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mercredi 24 janvier 2024

Travail, famille, patrie, andouillette et blouse nylon

Bon grand-père tout fier d'avoir réussi à attraper le pompon.

 Hier, en commentaire sur son propre blog, Nicolas écrivait ceci : 

« Je ne traite personne de pétainiste mais d'un relent pétainiste qui ressort de certains propos de nos gouvernants. J'entends par là le côté travail famille patrie... »

Me sentant en veine et n'ayant rien de mieux à faire, je lui ai répondu ceci :

« C'est tout de même un peu agaçant, voire déprimant (je ne dis pas ça spécialement pour vous, hein !), que l'on continue à flétrir ce slogan, "Travail, Famille, Patrie", sous prétexte que Pétain l'a utilisé il y aura bientôt un siècle. Car, au fond, qu'est-ce qu'on lui trouve de si méprisable ?

À tout prendre, je le trouve plus concret, moins pompeux, et donc moins vide que notre "Liberté, Égalité, Fraternité", qui, en plus d'être grandiloquent, contient une belle aporie, puisqu'il est impossible d'avoir en même temps la liberté et l'égalité.

Seulement, comme le monstre Pétain l'a forgé, ce slogan maudit, il est "caca" pour les siècles des siècles !

D'ailleurs, selon le même principe, nos amis véganes devraient peut-être se remettre à l'andouillette et à l'entrecôte : je leur rappelle que Hitler était végétarien… »

Vingt-six minutes plus tard – nous sommes deux garçons très réactifs, parfois –, il me rétorquait ce qui suit :

« Il est méprisable pour ce qu'il représente : la devise de la "France de Vichy", une espèce de symbole de l'histoire de l'extrême droite.

Travail : on lutte pour le plein emploi.
Famille : on encourage et facilite les naissances.
Patrie : on met en place un espèce de nouveau service national pour les jeunes.

On nous sort l'uniforme et tout le monde imagine soit des blouses grises soit des tenues "catho" (alors qu'aucun uniforme n'a été imposé en France à part dans quelques écoles).

Admettez tout de même qu'un progressiste ne pourrait pas se réjouir de toute cela.

Pour le reste, je me fous des mots utilisés... »

Comme je sais me montrer tenace, je lui ai renvoyé la balle depuis le fond du court, mais seulement après une bonne nuit de sommeil :

« N'étant rien moins que progressiste, je veux bien admettre tout ce que vous voulez en ce qui concerne ces étranges animaux.

Même si je vois assez mal ce qui peut choquer un progressiste dans l'idée de "plein emploi".

Pour ce qui est des encouragements à la procréation, il me paraît que les allocations familiales et les congés maternité ne sont pas l'apanage de l'extrême droite.

Quant à la patrie, il me semble bien me souvenir qu'elle a d'abord été exaltée et brandie comme un étendard par les gentils révolutionnaires de 1792 plutôt que par les horribles Vendéens réactionnaires.

Du reste, on peut parfaitement rejeter à titre personnel l'une ou l'autre de ces trois "valeurs", voire les trois ensemble : cela se faisait déjà bien avant que Philippe Pétain ne dirige un gouvernement fantomatique durant trois ou quatre ans. Ainsi, au moment de Vichy, le "Familles, je vous hais !" de Gide avait déjà pas mal de bouteille… Tout comme le Droit à la paresse du camarade Lafargue. Et ne parlons même pas du Joujou patriotisme de Rémy de Gourmont.

Enfin, pour ce qui est de la guignolade des blouses/uniformes dans la Garderie nationale, c'est de la simple gesticulation comique de la part de nos divers Ubu ministres. »

Nous en sommes plus ou moins restés là, car l'heure du déjeuner approchait et je me suis brusquement avisé que j'avais oublié de sortir mon fromage du frigo : le fascisme pouvait attendre.

