vendredi 14 avril 2017

Ces écrivains qui venaient du Brésil


Joaquim Maria Machado de Assis est un écrivain brésilien : il n'y a pas de sot métier. Né en 1839 à Rio, il était le fils d'un noir descendant d'esclaves et d'une Portugaise ; ce qui est bien la preuve que l'esclavage peut être une excellente chose car, sans lui, sans le merveilleux métissage qu'il induit souvent, nous eussions été privés d'un écrivain bien savoureux – voilà au moins un point acquis.

Savoureux, les Mémoires posthumes de Bràs Cubas le sont dès leur première page. On songe immédiatement au Tristram Shandy de Laurence Sterne, ce qui est à la fois tout dire et rien ; mais enfin on y songe. Du reste, il s'agirait là d'un Tristram Shandy inversé, puisque, si le livre de l'Anglais commence avant la naissance du narrateur, dans une sorte de longue ouverture fœtale, celui du Brésilien débute par le récit de l'agonie et de la mort du sien ; ensuite seulement on aborde sa naissance, et le récit se met à proliférer, hérissé d'incidentes, de multiples sentiers qui bifurquent, etc. ; tout cela sur un ton nimbé d'une ironie discrète, d'une sorte de demi-sourire nonchalant qui, par instant, laisse poindre un certain désenchantement, pour ne pas parler de tristesse, mais vite emportés l'un et l'autre par la turbulence du narrateur et du récit qu'il déploie, dans une sorte de vertige qui, là encore, nous ramène vers Sterne.

Comme je n'ai encore lu qu'un tiers du roman, il serait fort présomptueux de ma part de prétendre en dire davantage. Les éditions Métailié  ayant publié trois ou quatre autres livres de ce Machado-là, il est pourtant déjà probable que je ne m'en tiendrai pas à ce coup d'essai.

11 commentaires:

  1. Je me suis arrêté au premier paragraphe qui est une ode au métissage. Lamentable.

    RépondreSupprimer
  2. J'ai aimé Sterne. Je vous fais confiance: je viens de commander. Encore onze euros que les prussiens n'auront pas!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, en plus, l'écrivain brésilien est peu onéreux par nature.

      Supprimer
  3. J'ai noté votre délicate allusion aux "multiples sentiers qui bifurquent" de Borges. Lequel était d'ailleurs argentin et non brésilien...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout ça, c'est jamais que métèque et compagnie…

      Supprimer
    2. En même temps, ça nous fait bien plaisir de vous avoir parmi nous à faire la causette en direct live...
      Car depuis que vous êtes à la retraite, vous êtes sans cesse à courir par monts et vaux à la recherche d'auberges gastronomiques prestigieuses au détriment de votre fan club qui se sent abandonné. Même Mildred, votre fidèle vestale a pris le large, c'est dire...

      Supprimer
    3. De mon temps on disait : Tout ça c'est synagogue !

      Supprimer
    4. Vous voyez bien qu'elle est toujours là !

      Supprimer
  4. Amical bonjour, cher Didier.

    Au fait, il y a quelques jours je suis allé pas loin de chez vous, en vue des élections législatives. A Evreux. Jolie ville ma foi.

    Au plaisir !
    babelouest
    (oui, je sais, je suis connecté ici depuis une adresse de travail)

    RépondreSupprimer
  5. Tiens donc : Vous avez repris avec légère adaptation, un titre de livre de science-fiction de Ira Levin, limite uchronie, consacré à un élevage un peu particulier...

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.