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dimanche 16 février 2025

L'invasion des Scandinases

 


Aux temps lointains où les mâles de ma génération subissaient les tourments et tourbillons de l'adolescence, le fantasme numéro un était représenté par les longues et flexibles Scandinaves blondes, toutes supposées couver en leurs tréfonds les chaleurs qui manquaient à leur décor natal, et naturellement enclines à s'abandonner à la fougue des semi-Arabes que nous devions être à leurs yeux arctiques. 

J'en parle d'autant plus à mon aise que cette fixette boréale ne m'empoignait guère : j'ai toujours, dans mes goûts érotico-sexuels, été bien davantage “pourtour méditerranéen” que “fjords nordiques”. Mais enfin, je voyais bien les ravages qu'elle exerçait autour de moi, même si elle me demeurait en partie mystérieuse : si les femelles scandinaves étaient à ce point bandantes, pourquoi, sur les cartes, leur contrée ressemblait-elle autant à une grosse bite éternellement molle ?

Or, il est advenu que, ces dernières années, nous avons pris l'habitude vespérale de regarder quelques séries policières issues de ces contrées septentrionales, souvent vaguement ennuyeuses mais qui font plaisir à Catherine, car lui rappelant son enfance danoise. Et j'ai alors pu constater cette chose stupéfiante : presque toutes les jeunes comédiennes que l'on y voit évoluer sont soit laides, soit totalement éteintes, soit les deux.

Que s'est-passé, entre jadis et aujourd'hui ? Comment les Scandinaves ont-elles muté en Scandinases ? Par quelle diablerie les bombes à neutrons érotiques des années soixante-dix ont-elles été grand-remplacées par ces tristes assemblages de chair terne ? Sont-elles toutes restées emprisonnées dans les cassettes VHS des pornos suédois, que votre grand-oncle Victor conserve précieusement dans la solide armoire de sa chambre depuis l'orée des seventies ?

Du reste, il n'est nul besoin de regarder les productions netflicardes pour constater l'inquiétant phénomène dont je parle. Il suffit pour cela de répondre à cette simple question : quelle est aujourd'hui la jeune Scandinave la plus connue, et de fort loin, sur les cinq continents ? La réponse, morne, lugubre, jaillit aussitôt : Greta Thunberg

Or, il faut admettre l'évidence : aucun jeune mâle d'entre Meuse et Bidassoa, à moins d'être un végane particulièrement dépressif, n'aura jamais le moindre début d'amorce de projet d'érection en convoquant l'image renfrognée de cet acide petit pruneau, fripé avant d'avoir mûri. Constatant la totale léthargie de ses corps caverneux, il en viendra peut-être à se demander, tout comme je le fais, où ont bien pu passer toutes ces Ingrid, Ulla et autres Liselotte naturellement bandogènes qui faisaient tant rêver l'oncle Victor il y a un demi-siècle. Ce qui n'effacera pas l'image de la terrifiante Greta, à jamais imprimée sur sa rétine et régnant en souveraine sur ses cauchemars nocturnes.

Pour tenter de combattre sa déprime croissante, l'infortuné adolescent retournera faute de mieux sur Netflix. En se disant qu'il doit sans doute y avoir quelque chose de pourri au royaume de Danemark.

 

vendredi 7 février 2025

Oncle Paul plus fort que Nostradamus


 Comme quoi les précurseurs, les visionnaires, les prophètes inspirés, les chanteurs de lendemains ne se recrutent pas nécessairement parmi la merveilleuse frange progressiste de la population. C'est ainsi que l'on découvre, au détour d'une page, que ce vieux réactionnaire de Paul Léautaud pourrait bien avoir été, avec plus d'un demi-siècle d'avance sur son disciple gersois (lequel risque de n'apprécier qu'à demi de se faire ainsi, et surtout par lui, griller la politesse…), le premier grand-remplacementologue de notre histoire. En témoigne ceci, noté dans son journal le 11 juin 1945 : 