samedi 10 août 2019

Palinodies sabbatiques


Depuis quelques jours, le dénommé Guy-Alain Bembelly, alias le Lyonnais exotique, affiche en tête de son blog un tableau d'André Derain ; qu'il accompagne d'une dizaine de lignes prétentieuses et amphigouriques, comme c'est son habitude. Je m'étonne beaucoup de son choix, lui si chatouilleux de la déviance idéologique, si fin détecteur de la plus légère nauséabonderie : personne ne lui a dit que son peintre élu avait, à l'automne 1941, fait partie du tristement célèbre “voyage à Berlin” ? Ni que le même artiste avait, quelques mois plus tard, en juin 1942, été invité à la réception parisienne donnée en l'honneur d'Arno Breker, le sculpteur favori de Hitler, et qu'on l'y avait vu, tout sourire, entouré d'inaltérables démocrates tels que Brasillach, Luchaire ou Déat, toute cette petite bande évoluant sous le regard attendri d'Otto Abetz ? 

Ou bien, en mettant ainsi Derain à l'honneur, notre bon petit gone de la Croix-Rousse n'aurait-il fait que laisser enfin, à son esprit défendant, s'exprimer d'informulées fascinations fascistes qui le tarauderaient depuis toujours, des pulsions de désir inconscientes envers la grande épopée nazie qui n'en pourraient plus de mijoter sous le couvercle progressiste ? Je me demande s'il ne faudrait pas transmettre tout de suite ce dossier explosif et vaguement méphitique au camarade Roland P., alias Gauche de combat, alias d'alias Adolfo Ramirez : lui saura sûrement quoi faire. Non, parce que, si on ne réagit pas tout de suite et énergiquement, dans trois semaines, le mal gagnant, on aura droit, entre Bellecour et Terreaux, à la grande rétrospective Léni Riefenstahl : ça fout un peu la trouille.

vendredi 11 août 2017

Fantômes de blog



C'est très intéressant, de relire, comme je le fais depuis quelques jours, les billets de blog que l'on s'est laissé aller à publier, entre 2013 et maintenant. D'abord parce qu'on se rend compte que neuf sur dix d'entre eux auraient gagné à n'être pas écrits. Mais, ça, je le savais déjà, depuis que j'avais passé au crible ceux de 2008 à 2013, pour composer En territoire ennemi. Le plus amusant est de balayer du regard les commentaires qui font suite à chacun d'entre eux : c'est une procession de fantômes. Certains de ces spectres jacassants sont encore là aujourd'hui : ils n'ont pas changé, ils disent les mêmes choses qu'alors ; comme, suppose-t-on, soi-même. Beaucoup ont disparu : on en regrette certains (Georges, Marchenoir…), on se félicite de la disparition d'autres, qui publiaient des tartines sous chaque billet, et dont on va oublier les noms : ceux-là, à les relire, sont aussi pesants et dormitifs qu'ils l'étaient à l'époque ; c'est leur malédiction personnelle, je suppose. Néanmoins, les uns comme les autres prennent place dans une sorte de temps incertain, dont on a la surprise de se retrouver un peu nostalgique. Et, pour ceux-là qui semblent évanouis, on se demande s'ils se sont simplement échappés dans un ailleurs ensoleillé (on n'y croit qu'à moitié, mais on le leur souhaite quand même), ou s'il leur est arrivé des choses plus pénibles et irrémédiables, dont personne ne nous aurait tenu au courant. En tout cas, à la relecture, leur silence est retentissant.

lundi 11 juillet 2016

Bulletin de cure


Il y a donc trois jours que le geste fatal – ou qui sauve, c'est selon – a été accompli. Les prémisses en avaient été posées la veille, par un billet au titre prémonitoire : Sécession radicale (descendez de dix ou quinze centimètres, vous le trouverez). Vingt-quatre heures plus tard, vendredi, je dynamitai du bout de l'index non seulement la blogroll officielle, mais encore les blogs et forums que je tenais en liste cachée, ne conservant que deux ou trois sites d'information ; geste accompli avec tout de même une infime trémulation car je me demandais ce qui allait se produire ensuite.

