dimanche 13 septembre 2015

Le gros livre de Michel Houellebecq


Il y a deux semaines, Laurent Ruquier faisait de Michel Houellebecq son invité d'honneur : long entretien d'une quarantaine de minutes, durant lequel l'écrivain parvint à dire des choses sensibles, justes, intelligentes, malgré les tirs de barrage de Mme Salamé qui, faute sans doute d'être capable d'autre chose, cherchait constamment à le ramener dans les petites ornières idéologiques familières et convenues. J'ai regardé ça cet après-midi, sur internet. Vers la fin, le romancier dit qu'il a toujours ce fantasme de parvenir à écrire un grand livre. En réalité, assez curieusement, il parle d'un gros livre ; en précisant : “avec des passages un peu ennuyeux”. Il conclue en reconnaissant que la chose ne s'est pas encore faite. En somme, Michel Houellebecq attend et espère le chef-d'œuvre de Michel Houellebecq. Il n'est pas le seul.

80 commentaires:

  1. "Il conclue". La conjugaison du verbe concluer m'aurait échappé ?

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  2. Bizarre votre conjugaison du verbe conclure, non ?

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  3. En parallèle de cette ITW, il déclarait , si ma mémoire est bonne, dans le Figaro mag que ce gros livre dont il parlait ne pourrait être autre chose que son dernier.

    Quant a Léa Salamé que je n apprécie guère, elle a regagné un soupçon d'estime lorsque je l ai vu, la semaine d après remettre en beauté Cambadélis, et hier la môme Duflot

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    1. Oui, bien sûr ; mais enfin, le fait de taper sur un punching ball n'en fait pas pour autant un phare de la pensée, n'est-ce pas ?

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  4. Il conclue

    y aurait pas comme une faute ? (concluer ou conclure)

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  5. Mais il me semble qu'il l'a écrit son grand livre : il s'agit de l'ensemble de son oeuvre.
    Je doute qu'il puisse un jour faire mieux.
    PS : "Nord", dont je parlais il y a peu sur mon blog, sort en BD.

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  6. "le chef-d'œuvre de Mich..."
    Ce sera donc le titre. Doit y avoir une raison pour un choix pareil... Falloir en plus attendre début 2016 pour comprendre pourquoi... Diable, je suis bien morose aujourd'hui.

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  7. Moi qui n’ai plus la télé depuis 2003, je vous pose cette question : comment faites-vous pour regarder ce genre d’émission ?
    Je pourrais dire : pour regarder la télé en général, mais bon, je sais que de temps à autre un bon film, ou un mauvais… Mais Ruquier, même pour Houellebecq… là, vous m’épatez ! Moi, ça me fait l’effet d’une poésie de Christiane Taubira. Oui, à ce point.

    Alain

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    1. Je n'ai vu que le passage concernant Houellebecq, sur internet. Sinon, la télévision ne me sert qu'à regarder des films.

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  8. Je ne crois pas que Houellebecq écrive un jour un véritable chef-d'œuvre, sa renommée actuelle le lui interdit. Pour faire un vrai livre, il faut sans doute que personne ne l'attende et qu'on n'espère pas passer à la télé en le publiant. Ce chef-d'œuvre est d'ailleurs peut-être déjà écrit (je pense à l'extension), mais ce n'est pas un gros livre.
    (d'autre part, n'y aurait-il pas une petite faute sur le verbe concluer ?)

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    1. Néanmoins, quand Balzac écrit La Cousine Bette (par exemple), il est déjà célèbre dans toute l'Europe…

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    2. "Je ne crois pas que Houellebecq écrive un jour un véritable chef-d'œuvre, sa renommée actuelle le lui interdit."

      C'est tout à fait exact : si l'on transpose au dix-neuvième siècle, Hugo, Tolstoï ou Verdi étaient extraordinairement célèbres et populaires dans leurs pays respectifs (et même au-delà dans toute l'Europe) et il faut bien constater qu'ils n'ont produit que de grosses bouses...

