dimanche 1 mai 2016

À propos de la télévision (menus propos désagréables)


Michel Onfray devrait faire un peu attention : à devenir de plus en plus réactionnaire tout en continuant à se vouloir de gauche et “libertaire”, il s'est engagé dans un grand écart qui risque de le conduire tout droit au claquage des ligaments ; ce qui, à son âge, presque aussi avancé que le mien, est toujours fort ennuyeux. Dans sa chronique mensuelle, il chante les louanges de la télé-de-papa, et notamment de l'une de ses émissions les plus appréciées alors : La Caméra explore le temps, série de dramatiques historiques (on dirait sans doute docu-fictions de nos jours) diffusée de la fin des années cinquante au milieu de la décennie suivante. Il écrit notamment ceci : « Avec quelques autres dont Marcel Bluwal, Max-Pol Fouchet, Jean Prat, Pierre Dumayet, Pierre Desgraupes, Stellio Lorenzi a montré que la télévision pouvait être un formidable instrument d’éducation populaire, distrayant et intelligent. Avec eux le peuple pouvait être peuple et digne : ils pensaient édification et culture. Ceux d’aujourd’hui transforment le peuple en populace : ils pensent audimat et argent. La télévision est devenue une arme de destruction massive de l’intelligence. »

Je crois qu'Onfray se trompe ; non sur le fait que la télévision ait changé, bien entendu, mais quant aux causes de sa mutation. Il ne me semble pas que lorsque Jean Prat, par exemple, proposait, en 1961,  à huit heures et demie, une représentation filmée des Perses d'Eschyle, il pensait “éduquer le peuple” : il donnait simplement à son public ce qu'il le savait capable de recevoir et d'apprécier. Car, en ces années, un poste de télévision était un achat coûteux, ce qui le mettait hors de portée de la plupart des ouvriers et des paysans : la présence d'un téléviseur dans un salon restait un “marqueur bourgeois”. Il était donc logique, et même naturel, que les gens qui concevaient les programmes les adaptent au niveau culturel, réel ou supposé, de leur “cœur de cible”, ainsi qu'on ne disait pas. Cela le leur était d'autant plus, naturel, que ce niveau d'exigence de leur public correspondait en tous points au leur. On peut donc dire, en un sens, même si celui-ci n'était pas encore l'obsession qu'il est devenu par la suite, que les Lorenzi, Bluwal, Fouchet et autres se souciaient bel et bien de leur audimat, c'est-à-dire de leur audience, pour parler en français de cette époque. C'est lorsque le prix des postes s'est effondré, faisant d'eux des objets de consommation courante, qu'ils ont fait une entrée massive dans les appartements ouvriers et les maisons paysannes, entraînant une sorte de “mise à niveau” des programmes, laquelle me paraît tout à fait légitime : à partir du moment où des gens peu riches décident de dépenser une partie de leur argent pour acheter un récepteur, puis de payer la redevance annuelle, ils s'attendent à ce qu'on leur offre des programmes qui leur plaisent, et je ne vois pas au nom de quel impératif d'éducation, on irait les leur refuser. 

La télévision n'est pas devenue “une arme de destruction massive de l'intelligence”, mais est restée ce qu'elle était depuis son origine : le reflet à peu près fidèle de l'intelligence moyenne des gens qui en font consommation.

83 commentaires:

  1. Un reflet, certes mais pourquoi une télévision d'état (oublions les chaînes commerciales qui pourtant sont, paraît-il, soumises à un cahier des charges) ne proposerait-elle pas des programmes populaires de qualité? Il y a une volonté peut-être pas d'abrutissement mais certainement de refus de maintenir un certain niveau.

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    1. C'est le rôle qu'aurait pu jouer Arte, si elle n'avait honteusement failli à la mission qu'elle s'était elle-même donnée.

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  2. Diantre, une femme voilée à faire de la réclame pour ce poste de télévision.
    Dans quel pays vivons nous ?