Eh bien, il est arrivé que je me suis fort bien porté, depuis, de ce qui aurait pu se vivre comme un sevrage, avec son cortège d'effets secondaires, et qui n'a été qu'une libération, toute simple mais intense et fort agréable. Me dire, deux ou trois fois par jour, que, dans les cloaques où je pataugeais encore naguère, les mêmes batraciens continuent de produire les mêmes bulles méphitiques, et que j'en ignore désormais l'éclatement de surface, voilà qui ne cesse de me procurer cette sorte de frétillement des papilles que l'on éprouve juste avant la première gorgée d'un vin que l'on sait être gouleyant. Jusques aux livres que je lis, qui m'en semblent plus beaux et plus larges.

vendredi 27 février 2015

Décision irrévocable


La décision rigolote que je viens de prendre est la suivante : en dehors des visiteurs “historiques” de ce blog, qui se reconnaîtront (et ils sont peu nombreux), je n'accepterai plus les commentaires que de gens qui auront un prénom et un nom, dans cet ordre, et quoi que puissent avoir envie de dire ici les réfractaires au nouvel ordre des choses.

D'autre part, seront impitoyablement détruits les commentaires qui ne commentent rien, les intervenants qui n'interviennent pas, les preneurs de parole qui ne prennent rien. Que chacun s'y retrouve et en tire les conclusions qui s'imposent.

Voilà.

mercredi 1 octobre 2014

Humour, héroïsme et nez rouge

 Ce qui est souvent amusant, mais parfois déprimant, dans ce poulailler où la volaille est autogérée et que l'on nomme couramment la blogosphère, c'est que l'on est amené à côtoyer des individus dont la vie réelle nous préserve en général de connaître même l'existence. René Paul Henry est de ceux-là ; il tient blog à cette enseigne

René Paul Henry est ce qu'on pourrait appeler un “homosexuel tardif”, comme il y a des vendanges tardives : il semble ne pas revenir lui-même du jus automnal qu'il tire désormais de ces grains fripés qu'il pensait voués au compost. Ce changement de cap ne lui a heureusement pas fait perdre son humour, ni son formidable courage à combattre sabre au clair les hydres de toutes sortes. Il écrit :

« Un jour des témoins de Jéhova sont venus sonner chez moi. Pour m'en débarrasser à coup sûr je leur ai dit "Oh, Jésus! Moi vous savez, je lui pisse à la raie." Très efficace ils sont repartis en hurlant.... »

Où tout le monde peut voir que René Paul Henry est un menteur éhonté. Chacun ici a déjà rencontré des témoins de Jéhovah : on peut les juger fous à lier si l'on veut, mais on m'accordera qu'ils sont en général bien élevés et maîtres de leurs nerfs ; les siens ne sont donc évidemment pas repartis “en hurlant”, mais plus probablement tout tranquillement, en se disant qu'ils venaient de tomber sur un con mal élevé, comme cela doit leur arriver douze fois par jour lors de leur chemin de croix de porte en porte. De là à penser que, foireux matamore, jamais René Paul Henry ne leur a jeté au visage sa sublime réplique, le pas est court.

Par ailleurs, contempteur de Jéhovah et de ses troupes, René Paul Henry n'aime pas beaucoup que l'on brocarde les autres minorités, surtout une, ni même que l'on s'oppose à leurs exigences sociétales. Et l'on aimerait bien voir fondre le nez rouge dont il aime s'affubler, le jour où, faisant preuve du même humour corrosif que le sien, un abruti lui assènera un « Moi, les pédés, j'les encule ! » qui, n'en doutons pas, le fera s'enfuir en hurlant.

lundi 25 août 2014

La dangereuse permanence des billets de blogs


Ce n'est pas uniquement pour dire le contraire de Nicolas que je prends céans la plume ; c'est surtout parce que je viens de recevoir le mail suivant :

Vous reprochez à Marcel Aymé son jugement sur Balzac et Simenon, mais je vous mets au défi de fournir la référence exacte de cette formule. Bien des spécialistes de Simenon et de Aymé s'y sont cassés les dents. Autrement dit, pour moi, elle n'est pas de Marcel Aymé.

