jeudi 27 avril 2017

Petite balade en mémoire


Dans le voyage en nostalgie qu'elle s'est offert hier, Catherine a retrouvé, sur La Meute des gâteux, blog dédié à notre arche,  ce petit film immobile, saisi par elle en juin 2011, dans l'ordre où les photos se présentent ici. Golo, alors, avait quatre mois ; Swann, le lanceur d'alerte, dix ans ; Elstir, benjamin mais premier disparu, deux ans ; et Bergotte, elle qui a entraîné cette plongée dans la mémoire blogoréenne, cinq ans. Il ne reste plus que le félin, mais il grimpe de moins en moins aux arbres ; ce que les mésanges ne songent nullement à lui reprocher. Peut-être, d'ailleurs, s'abstient-il par défaut de public canin : le chat est parfois très cabot.




mercredi 26 avril 2017

Une fois passé les Vosges…


… Nous avons atterri là. C'était en mars.

lundi 24 avril 2017

Le dernier de la meute


Bergotte, 6 septembre 2006 – 24 avril 2017





vendredi 21 avril 2017

Changement de bestiaux, changement d'oiseau !


Les vaches de l'autre jour sont rentrées, les moutons d'aujourd'hui sont arrivés. Quant au merle plus ou moins moqueur qui escortait les bovins, il s'est vu remplacer par la pie, immédiatement baptisée “la Julie” par mes soins. J'ai fugitivement regretté qu'elle ne fût point coq : j'aurais essayé de vous bricoler quelque chose avec coq ovin…

jeudi 20 avril 2017

Ici l'ombre…


Il y a deux minutes, alors que je venais d'entrer dans la Case, le téléphone se met à sonner ; je décroche, bien certain qu'il ne pouvait s'agir que de l'un de ces horripilants Maghrébins des deux sexes, sous-payés (supposé-je) pour tâcher de nous vendre je ne sais quelles choses inutiles ou services superflus. C'était un message enregistré, comme il arrive parfois, qui commençait ainsi, de cette voix un peu trop décidée que prennent les adolescents lorsqu'ils veulent se vieillir et poser à l'homme. Il commençait ainsi : « Bonjour ! C'est Emmanuel Macron… » J'ai raccroché avant de savoir ce qu'il me voulait.

mercredi 19 avril 2017

Contrairement à ce qu'un vain peuple croit, les Portugais ne sont pas toujours gais


Cela fait quelque temps, une semaine, que je lis chaque jour, un peu le matin au réveil et encore un peu le soir avant le dîner, une trentaine ou une quarantaine de pages du Livre de l'intranquillité ; jamais davantage, et toujours en deux fois : c'est une lecture trop éprouvante, difficile, dérangeante, à la fois pénible – par son opacité même – et stimulante, dont je sens obscurément qu'à plus forte dose elle pourrait devenir néfaste, dangereuse ; sans être plus que cela capable de préciser en quoi. L'impression qui se dégage est celle d'un homme, Fernando Pessoa ou Bernardo Soares au choix, qui se meut à l'intérieur de son propre esprit comme les protagonistes du film The Cube se déplacent dans l'univers où ils viennent de s'éveiller : les différentes pièces du puzzle en trois dimensions ont beau être innombrables, presque infinies, au bout du compte on est toujours prisonnier, incapable de sortir – de la machine pour les héros du film, de son propre cerveau dans le cas de Pessoa. Sensation qu'il semble d'ailleurs éprouver lui-même, comme l'indiquent des notations de ce genre : « Entre la vie et moi, une vitre mince. J'ai beau voir et comprendre la vie très clairement, je ne peux la toucher. » Et on en arrive à se dire que, finalement, c'est sans doute le lot commun que l'on vient de découvrir (ou bien on le savait déjà mais on préférait regarder ailleurs) ; la différence est que la plupart d'entre nous, aux trois quarts sourds, muets et aveugles, est enfermée dans un cube unique dont nous ne discernons qu'à peine les parois, tandis qu'un Pessoa a au moins la ressource d'explorer toutes les chambres d'une prison beaucoup plus vaste. C'est lorsqu'on en arrive à ce type de réflexion que l'instinct de survie (ou le besoin d'un sommeil sans trop de soubresauts) commande de fermer le livre, jusqu'au soir ou au lendemain, et de revenir à Machado de Assis, quand ce n'est pas de remplir une grille de mots croisés.