« Au train dont va de nouveau la France, de plus en plus envahie d'étrangers, et de provenances peu sympathiques, — il est bien difficile pour un Français, surtout dans les grandes villes, surtout à Paris, de ressentir ce qu'on appelle le sentiment de la patrie. Sur vingt passants qu'on coudoie, plus de la moitié s'expriment dans on ne sait quelle langue, ou dans un Français dont ils ne savent que quelques mots appris depuis peu, leurs faciès encore plus révélateurs de leurs origines. Et je ne parle pas des marchés en plein vent, dans des quartiers populeux, où la basse classe de ces nouveaux venus vend sa pacotille. Ouvrez le Journal officiel. À chaque numéro, pas loin de trois cents naturalisations nouvelles. Ce sera le Français, bientôt, au milieu de ces envahisseurs, qui aura la sensation de se trouver en terre étrangère. »

Si ce n'est pas déjà fait — ce qui serait bien étonnant : faisons confiance à nos vigilants toujours au taquet —, il serait grand temps de faire disparaître de toutes les bibliothèques les écrits méphitiques de ce clodo fascisto-raciste, afin d'en préserver nos chères têtes blondes.

Si toutefois il existe encore des têtes blondes dans les rues et des livres dans les bibliothèques.

mercredi 8 janvier 2025

Du “respect humain” à géométrie variable


 Comme prévu dès hier — ce n'était pas très difficile —, les antifascistes en chambre et les Jean-Moulin de boudoir s'en donnent à cœur joie dans le dépeçage de cadavre encore tiède. Au moins, pendant qu'ils gesticulent devant l'écran, ils ne sont pas à se ruiner la santé dans les bistrots : restons positifs. Il se passe pourtant de bien curieuses choses, il est des morts dont le pouvoir était jusqu'ici insoupçonné…

Ainsi, tout soudain, eux qui traitaient depuis des mois les Israéliens d'héritiers de Hitler, voilà nos amis gauchistes saisis par une sainte indignation devant l'antisémitisme de Jean-Marie Le Pen.

Autre chose divertissante : depuis des lustres, tous ces irréprochables concessionnaires à vie du Camp du Bien nous somment d'appeler, par respect humain (moi aussi je peux jargonner, quand je veux...), les nains des personnes de petite taille, les clodos des sans-abri, les aveugles des non-voyants, les sourds des mal-entendants et les culs-de-jatte des personnes en situation de non-jambisme, mais cela ne les empêche nullement de célébrer à son de trompes la mort du “Borgne”. 

De l'indignation réversible et du respect humain à géométrie variable...

mercredi 11 décembre 2024

Une conférence spatialement engeôleuse


 Je sens que je vais m'en vouloir longtemps d'avoir manquer cette conférence essentielle, majeure, primordiale, bouleversante, radicale :

Littératures carcérale : le care dans les espaces d'enfermement ?

Passons sur la faute d'accord — une seconde de distraction est toujours possible — et l'emploi d'un mot étranger imbitable en francais. Mais suis-je seul à trouver d'un cynisme répugnant la juxtaposition de ces deux mots, “espace” et “enfermement”, vis-à-vis de ceux qui, justement, sont avant tout privés d'espace en raison même de leur enfermement ? 

Et de même qu'être passé de l'état d'infirme à celui de personne-en-situation-de-handicap n'améliore en rien la vie quotidienne de l'aveugle ni du cul-de-jatte, de même je doute que les taulards trouvent plus riante leur prison anoblie en espace d'enfermement. 

Même avec une louche de care dans la gamelle.

vendredi 8 novembre 2024

L'Amérique en trans


 Les inondations espagnoles sont un aimable pipi de chat, à côté du raz-de-marée à mèche blonde qui a déjà commencé à ravager l'Amérique. Il faut s'attendre à du pogrom et du meurtre de masse comme s'il en neigeait. Déjà, désespérément plus lucides que vous et moi, certains s'y préparent, en tirant toutes les sonnettes d'alarme leur passant à portée de phalanges. Ainsi, tel ravagé-sous-X :

« si vous ne suivez pas beaucoup de personnes trans, sachez que nous on a passé la journée à voir les trans américain-es de notre tl se demander s'iels avaient d'autre choix que de détransitionner ou se tuer. c'est là qu'on est. »

Je ne suis pas trop expert en détransitionnement, je le reconnais. Mais, pour ce qui est de se tuer, c'est parfaitement inutile : chacun sait bien que, dès le 21 janvier de l'année qui menace — ou à la rigueur le 22 si le 21 tombe un dimanche — L'Attila-à-la-houppe va envoyer ses armées dans toutes les villes américaines afin qu'elles massacrent tous les dégenrés à la mitrailleuse lourde. En incendiant au passage toutes les officines avortifères.