Michel Lécureur, biographe et éditeur Pléiade de Marcel Aymé

Décidément, c'est un billet que j'aurais aussi bien fait de ne pas écrire, vu ce qu'il m'attire comme avanies et menues humiliations. Dans un premier temps, c'est Michel Desgranges qui avait protesté, de ce que j'assassinais le jeune Balzac avec trop de vigueur à son goût : il avait raison, et force m'a été de venir à résipiscence il y a quelques semaines. Et voilà que je dois subir une nouvelle attaque en piqué, venue cette fois du camp ayméen ! Là encore, j'ai battu ma e-coulpe par retour d'électronique courrier, bien forcé de reconnaître que j'avais sottement reproduit une phrase qui me traînait dans la mémoire, sans prendre la peine de vérifier si elle avait été réellement prononcée, et par celui à qui je l'attribuais indûment.

Des sentences de ce types, imaginaires, fausses, déformées, tronquées, mal comprises, attribuées à Paul quand c'est Jacques qui l'a dite, etc., il en traîne beaucoup, dans les arrières-cours de nos cervelles ; il serait amusant et instructif d'en dresser un jour la liste. En voici en vrac trois ou quatre, comme elles me viennent :

– L'État c'est moi ! (Louis XIV),
– Après moi, le déluge… (son arrière-petit-fils),
– Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas (Malraux),
– Ils n'ont pas de pain ? qu'ils mangent de la brioche ! (Marie-Antoinette),
– Etc.

Quand cela serait fait, on pourrait alors dresser également la liste des citations que l'on pense erronées alors qu'elles sont exactes et correctement attribuées.

Il reste que l'on s'imagine bien à tort que ce qu'on peut écrire de bévues dans nos blogs disparaît, à peine sèche l'encre virtuelle dont on s'est servi, alors qu'il n'en est rien : le billet sur lequel M. Lécureur a pointé un index vengeur date d'octobre 2012…

lundi 19 mai 2014

Papa blogueur… bébé pleureur…


Vrai, ils me feraient presque pitié. Vingt-quatre heures sans internet et, de retour, je les trouve tous en train de sangloter. ¿ Qué pasa ? Un drame, une tragédie, que dis-je ? un tsunami : Juan Sarkofrance annonce qu'il se fait ermite et entre dans le silence. (Tout le monde semble avoir oublié qu'il était déjà plus ou moins censé la fermer lorsque Sarkozy a été éjecté par Hollande : il est possible qu'il tente de battre le record des faux départs, détenu, si ma mémoire est bonne, par Tino Rossi.) Du coup, tout le monde y va de sa larme ou de son appel à la résistance. Les seconds sont les plus raisonnables : on sent qu'ils n'y croient qu'à moitié, ou qu'ils s'en foutent, et ils se débarrassent de la corvée du commentaire par un : « Allez, courage, un coup de mou ç'arrive à tout le monde ! Sursum corda, bon sang de bois ! » Les premiers sont plus amusants. Il y a les indignés (« Ah non, Juan, pas toi ! Tu ne peux pas nous faire ça ! On compte sur toi, bordel ! »), et les fatigués (« Ah ! comme je te comprends ! Moi aussi, j'ai souvent cette tentation d'arrêter… c'est terrible, ce poids sur nos épaules… Mais, en même temps, l'avenir du futur dépend de nous… Restons vigilants et forts, nom de dieu de cramouille à queue ! »)

Et moi-je ? Où me situé-je ? Assez nettement du côté de ceux qui n'en ont rien à battre, évidemment ; un écolo-socialiste qui décide de fermer sa margoulette, c'est un peu comme un journal qui meurt : presque toujours une bonne nouvelle. En même temps, vu la manière dont notre brave progressiste écrivait le français (qui semblait être pourtant sa langue maternelle), je vais être privé d'un réservoir riche pour mes Modernœuds.

Et puis, si vraiment il disparaît, ce que j'ai du mal à croire, on ne saura jamais si sa marmaille, un jour prochain, ira s'inscrire au Front national, juste pour ce plaisir, unique dans une vie, de faire chier papa blogueur.

samedi 19 avril 2014

Un nouveau blog en lien


C'est violent, grossier, excessif, adolescent, foutraque, overdosé en vitamines illicites, les billets sont trop longs et partent dans tous les sens ; mais, pour l'instant au moins, ça m'amuse.


lundi 14 avril 2014

Considérations philologiques et digestives

Retourner le téléviseur ne serait-il pas plus simple ?

