mardi 18 juin 2013

Éradiquons le pujadisme !


Ce soir, marronnier oblige, il était question d'histoire, à la fin du journal de France 2 (à la fin, c'est-à-dire après les sujets qui comptent vraiment : inondations dans le Sud-Ouest, rendre la fierté de soi aux écoliers “sensibles”, micro-trottoir ceci, micro-trottoir cela). Comme il n'a pas échappé à l'équipe de journalistes professionnels, et culturés à s'en pisser parmi, de cette grande chaîne d'État que nous étions le 18 juin, la nux vomica appelée Pujadas, prénom : David, a bientôt pris le ton solennel et la lippe gourmande qui sont les siens lorsqu'il va balancer du lourd, du sujet gravé dans le marbre des siècles. Ses yeux pétillaient de bonheur à l'idée du cadeau qu'il s'apprêtait à nous faire, on sentait qu'il regrettait presque de connaître déjà ce qui allait suivre, défloration qui l'empêchait de partager pleinement notre jouissance à venir. Avec l'air pompeux et grave d'un Giscard disant “au revoir” face caméra, il nous a alors annoncé que, voilà 73 ans exactement, les Français avaient pu entendre l'appel d'un général inconnu, parti la veille de France pour Londres. Et, pivotant sur son siège à roulettes, le grand mamamouchi pujadiste s'est tourné vers son écran géant pour communier avec nous dans la ferveur et écouter religieusement le fameux appel du 18 juin.

Deux ou trois téléspectateurs naïfs, ou un peu moins somnolents, ont dû se dire que, reprenant le micro, le nabot au sourire immuable allait nous préciser qu'il s'agissait en fait du message lancé sur les ondes de la BBC par Charles de Gaulle le 22 juin, jour de la signature de l'armistice, puisqu'il n'existe aucun enregistrement de l'appel du 18 juin. Mais évidemment non : à quoi bon embrouiller inutilement ces malheureux imbéciles harassés ? On a réussi à leur faire entrer le 18 juin dans le crâne, on ne va pas tout compromettre pour une histoire de trois jours, si ? Ce ne serait pas pédagogogique, Coco ! L'information à destination des masses redevables, c'est une guerre sainte qui ne doit pas s'affaiblir en se laissant entraîner dans des arguties byzantines : ainsi en a décidé notre pujihadiste de petite taille. Et c'est pourquoi, ce soir, quelques dizaines de millions de rotants sont persuadés qu'ils viennent d'entendre l'appel du 18 juin et s'en sentent plus ou moins rehaussés à leurs propres yeux. Celui qui prétendrait dissiper ce mensonge, cette éhontée falsification historique, se heurterait à un mur : si le verticalement défié l'a dit, l'affaire est entendue, il n'y a plus à y revenir pour les siècles des siècles.

David Pujadas et moi avons un point commun : nous avons tous deux, mais à des époques différentes, perdu deux ans de notre vie au CFJ, le centre de formation des journalistes, nous avons fait partie du même corps, comme disent les soldats. Mais il y a deux manières de sortir d'un corps, deux voies d'évacuation ; l'une d'elle s'appelle l'anus. On comprend mieux, dès lors, pourquoi la télévision publique ne sent pas meilleur que les toilettes du même nom.

45 commentaires:

  1. nous avons fait partie du même corps, comme disent les soldats

    Variante : nous avons servi dans le même corps.

    Peut donner lieu à des vannes graveleuses, par exemple Jacques Dutronc employait cette formule en parlant de Jean-Marie Perrier qui, lui aussi, a bien connu Françoise Hardy.

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    1. Oh, celle-là, elle est beaucoup plus vieille que Dutronc !

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  2. ON dirait un blogueur de gauche qui critique les médias. Remettez vous, mon vieux !

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    1. Aucun blogueur de gauche ne dira jamais autant de mal que moi des journaux télévisés (et des journaux en général, d'ailleurs).

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  3. À quoi bon quand 60 % de la population des moins de 34 ans ignore qui était de Gaulle ?

    L'évocation du symbole du 18 juin est tellement plus puissant que l'évènement du 22... Quelle importance ?

    Pourquoi tant de haine pour un animateur vedette du petit écran ?
    Vous vous faites du mal pour rien, Goux !

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    1. Aucune importance, bien entendu. Dans dix ans, le même nous annoncera que l'appel a en réalité été lancé par Weygand dès 1938 et personne ne mouftera.