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    3. Vous voyez, nous sommes d'accord.
      Bien entendu, vous avez comme moi compris qu'être célèbre, à l'ère médiatique qui est la nôtre, n'est pas tout à fait la même chose qu'être célèbre à l'époque des auteurs que vous citez. Libre à vous de comparer les carpes et les lapins, et de "transposer" au "dix-neuvième siècle" ce qui est dit du vingt-et-unième, mais en ce qui me concerne je crois devoir faire une différence entre la pipolisation actuelle et la célébrité de jadis. Imaginons Hugo devant Ruquier, par exemple.

      Du reste, je mentionnais explicitement la télé dans le message que vous avez pris soin de raccourcir, appliquant les méthodes d'un petit procureur pointilleux et manipulateur. Vous auriez pu signer autrement, je vous aurais reconnu.

      Méditons plutôt ces quelques sentences frappées au coin du bon sens : comparaison (ou "transposition") n'est pas raison ; ce qui vaut un jour ne vaut pas toujours, etc.

      J'espère que ces simples remarques ne sont pas trop stupides, vu le faible niveau de bienveillance que vous manifestez à l'égard des réflexions d'autrui. Mais ne croyez pas que rabaisser votre voisin à coups de lourde ironie vous élèvera beaucoup, mon ami.

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    4. "vu le faible niveau de bienveillance que vous manifestez à l'égard des réflexions d'autrui."

      Ne transposez pas, mon cher, ce sont essentiellement les vôtres qui me paraissent complètement nulles !

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    5. Vous êtes con ? ou vous ne comprenez pas le français ? Votre commentaire ne fait que donner raison au propos commenté.
      Et puis c'est quoi cet adverbe merdique : "ce sont essentiellement les vôtres..." Quand on écrit en charabia on évite de faire le mariole, il me semble. Moi, c'est essentiellement parce que vous êtes un pignouf que je vous dis essentiellement merde.

      Et maintenant que je me suis placé à votre niveau, je vous laisse.

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  9. Tout dépend de la longueur dudit passage. Si c'est relativement long, c'est un peu déjà fait. Quant à Salamé, quand je la vois et l'entend, j'ai l'impression de surprendre des bavardages lorsqu'il m'arrivait d'arpenter les longues et ennuyeuses artères du 8ème.

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  10. Sébastien Tellibag14 septembre 2015 à 09:46

    J'ai lu plusieurs Houellebecq et j'ai un peu de mal à comprendre votre engouement pour cet écrivain. Il a certes, une facilité pour peindre certains travers de la société mais hormis cela, son style est relativement pauvre. Ne parlons pas de ses personnages principaux qui se ressemblent tous: alcooliques, solitaires, essayant de baisouiller maladroitement à droite à gauche, bref à l'image de Houellebecq lui même.....Ca va bien 5 minutes mais à la longue, ça fatigue.
    Je sais qui écrira le gros chef d'oeuvre de Houellebecq: Didier Goux qui a plus de style ^^

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    1. Je ne suis absolument pas d'accord, quant à la "pauvreté" de son style ; je le trouve, au contraire, merveilleusement adapté à son objet.

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  11. C'est vertigineux, toutes ces vocations rentrées d'instituteur qui se manifestent au moindre dérapage de clavier…

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    1. Pour la peine, je ne corrigerai même pas !

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    2. Il fut un temps où je vous ai connu plus chatouilleux "au moindre dérapage du clavier". Il est vrai qu'il s'agissait des dérapages des autres et non des vôtres.

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    3. Et encore, vous n'avez pas commis de dérapage de pensée, du genre de celles qu'il vaut mieux ne pas savoir...

      Alain

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  12. C'est ce que j'aime chez vous, votre côté puissamment anar !

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  13. Dans Soumission, quand la polygamie devient légale en France, ce sont des femmes et adolescentes arabes que s'offre le professeur récemment converti. Bétail facile car éternellement soumis et, dommage, le roman ne va pas très loin sur ce sujet: qu'en disent les femmes françaises, que font-elles, y en a-t-il qui se soumettent aussi?
    Il n'y a pas de bon personnage féminin chez Houellebecq. (le correcteur d'orthographe me souligne le mot Houellebecq, je me dis zut j'ai encore fait une faute, et il me propose "homosexuelle" en échange. Bien bien bien...)
    Pas d'héroïne. Vous qui sortez des Bostoniennes, ça ne vous frappe pas ? Il y a des femmes, mais elles n'ont pas d'épaisseur. Il y a les gentilles au beau petit cul, mais elles s'en vont, et les autres en celluloïd, plus ou moins salopes, surtout quand elles ne sont plus très appétentes.