Chez un blogueur qui est une blogueuse – je le sais : je l'ai rencontrée –, je tombe sur cette phrase : « Mon idée c'est de mieux digérer et pour cela de manger un peu plus léger et un peu plus calmement. » Aussitôt, les questions se pressent dans mon esprit, tels des staliniens dans une manif parisienne de début de week-end : Qu'est-ce qui peut pousser une femme que l'on a connue équilibrée d'apparence à avoir des idées à propos de sa digestion ? (En dehors du fait qu'elle avoue lire Elle toutes les semaines, ce qui est en soi un signe alarmant, je l'accorde.) En plus de ces idées digestives, se forme-t-il également en elle, depuis quelque temps, des concepts respiratoires ? Des monades urinaires ? Des prolégomènes à toute menstruation future ? C'est effrayant, quand on s'y penche un peu.

Et puis, autre chose : pourquoi donc vouloir manger, comme ça, du soir au lendemain matin, plus léger et plus calmement ? Pourquoi pas plus légèrement et plus calmement ? Ou plus léger et plus calme ? Ou même plus légèrement et plus calme ? Tout ces formules sont-elles rigoureusement équivalentes, ou bien ces infimes variations syntactiques auront-elles des répercussions sur les idées de digestion de la dame ?

Pour la suite, je vous la laisse découvrir seuls, moi je ne peux plus ;  c'est trop horrible, cette course à l'abîme, je préfère détourner mes grands yeux embués. Mais je persiste à penser qu'une femme qui en arrive à se masser le cuir chevelu dans l'espoir d'une bonne digestion devrait instamment cesser de lire Elle.

mercredi 9 avril 2014

On ne badine pas avec les blogs


Ce n'est pas moi qui l'ai qualifié ainsi : beau jeune homme au regard vide. Je me fous des jeunes hommes, quel que soit le contenant de leur regard ; ce sont des filles malicieuses, parmi mes commentatrices, qui ont trouvé que… Voilà, reportez-vous à l'image.

(Et en plus, n'est-ce pas, ce “bandeau” qui me rappelle mes 16 ans : Tout est politique. Crétin, va…)

Il n'empêche que ce Musset-là, en dehors du fait qu'il ne sera jamais écrivain (il suffit de le lire, je vais donner des liens, éventuellement) est un garçon intéressant, à plus d'un titre. D'abord, en effet, il aime poser : regardez-moi ce regard acéré, au-dessus de ce col largement ouvert, et ce bouc viril, si je puis risquer ce pléonasme : on en frissonne, non ? Ça doit bander de partout, sous la photo, n'est-il pas ? Déclencher des mouillances adolescentes tant que ça peut…

Bon, on s'en fout. S'il était présent, le sieur Musset nous dirait sans doute qu'il ne veut être jugé que sur son intelligence, ses écrits, etc., et certainement pas sur cette image qu'il arbore à tous les coins de son blog. Fort bien, jugeons-le donc sur ses écrits.

On ne va évidemment pas passer la nuit à relire notre cocotte Seb, on va se contenter de son dernier billet. Qui commence ainsi : « Reconnaissons que depuis qu'avoir Euro RSCG au gouvernement, ça a quand même une autre gueule, celle du loup. Fini les atermoiements, les fausses pudeurs et les propos contradictoires Maintenant, avec le gouvernement de com' back ça file droit, enfin droite. »
Le gras est de Seb, le lien aussi, bien évidemment. Qui comprend ce que notre écrivain a écrit dans ces quatre lignes ? Personne, je le savais.

Comme j'ai une certaine estime pour mes lecteurs, je ne ne reproduirai pas la suite du billet en question. Je mets un lien, pour les plus vicieux d'entre vous. Un billet de M. Musset, c'est toujours un texte trois fois trop long par rapport à ce qu'il a à dire : c'est aussi à cela qu'on voit qu'il ne sera jamais écrivain. Mais, surtout, vous le vérifierez facilement, comme ce beau jeune homme au regard vide n'a rigoureusement rien à dire, il multiplie les liens menant vers tout et n'importe quoi, ce qui fait riche et cache la merde au chat, à savoir que ce Musset-là (paix à l'âme du vrai) pense finalement comme tout le monde, et se roule dans cette satisfaction d'être en tout point conforme à la modernité la plus modernante.