samedi 15 avril 2017

Petit bonheur pascal de Sa Majesté Procrastin 1er


À peu près au mitan de la journée, hier, Sa Très-Incertaine Majesté Procrastin 1er, Grand Commandeur des Indécis, eut l'heur de s'aviser de ce que le monde chrétien venait d'entrer dans le week-end pascal. En conçut-il un regain de piété ? Une reviviscence de ferveur ? Non pas. Contemplant de son œil flottant les multiples provinces sur quoi il régnait, de la principauté des Hésitations au petit-duché des Expectatives, englobant même dans son regard panoramique les lointaines et immenses steppes de l'Indifférence, que borde au sud la mer des Découragements, il accueillit avec un diffus sentiment de liberté volée, le fait que ses Puissances tutélaires ne s'occuperaient point des affaires du royaume avant mardi et que, donc, il n'était nul besoin qu'arrivât dès lundi matin le riche fabliau qu'il s'était engagé à écrire pour elles, lequel devait chanter la gloire transséculaire de Monaco et de ses très-glorieux princes, puisque personne ne serait là pour s'en extasier. Et, soudain, le monde parut plus vaste à Sa Nonchalante Grandeur Procrastin 1er, l'air plus transparent et l'azur plus profond, par la grâce de cette journée supplémentaire qu'elle allait pouvoir consacrer tout entière à la paresse et à ses remords.

vendredi 14 avril 2017

Ces écrivains qui venaient du Brésil


Joaquim Maria Machado de Assis est un écrivain brésilien : il n'y a pas de sot métier. Né en 1839 à Rio, il était le fils d'un noir descendant d'esclaves et d'une Portugaise ; ce qui est bien la preuve que l'esclavage peut être une excellente chose car, sans lui, sans le merveilleux métissage qu'il induit souvent, nous eussions été privés d'un écrivain bien savoureux – voilà au moins un point acquis.

Savoureux, les Mémoires posthumes de Bràs Cubas le sont dès leur première page. On songe immédiatement au Tristram Shandy de Laurence Sterne, ce qui est à la fois tout dire et rien ; mais enfin on y songe. Du reste, il s'agirait là d'un Tristram Shandy inversé, puisque, si le livre de l'Anglais commence avant la naissance du narrateur, dans une sorte de longue ouverture fœtale, celui du Brésilien débute par le récit de l'agonie et de la mort du sien ; ensuite seulement on aborde sa naissance, et le récit se met à proliférer, hérissé d'incidentes, de multiples sentiers qui bifurquent, etc. ; tout cela sur un ton nimbé d'une ironie discrète, d'une sorte de demi-sourire nonchalant qui, par instant, laisse poindre un certain désenchantement, pour ne pas parler de tristesse, mais vite emportés l'un et l'autre par la turbulence du narrateur et du récit qu'il déploie, dans une sorte de vertige qui, là encore, nous ramène vers Sterne.

Comme je n'ai encore lu qu'un tiers du roman, il serait fort présomptueux de ma part de prétendre en dire davantage. Les éditions Métailié  ayant publié trois ou quatre autres livres de ce Machado-là, il est pourtant déjà probable que je ne m'en tiendrai pas à ce coup d'essai.

mercredi 12 avril 2017

Ettore Majorana, ombre étrange et pénétrante


À Dominique L.

Je ne sais si le professeur Étienne Klein est déjà allé à Nohant, mais c'est là-bas que m'a été offert le petit livre qu'il a consacré à Ettore Majorana, personnage étrange et pénétrant, que lui-même, son biographe, ou plutôt son évocateur, qualifie de “physicien absolu” ou encore de “théoricien fulgurant”. C'est d'une quête qu'il s'agit, un “sur les traces de”, tant le génie sicilien, né en 1906, semble n'avoir pas eu de vie, ou si peu, si ténuement, en dehors du noyau atomique où s'ébattait son cerveau : peu d'amis, aucune femme, presque pas de publications scientifiques mais toutes majeures et si en avance sur leur temps que certains de ses neufs articles – pas un de plus – ne seront pleinement compris et utilisables que plusieurs décennies après leur parution. 

Voici ce que son “patron”, Enrico Fermi, prix Nobel de physique en 1938, a dit de lui : « Dans le monde il y a plusieurs catégories de scientifiques : ceux qui font de leur mieux et ne vont jamais bien loin, et ceux, de premier plan, qui font de grandes découvertes, fondamentales pour le développement de la science [Fermi, sans fausse modestie, se rangeait lui-même dans cette seconde catégorie…]. Et puis il y a les génies, comme Galilée et Newton. Ettore était de ceux-là. »

Le 25 mars 1938, Ettore Majorana embarque sur le navire postal qui fait la navette entre Naples et Palerme ; le bateau lève l'ancre à dix heures et demie du soir et accoste en Sicile le lendemain matin à cinq heures et demie. Quelques lettres et un télégramme laisseront clairement entendre que Majorana a pris la décision de disparaître ; de fait, plus personne ne le reverra, ni vivant ni mort, sans que l'on puisse jamais avoir la certitude qu'il est encore l'un ou déjà l'autre. Le mystère de sa disparition ne sera pas élucidé. Mais les fulgurances de son génie restent une source vive pour les physiciens d'aujourd'hui.

On lira avec grand intérêt le livre du Pr Klein, dont la langue plutôt fluide gagnerait tout de même à être purgée de quelques scories. Ainsi, tel un vulgaire journaliste, le professeur semble croire que les mots éponyme et homonyme sont synonymes. Et, parfois, pris d'on ne sait quel esprit rond-de-cuir, il se met à renseigner les questionnaires au lieu de simplement les remplir. Ces petites embardées sont par chance peu nombreuses ; elles ne suffisent pas, en tout cas, à ternir la fascination qu'il nous communique envers son insaisissable modèle.

vendredi 7 avril 2017

Tu reviendras à Brassens


Au père B, pour le titre et le dîner d'avant-hier.