      Quant à Pujadas, je ne le hais point : je me contente de le mépriser.

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  4. Je me demandais d'où venait Pujadas, je le sais maintenant, merci.

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  5. Qu'aurait pensé le téléspectateur si, au cours de cette émission, Pujadas avait dit :

    Le 5 juin Paul Reynaud, Président du Conseil, avait projeté de créer un gouvernement français en exil et avait chargé De Gaulle, nouvellement nommé sous-secrétaire d'Etat à la Guerre, de préparer le terrain à Londres.
    Sur ce point Winston Churchill écrira dans ses "Mémoires de Guerre" :
    "De Gaulle débarque pour la première fois à Londres le 9 juin. Mission Officielle : obtenir de moi que j'envoie en France les escadrilles de la R.A.F. basées en Angleterre qui font cruellement défaut sur le front. Je refuse. A ma grande surprise, je vois De Gaulle faire demi-tour au moment de quitter mon bureau, se retourner, et venir me murmurer : "Je crois que vous avez tout à fait raison.""
    De retour en France, le 16 juin, De Gaulle apprend que Paul Reynaud a démissionné. Il est remplacé par Pétain. Ce même jour a lieu , à Bordeaux, le vote des pleins pouvoirs au Maréchal et la formation du nouveau gouvernement.
    De Gaulle n'en fait pas partie. En colère, il s'exclamera : "C'est bon, ils ne veulent pas de moi ! Dans ces conditions je fous le camp à Londres !" (Propos rapportés par Alfred Fabre-Luce dans "Le plus illustre des Français" - Julliard Ed.)

    Mais aucune vérité ne vaut une bonne légende bien ficelée !

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    1. Fabre-Luce a toujours été un antigaulliste rabique (comme beaucoup de types d'extrême droite de cette époque). Je préfère m'en référer à Lacouture.

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    2. Parce que, selon vous, les antigaullistes ne peuvent écrire que des mensonges ?

      Excusez-moi, mais j'ai oublié de citer la source : José Castano.
      Sans doute encore un de ces antgaullistes rabiques !

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    3. Bien d'accord avec vous, Cher monsieur Goux. Je me réjouis de votre article. A mon petit niveau, chaque année, je rappelle l'unique évènement avec ferveur. Je me permets d'inclure le lien.
      Bien à vous et merci.

      http://nuageneuf.over-blog.com/article-pour-les-plus-jeunes-le-18-juin-1940-118400520.html



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    4. (comme beaucoup de types d'extrême droite de cette époque) : et également beaucoup de types d'extrême droite de notre époque ; De Gaulle est beaucoup plus détesté de ce côté-là que n'importe quel homme de gauche ! Il suffit d'évoquer son nom sur un blog pour voir aussitôt fleurir les messages qui vous prouveront par a + b qu'il n'était qu'un carriériste déçu et vindicatif, un atrabilaire hypocrite, un traître impénitent, le tout dûment prouvé par une avalanche de "propos rapportés", de lettres secrètes et de confidences exclusives provenant de sources irréfutables...

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    5. Naïvement, j'aurais envie de dire que De Gaulle est un bon militaire et un piètre politicien.

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    6. Mildred : on a parfaitement le droit d'être antigaulliste ou autre chose, ça va de soi. encore faut-il ne pas l'être de façon hystérique (et je ne dis pas ça pour vous !). Castano fait partie de ces fervents de l'Algérie française (ce qui, en soi, à l'époque, était tout à fait respectable) qui, après le 19 mars 62, ont fait de de Gaulle le Grand Satan absolu, revisitant toute sa vie à la lumière de cet événement. Ça ne les rend pas toujours très crédibles, il me semble.

      Cela étant, mon sujet était plutôt Pujadas que de Gaulle, au départ…

      Emmanuel : il a été aussi bien détesté par la gauche. Mais il est vrai que celle-ci n'a plus grand-chose à dire contre le personnage, alors qu'une certaine frange de l'extrême droite continue de le vomir littéralement. Ce que je leur reproche, ce n'est pas de détester de Gaulle, mais de décrédibiliser leur détestation, si je puis dire, en noircissant le personnage jusqu'à l'absurde. Et, en effet, le plus souvent avec des "on dit" et des secrets bien gardés.