Certains d'entre vous vont me dire : mais pourquoi consacrez vingt lignes à cette parfaite andouille ? Bonne question. Je ne sais pas trop. Sans doute pas parce qu'il est con, ce que je sais depuis des mois. Alors ? Vous le saurez demain.

mardi 11 mars 2014

Je ne suis pas venu vous apporter la paix, et cetera

Eugène Delacroix : saint Michel terrassant Christiane Taubira, pourtant très habilement travestie.

Comme je suis levé depuis cinq heures moins le quart, que je viens de m'appuyer un aller-retour…

(Digression rapide : comment construit-on une phrase avec ce fucking aller-retour ? Un aller-retour à Roissy-Charles-de-Gaulle sonne bizarrement ; mais un aller-retour de etc., c'est encore pire. Saloperie de langage, tiens !)

Enfin bref, je suis allé avant l'aurore m'engouffrer dans ce précipité d'horreur post-moderne qu'est un grand aéroport, puis j'en suis revenu, lesté de Catherine et de son bagage. Comme, en plus de vouloir profiter pleinement de sa re-présence, au moins jusqu'à ce que l'apéritif vespéral nous achève l'un et l'autre, je n'ai strictement rien d'intéressant ni d'amusant à raconter ici, eh bien je vais me contenter de me ranger, dans la nouvelle Affaire Dreyfus qui s'amorce, sous la bannière koalée du fougueux Amiral Woland, bien que ce gougnafier ne m'ait absolument rien demandé, me jugeant sans doute trop vieux et trop crachotant pour pouvoir être d'une quelconque utilité dans une guerre, fût-elle seulement blogoformée. 

Donc voilà : c'est ici.

mercredi 1 janvier 2014

Les premiers de janvier peuvent être fataux

Didier Goux, choisissant un lendemain de réveillon pour saisir la Toile à bras-le-corps…

Tout à l'heure, nouvelle année oblige, j'ai créé un nouveau blog. En soi, la nouvelle ne vous intéresse pas, puisqu'il est accessible uniquement “aux auteurs de ce blog”, ainsi qu'il est dit, c'est-à-dire à moi seul. Ce qui compte, c'est que, à la suite d'une panne de cerveau sans gravité intrinsèque, j'ai voulu tester la mise en page, les couleurs, etc., sur ce blog-ci ; et que, après m'être livré à différentes opérations d'alchimie obscure, tout en récitant les formules adéquates en patois sumérien, je me suis trouvé dans l'incapacité de le rétablir dans sa présentation accoutumée. Bref, il faudra faire avec la nouvelle tapisserie. À moins que je ne me livre à de nouvelles expérimentations hasardeuses dans les jours qui ne manqueront pas de venir…

mardi 10 décembre 2013

Tout petit avec de grandes oreilles


Ils savent tout et on ne nous dit rien : voilà en gros ce qui crée peur et colère (avec double trémulation arrière) chez les blogueurs, depuis quelque temps. Il y aurait, quelque part dans le monde – mais très probablement aux États-Unis, comme de juste –, de fourbes men in black qui non seulement écouteraient tout ce qu'on dit et claviote, mais en plus le noteraient, avec soin et arrières-pensées méchantes, dans leurs petits calepins virtuels. Tout ce que chacun étale de soi de l'aube au crépuscule, avec une niaiserie satisfaite, ces monstres invisibles s'en souviendraient, dites donc ! Voire seraient prêts à s'en resservir plus tard, pour nous bâillonner ou nous vendre des gadgets inutiles. Scandale, liberté-qu'on-piétine, nazisme-qui-rampe, etc.