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    1. Si vous en êtes à confondre voile et foulard fantaisie, c'est que vous êtes mûr pour la barbichette et les babouches…

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  3. Là, je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce que vous nous dites : à mon avis, l'impératif de "l'éducation du peuple" n'était pas du tout absent dans la tête de Jean Prat, ni dans celles de Fouchet, Dumayet, Desgraupes, Lorenzi, Bluwal ou Santelli, d'ailleurs presque tous communistes encartés ou en tout cas sympathisants du PCF (ou plus largement de la gauche pour Desgraupes,Dumayet ou Polac).

    A propos des "Perses", je me souviens d'une rediffusion en "prime time", comme on ne disait pas encore, en 1966, et à cette époque-là, il me semble qu'au moins deux foyers sur trois étaient déjà équipés d'une télévision (je me souviens que mes parents l'ont achetée en 1965 et leurs revenus étaient plutôt modestes...). Pendant les années soixante et au moins jusqu'au milieu des années soixante-dix, cet impératif d'éducation populaire était encore très opérant à l'O.R.T.F. : rappelons-nous de "La Caméra explore le temps", mais aussi de "Lectures pour tous", "Cinq colonnes à la Une", "Le Théâtre de la jeunesse", "Chefs d'oeuvre en péril", "Bibliothèque de poche", "Les Dossiers de l'écran", "Alain Decaux raconte", "L'Homme du vingtième siècle" et j'en passe... Il est vrai qu'il y avait aussi Guy Lux, Jean Nohain ou Roger Lanzac pour le divertissement pur, mais finalement à côté des Hanouna et des Arthur d'aujourd'hui, ils feraient presque figure eux aussi de grands intellectuels...

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    1. Deux sur trois en 1965, cela me paraît beaucoup, mais enfin il faudrait vérifier. Pour ce qui est des gens que vous me citez, ils avaient beau être proches, voire membres, du PCF, ils n'en étaient pas moins des bourgeois cultivés qui s'adressaient à leurs pairs ; même si certains se donnaient, à bon compte, l'illusion d'éduquer le peuple, minoritaire parmi leur public.

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    2. Bonjour Monsieur Goux :
      D'après le site suivant consacré à la consommation des ménages pendant les "trente glorieuses" :
      http://tpe30glorieuses.e-monsite.com/pages/innovation-des-methodes-1.html
      (et notamment d'après le graphique qui se trouve sous la photo de Brigitte Bardot passant l'aspirateur !) en avril 1962 les foyers étaient 20 % à être équipés d'un téléviseur. On constate une croissance forte en peu d'années puisqu'en décembre 1966 le taux d'équipement des ménages en téléviseur passe à 50 %.
      50 % des ménages cela va donc bien au-delà des seuls "bourgeois éduqués", et la présence d'un téléviseur dans un salon en 1966 n'était plus vraiment un "marqueur bourgeois".

      Excusez-moi, Monsieur Goux, de vous descendre un peu, pour une fois, de votre piédestal, mais je crois que Michel Onfray et votre commentateur Emmanuel F. sont un peu plus près de la réalité de l'époque.

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    3. Donc, en 1962, 80 % des foyers n'étaient pas équipés. Ce qui doit bien représenter, sauf exceptions çà et là bien entendu, la quasi-totalité du monde ouvrier et de la paysannerie. Ensuite, en effet, dans la seconde partie des années soixante, la vente décolle et pénètre de plus largement les classes populaires.

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  4. A vous lire, et si je suis bien votre logique, ce sera bientôt la charia dans l'poste, donc.

    Bon jour du Seigneur, alors, cher Didier.

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    1. Mais oui, on l'aura, votre charia ! Déjà, écoutez les journaux des deux principales chaînes et vous verrez à l'œuvre la bonne pensée multiculturaliste et "excusiste". Et je ne dis rien d'Arte, devenu ouvettement un instrument de propagande, où un Askolovitch a table et micro ouvert et où une émission sur deux ou trois est conçue pour montrer au téléspectateur français à quel point il est méprisable et a de torts à réparer envers ces "immigrés-qui-ont-fait-la-France".

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  5. Et comme aujourd'hui il n'y a plus de paysan ni d'ouvrier, ni de peuple, mais des frankistanais et quelques autres tribus, on s'met à leur nivau. qoi tu voi hé zy va la tailai sa déchire grave sa race maintenant !