C'est pour tenter de s'armer contre ces horreurs se profilant que l'université de Harvard, comme me le signalait il y a un instant un mien et jubilant ami, vient de décider la suspension de certains cours, afin de permettre à ses étudiant.es de surmonter leur traumatisme électoral.

J'ai peur que la mesure ne suffise point. Et je sais bien que, si j'étais moi-même étudiant à Harvard en ces temps de cauchemar, je songerais sérieusement à me désétudiantiser dare-dare. Je n'hésite pas à le proclamer à son de trompe.

C'est là qu'on est.

mercredi 25 septembre 2024

Mémoires d'outre-futur

 

Au printemps 1792, retour d'Amérique, Chateaubriand redécouvre Paris après un an d'absence. Voici le souvenir qu'il en gardait encore trente ans plus tard, écrivant ses Mémoires d'outre-tombe :

« Tandis que la tragédie rougissait les rues, la bergerie florissait au théâtre ; il n'était question que d'innocents pasteurs et de virginales pastourelles : champs, ruisseaux, prairies, moutons, colombes, âge d'or sous le chaume, revivaient aux soupirs du pipeau devant les roucoulants Tircis et les naïves tricoteuses qui sortaient du spectacle de la guillotine. [...] Les Conventionnels se piquaient d'être les plus bénins des hommes : bons pères, bons fils, bons maris, ils menaient promener les petits enfants ; ils leur servaient de nourrices ; ils pleuraient de tendresse à leurs simples jeux ; ils prenaient doucement dans leurs bras ces petits agneaux, afin de leur montrer le dada des charrettes qui conduisaient  les victimes au supplice. Ils chantaient la nature, la paix, la pitié, la bienfaisance, la candeur, les vertus domestiques ; ces béats de philanthropie faisaient couper le cou à leurs voisins avec une extrême sensibilité, pour le plus grand bonheur de l'espèce humaine. »

Comment un homme mort depuis près de deux cents ans a-t-il fait pour voir et comprendre aussi bien notre merveilleux début de XXIe siècle ? Quel est ce prodige ?
 
Car enfin, je ne rêve pas : on les rencontre un peu partout, ces tricoteuses qui, dames de charité durant le jour, réclament à grands cris le couperet virilicide dès qu'elles retrouvent leur clavier vespéral.
 
Ils sont à chaque carrefour, ces “plus bénins des hommes”, déconstruits à s'en pisser parmi, heureux d'être transformés en nourrice, s'attendrissant à toute niaiserie, mais qui, à la moindre moquerie, au plus petit sourire en coin, exigent envers l'insolent “le bâillon pour la bouche et pour la main le clou”.
 
Et ce sont bien ceux-là, non ?, que le bonheur futur de l'espèce humaine, dont ils sont certains d'être les bâtisseurs, fait éructer de menaces et baver d'anathèmes.
 
Enfin, quelle peut être cette diable d'époque où le sang coule dans les rues, tandis que s'étale sur les scènes subventionnées et les écrans désertés le doucereux catéchisme d'une fraternité d'autant plus contrainte qu'elle est plus bêlante ?
 
 

mercredi 3 juillet 2024

Attention, Guignol : le méchant fasciste !


 Que les marionnettistes en chef agitent sans relâche leurs figurines fascistes, voire nazies, histoire de maintenir plus ou moins éveillées les poupées dont ils tirent les ficelles mentales, soit : ils sont dans leur rôle. Où l'affaire cesse d'être risible pour devenir un peu déprimante, c'est quand le spectateur-malgré-lui s'aperçoit que tous ces petits personnages de chiffons — parfois appelés militants — semblent réellement croire  que l'hydre fasciste ne va pas tarder à faire irruption dans leurs deux-pièces-cuisine, et que plusieurs détachements de la Waffen-SS sont massés aux bois de Vincennes et de Boulogne, prêts à prendre Paris en tenaille pour y égorger nos filles et nos compagnes, et pendre les LGBT à tous les réverbères disponibles, en chantant le Horst Wessel Lied.

mercredi 12 juin 2024

Au bûcher, Donald !