Dans son dernier billet, M. Desgranges examine avec verve et bon sens cette tempête microcosmétique : son parallèle entre les pratiques supposées d'Amazon et celles du libraire du bout de la rue est particulièrement réjouissant. En commentaire – parce qu'il faut bien en laisser un de temps en temps, sinon les gens pensent que vous avez cessé de les lire, et ça risque de faire des histoires –, en commentaire, donc, je me demandais si ce qui se pare des plumes toujours chatoyantes de l'indignation ne relèverait pas tout simplement de la plus humaine vanité. Qu'entend-on, en effet, lorsqu'un blogueur proteste très haut contre ces écoutes et ces collectes de renseignements éventuelles ? Sa certitude (ou sa tentative de se persuader) que si de telles choses existent, il en sera forcément l'une des victimes ; que les grandes oreilles planquées au flanc des Rocheuses ou sous les piscines de Floride n'auront rien de plus pressé à faire que de l'écouter lui. Parce qu'il est une conscience en éveil. Qu'il va au fond des choses. Qu'il ne s'en laisse pas conter. Qu'il appuie-là-où-ça-fait-mal. Qu'il est un sacré empêcheur-de-fascisme-larvé. Etc. Au point que, si un jour une âme naïve, croyant l'apaiser, parvenait à démontrer à notre héroïque héraut que non, vraiment, je t'assure, personne n'a jamais eu la moindre idée de t'écouter, ni encore moins de stocker les éléments de ta pauvre biographie, eh bien il en ferait sans doute un grand malheureux de plus. Car ne pas même être sur écoutes lorsqu'on représente un si grand obstacle à la bête immonde, c'est encore ce qui peut vous arriver de pire. C'est être contraint de reconnaître que, malgré tous ses efforts, on n'a vraiment rien à cacher.

lundi 2 septembre 2013

Anesthésie générale


L'été ayant été (ça commence bien…) particulièrement riche en aventures de toutes sortes, le créateur et animateur tout-puissant de ce blog exemplaire a décidé de le plonger dans un coma (non éthylique pour une fois) d'une huitaine de jours, afin de prendre lui aussi une semaine de vacances en milieu fermé. Fermés, les commentaires le seront également durant la période, car je connais mes lecteurs et leur esprit facétieux.

dimanche 11 août 2013

Puisque c'est comme ça…


Depuis quarante-huit heures, Blogger m'a déclaré la guerre (ou la gger…) : les nouveaux billets que je publie n'apparaissent plus dans aucune blogoliste, ou alors avec douze heures de retard en mettant les choses au mieux. Par exemple, celui publié ce matin à neuf heure, concernant les radiologues, n'est toujours répertorié nulle part, y compris sur mon propre tableau de bord. À l'agacement d'hier est venu s'ajouter aujourd'hui un commencement de paranoïa, lorsque j'ai constaté que d'autres internautes utilisant Blogger ne rencontraient pas du tout ce type de problème, de mise à l'index.

À propos de “mise à l'index”, il n'est pas exclu que mon billet consacré à l'urologue, puis celui parlant du proctologue et enfin le dernier dédié au radiologue aient déplu en haut lieu, et que le tout-puissant Conseil de l'ordre soit intervenu pour me museler.

Quoi qu'il en soit, tant que ce bourrin de Blogger ne sera pas revenu à des sentiments civilisés envers moi, j'ai pris la décision solennelle et irrévocable de ne plus écrire une ligne.

Je suis en grève illimitée, avec occupation des locaux (je ne vais pas en plus aller coucher dehors !). On verra qui aura la plus farouche détermination, du patronat buveur de sang ou du blogolampiste animé d'une sainte fureur.

mardi 30 juillet 2013

Les étranges statistiques bloguerrières


Ce matin, comme je le fais chaque lendemain de publication du journal mensuel, je suis allé consulter les statistiques de Messire Blogger. Je ne sais trop pourquoi j'ai, contrairement à mon habitude, cliqué ensuite sur l'onglet “toutes les périodes”. J'ai cependant bien fait car j'y ai appris des choses passionnantes et dont je ne me serais point douté. Par exemple qu'en juillet 2007, j'avais totalisé 1417 “pages vues” ; et que j'avais eu un formidable pic en juin 2009 : 5318 pages vues, dites donc ! Hélas, dès le mois suivant, je retombais à 864.