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  6. Je crois qu'il faudrait prendre en compte le fait primordial qu'au début des années 60 il n'y avait qu'une chaîne et que la télévision était une nouveauté assez fascinante. Je me souviens d'amis de me parents nous invitant, dans les années 50 en nous annonçant une surprise : un truc en bois avec un écran minuscule trônait dans le salon ! Ils auraient pu diffuser en boucle les discours du président Coty que ça n'aurait pas nui à l'audience. Surtout qu'il n'y avait que quelques heures d'émissions par jour.

    Dans la banlieue ouvrière où j'habitais en ces temps de grande culture (Sartrouville), le public n'était ni bourgeois ni cultivé mais la télé s'était vite répandue. Avant que mes parents n'achètent un poste (en 1960, si je me souviens bien) nous allions voir "La piste aux étoiles" chez des voisins le mercredi soir. Je me souviens également d'une interminable soirée à regarder les ballets russes et d'un retour dans la nuit glacée. On faisait avec ce qu'on avait...

    Je crois donc que l'abaissement du niveau culturel est dû à la multiplication des choix et à la nécessité d'équilibrer les budgets car il y aura toujours (et il y a toujours eu) plus d'amateurs de conneries que de théâtre grec. Les Perses d'Eschyle avaient été tellement vantés à l'avance que bien des gens ont dû les regarder sans même s'apercevoir qu'ils s'ennuyaient.

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    1. Voici ce que j'ai trouvé ici :

      « Notamment en raison d’un prix élevé (deux mois de salaires d’un ouvrier en 1960), il demeure un objet rare qui équipe 1% des foyers en 1954 et 10% en 1959. »

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    2. "...car il y aura toujours (et il y a toujours eu) plus d'amateurs de conneries que de théâtre grec."
      A Athènes au Ve siècle, non.

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    3. "... car il y aura toujours (et il y a toujours eu) plus d'amateurs de conneries que de théâtre grec."

      A Athènes au Ve siècle, non.

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  7. Je suis assez stupéfaite de vos propos lapidaires du jour ! Fondamentalement, la culture n'a pas de rapport direct avec le revenu, ni même le niveau social. Je n'en veux pour preuve que la bêtise crasse de certains ploutocrates célèbres tels que Donald Trunp. La culture est d'abord une question de dispositions personnelles et de volonté.
    L'histoire littéraire abonde en exemples de personnalités célèbres issues de milieux modestes, parfois même analphabètes, et qui sont devenues des références.

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    1. Permettez-moi de n'être pas du tout d'accord avec vous : la culture a, au contraire, énormément à voir avec le milieu social. Ce qui, naturellement, n'implique nullement que tous les fils de la bourgeoisie soient (ou furent, car nous parlons d'une époque à peu près révolue) cultivés, ni incultes tous les enfants du prolétariat ou de la paysannerie. Quant à vos exemples : que savez-vous de la culture d'un Trump ? D'autre part, l'histoire littéraire n'abonde nullement de personnalités célèbres issues de milieux modestes : ils sont au contraire l'exception (d'autant plus méritants en cela, d'ailleurs) : pour un Charles Péguy, vous trouverez dix Proust et trente Gide, pour se cantonner au XXe siècle.

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    2. Les consignes de Trump bashing édictées par la communauté organisée aux USA se propagent jusqu'ici dans un billet parlant de la TV française.
      Pourtant Trump est pro-Israël et il n'aurait pas pu réussir dans le Big-Business sans avoir donné des gages sérieux qu'il l'était vraiment.
      De plus sa femme et sa fille sont juives.
      Alors ? Il doit y avoir un problème grave.
      Oui, Trump est opposé à l'éradication de la race blanche par métissage négro-mexicain.

