Parfois je m'astreins à résister, à seule fin de préserver la paix financière de mon ménage et de conserver mon AAA aux yeux toujours soupçonneux de l'Irremplaçable – mais pas cette fois-ci (ni la fois précédente, du reste). Trois commandes, donc :
– Maurras. La Destinée et l'œuvre, de Pierre Boutang
– Histoire de la Collaboration, de Dominique Venner
– Condé, le héros fourvoyé, de Simone Bertière
Le dernier de ces trois livres n'est là, le lecteur sagace l'aura déjà deviné, que pour tenter piteusement de faire croire que mes préoccupations historiques ne seraient pas exclusivement gestapistes – ce qui bien entendu ne trompera personne. Bref, tout cela va encore me coûter un bras (tendu à l'oblique, comme il se doit) – et encore ai-je résisté à la biographie de Christine de Pizan, qui ne demandait elle aussi qu'à être achetée. D'ailleurs, maintenant que j'y pense sérieusement…
à :
14:47
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récriminations intempestives
Tiroirs à chaussettes :
Auteurs de vue,
Histoire d'en France
vendredi 13 janvier 2012
Foi et philosophies : guide pour un discernement chrétien (titre repoussoir…)
André Léonard est archevêque de Malines-Bruxelles, ce qui est loin d'être le cas de tout le monde. Comme il est aussi théologien et agrégé de philosophie, il écrit des livres, lesquels gagneraient à être lus. Je recommande notamment celui qui s'occupe d'apologétique et a pour titre Les Raisons de croire ; la dernière partie, notamment, qui traite pour l'essentiel du péché originel, est absolument éblouissante : si vous ne voyez pas le rapport entre la chute d'Adam hors du paradis et le big bang des astrophysiciens, c'est une lecture pour vous.
On enchaînera – à moins qu'on ne choisisse de le lire avant – avec un autre livre de ce monseigneur-là, Foi et philosophies, explicitement sous-titré Guide pour un discernement chrétien. L'auteur s'y propose de dégager les grands thèmes de la philosophie moderne et contemporaine, et d'examiner leur incidence sur la manière dont la foi se comprend elle-même. La confrontation entre la réflexion philosophique et la foi chrétienne consiste alors, essentiellement, à montrer quel genre de théologie est induit par un style déterminé de pensée philosophique. Voici un extrait de ce dernier ouvrage :
« La version contemporaine de la gnose la plus largement répandue aujourd'hui est l'idéologie, c'est-à-dire une doctrine dont la visée est sociale ou politique, mais s'adosse à une large vision du monde présentée comme étant garantie par la science et méritant, en raison de son infaillibilité quasi magique, une adhésion absolue de nature presque religieuse. C'est ainsi que beaucoup de doctrines qui nous promettent de “changer la vie” s'appuient sur des idéologies tapageuses qui sont autant de pseudo-sciences : l'idéologie communiste, l'idéologie psychanalytique (le freudisme vulgaire), l'idéologie structuraliste, etc. Le gnosticisme chrétien contemporain consistera donc à abandonner le magistère authentique de l'Église comme critère de la vérité chrétienne pour chercher le lieu d'interprétation de celle-ci dans l'une ou l'autre de ces idéologies. C'est le cas de tous les chrétiens qui pratiquent ce que M.-J. Le Guillou appelle “l'hétéro-interprétation” de la foi chrétienne, c'est-à-dire qui interprètent la Révélation non plus selon la règle ecclésiale de la foi chrétienne elle-même, mais selon les exigences d'une mentalité culturelle étrangère au christianisme orthodoxe : c'est ainsi, par exemple, qu'ils interpréteront l'Évangile “à la lumière” d'un marxisme, d'un nietzschéanisme ou d'un freudisme de poche. Au lieu de baptiser ou de transsubstantier à l'intérieur de la foi chrétienne la part de vérité que contiennent ces idéologies ou même, dans le meilleur des cas, ces philosophies, ils dissolvent plutôt la vérité de l'Église, dans un système intellectuel imperméable au mystère du Père se révélant en Jésus-Christ. Le nom de Jésus “venu dans la chair” (1 Jn 4,2) n'est plus alors qu'un prétexte à une vision du monde qui se passerait tout aussi bien de lui. Le conflit entre la foi chrétienne et la culture humaine est de la sorte résolu, mais c'est par la résorption du christianisme authentique dans un système éthique, psychologique, philosophique ou politique où, sans être répudié explicitement, il est cependant aliéné. »
André Léonard, Foi et philosophies, éditions Lessius, p. 20.
(Et maintenant je les attends, les 130 commentaires, je les attends…)
jeudi 12 janvier 2012
Moi aussi je peux parler du quotient familial, si on insiste
C'est curieux cette impression que l'on a, lisant les blogs de gauche, et surtout depuis deux ou trois jours, en raison de cette affaire hautement excitante pour l'esprit et à forte teneur spirituelle, je veux parler du quotient familial : celle que, pour eux, tout l'argent qui circule dans ce pays va directement dans le gigantesque pot de l'État, à qui il appartient de droit, et que, ensuite, seulement ensuite, celui-ci décide dans sa grande bonté qui aura droit d'en avoir un peu, beaucoup, un peu plus que le voisin, un peu moins, etc. C'est très divertissant à observer, comme pathologie.
Sinon, il y a un argument que je n'ai encore lu nulle part, qui milite pourtant de manière incontestable, me semble-t-il, pour le maintien de ce fameux quotient – et c'est précisément celui que les camarades étatistes et redistributeurs utilisent en faveur de sa suppression : les mesures préconisées par François Hollande vont désavantager les familles aisées ayant de nombreux enfants et profiter aux familles pauvres ayant également de nombreux enfants.
Or, qui obtient généralement une progéniture intelligente, bien élevée, lavée sous les bras, réussissant dans ses études, menant des carrières qui seraient lucratives pour elle si on abrogeait le socialisme, et donc susceptible de payer vos sacro-saintes retraites ? Les riches. Et qui infeste la société de petits drogués braillards, stupides, violents, RMIstes par vocation, détrousseurs de vieilles dames par nature, dès le départ aigris par l'état de semi-clodo qui sera de toute façon le leur ? Les pauvres. Lesquels, parfois, ne parlent même pas la langue et sont d'un blanc douteux, je le note au passage.