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    1. Vous avez tout à fait raison. C'est peut-être d'ailleurs ce qui lui manque pour écrire son chef-d'œuvre…

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    2. Valérie dans "Plate-forme" a de la personnalité tout de même. dans les particules élémentaires, c'est vrai que les femmes sont des accessoires.

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    3. Oui, c'est probablement elle qui a le plus de relief, en effet. Mais, comme la plupart des autres, elle est vouée à la mort.

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  14. On se passe facilement de Houellebecq... comme d'autres, bien sûr, mais lui plus sereinement.

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  15. Si j'avais un journal ou une émission de critique littéraire, j'embaucherais aussitôt Daniel Duret.
    Je le ferais parler en premier, en lui donnant le nom de l'auteur du jour, et profitant de l'étonnement général (il a voulu dire quoi, là, il ne voulait pas dire plutôt DE lui ?), j'ajouterais: bon, tout le monde est d'accord ? c'est bien, c'est fini, à bientôt.

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  16. J'ai l'impression qu'en évitant de regarder Ruquier, je m'évite bien des tracas.. Je vais plutôt regarder Storage Wars ou son semblable, une sorte de truc improbable au niveau zéro de ce qu'on peut imaginer de plus nul. Mais bon, quand on dort dans le canapé, ça n'a vraiment aucune importance... Un bruit de fond, il n'y a que ça de vrai...

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  17. C'est bizarre, l'effet Houellebecq , quand on en parle en public. Ils y a ceux qui se révulsent, ceux qui s'engueulent, et ceux qui réagissent façon Droopy: hein, quoi, bof, comment, qui ça ? et chez qui le mot a déclenché un effet somnifère...

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  18. Michel Houellebecq peut bien écrire le "gros livre" dont il rêve, je me demande s'il ne fait pas partie de ces écrivains français dont c'est le premier livre qui m'a le plus charmée : Modiano, avec La place de l'étoile, Sollers avec, Une étrange solitude ?

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  19. question très pertinente notre époque décadente et médiocre n'a pas encore son zola son balzac ou encore son hugo pour la décrire Pourtant les prétendants sont nombreux (Zemmour obertone philippe muray finkielkaut renaud camus e.lévy Houellebecq soral aldo sterone xix le taulier de ce blog...) mais sont encore très loin du compte il me semble

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    1. Parmi les prétendants que vous citez, bien peu sont romanciers, ce qui est tout de même un sacré handicap pour devenir le nouveau Zola, Balzac ou Hugo. Et Philippe Muray n'est plus dans la compétition depuis plusieurs années, hélas ! Cela dit, je trouve que Houellebecq n'est pas si loin du compte, comme vous dites : son œuvre est déjà une formidable comédie humaine du siècle achevé et de celui qui commence.

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  20. Cette étrange confusion de Houellebecq entre "gros" et "grand" livre prouve, une fois de plus, que les écrivains (et surtout les vrais, comme lui), sont les plus mal placés pour parler de littérature en général, et de leur œuvre en particulier.
    (attention : ceci vaut peut-être aussi pour vous !!!)

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    1. Si vous écoutez l'intervention de Houellebecq, vous vous apercevrez qu'il ne fait aucune confusion : Ruquier lui parle de son fantasme d'écrire un "grand livre" et il lui répond qu'en fait, il voudrait écrire un "gros" livre, avec des passages ennuyeux, un peu comme "La Montagne magique" de Thomas Mann. A mon avis, il est passé très près de la réussite avec "La Possibilité d'une île", mais ce n'est sans doute que partie remise.

      De plus, Houellebecq parle remarquablement de littérature en général et de son œuvre en particulier (il arrive même à rendre moins bête quelqu'un comme Bernard-Henri Lévy quand il dialogue avec lui (dans le livre "Ennemis publics") ; c'est vous dire si ce type est un surdoué !).