 Bon, l'affaire est entendue : Donald Westlake est un infréquentable méritant la roue, l'estrapade, le pilori et le gibet ; il a beaucoup de chance d'être déjà mort. Voici ce qu'il écrit à propos d'un des flics qui viennent d'apparaître au chapitre 8 de Pourquoi moi ? :

« C'était un Nègre de vingt-huit ans, une foutue tapette à la langue bien pendue : le sergent Léon Windrift. Si Léon avait simplement été homosexuel, il y a longtemps qu'il aurait été viré de ce corps d'élite qu'était la police new-yorkaise. S'il avait simplement été noir, il serait resté flic des rues sa vie durant. Mais comme il était à la fois nègre et pédé, on ne pouvait ni le virer ni le garder dans un commissariat de quartier, ce qui expliquait l'ascension rapide qui l'avait conduit au grade de sergent et à un boulot au quartier général. »

À fin d'exemplarité, je propose que le cadavre de cet ignoble homonégrophobe soit promptement déterré et publiquement écartelé puis brûlé lors d'une grande cérémonie expiatoire, citoyenne, inclusive, éco-responsable et, bien sûr, aussi dérangeante que décalée.

 

vendredi 26 janvier 2024

Bienvenue dans la cinéma

Noémie dit oui, de Béatrice Pollet.

Je feuillette Les années laser, magazine de “cinéma à domicile” rapporté hier de chez les Desgranges, et y recense les films récemment sortis en DVD ou Blu-Ray. Une constatation s'impose : désormais, en France – mais il n'y a aucune raison pour qu'il en aille différemment chez nos proches voisins –, un film réalisé par un homme est presque devenu une (fâcheuse ?) exception. D'où ma tentation logique – et furieusement moderne – de parler désormais de la cinéma. Pas étonnant que la cinéma en question soit devenue d'un ennui et d'un didactisme aussi plombants : le plus souvent, le seul résumé de l'intrigue suffit à me rendre morose, moi qui suis pourtant d'une joviale nature. Qu'est-ce que ce serait si je voyais les films...

Deux exemples, pris parmi une douzaine, afin qu'on se fasse une idée :

Magnificat, de Virginie Sauveur : « La chancelière d'un diocèse découvre qu'un prêtre récemment décédé était en réalité une femme. » Ben tiens... Même les impeccables jeunes gens modernes du magazine semblent avoir trouvé la daube  un poil fadasse.

Noémie dit oui, de Béatrice Pollet : « Placée dans un foyer pour mineurs, une adolescente abandonnée par sa mère accepte de se prostituer par amour. » D'après les jeunes gens sus-évoqués, cette pimpante bluette “n'évite hélas pas les travers de l'hystérie, de la complaisance et de l'agressivité”. 

Oui, un film de fille, quoi... Rien que de la bonheur et des lendemaines qui chantonnent…

 

jeudi 17 août 2023

Sœur Anne, ne vois-tu rien pâlir ?


 Élodie [note pour Nicolas : pas notre Élodie, juste la mienne…] est tombée récemment, Catherine dixit, sur une série netflicarde consacrée à Anne Boleyn, qu'on ne présente plus. Avec, dans le rôle titre, une actrice noire. Évidemment

Il est tout de même dommage que ces réjouissantes guignoleries soient toujours à sens unique et de plus en plus mornement prévisibles : j'entends d'ici les couinements des ouistitis progressistes si, demain, un cinéaste consacrait un biopic à Louis Armstrong avec Mel Gibson dans le rôle principal ; ou projetait un film sur Rosa Park jouée par Glenn Close. 

Mais hélas, aucun producteur n'aura jamais de pulsions suicidaires assez puissantes pour mettre ne serait-ce qu'un dollar dans une telle “appropriation culturelle”. Dommage, on aurait bien ri...

