« Il est évidemment tentant de transposer notre petite expérience de 2005 dans l’Angleterre d’aujourd’hui. D’autant que le point de départ semble similaire : un criminel coloré flingué avec raison, ce dont on ne peut que féliciter la police de Sa Majesté.
Mais à l’évidence ces émeutes ne sont pas raciales. Autant celles de 2005 en France étaient clairement des émeutes du Ramadan et avaient non une composante raciale mais un caractère racial essentiel, réunissant surtout des noirs et des musulmans, autant les émeutes de Londres n’ont qu’une — ou plutôt ont des composantes raciales indéniables, mais pas plus.
D’abord les émeutiers ne sont pas tous noirs ou « asiatiques » — ce qui en anglais poli veut dire pakistanais, indien, musulman et tout ce qui s’y ramène. Même en supposant que certains medias anglais trient les photos, il y a des pillards blanc, bien anglais, et qui ne se font pas bolosser pour leur butin par leurs compagnons d’émeute.
Ensuite, il y a des victimes qui ne sont pas blanches, en nombre important. Ainsi des Turcs se sont-ils mis à taper sur des noirs qui voulaient mettre à sac leur quartier plutôt que de se joindre aux émeutiers pour se diriger vers un quartier blanc, ce qui aurait été concevable dans une émeute raciale. (…) »