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    2. Entièrement d'accord. Cet entretien (long) parvient à être intéressant malgré cette pauvre Léa et malgré M. Moix (quel beau nom pour un écrivain : Monsieur Moi !) qui pose des questions interminables et, quand on a fini de les dérouler, parfaitement sans intérêt.

      Houellebecq est un homme précieux.

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    3. D'accord avec vous, mais je sauverais quand même un moment dans les interventions souvent absconses de Moix, c'est ce qu'il dit du positivisme de Houellebecq et de sa façon d'évacuer le "pourquoi" pour ne s'intéresser qu'au "comment". Cela éclaire assez bien la façon clinique qu'a Houellebecq de regarder le réel en refusant tout pathos, dans son style neutre et sans effet que certains lecteurs rapides prennent pour une absence de style alors qu'il est au contraire parfaitement adapté au projet de l'écrivain. Je pense par exemple à ce moment incroyable dans "Soumission" où, le jour des élections présidentielles, le narrateur arrive sur une aire de parking et découvre que tout a été dévasté, signe du déclenchement d'émeutes dans tout le pays : "Je découvris la caissière gisant sur le sol dans une mare de sang, ses bras serrés sur sa poitrine dans un dérisoire geste de protection. Le silence était total. Je me dirigeai vers les pompes à essence, mais leur fonctionnement était bloqué. Elles devaient être remises en marche à partir des caisses. Je revins vers la boutique, enjambai le cadavre à contrecœur, mais ne découvris aucun mécanisme paraissant commander la distribution du carburant. Après une brève hésitation, je pris dans les rayonnages un sandwich thon-crudités, une bière sans alcool et le guide Michelin."

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    4. "gisant sur le sol dans une mare de sang, ses bras serrés sur sa poitrine dans un dérisoire geste de protection."
      C'est à cause de phrases comme ça qu'on parle de pauvreté de style chez Houellebecq. Quoi gisant dans la mare de sang ? Hein le geste de protection dérisoire ? Mais ce sont des CLICHES !!! (hein, ce dessin de Picasso, vous appelez ça de l'Art, vous ? Mon fils de cinq ans en fait autant !)

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    5. Je ne suis pas un spécialiste de littérature, mais je ne crois pas que l'on puisse juger du style d'un écrivain à partir d'une phrase isolée (comme beaucoup de critiques littéraires aiment à le faire) : la qualité du style, pour moi - je peux me tromper- c'est l'adéquation entre le style d'ensemble d'un roman et ce qu'il veut faire passer.
      Prenez Céline : vous pouvez isoler des phrases stylistiquement très contestables; mais pour l'adéquation entre le style de l'ensemble de l’œuvre et ce qu'elle réussit à faire passer, c'est autre chose.
      ( je crains de ne pas avoir été très clair.)

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    6. "( je crains de ne pas avoir été très clair.)"

      Pas du tout, ce que vous dites est très clair, et vous avez parfaitement raison !

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    7. Ce qui me paraît clair c'est que l'intérêt de ce qu'écrit Houellebecq ne tient absolument pas au style, ni même d'ailleurs à l'"histoire" qu'il raconte, mais seulement au détachement qu'il affecte. C'est criant dans ses "poèmes", parfaitement creux et même antipoétiques (au sens où l'on attendrait des obscurités qui "donnent à penser" ou "à rêver"... De la "poésie", quoi...). Houellebecq pratique l'art de décevoir les attentes ; il joue sur la mort des illusions, le réalisme détaché, le quotidien et une certaine vulgarité (le "thon-crudités"), le désenchantement assumé et banalisé. Bref, sa littérature tient entièrement dans une "attitude". C'est un genre de dandysme, une pose, une posture diront ses détracteurs. Il suffit de voir comment il tient sa cigarette pour comprendre qu'il se prend pour Baudelaire et que son personnage compte beaucoup plus à ses yeux que ce qu'il écrit. La moindre de ses mimiques est pensée ; toutes ses grimaces sont voulues. Ce n'est pas parce qu'il a des choses à dire qu'il fait de la photo, c'est parce qu'il faut que son personnage ait fait de la photo (ou de la musique pop).