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    7. Fil : pas de chance, ce serait plutôt l'inverse ! De Gaulle ne fut jamais un militaire spécialement brillant (si on le compare à un Leclerc ou même à un Giraud), mais il fut un homme politique d'une habileté et d'une intelligence stratégique et tacticienne hors pair.

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    8. Ouf! heureusement que j'ai dit naïvement alors. C'est en lisant différents commentaires ici et là que j'avais eu cette impression.
      Du coup je me rends compte que j'ai mal interprété les avis de lecteurs à son sujet.
      En tout cas je remarque qu'il fait souvent l'unanimité entre le PS et l'UMP.

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    9. Sur les rapports de la gauche avec De Gaulle, je suis d'accord avec vous et j'ai dû mal m'exprimer ; ce que je voulais dire, c'est que parmi les détestations de l'extrême droite, De Gaulle arrivait largement en tête, bien avant n'importe quel homme de gauche (comme vous l'indiquez, les foyers de détestation sont doubles (quoiqu'il puisse y avoir des croisements) : les défenseurs de Pétain qui n'ont jamais accepté la "trahison" vis-à-vis de celui qui reste avant tout pour eux le héros de Verdun et les irréductibles partisans de l'Algérie française et de l'"épopée" de l'O.A.S.).

      Sur Castano et sa crédibilité en matière de pondération dans l'analyse des faits et des personnages historiques, il faut rappeler qu'il participe régulièrement à un site sobrement intitulé : "1954-1962 : Charles de Gaulle, le Grand Criminel" (en majuscules).

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    10. Il y a un gars qui a entendu un autre gars lui dire qu'en fait de Gaulle était nazi quand il avait 27 ans.
      ça vaut ?

      Cependant, il me paraît difficile de nier la machiavélisme de de Gaulle, et aussi bien sûr son extraordinaire carriérisme, qui rend l'anecdote rapportée par Mildred sinon vraie, du moins assez vraisemblable. Mais peut-on reprocher à un homme politique de vouloir faire carrière ? On peut lui reprocher de nier tous les principes de la morale, par exemple. En laissant condamner Pétain à mort, de Gaulle a commis une première faute. En mentant en Algérie, aux Pieds-Noirs, à l'armée et aux harkis, qu'il a laissé massacrer sciemment, et alors même que sur le fond (abandonner l'Algérie) il avait raison, de Gaulle s'est comporté comme un homme sans honneur. Et certainement pas comme un officier.

      Son costume actuel d'homme mythique - l'égal de Jeanne d'Arc (au moins !) - me paraît un peu surdimensionné.
      Au passage : c'est le thème d'un livre de ce nazi de Venner.

      (Pardon de m'embarquer dans ce quasi hors-sujet. J'arrête là).

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    11. Sur l'Algérie, je serais enclin à être d'accord avec vous (vis-à-vis des pieds noirs et des harkis). Sinon, il me semble qu'on ne peut pas dire que de Gaulle ait "fait carrière" dans la politique ! Un Mitterrand fait carrière, un Giscard fait carrière, un Chirac fait carrière, un Hollande fait carrière, même un Churchill fait carrière. Mais le parcours de de Gaulle échappe à cette notion, me semble-t-il.

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    12. Didier, je suis d'accord avec vous, sur l'usage du terme "faire carrière". J'ai l'impression que De Gaulle fut un homme de circonstances, dont la fonction fut de régler un problème à une époque précise. Faire carrière en politique inclue la relation au pouvoir. L'envie d'être en haut de l'échelle. Pour De Gaulle, je ne suis pas certain qu'il était animé par un appétit pour l'exercice du pouvoir.
      De plus, faire carrière inclue une échelle temporelle beaucoup plus longue qu'un personnage dont la fonction s'inscrit à un moment précis, dont le rôle à jouer sera ponctuel et non indéfini.
      Marco, je trouve la comparaison avec Jeanne d'Arc particulièrement judicieuse au niveau de la portée symbolique. De Gaulle, dans l'imaginaire collectif, c'est un peu l'emblème de la lutte Française contre le nazisme. Dans l'imaginaire collectif j'entends.

