samedi 29 juin 2013

Le mois de mai a tout à l'heure passé…


Et il en reste une vague trace.

22 commentaires:

  1. Férue d'orthographe, j'ose : le participe passé du verbe férir est féru.

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    1. Bon sang de bois, mais c'est juste ! Honte sur l'analphabète !

      Maintenant, il va falloir retrouver le passage… merci du cadeau…

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    2. Ouf ! c'est fait ! la honte est (presque) effacée…

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    3. Je vais tout de même, par scrupule d'honnêteté, boire cette coupe jusqu'à son fond. il ne s'agissait nullement, de ma part, d'une quelconque faute de frappe ou d'inattention : c'est que je ne m'étais jamais avisé que férir et féru pussent procéder l'un de l'autre.

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  2. Je suis assez d'accord avec ce que vous écrivez de Renaud Camus. Comme Bembelly (ah, j'admets que la comparaison est saugrenue, mais...) ce qu'il écrit, c'est ce qu'il ressent. Si ce qu'il ressent colle à la réalité tant qu'il reste dans la description du monde qui l'entoure, il y a décollage dans l'idéalisation de cette grande bourgeoisie cultivée passée et dépassée. Il en donne à longueur de journal un tableau nostalgique et quasiment publicitaire. Toujours on retrouve le duel entre le charme des jardins clos, invisibles du commun des mortels, préservés, inaccessibles sauf à quelques privilégiés oubliés du temps dont il se revendique comme s'il voulait toujours persuader le lecteur qu'il est de ceux qui en sont, lui, et les hôtels aux portes qui claquent, aux clients contemporains mâchant du chewing gum et gueulant dans des couloirs entre deux courants d'air. C'est un homme qui ne parle pas de son enfance, ou si peu, dans les milliers de pages de son Journal. N'est-ce pas extraordinaire et paradoxal quand on écrit sur la disparition de la forme et la faillite de l'éducation actuelle ?
    Il n'y a pas que sur « la grande musique » qu'il se trompe. L'expression était employée en toute simplicité par des aristocrates qui trouvaient que Berlioz ne composait pas de la « vraie grande musique ». Sur la langue, aussi, parfois. Rarement, pour ce que j'en sais, mais avec obstination. Ses théories du mot que l'on prononce différemment selon qu'on appartient à une classe sociale ou à une autre sont un peu montées en neige de façon personnelle ; il nie les paramètres régionaux gommés selon lui par l'appartenance à la classe sociale. Ce n'est pas faux pour tout, mais c'est exagéré et comme c'est dépassé, on ne se rend pas compte à quel point c'est exagéré.

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    1. Pour ce qui est de la prononciation, je pense qu'il est beaucoup plus dans le vrai que vous ne le dites. Je suis frappé de constater, chaque fois que la télévision donne à entendre un Bordelais, un Toulousain, un Marseillais, etc. d'un âge certain et issu de ce que Camus appelle la bourgeoisie, la “bonne” bourgeoisie, à quel point, presque toujours, ces hommes (et ces femmes bien entendu) sont tout à fait dépourvu de cet accent “régional” qui, s'ils avaient quarante ans de moins, serait automatiquement le leur. C'est évidemment encore plus frappant lorsque sont retransmis des entretiens déjà anciens. Écoutez Mauriac ou Lacouture, Giono ou Pagnol… ou même Charles Trenet : aucun accent, ou alors d'infimes traces.

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    2. Jean-François Brunet29 juin 2013 à 22:23

      Votre analyse du "fauxel" Camusien concernant la bourgeoisie du temps passé me semble juste. Il est regrettable que Renaud Camus n'ait jamais été confronté à aucun historien sérieux (par Finkielkraut par exemple) sur ce thème et quelques autres (comme l'unité de la France).
      N'oublions pas, pour expliquer beaucoup de choses, que Renaud Camus est un snob.

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  3. Oui, mais c'est fini ! ceux que vous citez sont morts depuis longtemps. Et Giono, dans ses entretiens avec Jean Carrière, a bien l'accent provençal quand même. Vous entendez maintenant des personnes vivantes qui sont allées au collège après la deuxième guerre parler sans accent de la province dont ils viennent ? Quand la radio a-t-elle cessé d'exiger que l'on parle sans accent ?

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    1. « ceux que vous citez sont morts depuis longtemps. »

      C'est aimable pour Lacouture !

      Cela dit, oui, le phénomène disparaît, mais pas depuis aussi longtemps que vous le dites : le Bordelais Sollers n'a pas le moindre accent non plus. Pour la radio et la télévision, cela ne doit pas remonter plus loin que les années 80, si ma mémoire est bonne (ce qui n'est pas certain).

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  4. Après la lecture intégrale et attentive du texte auquel renvoie votre lien (dans lequel vous oubliez de préciser où vous trouvez le temps de l'écrire), une question me turlupine: pourquoi diable vous obstinez-vous à vous présenter comme "réac" ?