      Ce qui pose problème, puisque tous ses livres sont ainsi condamnés à reproduire la même "attitude", au risque de se répéter.

      Il n'y a pas de philosophie chez Houellebecq. N'importe qui, ayant lu trois pages d'Auguste Comte, comprend que Houellebecq ne s'en prévaut que pour faire le malin et se donner un genre. Ses théories sur le libéralisme avancé ne retiennent que 0,2 % de ce qu'on trouvera chez un Michéa : une sorte de "digest". La véritable idole de Houellebecq c'est James Newel Österberg Jr, ne l'oublions pas.

      Il n'y a pas vraiment d'idées, chez Houellebecq, comme chez la plupart des romanciers et des poètes, d'ailleurs, ou alors des idées simples et peu nombreuses (ce qui ne les empêche pas d'être justes, à l'occasion). Quelqu'un qui a vraiment quelque chose à dire du monde et de l'homme n'écrit pas des romans, de toutes façons (mais comme ce blog est celui des adorateurs de romans, je pense qu'il est temps de m'arrêter).

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    8. "Quand les Intelligents parlent, les Cons doivent se taire."
      L. Wittgenstein, "Tractatus logico-philosophicus" (traduction libre)

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    9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    10. Le roman est né, il mourra. J'avoue ne pas bien comprendre comment l'on peut prendre au sérieux les aventures imaginaires d'un "personnage". Houellebecq est cependant plus honnête : lui aussi il ne prend pas le roman au sérieux, ni la poésie, mais seulement le star-system. Ceux qui n'ont jamais rêvé d'être une "rock star décalée, maudite et déjantée" ne peuvent pas comprendre ce genre de motivation.

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    11. Houellebecq pratique l'art de décevoir les attentes
      Houellebecq ne peut pas décevoir les attentes puisqu'il décrit un monde, le notre, qui n'en a plus d'attentes.
      C'est en cela qu'il est l'écrivain de son temps, le Balzac du 21ème siècle. Et puis pardon : il est avant tout un romancier contrairement à Michéa. Toutefois on ne peut pas avoir écrit "Plateforme" sans avoir fait auparavant un gros travail de documentation.
      Et oui sans doute il s'amuse beaucoup en écrivant ses livres. Et je serai le dernier à le lui reprocher puisqu'en retour je m'amuse beaucoup à le lire.

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    12. @ Marco Polo

      "Quelqu'un qui a vraiment quelque chose à dire du monde et de l'homme n'écrit pas des romans,(...), je pense qu'il est temps de m'arrêter"

      Oui, je crois aussi; parce qu'en somme, vous reprochez à un romancier d'écrire des romans, et pas des essais philosophiques ou des analyses sociales ou politiques.

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    13. Dites, Elie, si vous changez vos commentaires de place, les réponses qu'on y fait deviennent surréalistes. Voir donc ma réponse ci-dessus.

      Et dites-moi aussi pourquoi on ne pourrait pas trouver les romans un peu nuls, un peu niais, un peu inutiles, hein ? Moi aussi j'aime bien occuper mon esprit, le soir, avant de dormir, mais je préfère les bédés. Pour les choses sérieuses il y a les auteurs sérieux, genre Spinoza, qui, bizarrement, n'a jamais eu l'idée d'écrire un roman. Un oubli de sa part, sans doute.

      Cela fait des années que je lutte partout pour expliquer que la littérature ce n'est pas seulement ni spécialement les "romans", comme on le croit généralement. Et même en restant dans la "fiction", je crois qu'il y a plus d'intelligence dans une nouvelle de Borges qui fait dix pages que dans n'importe quel pavé de Balzac. Non que je veuille absolument opposer les auteurs et établir un palmarès (ce qui est toujours stupide), mais enfin, pourquoi faudrait-il être long ? La réponse est bien sûr qu'il faut envahir l'esprit du lecteur, le maintenir dans "l'histoire", le tenir en laisse, en quelque sorte, l'accrocher. C'est du spectacle et de la manipulation, pas de la pensée.