C'était à Châteaudun, vers 1971 ou peu après : je suis allé, avec mes premiers billets en francs, m'acheter deux disques “33 tours” ; l'un était, puisque mes parents possédaient le volume initial, le suivant de l'œuvre complète – complète alors : dix disques – de Brassens, le même que je récoute ce soir, pour la première fois depuis longtemps. C'étaient des disques dont la pochette était dénuée de la plus petite séduction : les dix ou douze titres contenus, écrits en grosses lettres majuscules noires, sur un pauvre fond d'imitation bois ; et, dans le coin en haut à droite, une tête de Brassens, noir et blanc, grossièrement découpée (on était dans une ère pré-photoshop, n'est-ce pas ?) la pipe aux lèvres comme il se doit. Je les ai tous achetées, ces galettes énormes, au rythme de mon argent de poche et des menus billets que je ne répugnais pas, alors, à ponctionner discrètement (croyais-je…) dans le porte-monnaie familial. À la fin des années soixante-dix, je connaissais le répertoire par cœur, mieux sans doute que son auteur lui-même : c'est un état de chose qui a duré longtemps, à l'aune de ma jeunesse d'alors.

Puis l'âge m'a atteint, comme je suppose beaucoup d'entre vous ; et les chansons de Brassens se sont mis à m'ennuyer un peu. On pouvait dire qu'il était chanceux, de m'assoupir seulement, par rapport à ce grand con de Brel, que je ne connaissais tout autant par cœur, mais qui s'était mis à me révulser, et qui me révulse encore à ce jour, au point que j'ai honte, face à moi-même, dans le silence de cette soirée, un peu pépiante au-delà de la fenêtre ouverte, de savoir encore nombre de ses chansons niaises.  Brassens, lui, je ne le rejetais pas, c'était presque pis, en tout cas plus triste : je dérivais de lui ; il s'éloignait, devenait incolore, comme une fresque ancienne dans un chœur d'église romane. Et je dois dire que je m'en voulais un peu de cela : il me semblais perdre quelque chose. Mais je n'y pouvais rien ; j'avais beau, de temps à autre, remettre ses disques sur ma platine virtuelle, échanger les 33 tours moches contre des cd qui l'étaient encore davantage, rien n'y faisait : Brassens et ses chansons m'assoupissaient, ou, plus grave, plus faux, faisaient naître en moi des nostalgies factices.

Et puis, plusieurs semaines déjà, un petit démon, un soir (conjugué évidemment à une bouteille de vin qui devait être du riesling), m'a poussé à “cliquer”, dans l'iPod, sur ce nom : Brassens, dont je ne me souvenais même plus que je l'avais accueilli dans ce sanctuaire électronique de poche. Il m'est alors apparu dans une jeunesse qui, ce soir encore, me reste difficilement explicable. Il n'empêche que, ce soir-là, si je me souviens bien, j'ai dû passer deux heures avec ce Brassens dont je pensais qu'il était resté coincé dans ma jeunesse, à quoi il appartenait tout entier.

Apparemment, si j'en juge par aujourd'hui, il en est sorti. Ou alors, lui mort et moi un peu vivant, nous sommes entrés ensemble dans notre vieillesse.

mardi 4 avril 2017

La Normandie et la Provence seront-elles solubles dans le Berry ?


Au moment où on lira ces lignes, nous aurons peut-être déjà mis le cap au sud, afin de rejoindre le Berry de Mme Sand ; dans le même temps, les vaucluso-phocéens Anna et Dominique auront, eux, pris la route du nord pour nous rejoindre. Le bivouac commun se fera ici. Notre retour aura lieu dans la journée de vendredi. On pourra toujours laisser des commentaires sous ce billet d'annonce, mais il est peu probable que je sois en mesure de les valider d'ici la fin de la semaine.

Sinon, sans bien savoir par quelle association d'idées probablement fortuite, il me revient que, en 1997, alors que nous nous trouvions en villégiature à Mortagne-au-Perche pour y signer l'achat de notre maison de l'Orne, l'un de nos amis parisiens avait eu l'élégante idée de téléphoner à l'Hôtel du Tribunal, où nous logions, pour commander (et payer, je suppose) une bouteille d'excellent champagne, qui nous fut donc gracieusement servie au moment de l'apéritif.

Comme on s'exprime sur internet : j'dis ça, j'dis rien…

dimanche 2 avril 2017

Qu'est-ce qu'il fout dans mon assiette, ce ridicule volatile ?


Finalement, sans doute à cause de la disproportion nette des forces en présence, la confrontation s'est déroulée dans une ambiance de doux pacifisme, broutage et picorage étant c'est bien connu les deux mamelles de la bonne entente entre espèces. Bref, un dimanche de parfait vivre-ensemble.

Photo de qui on sait.