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    3. Monsieur Goux :
      Je ne sais rien de la culture d'un Trump mais je remarque, d'après les nombreuses photos de son appartement à 100 millions de dollars, que ce ploutocrate ne semble pas avoir de bibliothèque, pas même une bibliothèque d'apparat. (Mais peut-être que Trump se retire, dans quelque lieu éloigné de tous, pour lire en secret...) :)
      Par contre tout est d'un style très copier-coller de Versailles, le prestige en moins.
      http://www.dailymail.co.uk/news/article-3303819/Inside-Donald-Trump-s-100m-penthouse-lots-marble-gold-rimmed-cups-son-s-toy-personalized-Mercedes-15-000-book-risqu-statues.html

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    4. Admettons, mais qu'est-ce que ça prouve ? D'une part – sauf dans les sciences exactes – une exception n'infirme pas la règle ; d'autre part, nous parlions de la bourgeoisie française (ou disons : européenne) des années cinquante et soixante, et non des Américains enrichis.

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    5. Pour en revenir à votre équation culture = milieu aisé, on peut la réfuter d'autant plus facilement si on se pose non plus du point de vue du consommateur, mais de celui du producteur culturel. En effet, où a-t-on vu qu'un créateur devait être riche pour pouvoir créer ? Voilà qui vient contredire tout votre édifice, car l'histoire regorge de ces créateurs exemplaires qui ne mangeaient pas un jour sur deux (c'est une image, bien sûr). Des peintres fauchés bradant leurs toiles, des écrivains obligés d'emprunter de quoi passer le mois, des musiciens asthmatiques dans leur mansarde glaciale...

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    6. Je vais être courtois et ne pas relever les lieux communs consternants de votre commentaire, digne d'un opéra de Puccini (mais hélas sans la musique ni les voix). Je n'ai jamais parlé de milieu "aisé" mais "bourgeois", ce qui n'est pas exactement équivalent. Il y a des bourgeois parfaitement cultivés (voire des aristocrates, horresco referens) qui ont systématiquement des fins de mois acrobatiques et des ferrailleurs qui regorgent d'argent. Et, par pitié, arrêtez donc donc avec votre mantra ("l'histoire regorge"), alors que vous êtes manifestement incapable (et pour cause), de citer ces centaines de créateurs qui viendraient, d'après vous, à l'appui de votre thèse.

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    7. Barbara Schreyer :

      Et pour ces quelques exemples de "peintres fauchés bradant leurs toiles, des écrivains obligés d'emprunter de quoi passer le mois, des musiciens asthmatiques dans leur mansarde glaciale..." que vous êtes incapable de donner d'ailleurs, combien de gens sans le moindre talent ?

      Si ceux dont vous parlez représentent 1% ou même 10% des "pauvres cultivés" (pour faire vite) cela confirme les propos de Didier.

      Et oui, il se trouve que globalement, en général, dans la plupart des cas, les riches sont plus cultivés que les pauvres pour un tas de raisons.

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    8. @ Je parlais de création culturelle et non de consommation de biens culturels, sur une base historique mondiale et non strictement franco-française.
      Par ailleurs comme c'était dimanche après-midi, j'avais cru drôle de forcer un peu le style caricatural. Je vois que mes velléités "humoristiques" n'ont pas été comprises. Il faut dire que l'ambiance semblait déjà tendue, voire orageuse...

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    9. Toute "création culturelle" ne peut se vanter d'être de la "culture".

      A ce compte là, si tout est culture et tout est art alors rien n'est culture et rien n'est art.

      L'humour...

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    10. Trump est certes très riche, mais il n'est pas vraiment un patricien!

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    11. Van Gogh n'avait certes pas une thune, mais il était issu d'une famille "d'ancienne bourgeoisie". Il en va de même de la plupart des artistes bohèmes et poètes maudits. Ce qui est important est moins l'argent vite amassé ou perdu que le patrimoine culturel. Ce qui ne veut pas dire qu'une famille de culture bourgeoise ou aristocratique puisse facilement conserver son patrimoine culturel lorsqu'elle a totalement perdu son patrimoine matériel.

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  8. Vous ne me ferez pas croire que les Bluwal, Fouchet, et autres Dumayet et Desgraupes pensaient à autre chose qu'à réaliser les émissions qu'ils auraient aimé regarder eux-mêmes.
    D'autre part rien ne prouve que ce sont d'abord les publics les plus riches qui se soient rués sur les téléviseurs. Je me souviens que c'est au cours d'une visite à domicile dans une cité de l'Abbé Pierre que mon mari a vu, pour la première fois fonctionner un téléviseur couleurs chez un particulier. Nous qui nous sommes encore contentés de la télé en noir et blanc pendant un certain temps.