La désillusion ne fut cependant pas trop cruelle dans la mesure où je n'ai commencé à tenir ce journal qu'en août 2009.

vendredi 28 juin 2013

L'erreur tragique du blogueur débutant


Elle peut d'ailleurs tout aussi bien toucher le blogueur confirmé, pour peu qu'il ait été victime d'une légère panne de cerveau vespérale. Elle consiste, cette erreur, à ne pas se désabonner, le soir venu, des “fils” de discussion (que j'aurais tendance, au vu de ce qui s'y passe le plus souvent, à renommer des “câbles d'invective”) auxquels on avait eu la faiblesse de s'agréger dans le courant de l'après-midi. Vers huit heures et demie, alors que tout semble tranquille, le blogueur ferme l'ordinateur l'âme sereine pour aller regarder un film dans le rectangle télévisuel ; le lendemain matin il revient, c'est pour trouver une boitamel entièrement submergée de cris, d'échos et de bouts de raisonnements foireux, dont une nuit de sommeil paisible a fait qu'il ne comprend même plus à quoi ils peuvent bien se rapporter. À ce moment, bien sûr, il se désabonne, mais c'est trop tard : l'engorgement est bien là, il se trouve devant la perspective d'un ménage augiassien, alors même qu'il se sent tout sauf l'âme d'un blogo-Hercule.

S'ajoute à cela une discrète mais probablement saine humiliation. Lorsque, à son ouverture, la boitamel annonce au blogueur toujours plus ou moins imbu de son importance quarante-huit nouveaux messages, il se rengorge à part lui en pensant que son petit éjaculat de la veille a dû remporter un formidable succès auprès des foules liseuses, et qu'il va retrouver sa petite casemate toute bruissante de commentaires admiratifs. Il doit bien vite constater que sur ces quarante-huit nouveaux messages, deux se rapportent effectivement à son propre blog, et que les autres ne sont que les longs filaments de diverses escarmouches oiseuses qui se sont déroulées ailleurs et sans lui.

Il se console rapidement en songeant au temps précieux qu'il vient de gagner, à ne pas devoir répondre à tous ces commentateurs absents. Il regarde un long moment le jardin silencieux, en se disant que l'été finira bien par arriver un jour.

mercredi 10 avril 2013

Petites boîtes, très étroites… Everything's Allwright


Avant, on avait cela : c'était l'époque où les Livebox (ou bien doit-on écrire Liveboxes ?) de chez Orange se tenaient debout, à l'instar des hommes dans les époques anciennes. Sur la tranche supérieure, elles arboraient une série de petites lumières rouges…


… Désormais, on a ceci : nous sommes entrés dans l'ère de la Livebox couchée ; et ses petites lumières sont devenues vertes. On notera également que l'orange d'Orange a pâli. Je ne tire aucune conclusion définitive de ces changements de couleur, mais je ne peux m'empêcher de m'interroger à leur sujet. Et je subodore qu'un plus paranoïaque que moi serait bien capable d'y laisser quelques années d'espérance de vie ; mais je ne me laisserai pas glisser sur cette pente – ça, non.

lundi 8 avril 2013

Il faisait des romans sur la vie du grand désert


Cela s'est produit samedi matin, entre neuf heures et demie et dix heures moins le quart. Je venais de mettre l'ordinateur sous tension, d'ouvrir ma boitamel et de lire les trois ou quatre messages qui s'y étaient venus égarer ; j'ai encore eu le temps de me prendre en pleine face le gros bouquet de fleurs que m'avait lancé Jacques Étienne ; je m'apprêtais à lui répondre…

Paf ! les petits lumignons écarlates de la Livebox se sont mis à clignoter aussi apoplectiquement que si on les avait chargés de traduire l'état de la France socialisée ; et le bouzin s'est arrêté.

C'est à la fois étrange et délicieux, toute une fin de semaine sans internet, sans lien aucun avec le monde extérieur et les petits bruits qu'il produit ; deux jours au milieu du grand désert où luit la liberté ravie ; quarante-huit heures de suspension dans l'air et le temps, mais bien protégé de l'air du temps. – Et, parfois, cela durait quelques secondes,  je jouissais en silence de tout ce qu'il m'était donné de ne pas lire.