En attendant, j'espère que les navrants netflicards évoqués plus haut auront pensé à confier le rôle de Henry VIII à un acteur coréen. Ou malgache. Ou à un aborigène d'Australie. Enfin, à n'importe quel bafouilleur de texte qui ne soit surtout pas anglais, ce qui ne manquerait pas de faire le jeu de l'extrême droite.

dimanche 13 août 2023

Ôte-toi de mon sillon, laboureur !


 Nouveau gloussement de ma part (voir le billet précédent), grâce à la belle (sexiste ! salaud !) Élodie J. Sur son compte Touitteur,  qui est ma Bible – que dis-je ? mon Coran ! – féministe, j'apprends que, en plus de MeToo et de MeTooMedias, que je connaissais déjà, existe aussi maintenant un… MeTooAgricole ! Qu'avec l'esprit putride qui fait une grande partie de mon charme je rebaptise illico MoiTaussiPequenaude

Grâce à la même et décidément indispensable Élodie J., j'ai donc découvert avec stupéfaction puis horreur que nos paysannes, non contentes (?) de subir “le sexisme au quotidien”, ce qui est bien la moindre des choses par les temps qui courent, n'hésitaient plus à s'offrir également des “violences sexuelles” par kilos, exactement comme ces dames de la ville.

Je me dis aussi, le sexisme et les violences étant incessants et universels, qu'en creusant un peu la question, je dénicherai peut-être dans les jours qui viennent toute une ribambelle de petits hashtags coupés sur le même patron : MeTooCharcuterie, MeTooPlomberieZinguerie, MeTooÉtudesNotariales, MeTooMaîtressesNageuses, MeTooToilettageCanin, etc. ad lib.

J'espère seulement ne jamais tomber sur un MeTooRetraitéNormand. Mais je ne fais pas le fiérot.

vendredi 11 août 2023

Violence pour tous !


 Gloussé tout à l'heure en découvrant cette information, piquée dans le marais touitteresque (c'est moi qui souligne) : 

En Irlande, les victimes de “violences conjugales” pourront désormais prendre un congé payé de cinq jours sans fournir de preuve à leur employeur

Autant dire que tout Irlandais marié dispose dorénavant de cinq jours de congés supplémentaires. J'en suis bien sûr fort content pour eux, mais j'imagine déjà l'indignation des célibataires, des pacsés, des à-la-colle et des veufs, hurlant à la discrimination. 

À moins qu'il ne soit plus nécessaire d'être marié, en Irlande, pour “bénéficier” des bienfaits de la violence conjugale ? 

Va-t-on bientôt voir défiler dans les rues de Dublin d'interminables théories de manifestants, brandissant des pancartes vindicatives pour réclamer “la violence conjugale pour tous” ? 

Je n'en serais même pas surpris.

mardi 25 juillet 2023

e-Comité de e-salut e-public


 Un crétin twitteroïdal écrit ceci (le “style” est d'origine, qu'on me pardonne…) : 

« Faut se sentir de lâcher en pleine heure de grande écoute au JT commun de France 2 et TF1 “Nul en République n'est au-dessus des lois” quand 1 tiers de ton gouvernement est mis en examen ou bientôt jugé […]. » 

Il ne semble pas être venu à l'esprit de cet abruti qu'être mis en examen prouve justement que l'on n'est pas au-dessus des lois. Ni bien entendu qu'être “bientôt jugé” revient à être toujours innocent, en vertu de la présomption du même nom.

Mais je suppose que, désormais, évoquer la dite présomption conduit, pour ces petits fouquiers et ces minuscules tinvillettes, à faire le jeu de l'extrême droite ; voire, pis encore, à contribuer au réchauffement climatique.

lundi 15 mai 2023

Au grand bal des victimes


 Moderne contre moderne, le grand match des victimisés ! Un joueur de football de Guingamp s'est retrouvé interdit de pelouse car il a refusé de porter le maillot “arc-en-ciel“ dont les autorités sportives avaient décidé d'affubler tous leurs joueurs afin, évidemment, de sensibiliser… blablabla… homophobie… blablabla. 