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    13. Tout atteste que de Gaulle avait une extraordinaire ambition, dès l'enfance. C'est un trait qu'il partage me semble-t-il avec tous les hommes politiques hors du commun. On retrouve la même chose chez Lincoln ou Churchill par exemple.
      Mais avoir de l'ambition et être carriériste ce n'est pas tout à fait la même chose.
      Il me semble au contraire que de Gaulle était trop fier et cassant pour être carriériste - d'ailleurs sans deux coups du destin sa carrière, aussi bien militaire que politique, aurait été sans doute médiocre. A la différence, effectivement, d'un Churchill, qui n'a pas attendu 1940 pour être un homme politique de premier plan.

      Sur l'Algérie, je pense aussi qu'il y a des reproches à lui faire, mais je ne suis pas sûr que le mensonge en fasse partie. D'abord a-t-il vraiment menti (à la différence d'être ambigüe) sur ses intentions? N'est-ce pas plutôt ses interlocuteurs qui ont entendu ce qu'ils voulaient entendre? Et d'autre part est-ce toujours si mal de mentir ou d'être dissimulé?
      Je ne suis pas persuadé que la franchise serve toujours le bien commun.

      Voilà en tout cas un beau sujet pour le bac philo.

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    14. Le terme "carriériste" ne convient peut-être pas, en effet, si l'on considère qu'il inclut une part de mesquinerie, un aspect minable ("conduire ses petites affaires", etc.). Va donc pour l'ambition.
      Mais l'ambition est-elle une bonne chose ? Kant expliquait que c'est assez moche sur le plan de la morale individuelle, mais aussi très nécessaire au progrès de la société. Qui dit ambition dit rivalité (avec les autres ambitieux), donc mouvement, donc progrès.
      Soit encore.
      Mais alors il faut se féliciter qu'il y ait des ambitieux, et non pas féliciter les ambitieux. La nuance est importante.

      Comme homme, de Gaulle ne me plaît pas, mais je respecte le politique.
      Dans une certaine mesure, toutefois, car rien ne l'obligeait par exemple à refuser d'embarquer les harkis, alors que quelques mois à peine après la fin de la guerre des milliers, puis des millions d'Algériens arrivaient en France et se trouvaient bien mieux traités que les harkis (lesquels étaient parqués, comme on sait). Cette histoire est invraisemblable, quand même.

      Comme Machiavel, je crois qu'il est nécessaire de savoir mentir en politique, à condition que cela soit efficace et serve les intérêts de l'Etat, et donc je vous rejoins encore là-dessus, Aristide. Mais de Gaulle n'aurait pas dû emmerder les harkis à ce point, je veux dire ceux qu'il n'a pas laissé se faire découper vivants par les héros du FLN.

      C'est le genre de forfait qu'on ne peut pas reprocher à d'autres (comme Jeanne d'Arc par exemple).

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    15. Evidemment, Jeanne d'Arc n'a pas autant de choses sur la conscience (et peut-être même aucune) mais aussi, sa "carrière" a été beaucoup plus courte et elle n'a jamais eu à diriger un pays.
      Si elle avait survécu à la guerre et avait été associée aux affaires du royaume ou bien à celle de l'Eglise (ce qu'à Dieu ne plaise!), sans doute aurions-nous aujourd'hui un certain nombre de reproches à lui faire.
      Il fallait une Jeanne d'Arc pour libérer le royaume de France, mais ensuite il a bien fallu un Charles VII pour le gouverner, cahin-caha.
      Ce sont tout de même des ordres de choses assez différents.

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    16. Ah mais nous sommes pleinement d'accord : on ne peut pas demander la même chose à des gens qui œuvrent en des domaines si différents. Mais il nous revient de choisir nos héros, nos modèles. Et au fond de mon cœur c'est Jehanne, notre Pucelle, qui l'emporte. Choix un peu romantique peut-être, en tout cas assez peu politique, j'en conviens.

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  6. Je pense que cette mascarade sert à entretenir la ferveur patriotique.

    On peut dire que les Frères ont su, comme vous le dîtes très justement, comment "faire entrer le 18 juin dans le crâne".
    J'ai toujours pris les journaux télévisés au 8è degré. Par exemple, la seule chose que je retiens du 14 juillet, c'est le feu d'artifices. La Révolution et toutes ces histoires ne m'intéressent pas vraiment. Ou alors sous un angle dubitatif.