Donc, non seulement il ne saurait être question de toucher au quotient familial tel qu'il est, mais il conviendrait au contraire d'accentuer encore le favoritisme qu'il engendre. Et, dans ce même élan de réalisme que je préconise, on pourrait commencer à songer à la suppression pure et simple des allocations familiales, ce qui agirait très certainement comme une sorte d'hystérectomie mentale sur ces empafées de smicardes qui se font faire à la chaîne des enfants en louchant – un œil sur la lézarde du plafond, l'autre sur le compteur de la pompe à phynances.
dimanche 8 janvier 2012
L'air d'un poussin cherchant son omelette
D'abord on se dit : « Tiens, ça serait peut-être bien de faire un nouveau billet… »
Et aussitôt on se répond : « Pour quoi dire ? Et à qui ? »
Alors on écoute le silence pendant un moment assez long, puis on fait une nouvelle tentative : « Bon, on pourrait au moins gratter un peu de journal, non ? »
La réponse arrive tout aussi vite, mais sur un ton légèrement impatient : « Pourquoi ? T'as quelque chose à raconter ? Tu te sens en veine de brillance ? »
On s'avoue que non, en effet, par particulièrement. D'un autre côté, poussé par cet automatisme qu'ont en commun les presque vieillards et les débiles mentaux, puisque on est venu jusqu'à cet écran et ce clavier, on suggère timidement que, peut-être, tout de même…
La voix qu'on ose à peine qualifier d'intérieure se fait sarcasmeuse ; elle crache, comme un brin de tabac qu'on expulse de l'entre-dents : « Eh bien, vas-y, alors ! dégoupille ! »
On tire sur le petit anneau de la grenade, mais c'est l'index qui se détache de la main – et rien ne se passe, en tout cas de l'ordre de l'explosion.
« J'ai l'impression que l'opus major est remis à une date ultérieure ! », rocaille la voix qui, à présent, s'échappe obliquement par les naseaux tels deux jets de fumée tiède.
On sait bien ce qu'elle grille d'envie de dire, on attend le retour de flamme. Mais elle est trop sûre de son coup pour donner dans le panneau aussi vite : ce ne sont pas les cartouches qui lui manquent, elle nous tient à la gorge.
Finalement elle choisit un angle de tir imprévu : « Allez, redresse-toi, vois les choses du bon côté ! Voilà presque quarante-huit heures que tu résistes, tu as fait le plus dur. Crois-en ma vieille expérience : dans six petits mois on en rira ensemble… »
Et l'ordinateur se met en veille, lui aussi, sans que que l'on ait touché à rien.
samedi 7 janvier 2012
Une fois de plus, y a que les assistés sociaux qui s'en sortent la tête haute…
D'après François de-quand-il-était-gros Hollande, quand on gagne plus de quatre mille euros par mois, on est un salaud de nabab qui se shoote à la sueur populaire sans en foutre une rame soi-même.
Désormais, d'après Jean-François Copé, si on recrute des gens à moins de cinq mille euros mensuels, on ne ramasse que des minables, des va-de-la-gueule, des bons-à-nib.
Je sens que retrouver une certaine estime de soi ne va pas être facile.
jeudi 5 janvier 2012
Mon chien Stupide (pardon, Balbec…)
J'ai acheté ce roman de John Fante uniquement pour le plaisir que m'avait donné son titre. Le recevant, je me suis aperçu qu'il ne correspondait en rien à l'original, qui est West of Rome. Mais je persiste à trouver Mon chien Stupide bien meilleur. Et puis, ce gros cador japonais qui continue de dormir dehors lorsqu'il pleut à boire debout me rappelle un peu Balbec. Sans parler du narrateur, un écrivain raté de 55 ans assez porté sur le chablis… En voici un petit extrait, just for fun :
« Dans la cour, j'ai entendu le claquement mat d'un ballon de basket. C'était Jamie qui défoulait sa colère en lançant le ballon dans l'anneau fixé au mur du garage. Il était mon meilleur gosse. Il ne fumait pas de came, ne buvait pas de gnôle, ne couchait pas avec des Noires, il ne voulait pas devenir acteur. Un père pouvait-il demander davantage ? Ce fils avait quelque chose de sain et de rafraîchissant. »
John Fante, Mon chien Stupide, 10/18, p. 38.
Et puis, tiens, comme il serait idiot de ne pas laisser entrer en scène la bestiole éponyme, en voici un second, d'extrait, situé deux pages plus loin, lorsque le père et le fils accompagnent le chien jusqu'à la plage dans l'espoir de l'y perdre. Juste avant ce passage, il vient de se friter avec les deux boxers d'une voisine, et a vainement tenté de sodomiser le mâle :
« Nous nous sommes penchés au-dessus de Stupide qui léchait ses pattes et se nettoyait après la bagarre. Une poignée de fourrure manquait sous son poitrail, mais il n'était pas blessé. Je lui ai asséné une tape admirative sur le ventre.
« Ce gaillard sait se battre, j'ai dit.
– Tu crois qu'il aurait fait le poids contre Rocco ?
– Je n'irais pas jusque-là, j'ai dit. Mais il a mis deux boxers en déroute. Il promet.
– C'est un pédé, Papa.
– César aussi était pédé. Et Michel-Ange.
– Dommage qu'on ne puisse pas le garder.
– Ta mère en ferait une jaunisse. »
Il y a encore bien d'autres passages d'une belle cocasserie, mais je ne vais pas tout vous recopier non plus. Lisez-le.
mercredi 4 janvier 2012
D'après mon expérience récente…
Les jeunes Japonaises sont toutes petites, toutes menues, mais elles mangent comme trois déménageurs européens – surtout au petit-déjeuner. Et, souvent, elles s'appellent Chihiro.
lundi 2 janvier 2012
dimanche 1 janvier 2012
Les réveillons les plus courts sont les meilleurs – mais faudrait pas que ça devienne une habitude
– Menu de réveillon : boudin blanc (mais de Rethel) et pommes boulangères.
– Boisson de réveillon : flotte municipale, délicatement chambrée.
– Durée du réveillon : neuf minutes, sans compter le débarras de la table.