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    1. « D'autre part rien ne prouve que ce sont d'abord les publics les plus riches qui se soient rués sur les téléviseurs. »

      Je crois au contraire que la chose a été souvent mise en lumière. Pour une raison assez simple à comprendre : le prix élevé des postes (voir ma réponse à Messire Étienne, plus haut).

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  9. L'émission Intervilles (avec Guy Lux et Léon Zitrone, entre autres) est diffusée sur l'ORTF à partir de 1962. A une époque, donc, où la télévision est censée être de qualité. Ce que vous dites est vrai mais mériterait d'être nuancé. Je crois plutôt à l'aphorisme de Marshall McLuhan : The medium is the message. Le contenu des programmes est fonction du média lui-même (et de ceux qui le contrôlent). La télévision n'a pas vocation à être d'un haut niveau culturel, sauf à des heures de faible audience ou sur des chaînes spécialisées.

    En outre, il y a une sorte de loi d'entropie des médias. On commence par faire de la qualité et au fur et à mesure du temps on se soucie plus de ce qui rapporte de l'argent. C'est valable pour le livre, comme pour n'importe quel support culturel.

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    1. Évidemment qu'il faudrait nuancer ! Mais le fait qu'Intervilles commence en 1962 (et non huit ou dix ans plus tôt) est le signe que, à partir de ce moment-là, la télévision avait commencé à augmenter nettement son “coefficient de pénétration” (pour parler comme Rocco Siffredi).

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    2. J'aime bien votre notion de "coefficient de pénétration". Je vais essayer d'améliorer le mien...

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  10. La première fois que j'ai regardé une télé, c'était au début des années 60, des voisins nous avaient invité à venir regarder l'appareil juste installé à l'essai par le vendeur local. Un ducretet thomson je crois. Y marchait pas bien et l'unique programme du soir était un opéra, Orphée je crois, le truc bien chiant pour des pauvres paysans sans culture qui regardaient ça fascinés, sans rien dire, conscients de leur niveau social et intellectuel.
    Il fut longtemps avant d'en vendre un second dans le village....

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    1. "...le truc bien chiant pour des pauvres paysans sans culture qui regardaient ça fascinés, sans rien dire, conscients de leur niveau social et intellectuel."
      Qu'est-ce qu'ils faisaient, d'ordinaire, le soir ?

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  11. Trouvé encore ceci, ici :

    « Ainsi, la donnée sociologique de base concernant l'analyse de l'audience est l'établissement
    d'une corrélation majeure entre faible participation sociale et forte consommation de télévision :
    on croyait la télévision républicaine, elle est tout simplement populaire
    6
    . Cela signifie que le
    passage d'une paléo à une néo-télévision n'est pas imposé par des producteurs malins et des
    stratégies de marketing qui auraient saisi « l'air du temps », mais traduit une monopolisation de
    la télévision par son public populaire : ce n'est pas la télévision qui impose des programmes au
    public, mais son public populaire qui commande la programmation à travers les indicateurs
    d'audience et la connivence que savent établir avec lui les responsables des programmes et des
    émissions
    7
    . Ce n'est pas le public qui ressemble à la télévision, mais la télévision qui ressemble à
    son public. »

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  12. Il devrait être possible de faire des émissions de qualité pour le grand public - comme le réussit assez bien la BBC (BBC 1 ou 2, je ne sais plus.)

    Savez-vous que lorsque les juifs venus de Russie sont arrivés en Israël, où la télé est très commerciale, beaucoup d'entre eux ont acheté des paraboles pour suivre la télé soviétique et ses transmissions de concerts et de ballets classiques ?

    (Savez-vous, par ailleurs, que Jean Prat s'est suicidé en 1991, n'ayant plus de commandes d'aucune chaîne ?)

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    1. J'ignorais, en effet (réponse valable pour les deux questions).