      On me dira que les romans sont un substitut de la vie, qu'ils permettent de vivre des expériences que l'on ne pourra pas vivre autrement, qu'ainsi l'on s'enrichit, etc. Je répondrais que oui, peut-être, mais aussi que je ne vois pas en quoi Balzac serait un meilleur connaisseur de la vie que Socrate ou qu'Epictète, lesquels d'après moi s'y connaissaient un peu plus. Pourtant, les lecteurs habituels de romans lisent assez peu autre chose, et très rarement les philosophes. Il faut donc convenir que ce qu'ils cherchent, dans les romans, c'est bien davantage le spectacle que la connaissance.


      PS : Je vais faire tout suite la réponse de manu "F" à mon message argumenté :

      "Moi aussi j'aime bien occuper mon esprit, le soir, avant de dormir, mais je préfère les bédés"
      Ah, tout s'explique.

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    14. @ Marco Polo

      "Cela fait des années que je lutte partout pour expliquer que la littérature ce n'est pas seulement ni spécialement les "romans""

      Ben oui, mais là, on parle...d'un romancier.

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    15. C'est un peu comme si vous me répondiez qu'on ne doit pas reprocher à une pute de ne pas être une bonne épouse, en somme. Désolé : j'ai des exigences.

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  21. je conclus
    tu conclus
    il conclut
    nous concluons
    vous concluez
    ils concluent
    Voilà, j'ai copié collé ça, je n'aurai vraiment rien de plus intéressant à dire sur le sujet, ni sur l'objet aussi gros fut il.

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    1. Pfff… Je l'ai validé, celui-là, mais il a quand même fallu que je prenne sur moi. Tenez, je vais me payer un petit accès de prétention : la langue française, je la connais mieux que vous ne pouvez en avoir idée (mon "vous" est à peu près collectif…). Souvent elle me rend triste, parce que j'aimerais être plus intime avec elle, plus conquérant, plus "mâle" si on veut. Plus fécondant, même. Toujours est-il que si vous pouviez dégager d'ici (là, le "vous" n'est pas du tout collectif), vous me feriez plaisir. C'est d'ailleurs une façon de parler, puisque je ne validerai plus aucun de vos commentaires.

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    2. Pff, je répondais aux commentaires, je sais bien que vous connaissez la langue bien mieux que moi, ce n'est pas une raison pour être grossier, si mes commentaires vous déplaisaient, ainsi que ma présence, il suffisait de le dire, je n'ai pas pour habitude de m'imposer là où je ne suis pas invité.

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  22. C'est pas bientôt fini ces chamailleries alors que d'autres nous voient déjà enjamber des cadavres ?

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  23. Tiens, c'est curieux, je n'arrive pas à placer ma réponse au-dessous de celle de Marco Polo, sans doute un signe du destin ! Comme j'ai l'air de lui manquer, je vais quand même lui répondre une dernière fois, car je ne voudrais pas lasser l'hospitalité de Didier Goux :

    J'espère simplement, cher Marco Polo, que vous allez bientôt nous révéler que vous nous avez tous fait marcher et que vos messages n'avaient pour but que de stimuler nos réactions et de tester notre patience ; parce que franchement, si vous êtes vraiment ce que vous nous dites (un prof de philo, si je me souviens bien) et que vous écrivez sérieusement ces énormités que même un cancre de troisième rougirait de placer dans une copie de brevet, cela signifierait que la décadence culturelle de ce pays (ce que Renaud Camus appelle sa "déculturation") est encore bien pire que ce que les commentateurs les plus pessimistes avaient pu envisager. Fin des transmissions de ma part en ce qui vous concerne.

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    1. Ne soyez pas vexé. J'ai connu bien d'autres commentateurs de blogs incapables de répondre à mes révélations et mes fulgurances. Vous ne serez pas le dernier. Evidemment, je ne nie pas une certaine exagération, quelques outrances destinées à choquer le bourgeois, mais enfin il y a bien aussi un peu de vrai. Ce qui est surtout fascinant, c'est de voir comment, arrivés au stade de l'argumentation et du "dur", il n'y a plus personne pour avoir quelque chose à me répondre. Discuter en l'air, en lançant à la volée quelques appréciations vagues, quelques noms d'auteurs, tout le monde sait faire, mais dès qu'on aborde le fond, nada, grand silence, gêne à couper au couteau, moment de solitude. C'est dur, c'est violent, c'est désespérant, le génie.