– Suite du réveillon : Fixation oculaire prolongée sur l'écran de télévision.
– Aspect positif du réveillon : Aucune gueule de bois à déplorer cette année.
On va quand même avoir du mal à faire mieux en 2012…
samedi 31 décembre 2011
Didier Goux, le blogueur qui pose les vraies bonnes questions
Elle est bonne et elle est vraie parce qu'au fond il n'en est pas d'autre qui vaille : doit-on se contraindre à publier un billet le 31 décembre, au prétexte que ce sera le dernier de l'année ? On notera en préambule que, en cas d'abstention – d'abstinence ? –, on disposerait tout de même d'un dernier billet de l'année, celui de la veille ; ce qui est réconfortant. Néanmoins ?
Bien sûr, ne pas publier de billet un 31 décembre serait une manière, un peu puérile certes, de se démarquer du vulgaire. Mais quel blogueur sérieux a vraiment envie de se démarquer de qui que ce soit, alors qu'il vient de parcourir la longue prairie des 364 jours écoulés en troupeau aveugle ? Ce serait un coup à rater le gué. Donc, billet ; mais pour y dire quoi ?
On peut toujours faire le bilan, certains ne s'en privent jamais. C'est-à-dire étaler sa satisfaction d'avoir eu des visiteurs (le mot “lecteur” m'a paru tout de même un peu hasardé), et les recenser avec méticulosité. Il est également loisible au blogueur de délivrer au bon peuple ses souhaits pour l'année qui menace ; ou au contraire de dresser, mais sur le mode léger et humoristique qui caractérise l'espèce, la liste des frustrations, manquements, désillusions et ratages qui ont été son lot durant celle qui agonise dans le frigo, à côté des huîtres pas encore ouvertes. Il y a encore la possibilité de se muer en vieux sage et de dérouler une série de conseils, de préceptes, de règles d'or aux lecteurs haletants. C'est ce que fait le camarade CSP ce matin, dans un langage de psycho-pubeux tout à fait réjouissant venant d'un vieux routard de l'insurrection prolétarienne comme lui (“Ayez des expériences de vie qui vont structurer votre personnalité”…). Pour ceux qu'aucune de ces options ne satisferait, il restera la solution d'en appeler – avec accents pathétiques obligatoires – à virer bientôt le vilain nain de l'Élysée, ce qui fait toujours bien dans le tableau.
Enfin, il est envisageable de publier son ultime billet sans chute véritable, ce qui est une manière d'accorder une petite dernière chance à 2011.
Par la porte entrouverte
Je revoyais mes souvenirs…
vendredi 30 décembre 2011
Hugo Chavez, guignol conspirationniste
On lit parfois (mais c'est tout de même assez rare, reconnaissons-le) des articles fort amusants, sur Atlantico.fr. Comme par exemple celui-ci, dont voici les deux premiers paragraphes :
Hugo Chavez est ce qu’il est convenu d’appeler
amicalement (et il a beaucoup d’amis) un personnage haut en couleurs. Il
est socialiste, révolutionnaire, bolivarien, anti-impérialiste,
antisioniste, antilibéral. Des convictions (que dis-je ? des qualités !)
qui lui valent en France une cote d’amour tout à fait appréciable.
Besancenot l’admire, Mélenchon l’aime, le PCF l’idolâtre, les
écologistes l’adorent et les vieux gauchistes non encartés se pâment
devant ses envolées tribuniciennes. Hugo Chavez parle effectivement
beaucoup. (…) Et on ne saurait compter le nombre de fois où il a
perdu l’occasion de se taire.
Cette
fois-ci il a fait très fort. En apprenant que Cristina Kirchner, la
présidente argentine, était atteinte d’un cancer (il en a eu un, lui
aussi), il s’est demandé, benoîtement, si la CIA n’avait pas
découvert une machine à donner le cancer aux leaders de gauche
sud-américains. Comme Hugo Chavez est un homme circonspect, il
s’est bien gardé d’accuser, comme ça, bêtement, les États-Unis. Il a
simplement dit ne pas exclure cette possibilité.
(…)
On pourrait également se demander si cette même CIA n'aurait pas inoculé le virus de l'amnésie (préparation de synthèse, effectuée dans des laboratoires souterrains du Nevada profond) à nos salonnards gauchistes, afin de les faire adorer à deux genoux un ancien militaire putschiste comme l'Amérique Latine en produit à la tonne depuis un siècle et demi.
mercredi 28 décembre 2011
De la nature profondément démoniaque du communisme
J'en suis arrivé à penser de manière très sérieuse, et profondément, que le communisme était d'essence démoniaque. Au sens propre. Il n'est pas besoin, ce me semble, de croire à l'existence réelle du diable pour être capable de débusquer le démoniaque où il se love. On dit couramment que l'enfer serait pavé de bonnes intentions : même si, d'après Chesterton, saint Thomas d'Aquin a montré que ce n'était pas vrai, il n'en demeure pas moins que ces pavés-là sont ceux que l'on nous exhibe le plus volontiers dès qu'il s'agit de faire miroiter à nos yeux les séductions de la doctrine. Le communisme se donne pour but la libération de l'homme, il vise le bonheur partagé, l'arrêt de toute exploitation, la fin de cette lutte des classes qu'il a inventée pour les besoins de sa propre cause, le paradis sur terre. Bref : le royaume du communisme se proclame de ce monde et pour bientôt. Mais, dès que l'on fait mine de céder tant soit peu au chant de ses sirènes, arrivent immanquablement et tout de suite la misère et l'asservissement, emprisonnements arbitraires et tueries de masses, “le bâillon pour la bouche et pour la main le clou” . Toujours cependant au nom d'une satisfaction terrestre en perpétuelle advenance.
Satan, le père du mensonge, ne procède pas autrement lorsqu'il tente le Christ au désert. Sauf que, tout de même, avenir radieux pour avenir radieux, tous les royaumes du monde semblent plus attirants que la dictature du prolétariat, comme perspective téléologique. Mais enfin, le procédé est le même et le principe identique : faire chatoyer les couleurs des chaînes que l'on va vous refermer sur les poignets et les chevilles. On nous rabâche ad gerbeam, en général pour l'opposer au nazisme, que le communisme a de belles et bonnes intentions et que, à ce titre, on doit le préserver, voire le “réinventer” comme dirait l'autre zouave. Je proteste : le communisme n'as jamais eu de bonnes intentions ; il affiche de bonnes intentions, nuance. Et c'est bien la moindre des choses. Après tout, Méphistophélès a choisi de promettre au docteur Faust la jeunesse et la beauté plutôt que l'arthrose et un psoriasis virulent.
