mercredi 2 septembre 2015

L'abbé et le furet


Hier soir, nous nous sommes laissés aller à regarder les deux numéros de Secrets d'histoire que Stéphane Bern consacrait à Louis XIV, à l'occasion du trois-centième anniversaire de sa mort. Le second volet, de loin le plus intéressant, englobait la régence de Philippe d'Orléans. C'est dans cette partie que j'ai appris une chose amusante, de la bouche de Michel de Decker, estampillé écrivain normand, ce qui le rend d'emblée sympathique. À propos de l'abbé Dubois et de ses participations aux parties fines du Régent, il a affirmé que la fameuse et innocente comptine que nous avons tous fredonnée à l'âge des genoux écorchés et des Choco BN, composée à l'époque : Il court, il court, le furet, le furet du bois, Mesdames…, que cette ritournelle, donc, était en fait une malicieuse contrepèterie, et qu'il fallait y entendre :

Il fourre, il fourre, le curé,
Le curé Dubois, Mesdames.

Encore un lambeau d'enfance qui fout le camp.

36 commentaires:

  1. Oh, merdalors !
    Saviez-vous que dans la chanson "à la claire fontaine", la fontaine n'était même pas la métaphore de oui, bon, on se doute de quoi, mais qu'il y avait une courtisane de mœurs fort légères, qui s'appelait madame de Containe. Elle ne se lavait jamais, et quand elle tenait salon, elle s'amusait et amusait ainsi ses amis : elle se plantait devant eux, et relevait sa robe et ses jupons. Ils devaient deviner, à l'odeur, qui l'avait honorée en dernier. On demandait parfois aux messieurs de dévêtir la partie de leur anatomie qui témoignait, par quelques effluves rémanents, d'un passage personnel en ce doux lieu. Ce jeu (ancêtre du "loto des odeurs") connut un certain succès sous le mon de "flaire-containe" . Madame de Maintenon y mit le hola en renvoyant la Containe dans sa province, où l'Histoire l'oublia, mais pas la petite, tant que vivra la chanson...

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    1. Suzanne, vous me faites beaucoup de peine : une femme si digne, si polie, qui disait toujours bonjour…

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  2. D'après Wikipédia "Il n'est pas certain que la contrepèterie ait été intentionnelle de la part de l'auteur des paroles."
    Voilà qui devrait vous aider à récupérer votre "lambeau d'enfance" !

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  3. L'anecdote (que je découvre ici) est amusante mais une recherche Google montre qu'il y a débat au sujet de "l'origine" de la contrepèterie (ce qui d'ailleurs aucun intérêt mais il faut bien que je teste le nouveau Google).

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  4. Dans le même ordre (si j'ose) : A l'évêché on peut voir un vieux plan de Gap.

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  5. Ça alors ! Elle est pas mal celle là ! Comme vous j'étais loin de m'imaginer un refrain coquin. Merci de nous déniaiser.

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  6. on n'y avait jamais pensé
    et pourtant , c'est tellement évident

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  7. De nombreuses comptines datent de cette époque fastueuse. Pas mal ont également un sens coquin et léger.
    "Au clair de la lune", musique attribuée à Lully en fait largement partie.
    Quel plaisir de voir nos charmantes têtes blondes la chanter. S'ils savaient...

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  8. Évidemment, dès que ça parle de cul, les commentaires affluent.

    (Ne cherchez pas le contrepet : je crois qu'il n'y en a pas.)

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    1. Meuh, non !!! Didier, ça ne parle pas de cul mais de vieux souvenirs d'enfance, celle ou nous étions déjà (un peu) informés et ce que les parents ignoraient (peut-être).
      C'est simplement le plaisir de l’imaginaire.

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    2. Et elles sont où les réponses personnalisées à chacun, hein ?

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    3. C'est ce que je dis aussi (mais quand je ne réponds pas c'est généralement que ca me gonfle)

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    4. Non, vous, dans ces cas-là, vous répondez : bah !

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  9. oui mais on dit aussi que ce curé est tombé fou entre deux messes
    alors , va savoir Charles

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  10. Quand je pense à ma pieuse grand-mère qui me chantait souvent cette comptine quand j'étais enfant ! Elle qui était vraiment folle de la messe, heureusement qu'elle n'est plus là aujourd'hui pour entendre cette cruelle révélation...