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    1. Non, cette mascarade ne "sert" à rien. Je crois que c'est involontairement signifiant, que c'est juste l'expression de la confusion, de l'ignorance. Un jet foireux de purée médiatique qu'on remarque cette fois parce que c'est gros et que les gaullistes ne sont pas encore tous morts, mais c'est fréquent. L'image de l'acteur qui joue De Gaulle dans une reconstitution téléfilmée a déjà remplacé l'original, c'est un De Gaulle plus compréhensible, plus explicite. Si dans le film il y a eu un enregistrement de l'appel du 18 juin, on diffuse cet enregistrement qui complète et achève la réalité. Il n'y a plus de réalité historique, c'est tout, et les présentateurs de journaux télévisés ne se sentent plus contraints au devoir de vérité, d'exactitude...

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    2. Suzanne, nous sommes d'accord, hélas.

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    3. Toutes proportions gardées, est-ce qu'il n'en va pas de même pour tout grand personnage historique. L'Histoire, c'est souvent une poignée de chercheurs sérieux et une flopée d'hagiographes, de rewriters d'Histoire, d'assouplissants historiques. Est-ce qu'on ne momifie pas l'Histoire depuis toujours ? Les historiens romains étaient déjà dans l'anecdotique plus que dans l'exactitude factuelle. En somme, vous me semblez vous exciter pour quelque chose qui est vieux comme le monde.

      Quant à l'illusion d'une Histoire purement factuelle et objective : comment dire, rien que l'idée me donne envie de rire.

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    4. Pour le reste, on est d'accord, Pujadas est insignifiant, mais il y a des lustres que je ne regarde plus le JT !

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    5. Oui, enfin, peut-être, mais le 18 juin 1940, c'était hier matin, il y a encore des témoins vivants, il est avéré que l'appel n'a pas été enregistré, etc. Il ne s'agit pas ici de flou, d'incertitude, mais d'un franc foutage de gueule. En fait, c'est soit du mépris pour le téléspectateur, soit de l'escroquerie pure et simple.

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    6. Ca a le mérite de raviver la flamme patriotique, qui va au-delà du clivage droite/gauche, et qui redonne un peu de crédit à la politique d'aujourd'hui.
      De Gaulle me semble être un des personnages qui fédère encore le plus parmi nos figures politiques. Et comme vous le dîtes Suzanne, on ne nous le présente pas sous l'angle de la vérité, des faits, je suis entièrement d'accord avec vous.
      Mon commentaire s'articulait davantage autour de l'effet qu'il provoque dans la population, plus que sous l'angle de la vérité.

      De Gaulle c'est un peu le fantôme qui revient chaque année pour nous rappeler que la France est grande et qu'on doit en être fiers. Il y a là une forme de spiritisme Républicain, truqué, qui fait son petit effet à chaque fois chez le téléspectateur.

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    7. Suétone - pour ne prendre qu'un exemple - fut un contemporain de certains des Césars dont il raconta le règne. Je crois que cette falsification - ou plutôt ce petit arrangement avec l'Histoire - est une vieille habitude humaine. De Gaulle lui-même l'a réécrite juste après la guerre pour permettre à la France de fonctionner. Je crois que tout cela vous vient d'une illusion que je crois tenace chez vous : l'illusion qu'il existe une Histoire honnête.

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    8. La déchéance de la conception de l'histoire vers le quotidien est le progrès de l'aliénation généralisée, non seulement dans l'histoire, mais de l'histoire elle même. Maintenant l'histoire n'a pas disparu, ni avec Debord, ni avec l'information quotidienne, ni même avec son début de scission avec elle-même en différentes écoles et ses acteurs véritables. Les faits et les actes n'ont pas disparu ; mais il faudra les redécouvrir sans dogmatisme et sans l'obstruction d'un arsenal de lois liberticides que chacun ici connaît, inutile d'insister. Ce n'est pas gagné.

      Pour en revenir à notre « Haut qui hurle au vent » on peut lire le texte soi-disant lu le 18 juin à la BBC sur le site internet de la Fondation Charles De Gaulle. Il commence ainsi :

      « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser les combats. »

      À comparer avec le texte de la légende dorée placardé sur les murs et partout dans les livres des écoliers, qui ainsi débute :

      « Des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l'honneur, livrant le pays à la servitude. »

      Seul le détail compte, le temps des histoires édifiantes à l'adresse des enfants est désormais révolu, la caste médiatique et journalistique n'en a pas encore tout à fait pris conscience.