Le communisme et les entreprises sataniques ont aussi en commun de pratiquer l'inversion systématique des valeurs, le mal devenant le bien par un simple décret de ses idéologues, ou plus exactement, le mal étant présenté comme nécessaire et obligatoire pour parvenir au bien, et du coup en prenant l'apparence et les couleurs. Dans les deux cas, les possédés deviennent brusquement inaccessibles à la raison et fabriquent, en eux et autour d'eux, du malheur et de la peine, au nom du bonheur illusoire que le démon a fait miroiter devant leurs yeux.
La question qui reste en suspens est celle de l'existence, ou non, d'un exorcisme efficace.
Yahia, mon général ! ou : les Phocéens font mumuzz
Ils en ont de la chance, nos amis marseillais (merci à qui de droit…), de trouver de semblables merveilles dans leurs boîtes aux lettres ; ce n'est pas au Plessis qu'on aurait droit à des joyaux de cette eau, tu peux courir ! En tout cas, grâce au señor Yahia – Oui-Oui, en français de souche –, on a désormais la preuve que ce sont les gauchistes qui ont raison : on peut bien être à la fois contre Israël et contre la judéophobie. Ça vous la coupe, ça, hein, les réacs putrides ?
Quoique, à la réflexion, je me demande si le creux verbiage qui entoure les mots “sionisme” et “Israël” ne serait pas une simple garniture ; un peu comme la feuille de salade sous l'entrecôte, celle que personne ne mange jamais mais qui donne du pimpant à l'assiette.
mardi 27 décembre 2011
Les guerriers du Christ ou la geste superbe des Croisades
Pour les bons esprits de ce temps, l'affaire est entendue, le procès n'est plus à faire : la Croisade c'est le mal. Entreprise au mieux dans un vulgaire appétit de lucre, au pis dans une volonté de coloniser et d'asservir. Passons sur la seconde accusation, qui pue son anachronisme à pleins naseaux : nul chrétien du XIIe ou XIIIe siècle n'a jamais eu cette étrange idée de coloniser la Terre Sainte. Il ne s'agissait pas davantage d'une guerre des religions, ni même d'une guerre missionnaire – même s'il dut bien y avoir quelques conversions forcées de musulmans par-ci, par-là : c'est humain… –, mais d'une sorte de pèlerinage armé, destiné à conquérir, conserver ou reconquérir les Lieux Saints ; Lieux Saints sur lesquels les musulmans n'avaient aucun droit légitime particulier, sinon celui du plus fort, puisque eux-mêmes avaient, cinq siècles plus tôt, asservi ces régions juives et chrétiennes les armes à la main.
Pour ce qui est de l'appât du gain, de l'esprit de lucre, laissons la parole à Franco Cardini, auteur entre autres d'une excellente biographie de saint François d'Assise : « (…) on interdisait par ailleurs pendant la durée entière de la mobilisation tout type de commerce et de contact avec les musulmans, si ce n'est la confrontation militaire. C'était une décision grave, qui coûtait très cher en termes financiers parce qu'elle gelait des trafics opulents et ne pouvait pas être maintenue trop longtemps parce que les élites économiques – surtout les villes maritimes italiennes – n'en auraient pas garanti le respect. » À cet appauvrissement dû à l'arrêt des relations commerciales doit s'ajouter la nécessité pour les croisés de s'équiper de pied et cap, non seulement eux mais les hommes, de troupe ou de service, qui vont les accompagner durant de longs mois. Il faut aussi affréter de nombreux bateaux, ce que les villes maritimes italiennes déjà évoquées – principalement Gênes et Venise – ne font pas gratuitement, loin de là. Enfin, durant le temps que dure la croisade, on ne peut plus veiller à la bonne marche de ses affaires, ni à l'intégrité des biens que l'on possède en France ou en Angleterre ou en Allemagne. La croisade, ça coûte de l'argent. On me répondra razzias et pillages des cités conquises. Bien entendu. Mais cela n'a rien de particulier à la croisade : à l'issue de toute guerre, de la moindre bataille même, le vainqueur pillait les biens du vaincu, telle était la règle admise par tous – le Traité de Versailles est peut-être le dernier en date de ces ancestraux Vae victis.
Si la croisade suscite autant de ferveur et d'adhésion durant près de deux siècles, c'est parce qu'elle est un retour au Christ, à la région qui a vu se dérouler son passage sur terre. C'est essentiellement un pèlerinage, qui n'a pour but ni l'enrichissement personnel, ni on ne sait trop quel “esprit d'aventure”, ni le goût de la violence armée. Sinon comment pourrait-on expliquer qu'en juin 1219 saint François se soit embarqué d'enthousiasme à Ancône pour Acre puis Damiette ? L'appât du gain ? Le goût des armes ? Voyons, voyons…
La croisade est peut-être la geste la plus haute et la plus sublimement gratuite de toute l'histoire de l'Occident : des hommes en armes, croix cousue sur l'épaule ou le torse, qui acceptent de tout quitter et de traverser l'Europe entière en risquant leur peau, à seule fin d'aller délivrer un tombeau.
Demain, nous nous intéresserons au caractère proprement démoniaque du communisme…
Demain, nous nous intéresserons au caractère proprement démoniaque du communisme…
lundi 26 décembre 2011
Ludwig ou l'effondrement des dieux
Hier après-midi, j'écrivais ceci, dans mon journal : « Ce soir, parce que pas d'autre choix possible, nous allons regarder le Ludwig
de Visconti, bien que je ne sois pas sûr de tenir jusqu'au bout des
trois heures trois quarts qu'il dure. D'autant moins qu'il me semble
avoir toujours trouvé Visconti passablement emmerdant. Je dis “il me
semble” car il y a tellement longtemps que je n'en ai vu un que je ne
sais plus s'il s'agit de mon appréciation réelle d'alors ou bien d'un
simple préjugé fondé sur rien. Vérification ce soir, donc. »
Nous avons, Catherine et moi, “tenu” une demi-heure. Donc je confirme : pour moi, Visconti est emmerdant, et à peu près rien d'autre. Chaque image est superbe, c'est entendu. Mais une succession de tableaux, aussi magnifiques soient-ils, ne fait pas un film. Je passais, durant cette demi-heure, le temps où je me faisais chier à comparer ce que je voyais avec Fanny et Alexandre, d'il y a trois jours : Bergman est tout autant capable que Visconti de produire des images superbes ; en plus, sa caméra bouge et, tandis qu'il nous montre des choses, une histoire se construit, des personnages naissent, etc. rien de tout cela chez Visconti.