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    2. Je pense que Marco Polo est un avatar de Jazzman. Quelque chose dans le ton hautain et assuré. Dans le style ample et musical. Et toujours, in cauda venenum...

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    3. Hypothèse intéressante, ma chère Barbara ! On sent que vous êtes sensible à la fulgurance et à considération intempestive ; cela dit, si l'on fait dans le génie, il ne faut pas perdre son temps sur Internet à discuter avec des caves dans mon genre qu'une simple pichenette dialectique suffit à déchiqueter. "In cauda venenum", mais "Eum sine gloria vinci qui sine periculo vincitur"...

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    4. @Barbara
      N'importe quoi. J'ajouterai une boutade j'ai faite récemment sur un autre blog :
      Les philosophes me rappellent les branleurs les plus sombres de notre histoire.

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    5. La marque du génie (au sens folklorique ou ésotérique du terme) :
      évoquez-le, il apparaît aussitôt !

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    6. Et voilà, tout ça parce que j'ai eu le malheur de citer Spinoza, ce qui visiblement suffit à me rendre antipathique aux yeux de Jazzman... La prochaine fois j'essaierai avec Nietzsche ou Heidegger.

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    7. Mais non Marco, je vous aime bien, et je trouve même que vous dites souvent des choses intéressantes. Vous êtes philosophe, bon, personne n'est parfait...

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    8. Tenez bon, Didier ; à dix-huit heures, on devrait tous aller prendre nos cachets et vous aurez la paix jusqu'à demain matin !

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    9. Oh, moi, vous savez : tant qu'on ne me force pas à participer…

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  24. Jamais regardé Ruquier, jamais lu Houellebecq, pour les fautes de syntaxe, d'orthographe ou de conjugaison, elles n'empêchent pas de comprendre le texte quand il est parfaitement écrit.

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  25. Je ne me demande pas pourquoi, à lire les échanges de certains commentateurs incontestablement passés par l'Université, il m'est revenu en mémoire, cet aphorisme que l'on doit à Anton Tchekov : "L'Université développe tous les dons de l'homme, entre autres la bêtise."

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  26. Putain ! Ca va faire une semaine sans billet dans ce blog. Il fait quoi le taulier ?

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    1. Il fait autre chose. Ou bien rien…

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    2. Sébastien tellibag21 septembre 2015 à 17:09

      Je propose de rennomer ce blog "Didier toux habitait là".Ce manque de respect pour ses lecteurs est honteux; je retourne sur le blog de rosaelle !

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  27. Il est vrai que pour un salon littéraire et philosophique d'un tel niveau, l'image qu'offre un buffet vieux d'une semaine est assez surréaliste : sandwiches rassis, champagne éventé et verres renversés.
    D'un autre côté, notre hôte a peut-être souhaité tenter l'expérience de la disette, juste pour voir quel effet elle pouvait avoir sur l'éloquence de ses diserts invités. C'est cela même, une cruelle expérience scientifique à laquuelle Monsieur Goux se livre à nos dépens...
    Une fois de plus.

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  28. Le problème, c'est qu'à force de confort on délaisse parfois l'essentiel. Avec tous les courtisans qui encombrent son horizon, Monsieur Goux a peut-être perdu ce qui fait l'essence même du blogueur : l'enthousiasme et l'inspiration. Tournons-nous vers ces admirables blogueurs solitaires qui rament sur les mers inhospitalières de l'incognito. Ceux qui n'ont pas le privilège de voir DSK s'abreuver dans leur cantine, ceux qui n'ont pas de signatures célèbres pour visiteurs réguliers...
    Ont-ils pour autant perdu la foi ?

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    1. Merci pour le "signature célèbre", mais c'est un peu trop. J'ai su rester modeste.

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  29. Il n'y a plus aucun doute à avoir : le coup de torchon s'impose!

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