Dans le marais touitteresque, cet ignoble individu brutalement surgi du fond des âges les plus médiévaux se fait vertement tancer par un pénible donneur de leçons, socialiste de surcroit, nommé Pierre Moal : « Il serait bon pour l'EAGuingamp de rappeler à son joueur que l'homophobie n'est pas une opinion mais un délit et qu'elle tue. » 

Je rappellerai, pour ma part, à ce substantifique Moal que ce qu'il est en train de brandir en guise d'étendard, c'est ce qu'on appelle justement un “délit d'opinion”, dont j'ignorais que la gauche lui fût favorable (même pas vrai : je le savais très bien !). Car même le fait d'être décrétée autoritairement “délictueuse” n'empêche nullement une opinion de rester une opinion. 

Quant à savoir si ne pas porter un maillot bariolé devrait aussitôt entraîner la mort d'un ou de plusieurs homosexuels, je n'entrerai pas dans ce débat par trop moaleux.

Je parlais en commençant de grand match des victimisés. C'est que le joueur “homophobe” en question, un certain Donatien Gomis, se trouve être impeccablement sénégalais. Catastrophe cyclonissime et patatras ! Branle-bas sur le pont et panique dans les soutes ! Si les différents damnés de la terre commencent à se regarder les uns les autres en chiens de faïence, si les racisés se mettent à bouder les sodomites, et peut-être même inversement, les chattes progressistes risquent d'avoir, dans un proche avenir que l'on attend avec une certaine jubilation, un certain mal à retrouver leurs petits dégenrés.

dimanche 14 mai 2023

Perles dominicales


 – L'un de mes 12 lecteurs me fait parvenir cette mirobolante nouvelle : au Québec, un humanoïde au sexe indéterminé s'apprête à faire paraître la première version inclusive et dégenrée d'À la recherche du temps perdu. Il était temps qu'une aussi scandaleuse lacune fût comblée : en son Père-Lachaise, Marcel lui-même n'en dormait plus. Tous les détails ici.

– De son côté, Catherine m'informe que, quelque part en Bretagne, un autre humanoïde a porté plainte contre la crêperie voisine, pour un motif que chacun admettra fondé : « Elle sent trop la crêpe. »

– Enfin, c'est par Élodie, fille de la précédente, que nous apprenons qu'en un coin quelconque des États-Unis, de braves gens sont allés exiger de leur voisin qu'il fermât ses fenêtres chaque fois qu'il lui prendrait envie de se faire griller un steak, les fragrances carnées incommodant hautement les végétariens de stricte obédience qu'ils se targuaient d'être. Apparemment, la réponse du voisin rappelé à l'ordre a été, le dimanche suivant, d'organiser un grand barbecue dans son jardin.

Si nous pouvons apporter notre contribution à un apaisement général des mœurs de nos contemporains, voici notre suggestion : que le crêpophobe breton et les carnifuges américains procèdent séance tenante à un échange de leurs deux maisons. 

Et qu'on leur offre une version  de l'œuvre de Proust enfin lisible par des esprits éclairés et conscients de  la fragilité des choses.

samedi 17 décembre 2022

Goncourt de prison

Jurés Goncourt procédant au vote final.

 Découverte, à l'instant, d'une chose absolument merveilleuse, qui me fait osciller de l'incrédulité à l'hilarité – et retour. 

En plus de cette invention déjà ancienne – et néanmoins absurde – qui s'appelle le “Goncourt des lycéens”, voici qu'existe désormais un “Goncourt des détenus”. Tout premier du genre, celui de cette année, nous apprend l'Académie du même nom, a été attribué par cinq cents taulards votant dans 31 centres pénitentiaires.

C'est évidemment une excellente initiative, mais je la trouve tout de même un peu trop “attrape-tout”, un peu trop globale. Et je le verrais bien, ce Goncourt des détenus, se ramifier presque à l'infini : Goncourt des assassins par égorgement, Goncourt des violeurs, Goncourt des pilotes de camions fous, Goncourt des voleurs de sacs à l'arraché, Goncourt des flambeurs de voitures, etc. 