Et puis, il y a cette malédiction du cinéma italien de cette époque, que l'on pourrait appeler la “production internationale”, qui vous barre l'accès aux meilleurs films qui soient. Par exemple, il ne m'est plus possible de regarder ce chef-d'œuvre qu'est Le Bel Antonio, de je ne sais plus qui (découvert à la télévision, vers 18 ans). Le choix est simple et tragique : soit vous choisissez la “VO”, pour entendre Mastroianni et Cardinale – mais alors vous devez supporter Pierre Brasseur couinant en italien, ce qui est insupportable ; soit vous choisissez la “VF” (pour Brasseur), et ce sont les deux autres qui deviennent insupportables. Dans Ludwig, c'est encore mieux : si vous choisissez la “VO”, personne ne parle sa propre langue. Trevor Howard, acteur anglais jouant Wagner, baragouine en italien (ou en français si vous optez pour la “VF”) ; Romy Schneider et Helmut Berger, pitoyables acteurs teutons tous les deux, jouent également les pizzaiolos en VO – mais enfin, eux, c'est moins grave, dans la mesure où ils sont toujours mauvais de toute façon.
Pendant ce temps, M. Visconti lèche ses images et nous débite des dialogues dignes d'un roman Harlequin, avec découpage pesant, dit par des acteurs en dessous du médiocre (Schneider, Berger), et le film se traîne à un point qu'on l'abandonne très rapidement. Et qu'on se retrouve devant ce clavier qu'on avait pourtant juré d'abandonner jusqu'à demain.
dimanche 25 décembre 2011
Réveillon au panier, Pâques au chantier – proverbe
à :
13:29
11
récriminations intempestives
Tiroirs à chaussettes :
Les chiens-chiens à son Pépère,
Vu du Plessis
samedi 24 décembre 2011
La double veillée de la rue de l'Église
Ce soir, pour cause de Nativité, l'Irremplaçable quittera notre chaumière ouatée de neige virtuelle pour aller se joindre à la procession aux flambeaux qui parcourra les rues de Pacy, avant d'assister à la messe qui, elle aussi, à ce que j'ai bien cru comprendre, aura un rapport étroit avec ladite Nativité. Durant ce temps, le mécréant dans sa tanière organisera pour soi seul une procession au chablis sans sortir des étroites limites de son salon, en une sorte de Voyage autour de ma chambre délicatement alcoolisé. Pour montrer son respect des mystères divins, il remplacera néanmoins les habituelles chansons à boire et de salle de garde par un oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach, suivi sans doute d'une ou deux cantates du même.
Durant cette heure et demie qu'il passera seul, il pensera sans doute fort peu au petit Jésus, parce qu'il n'est pas fou des enfants au berceau ni des squatteurs d'étable qui choquent son respect de tout ordre établi et des richesses honnêtement gagnées. Cela ne veut pas dire que ses réflexions décousues seront dénuées de mysticisme, mais on ne peut jurer de rien.
Lorsque l'Irremplaçable sera de retour, l'agnostique perturbé fera sauter le bouchon de la bouteille de champagne qu'il aura préalablement mise à fraîchir pour elle ; et il en profitera – on peut considérer la chose comme assurée – pour gravir en sa compagnie une seconde Montée de Tonnerre, en devisant nonchalamment et en gobant les petits œufs de caille en gelée qui auront fait leur apparition sur la table du salon. Pour finir, les deux vieux mariés se féliciteront d'avoir traversé cette année à peu près sans encombre – et même avec quelques bonheurs discrets. Ils iront se coucher, parce qu'il faut bien que tout rentre dans l'ordre à un moment donné.
jeudi 22 décembre 2011
Fou qui s'imagine pouvoir tuer le père !
Fanny et Alexandre est construit en diptyque, mais les deux “panneaux” de celui-ci – le théâtre et l'Église – ne font pas que se contempler ni même se répondre : ils se combattent. On ne révélera rien en disant qu'ils renferment en eux, à la “pliure”, la tension qui habitait Ingmar Bergman lui-même, fils de pasteur luthérien et homme de théâtre. Dans le film, l'ordre est renversé : c'est le théâtre qui forme le premier panneau et l'Église le second. C'est que le théâtre n'est pas seulement celui, bien réel cependant, dont les parents et la grand-mère d'Alexandre sont les dépositaires, les directeurs et les comédiens tout à la fois : il est aussi, plus vaste et tout aussi clos, celui de l'enfance elle-même, du “petit monde” dont parle le père peu de temps avant de mourir, symbolisé par l'imposante maison familiale sur laquelle règne la grand-mère, où tout en effet semble se faire décor immuable, ritualisé à l'extrême – avec une nette prédominance de la couleur rouge, celle du lourd rideau qui se lève et retombe. Du reste, il y a aussi du théâtre à l'intérieur de ce théâtre, mais il n'est finalement pas plus codifié que celui où tente de vivre le “petit monde”. On peut noter aussi que, dans cette première partie, quelques accords en sourdine annoncent déjà la seconde (de même que, dans celle-ci, le théâtre ne se laissera pas tout à fait oublier) : la prière vespérale des enfants, par exemple. Toute cette première partie se déroule dans ces deux univers clos jumelés que sont la maison familiale et le théâtre qui est en quelque sorte sa raison d'être. Une seule exception : la courte scène d'extérieur où l'on voit Isaac, l'ami-amant de la grand-mère, quitter son magasin d'antiquités (extraordinaire caverne d'Ali-Baba initiatique et surnaturelle) pour venir prendre sa place au repas de Noël – première esquisse du rôle de passeur, de “pont” qu'il jouera dans la seconde partie.