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    9. Oh, Fil, je ne sais pas si ça va si loin. Ce n'est pas la peine de s'énerver contre Pujadas, c'est un truc en latex avec des cheveux de nylon et un programme dedans avec un ensemble de mimiques, d'expressions et de vocabulaire soigneusement limités.
      Dorham, Didier a raison, là ! on ne cause pas d'un fait d'armes de Jeanne d'Arc relaté dans quelque téléfilm. C'est un peu comme si des images d'inondations réelles étaient remplacées par des images préfilmées mais bien mieux dans le genre "inondation". (Tiens, Dorham, lisez donc Jésus Video, d'Andréas Essbach, une équipe de chercheurs en Israël tombe sur un mode d'emploi de caméra vidéo vieux de 2000ans, et apprend qu'il y a quelque part une cassette relatant....quelques jours de la vie du Christ. Bon bouquin allemand, et très bon polar de SF, mais je n'écrirai jamais ça sur le blog d'un Didier qui est sensible comme un quartier et souffre si on écrit "polar", "SF", et "bouquin".)

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    10. Oh, je ne m'énerve pas Suzanne, je constate juste que Pujadas est un des porte-paroles de ce système qui nous relate l'Histoire sous la lumière du bon sentiment, quitte à l'interpréter.
      Mon propos principal était de souligner le fait que De Gaulle nous est montré comme une icône, chose peut-être nécessaire dans un pays où les citoyens doutent de plus en plus au sujet de l'intégrité de leurs politiques. Je sais maintenant que ce n'est sûrement pas justifié, néanmoins CDG, pas l'aéroport, me paraît encore être un ciment pour l'union nationale. Chose dont je ne 'émeus aucunement.

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    11. "le texte soi-disant lu le 18 juin à la BBC" : on va bientôt apprendre que cet appel n'a en fait jamais existé et que De Gaulle n'a jamais mis les pieds à Londres...

      « Des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l'honneur, livrant le pays à la servitude. » : ce texte est celui d'une affiche placardée sur les murs de Londres en août 1940, aucun historien sérieux n'a jamais prétendu qu'il s'agissait du texte exact de l'appel du 18 juin (et même dans les livres de classe, les deux textes sont bien distincts). Toutes ces prétendues révélations confirment en tout cas ce que j'écrivais dans un premier commentaire sur la haine inextinguible d'une certaine extrême droite pour la personne et l'action de De Gaulle.

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  7. Pujadas, c'est bien le bonhomme même pas en mousse qui ressemble à un homme de Neandertal qui se fait coiffer chez Pay-Mobil.

    Dîtes Monsieur, il me semblait que vous ne regardiez plus les chaînes de Télévision publique, vous en êtes pour vos frais.

    Quant à De Gaulle, sa seule action militaire du côté d' Abbeville fut un jeu de massacre, une charge de blindés qui se termina pas échec , un Bouvines moderne.

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    1. Bouvines étant une éclatante victoire, il faudrait savoir !

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    2. Bouvines est l'une des batailles fondatrices de notre nation! Si même ceux qui fréquentent ces lieux connaissent si peu notre histoire, je n'imagine même pas ce que cela doit être de l'autre côté de la barrière!

      Je recommande chaudement à ce sujet "Le Dimanche de Bouvines", de Duby.

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    3. On voit bien qu'il n'y avait pas encore à l'époque de directeur de communication : on n'a pas idée de programmer une bataille un dimanche, quand la plupart des gens sont en train de profiter tranquillement de leur week-end... Étonnez vous après ça que l'événement soit passé complètement inaperçu !

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    4. Méa culpa, méa maxima culpa, que je sois écorché vif, je voulais parler de Crécy ou encore mieux de Courtage, serais pardonné pour cette erreur le honte me monte au front.

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    5. Courtray, relis toi du schnock,Heimdal, ce pseudonyme me rappelle une maison d'édition

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  8. On pourrait également rappeler que c'est le même Pujadas qui déclara en voyant les avions percuter le World Trade Center (oubliant sans doute qu'il était suivi par une caméra de télévision pour je ne sais quel documentaire à la noix): "Wow, c'est génial" avant qu'un de ses collègues n'ajoutât: "c'est encore mieux que le Concorde".

    Le journalisme est entre de bonnes mains.

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  9. Il y a tout de même quelque chose qui m'échappe dans cette histoire fleurie. Une question d'anatomie qui me turlupine : par quelle voie êtes vous donc sortis de ce corps ?

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