Si l'on diversifie suffisamment, on devrait vite arriver à ce que chaque roman publié en septembre obtienne son petit Goncourt en décembre. 

Ce qui serait, n'en doutons pas, un grand facteur d'apaisement au sein de la gent livresque.

lundi 12 décembre 2022

Durs à queer


 Deux titres d'Atlantico, le premier d'hier, le second de ce jour, qu'il serait sans doute particulièrement nauséabond de prétendre rapprocher l'un de l'autre. Je le fais pourtant, n'étant pas plus que cela dérangé par les relents méphitiques se dégageant de ma personne :

1) Selon une étude de Cambridge, moins de la moitié des étudiants se déclarent désormais hétérosexuels.

2) Le nombre des adolescents atteints de troubles mentaux ou qui se suicident explose.

Ce sera tout pour ce matin.

jeudi 17 mars 2022

Bombes d'abord, dragées ensuite

Le titre de presse qui, ce matin, me met en joie – une joie “mauvaise”, je le concède volontiers à mes ami-e-s progressisto-bougistes, mais on ne se refait pas à mon âge, le mauvais fond adhère trop aux parois, telle la lie au cul de la bouteille. Bref, le voici : 

« Guerre en Ukraine : des bébés nés par GPA attendent leurs parents dans un abri anti-aérien de Kiev. » 

J'imagine que les dits parents, qu'ils soient 1 ou 2, genrés, dégenrés voire regenrés de frais, ne doivent pas être très pressés d'aller les chercher dans cette un peu trop bruyante couveuse.  Ils le seraient encore moins, d'ailleurs, tous ces sauveurs de planète et de climat, si on leur représentait l'énormité de leur empreinte carbone quand ils iront chercher leur commande en avion, au lieu de l'avoir bricolée à la maison, comme il se pratiquait couramment en des temps fort anciens.

J'ai tout de même une pensée un peu émue pour ces petits humains qui auront connu leur baptême du feu avant leur baptême tout court. Bien que, comparé à ce qui les attend sûrement, ce ne soit là que petite bière, simples hors-d'œuvre.

Ou, si l'on préfère : zakouskis.

vendredi 18 février 2022

Va chemine, va trottine…

L'information la plus réjouissante de ce 18 février (mais la journée n'est pas finie…) : « Les trottinettes en libre service à Paris voient un grand nombre d'utilisateurs blessés graves à la mâchoire et aux dents. »

À force de déstructurer la langue, nos analphabètes atlanticoïdes sont parvenus à franchir les frontières de l'humainement intelligible. Même si l'on pense deviner ce qu'ils ont essayé de dire, leur petit-lyonnais si particulier entraîne en tout cas quelques questions.

D'abord, bien sûr, on aimerait savoir quel est le génie méconnu qui a réussi à pourvoir une trottinette d'yeux lui permettant de voir des blessés graves. 

On voudrait bien aussi qu'on nous précise si ces mêmes yeux sont en outre capables de voir des blessés légers, ou des blessés mutins, des utilisateurs pas blessés du tout, ou même des humains n'ayant jamais mis le pied sur une trottinette. 

En outre, si ces blessés le sont à la mâchoire, il serait intéressant et utile qu'on nous précisât laquelle ; si c'est toujours la même, ou alternativement l'une et l'autre, la parité inférieure/supérieure est-elle respectée, existe-t-il des statistiques fiables sur le sujet, etc. 

Enfin, il serait bon de savoir si les blessures que l'on se fait aux dents cicatrisent facilement, quel est le risque d'infection,  convient-il ensuite de se baigner les molaires dans la bétadine, sont-elles plus bénignes si l'on porte la muselière à élastiques auriculaires, et s'il est préférable de se les faire infliger aussi loin que possible des heures de repas.

Tant que tous ces points ne seront pas dûment éclaircis, que l'on ne compte pas sur moi pour ressortir ma trottinette du garage  : courageux mais pas suicidaire.

mardi 12 octobre 2021

La cape et la jaquette

L'information que tout le monde espérait – et qui n'a que trop tardé : 
 « Le nouveau Superman sera bisexuel dans sa prochaine aventure. » 

Il était grand temps qu'il sorte de son placard, ce krypton-pédé.