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  11. Mes parents n'étaient pas assez riche pour me glisser des Choco BN dans le sac en toile qui me servait de cartable

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    1. et même pas suffisamment nantis pour avoir trois enfants, seuil pour des allocations familiales dignes de ce nom (à l'époque)

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    2. Pauvres et branquignols, donc. Moi qui croyait que le cumul des mandats était interdit…

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    3. j'aurai aimé être fils unique mais pas de bol, je suis le cadet

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    4. Moi, je suis l'aîné (de trois). Mais ma théorie, c'est qu'on est tous des enfants uniques, dans la mesure où on a une image de ses parents très différente de celles développées par ses frères et sœurs.

      (N'empêche qu'il faudra quand même partager l'héritage avec ces petits cons.)

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    5. Maintenant que vous le dites, je ne vais plus regarder mon frangin de la même façon

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    6. Bien entendu ! Ses parents ont le même âge, la même tête, la même maison, etc., que les vôtres, mais ce sont les siens, que vous ne connaîtrez jamais. Et lui ne saura jamais quels sont vos parents à vous.

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  12. Voilà une "explication" qui me semble bien anachronique, et une moderne invention.
    Même si "fourrer" signifie "introduire" selon le dictionnaire de Trévoux (qui fournit aussi l'acception spirituelle de ce verbe, usitée en morale), je ne l'ai jamais rencontré dans le sens copulatoire que vous insinuez, et qu'ignore le Dictionnaire satyrique de Leroux (1786).
    Pour ce dire, notre langue n'utilisait guère alors que l'omniprésent "foutre", qui évite la périphrase "courir la poste sur le ventre".
    Sur Dubois, le recueil Clérambault-Mirepoix contient moult chansons et épigrammes hostiles à ce ministre, dont beaucoup remercient la vérole d'en avoir délivré le royaume -- mais point le moindre furet contrepétant.
    Quand Dubois fut élevé à la poupre, il fut dit que le Pape avait "d'un maquereau fait un rouget".
    Bref, ce furet me paraît être un canard journalistique...

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    1. C'est possible, en effet. Mais, d'un autre côté, est-ce que les dictionnaires de l'époque recensaient le vocabulaire argotique parisien ? Les tournures régionales ? Etc.

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    2. @ Michel Desgranges

      Si "fourrer veut dire introduire", c'est bien suffisant pour lui donner un "sens copulatoire" !
      Vous n'allez tout de même pas user de mesquinerie pour dénigrer la dernière émission de vulgarisation de notre histoire, un peu amusante à regarder ?

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    3. Au Québec on ne dit pas fourré, c'est très impoli même en parlant d'un gâteau. Ça fait pouffer les enfants… Il a un sens copulatoire et/ou un sens arnaque. "M'a t' fourré ben raide !" Je vous dirai ça avec l'accent la prochaine fois si vous voulez.

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  13. On en trouve partout, de ces contrepèteries...

    Cela me fait penser à un livre fort sérieux a paru en Suisse il y a trente ans (éditions Zoé), intitulé "Nous étions deux coureurs de fond". Je ne suis pas sûr que la contrepèterie ait été délibérée dans ce cas.

    Sans doute y a-t-il aussi de tels titres dans le domaine des lettres françaises?

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  14. Vous auriez pu tout aussi bien titrer "la raie et le buffet...". Ok, je sors...

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  15. Plus récemment, est-ce que tout le monde avait bien compris, au moment de sa sortie, le sens de la chanson de Trenet : "Je t'attendrai à la porte du garage" ?

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    1. Charles Trenet était très coutumier des doubles et triples sens. J'adore celle-ci par exemple, "La Flûte du maire".

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    2. Ah oui, elle est très bien, celle-là ! Il a aussi le célèbre : « Je tâte André à la porte du garage »…

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    3. Et "les elfes, divinités de la nuit, les elfes couchent dans mon lit", qui ferait certainement aujourd'hui froncer quelques sourcils...

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  16. Que dire de " nous n'irons plus au bois " (https://fr.wikipedia.org/wiki/Nous_n%E2%80%99irons_plus_au_bois)

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