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    1. Pour le temps, c'est peu de chose : tous les soirs (ou presque…), de sept heures et demie à huit heures ou un peu plus.

      Sinon, vous me trouvez progressiste à ce point ?

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    2. Intellectuellement, la réaction est aujourd'hui le progrés.

      Les "progressistes" eux, sont restés en 1789, ou, au mieux, dans la Russie de 1917.

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  5. Et Mme Colette ? Fille d'officier, native de la Puisaye, elle a gardé sa longue vie durant un accent à couper au couteau.

    Je viens de finir la lecture de votre journal de mai qui, entre autres menus plaisirs, m'a permis d'identifier, dès son apparition, l'auteur du flatteur commentaire adressé à mon billet d'hier. je ne puis que souscrire au message qu'il vous adressa le 30.

    Un léger regret, cependant : cette lecture m'a contraint à remettre à l'après-midi l'achat de plants de laitue que j'avais prévu pour le matin.

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    1. Vous voudrez bien présenter mes plus plates excuses à votre maraîcher, pour ce cruel manque à gagner.

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    2. L'exemple de Colette est en effet très troublant : elle a tout de même quitté sa Bourgogne natale à vingt ans pour vivre la plupart du temps à Paris, et a pourtant conservé toute sa vie cet accent rocailleux extrêmement prononcé, tout en écrivant l'un des plus beaux français qui soit, d'une pureté et d'une perfection époustouflantes. Chez les écrivains, je ne vois pas d'autres exemples comparables, ce qui n'en est que plus intrigant !

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  6. "Réac" renvoie à un certain nombre de valeurs qui ne sont manifestement pas les vôtres.

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    1. Décidément, vous me surprenez ! Et je ne vois pas du tout à quelles “valeurs” vous pouvez faire allusion. Enfin…

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  7. Tiens, puisque j'ai l'honneur de figurer dans votre journal, je vais vous expliquer rapidement ce qui a motivé ce curieux commentaire que vous citez.
    Par dessus tout, je cherche à comprendre, et ce billet me semblait plutôt moqueur vis à vis des réactionnaires radotant la même chose depuis plus d'un siècle, alors s'il s'agissait d'auto-dérision, cela m'a effectivement échappé.
    Votre réponse ne me convient que partiellement car si vous ne savez pas vraiment ce que vous pensez, comment savez vous que vous êtes réactionnaire, comment savoir aussi si les visions des autres sont éloignées des votre si votre vision du monde est floue ?

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    1. Oui, bon, n'exagérons rien : je sais tout de même ce que je pense dans les grandes lignes ! Mais enfin, il est certain que je serai plus réactionnaire si je passe une soirée avec un autre réactionnaire (voire plusieurs) que si j'en passe une avec Nicolas, par exemple.

      Je vois très bien que ce que je dis de moi, là, n'est pas du tout à mon honneur et risque fort de me faire passer pour une girouette décervelée. Mais enfin, c'est la réalité : je reste plus ou moins poreux aux idées des gens que je côtoie. Sans être un Zelig non plus…

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    2. Oh, sur ce sujet, j'aurais la plus grande indulgence, les idées et les convictions d'un individu me semble de nature changeante et finalement plutôt superficielle, et j'accorderais plus d'importance aux actions et à la conduite qu'il mène qu'à ce costume que nous prête la théâtre de la vie en société.

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  8. Les mots ont difficilement un sens hors contexte.

    On peut imaginer les hypothèses suivantes, qui réconcilient Sartre et Camus ( le vrai, pas le scribouillard grotesque qui fait l'admiration de Jean Daniel).

    Sartre est dans le bureau des secrétaires. Il entend de la musique. Qu'il n'arrive pas à identifier.  C'est bien de la musique classique, mais sérieuse, plutôt Brahms, ou Franck qu'Offenbach ou Messager. Alors, il utilise "grande musique", par opposition à "musique légère".

    Autre hypothèse, il entend de la musique. C'est bien de la musique classique. Si ce n'en était pas, il pourrait dire " ils écoutent des chansons, ou du jazz, ou des airs de music-hall ". Mais c'en est. Il ne pense pas que les chansons ou le music-hall soient de la musique, mais ce qui est clair à l'oral (avec les regards, les mimiques et les intonations) devient légèrement incertain à l'écrit. Alors, il écrit "grande musique" pour éviter l'ambiguïté. Après tout, même s'il sait, comme Simone, ce qu'est la musique, il n'oublie pas qu'il est à l'armée. Il préfère donc préciser...

    Etc...

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    1. "( le vrai, pas le scribouillard grotesque qui fait l'admiration de Jean Daniel)" : "L’Étranger" et "La Chute" liquidés en une parenthèse, l'efficacité du K2R n'est vraiment pas une légende !

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