vendredi 28 juin 2013

L'erreur tragique du blogueur débutant


Elle peut d'ailleurs tout aussi bien toucher le blogueur confirmé, pour peu qu'il ait été victime d'une légère panne de cerveau vespérale. Elle consiste, cette erreur, à ne pas se désabonner, le soir venu, des “fils” de discussion (que j'aurais tendance, au vu de ce qui s'y passe le plus souvent, à renommer des “câbles d'invective”) auxquels on avait eu la faiblesse de s'agréger dans le courant de l'après-midi. Vers huit heures et demie, alors que tout semble tranquille, le blogueur ferme l'ordinateur l'âme sereine pour aller regarder un film dans le rectangle télévisuel ; le lendemain matin il revient, c'est pour trouver une boitamel entièrement submergée de cris, d'échos et de bouts de raisonnements foireux, dont une nuit de sommeil paisible a fait qu'il ne comprend même plus à quoi ils peuvent bien se rapporter. À ce moment, bien sûr, il se désabonne, mais c'est trop tard : l'engorgement est bien là, il se trouve devant la perspective d'un ménage augiassien, alors même qu'il se sent tout sauf l'âme d'un blogo-Hercule.

S'ajoute à cela une discrète mais probablement saine humiliation. Lorsque, à son ouverture, la boitamel annonce au blogueur toujours plus ou moins imbu de son importance quarante-huit nouveaux messages, il se rengorge à part lui en pensant que son petit éjaculat de la veille a dû remporter un formidable succès auprès des foules liseuses, et qu'il va retrouver sa petite casemate toute bruissante de commentaires admiratifs. Il doit bien vite constater que sur ces quarante-huit nouveaux messages, deux se rapportent effectivement à son propre blog, et que les autres ne sont que les longs filaments de diverses escarmouches oiseuses qui se sont déroulées ailleurs et sans lui.

Il se console rapidement en songeant au temps précieux qu'il vient de gagner, à ne pas devoir répondre à tous ces commentateurs absents. Il regarde un long moment le jardin silencieux, en se disant que l'été finira bien par arriver un jour.

11 commentaires:

  1. L'été finira bien arriver, c'est sur. Il viendra peut-être avec son copain le soleil, et sa femme bien souvent en chaleur.

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  2. Je vais faire une longue réponse un peu technique. Tant pis pour vous. Z’êtes pas obligé de lire, non plus…

    Petit 1 : ma messagerie est chez Gmail (une filiale de Google donc très proche de Blogger mais peu importe). Les mails sont empilés en conversation. Par exemple, quand vous allez publier les commentaires en modération, je vais recevoir autant de mails que de commentaires mais je ne verrai qu’une ligne dans ma boitamel. Si je veux supprimer après avoir trouvé la réponse que vous m’avez faite, il me faut deux clics.

    Petit 2 : j’utilise plusieurs comptes Google (ou Blogger) et donc plusieurs messageries. Ainsi, je ne reçois pas les mails pour les commentaires de mon propre blog dans la même messagerie que les autres.

    N.B. : c’est pour ça que je ne signe pas toujours de la même manière (au bureau, je suis connecté avec le compte « Nicolas Jégou » associé à ma messagerie principale alors que sur l’iPhone et l'iPad, je suis connecté avec « jegoun » associé à une autre messagerie). Si je change parfois, c’est que je trouve un système mieux lors d’évolutions techniques des outils Google.

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    1. Ah ben… s'il faut avoir deux boitamels maintenant !

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    2. Robert Marchenoir28 juin 2013 à 18:21

      Deux ? Moi j'en ai plus de 300... C'est le B-A BA de la sécurité.

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  3. Sans cesse retourner à l'automne, je me demande effectivement si cet été n'est pas un peu réactionnaire ;.)

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    1. Mais non ! l'été est au contraire la saison de tous les progressismes ! La preuve : il n'y a pas de Paris-Plage en hiver.

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  4. L'été? Je vous trouve bien optimiste. Il se pourrait aussi que nous passions directement à la case "automne" - ou plus exactement que nous continuions dans le registre automnal jusqu'à la date officielle de ladite saison. Après tout, c'est dans moins de trois mois...

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    1. On n'en finit pas de subir les conséquences du réchauffement climatique, moi j'vous l'dis.

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    2. Vous n'avez toujours pas compris. Quand il fait plus chaud que d'habitude c'est la preuve que l'atmosphère se réchauffe, quand il fait plus froid que d'habitude ça ne prouve rien (la météo n'est pas le climat, toussa).
      Cépourtanpacompliqué.

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    3. Robert Marchenoir29 juin 2013 à 17:57

      Quand il fait plus chaud que d'habitude, c'est la faute à l'ultra-libéralisme. Quand il fait plus froid aussi, d'ailleurs.

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  5. À quoi servent ces mails? À quoi servent les commentaires? À quoi servent les blogs? À quoi servons-nous? À quoi sert la vie?
    Hein?

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