C'est la mort du père qui nous fait basculer de l'un à l'autre panneau, scène d'une éprouvante sobriété qui culmine dans l'ultime face-à-face – dont on se demande s'il n'est pas en fait le véritable premier – entre Alexandre et son père râlant. L'enterrement est la première sortie du “petit monde” dans le grand, sous la masse écrasante et froide de la cathédrale, toujours filmée dans une contre-plongée menaçante. Enterrement lui aussi ritualisé à l'extrême, dont Alexandre combat la solennité glaçante et magnifique en égrenant à mi-voix et en boucle des “pisse, merde, bite…” proférés d'un ton mécanique et les yeux obstinément baissés.
Le remariage de la mère avec l'Évêque arrache Fanny et Alexandre au “petit monde” pour les enfermer dans une prison à la fois réelle et mentale, aussi austère que la maison familiale était opulente et chaude. La couleur rouge disparaît totalement, mais pas la ritualisation – ni donc le théâtre – puisque même les châtiments corporels que devra subir Alexandre obéiront à une mise en scène précise, maniaque. À partir de cette transplantation brutale, les deux enfants découvrent à la fois la cruauté et le surnaturel. La cruauté est celle de l'évêque, bien entendu, mais on aurait tort d'y voir uniquement une fustigation de la religion : l'évêque utilise son magistère comme une arme, une “férule” mentale et, ce faisant, le trahit. J'en veux pour signe la scène où Alexandre, puni, est contraint de passer la nuit dans le grenier de l'évêché : dans un coin de la pièce en soupente se trouve un grand christ en croix ; mais il est renversé, à terre, comme un objet de rebut qu'on aurait monté là pour ne plus le voir – ou peut-être pour que lui ne voie plus ce que l'on fait en se réclamant de lui. Quant au surnaturel, il apparaît en premier lieu à Alexandre sous les traits de son père – père qui, au moment de sa mort, répétait le rôle du spectre, dans Hamlet. De fait, c'est à ce moment qu'Alexandre commence à s'extraire de la gangue de l'enfance (rouge et chaude) pour se dresser contre l'usurpateur, lequel aura finalement une mort “de théâtre”, soigneusement artificielle, méticuleusement incrédible. De même l'évasion de Fanny et Alexandre, ravis de leur prison dans un coffre ancien où Isaac les a dissimulés à la suite d'une ruse cousue de fil blanc, dans la plus pure tradition de la comédie.
Car nul ne peut se rendre librement d'un univers à l'autre, du petit monde à l'évêché et inversement. Personne sauf l'antiquaire juif qui continue de jouer son rôle de passeur, aidé par son fils Aaron, et emmène les deux enfants dans sa caverne d'Ali-Baba, où se trouve enfermé l'autre fils d'Isaac, Ismaël, qui détient la clé du monde des esprits et dont l'étrangeté est soulignée par le fait que c'est une femme qui joue le rôle.
À la toute fin du film, le petit monde s'est reconstitué, pratiquement inchangé. Mais c'est alors, dans un couloir, le fantôme de l'évêque qui jette littéralement Alexandre à terre, comme s'il le foudroyait, et s'éloigne sur cette prophétie : « Tu ne m'échapperas pas ! » Mais on se dit que si, peut-être, tout de même. Car, entre temps, pour se donner la force de combattre l'usurpateur, de repousser son emprise, Alexandre a commencé à inventer des histoires…
Mais qui a décongelé Pierre Robes-Roule ?
En tout cas, quel qu'il soit il a bien fait, puisque ce nauséabond animal vient de publier, sur son blog en léthargie avancée, un scandaleux et méchant petit conte de Noël, dont je ne suis pas sûr qu'il faille le laisser traîner à portée de tous les yeux – enfin, c'est vous qui décidez.
Il n'empêche que lire des choses pareilles au pays des droits de l'homme et en plein vingt-et-unième siècle, ça fait tout de même un peu mal aux orphelines…
L'avalé des à-valoir
La différence essentielle entre un écrivain et son confrère en bâtiment : lorsqu'il a terminé un roman, le premier remet son ouvrage sur le métier ; le second se contente de le remettre à son éditeur.
mardi 20 décembre 2011
La cantinière et les pyjamas rayés – journée portes ouvertes à l'asile
![]() |
| Policiers français en pleine procédure administrative, après le contrôle d'un sans-papier |
Le billet débute comme suit :
Ce qui est fascinant, si l'on jette un regard
en arrière, c'est que nous venons de passer 10 ans sous le régime de la
terreur.
D'emblée, on sent que le tableau va être réaliste et tout en nuances. Et en effet, la suite donne dans le pastel le plus délicat :
Cela fait maintenant 10 ans que nous sommes plongés en permanence dans une
sorte d'ambiance de fin du monde, dans une crise de panique sans fin dont la principale conséquence, et non des
moindres, est d'oblitérer chez nous toute capacité cognitive un tant soit peu
rationnelle.
On parlera ensuite de notre “joug de peur”, moins tendre que la joue de bœuf mais conduisant tout aussi sûrement à la boucherie, présume-t-on. Parvenu au bout du deuxième paragraphe de cette prose pâteuse, grisâtre, très “Europe de l'Est” dans sa conception d'ensemble, on se demande déjà quel genre de carotte poursuit notre âne gauchiste, lorsque l'on débouche tout à trac sur l'esplanade des tours jumelles, un certain 11 septembre. Mais si, vous savez bien : ce fameux fait divers dont on ne saura probablement jamais qui l'a commandité (on ne nous dit pas tout…), qui a permis aux forces de la réaction et du grand capital de transformer la moitié du monde – au moins – en un gigantesque camp de concentration, avec exécutions sommaires, désignation puis extermination de gentils boucs émissaires innocents et barbus, barbelés électrifiés, petits enfants grecs et espagnols mourant de faim sous leurs préaux, etc. Tout cela au nom d'un danger “qu'on ne voit pas” (encore que, à mon modeste avis, les dizaines de personnes qui se sont jetées du haut des tours en flammes l'ont tout de même entr'aperçu, le danger en question).
Personnellement, j'ai la chance de n'être pas de gauche et de n'avoir que de très faibles accointances avec le progressisme de cabanon tel qu'il se déploie ici. Mais si je l'étais, de gauche, il me semble que je déprimerais quelque peu à l'idée d'avoir de semblables alliés.
Toute obnubilée par la terreur, la panique, la tremblote du mouton et le joug de peur qui lui enserrent les tréfonds, la Dame laisse pourtant échapper ceci, entre deux sulfatages de financiers ventrus et cyniques :
L'état de sidération des peuples est tel que nous avons
même perdu la capacité de rire du ridicule le plus achevé.
Qu'elle se rassure : cette “capacité de rire du ridicule le plus achevé”, nous venons tout juste de la retrouver, grâce à elle.
dimanche 18 décembre 2011
Réservons le droit de vote aux étrangers !
C'est ce que propose l'excellent Jacques Étienne (dont on se demande ce qu'il peut bien fumer dès le matin…) dans son billet du jour. On notera que les arguments qu'il développe sont parfaitement rigoureux et sensés, pour peu que l'on pense vivre dans un monde lui-même rigoureux et sensé.
samedi 17 décembre 2011
Maréchal, nous voilà presque arrivés
C'est avec un très grand intérêt que je poursuis la lecture du livre de Michèle Cointet, Nouvelle histoire de Vichy. Étude à la fois très fouillée et d'une clarté exemplaire, se refusant les facilités et les partis pris idéologiques, d'un bord ou de l'autre. Néanmoins, il y a tout de même une faiblesse du scénario, grandement dommageable au soutien de l'attention chez le lecteur : à une centaine de pages de la fin, on devine déjà que tout cela va probablement très mal finir.
vendredi 16 décembre 2011
Les singes intégristes et les singes blasphémateurs
La conversation, sous mon billet d'hier matin, a quelque peu dévié, en partie du fait de Dorham (Dorham est un formidable dévieur de conversation, ce qui n'est pas sa moindre qualité : il a dû être aiguillage ferroviaire dans une vie antérieure…). Je n'y ai pas participé pour la raison simple qu'elle ne me concerne pas. Étant, à ce jour, incroyant, je vois mal ce que je pourrais avoir à dire sur le Christ, sa nature divine ou non, sur le fait de savoir qui est catholique et qui ne l'est pas, etc.
Néanmoins, je sais ce que je pense du blasphème et des blasphémateurs. Au mieux, des sales gosses. Au pire, si l'on se mêle de croire à Satan, de pauvres diables gesticulants et assez ridicules, pris dans la main de leur Maître. Le blasphème ressortit à la foi, bien évidemment, mais à une foi dégradée, dévoyée, hystérique, dostoïevskienne, écumante et impuissante, girardienne. Pour comprendre le blasphémateur, il faut lire et relire le Paradis perdu de Milton : le blasphémateur incarne la chute, mais dans sa version “théâtre de boulevard” ; les blasphémateurs sont toujours ridicules, au moins à notre époque où ils ne risquent rien. Il me semble impossible de blasphémer sans déchoir et s'abîmer, après Sade. Il reste que tout blasphémateur est un croyant qui ne se supporte plus. Un athée parfait, un incroyant tranquille ne blasphème pas : il passe outre. Mais y en a-t-il ? Qui parvient à écarter l'inquiétude ? Rejeter Dieu, c'est encore l'admettre, non ? Je pense à ces pantins gesticulateurs qui – disent-ils – se font “débaptiser”, ce qui est très tendance. Mais se faire débaptiser (si la chose était possible), c'est clamer avec force que l'on croit à la puissance du baptême. De même que se faire démobiliser est reconnaître l'existence de l'armée.
Bien sûr, il y a aussi le blasphémateur de circonstance, celui qui a compris, pour parler aussi vulgairement que lui, qu'il y avait “du pognon à s'faire” ; et c'est très précisément ce que tentent, un peu chaque jour, les minables théâtreux dont on parle ces temps derniers.
Mais pourquoi en parle-t-on ? Parce qu'il existe des gens regroupés sous le nom de Civitas. Qui sont assez stupides pour se laisser entraîner sur le terrain des blasphémateurs subventionnés ; qui organisent des processions, qui gémissent en chœur, se flagellent en rond – et font de quelques cadavres progressistes des martyrs de la culture, des christs-en-croix de la laïcité, des saint Sébastien de la liberté d'expression. C'est la bêtise à front de taureau contre une autre qui lui ressemble trait pour trait. Le singe affronte le singe, et chacun se prend pour l'homme. Alors que, pendant ce temps où ils font les guignols, ils devraient plutôt voir les blasphémateurs pour ce qu'ils sont réellement – du rien qui fait du bruit – et prier pour eux ; en silence.
jeudi 15 décembre 2011
Deux hommes et une seule chaise : drame
Les hommes politiques, de quelque bord qu'ils soient ou se croient, ne sont jamais des adversaires ; tout juste des rivaux.
Les acteurs sont des cons (André Wilms en particulier)
Nous parlions hier de Jean-Louis Murat. Je réitère : je crois vraiment n'avoir jamais entendu aucun chanson de ce garçon – mais il est vrai que j'ai cessé de m'intéresser à la chanson en général il y a au moins trente ans – ou vingt-cinq, peu importe.
Mais tout de même (et bien que je ne l'écouterai jamais probablement), rencontrer un chanteur qui connaisse au moins le nom de Bernanos ou de Léon Bloy (qui me gonfle, mais c'est une autre affaire) donne envie de taper dans ses mains avec un sourire niais et d'entamer la danse de la pluie.
Parce que, en général, les chanteurs, les acteurs, les “comiques”, etc., sont des noix vomiques qui demandent d'avoir un estomac solide pour les écouter, et même seulement les regarder.
Par exemple, hier, dans l'émission de merde de Taddéi (sur France 3, ne me demandez pas son nom), il y avait André Wilms, ce vieil acteur connu des Français pour avoir joué dans ce film pitoyable (La Vie est un long fleuve tranquille) de ce réalisateur pitoyable qu'est… Comment s'appelle-t-il déjà, celui-là ? On a oublié. Peu importe. Bref, ce vieux Wilms s'est vautré hier soir dans un ridicule absolu, il m'a fait pitié, tellement que j'ai finalement zappé parce que je déteste voir les gens se ridiculiser devant moi. Or, c'est ce qu'il a fait, bien entendu : il s'est ridiculisé. Parce que, visiblement, il est un con. Un con impérial. Dans une société normale, personne ne demanderait son avis sur rien à cet ignorant absolu ; mais, là, on était à la télévision, chez Frédéric Taddéi qui, lui-même, enfin bon… il est animateur, quoi.
Mais tout de même (et bien que je ne l'écouterai jamais probablement), rencontrer un chanteur qui connaisse au moins le nom de Bernanos ou de Léon Bloy (qui me gonfle, mais c'est une autre affaire) donne envie de taper dans ses mains avec un sourire niais et d'entamer la danse de la pluie.
Parce que, en général, les chanteurs, les acteurs, les “comiques”, etc., sont des noix vomiques qui demandent d'avoir un estomac solide pour les écouter, et même seulement les regarder.
Par exemple, hier, dans l'émission de merde de Taddéi (sur France 3, ne me demandez pas son nom), il y avait André Wilms, ce vieil acteur connu des Français pour avoir joué dans ce film pitoyable (La Vie est un long fleuve tranquille) de ce réalisateur pitoyable qu'est… Comment s'appelle-t-il déjà, celui-là ? On a oublié. Peu importe. Bref, ce vieux Wilms s'est vautré hier soir dans un ridicule absolu, il m'a fait pitié, tellement que j'ai finalement zappé parce que je déteste voir les gens se ridiculiser devant moi. Or, c'est ce qu'il a fait, bien entendu : il s'est ridiculisé. Parce que, visiblement, il est un con. Un con impérial. Dans une société normale, personne ne demanderait son avis sur rien à cet ignorant absolu ; mais, là, on était à la télévision, chez Frédéric Taddéi qui, lui-même, enfin bon… il est animateur, quoi.
Il était très amusant, ce Wilms. On le sentait sûr de savoir certaines choses (et il cherchait des yeux la caméra qui le filmait), il parlait sur ce ton pontifiant qu'ont tous les mauvais comédiens français, et les imbéciles de toute nationalité, quand on leur tend un micro. Il avait bien révisé avant de venir, notre Wilms, glané trois citations, tout ça… C'est au moment où, le regard grave et la glotte profonde, il nous a balancé "l'art dégénéré" (oh, putain, vous auriez vu sa gueule, à ce moment-là, à ce vieux cabot !), que mes nerfs ont lâché et que je suis passé sur une autre chaîne qui diffusait un film de zombis – tout le monde a ses faiblesses.
L'honnêteté m'oblige à dire que ce Wilms n'était pas le seul souverain poncif présent sur ce plateau. Il y avait aussi le vieux Closets (François de) et deux ou trois raclures médiatiques dont l'histoire – véhiculée par votre serviteur – n'a pas retenu le nom.
L'affaire s'appelait “revue de presse”. Le principe est simple. À chaque changement de sujet, on garde le panel du jour (et notamment notre Wilms qui, en temps que saltimbanque, sait bien sûr tout sur tout), et on leur donne à bouffer un innocent qui n'a pas bien compris qu'il ferait mieux de fermer sa gueule, ou au moins d'éviter cette fosse aux lions édentés. Hier soir, les Blandines modernes étaient d'abord un catholique "intégriste" (là, nos Wilms et nos Walter Closets ont déchiré à belles dents et sans risque), puis un commandant de police, venu parler de la promesse de Nicolas Sarkozy d'équiper les policiers de fusils à pompe. Comme il n'était pas certain que les six appointés du plateau soient suffisants pour écraser le commandant en question, on lui avait adjoint une sorte de grosse chose qui, si j'ai bien compris, après avoir erré dans diverses professions, a écrit deux romans policier, ce qui, on le comprend, lui donnait le droit de parler de la police, de la société, de la prévention, etc., avec beaucoup plus d'autorité que le pauvre commandant en question.
Quel que soit le sujet de cette “revue”, l'affaire était entendue : on amenait dans l'arène un malheureux simplet qui n'avait pas compris que le monde avait changé. Je pense qu'à la fin de l'émission, ils l'ont tous compris – mais c'était trop tard. Je leur suggère, la prochaine fois, de venir avec leur fusil à pompe.
mercredi 14 décembre 2011
Ça balance pas mal, en auvergne…
Je crois bien n'avoir jamais entendu une seule chanson de Jean-Louis Murat. Ou bien j'ai oublié. Ou alors j'étais saoul. Ou i' sentait pas bon. Toujours est-il que je trouve ce garçon fort sympathique, à en juger d'après cette interview parue dans Le Point, et dont voici un extrait :
« Ces hommes de gauche patentés, je connais leur mode de fonctionnement.
Le plus grand des jolis cœurs, Renaud, je l'ai vu faire un truc qui te
conduit normalement en prison. Il est devenu mon ennemi de base, même si
on ne tire pas sur une ambulance. J'ai vu aussi des hérauts de la
gauche jouer au poker une petite nana perdue, une nana de 16 ou 17 ans.
"Elle est pour toi ou elle est pour moi ?" Je les ai vus faire ça, ces
mecs qui hurlent à la mocheté du monde dès qu'un chien se fait écraser.
Dans le business, c'est pire. C'est un milieu où il faut se taire. Ils
ne peuvent pas me supporter, je le leur rends bien. Je n'ai pas d'amis
là-dedans. »
Et puis un autre, tiens :
« Je n'ai jamais été de gauche une seule minute dans ma vie, mais je n'ai
jamais été de droite non plus. L'engagement, c'est différent, c'est le
pont plus loin. Si tu t'engages, tu dois faire abstraction du fait de
savoir si tu es de droite ou de gauche. Ou alors il faut faire de la
politique comme Flaubert, c'est-à-dire déceler la connerie, sortir le
détecteur. C'est un spectacle tellement ridicule qu'il faut jeter un
regard neuf dessus. On aurait besoin de Blake Edwards pour mettre en
scène la clownerie de l'accord passé ces derniers jours entre les Verts
et le PS, par exemple ! »
En plus, il a une belle gueule, M. Murat. Si j'étais pédé, je crois que je coucherais plutôt avec lui qu'avec un autre.
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