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    2. "... pour suivre la télé soviétique et ses transmissions de concerts et de ballets classiques ?"
      N'est-ce pas explicable également par l'attachement de ces Juifs russes à la langue russe?

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  13. La télé de mon enfance, c'est des feuilletons comme:
    Les carnets du capitaine Coignet.
    Le voyageur des siècles.
    Shulmeister , l' espion de l'empereur.
    Vidock.
    Thibault ou les croisades.
    Depuis la télévision française ne fait plus que de pales copies de séries américaines.
    Je n'évoque pas les séries anglaises comme:
    Le prisonnier pour ne citer que celle-ci.

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    1. Je vous trouve bien indulgent avec la télé française actuelle car, à mon sens, même de "pâles copies" des séries américaines actuelles seraient encore infiniment supérieures à ce qui se produit ; y compris au cinéma, d'ailleurs.

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    2. Ah! cultissime, la série du Prisonnier avec Patrick McGoohan en numéro 6.
      Sous-entendus ésotériques et clins d'œil culturels à foison, pièges et cabbales, musique inspirante.
      Jazzman devait adorer celle-ci...

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  14. Je me souviens vaguement qu'en 1969, mes parents étaient les seuls dans l'immeuble, à Issy les Moulineaux, à avoir un téléviseur. Un immeuble à Issy, ais-je dit, donc rien de très bourgeois. Ce soir là ils avaient invité tous les locataires, personne n'étant propriétaire, à regarder les premiers astronautes marcher sur la lune. Chocolat chaud et biscuits pour tout le monde !
    La télévision fut ce soir-là un moyen de créer un lien ( comme on dit aujourd'hui ) avec des voisins gourmands d'information. Elle informait.
    Aujourd'hui, comme disait l'autre, elle occupe un temps de cerveau disponible.

    Enfin bref, contredire Onfray, intelligemment de surcroît, fallait oser et vous le fîtes brillamment

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    1. Donc, vous confirmez mon hypothèse (car il ne s'agit de rien de plus que cela : je ne suis pas sociologue…).

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    2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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    3. Bon, Jazzman, vous commencez vraiment à me faire braire. Donc, soyez aimable d'aller vous répandre ailleurs car je ne validerai plus aucun de vos commentaires, même si, par hasard, il s'en trouvait d'intéressants.

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    4. Eh, oh ! c'est quand même lui qui m'a appris à faire les italiques !

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    5. Justement : à présent qu'il a accompli cet exploit, on peut lui accorder de longues vacances…

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  15. Réponses
    1. Didier Goux c’est le plus beau, le plus fort et le plus intelligent !!

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  16. Quand la gauche est arrivée au pouvoir en 1981, elle a voulu faire de la "télé éducative" : chaque film était précédé d'un très bref laïus, expliquant qui était l'auteur, quelle était son œuvre, et ce qu'il y avait de personnel dans ses films (un peu comme dans "Le cinéma de minuit " de Fr3, qui continue sa carrière près d'un demi-siècle après sa création, sans avoir changé quoi que ce soit à sa formule); ce fut une telle avalanche de protestations (je me demande bien pourquoi) qu'il fallut très vite arrêter l'expérience.

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    1. Peut-être parce que ça faisait chier tout le monde, surtout quand il s'agit de films français stupides qui sont fait par n'importe qui, joués par des médiocres et dialogués par des nuls.

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    2. Mon explication personnelle est que beaucoup de gens ont été irrités de découvrir que la notion de "cinéma d'auteur" leur était étrangère, et qu'ils ignoraient tout d'une autre façon de regarder les films. Même aujourd'hui, l'immense majorité des gens qui vont au cinéma sont capables de citer les noms des principaux acteurs des films qu'ils ont vus, mais pas celui du réalisateur.

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    3. Mon explication personnelle est qu'ils ont eu bien raison de s'irriter du fait qu'on les prenne pour des crétins immatures ayant besoin d'un mode d'emploi avant de regarder un film qui, la plupart du temps, et surtout s'il est français, n'est ni fait ni à faire, n'a été vu par personne au cinéma et a été entièrement financé par leur argent à eux. J'ajouterai que les “commentateurs” français sont en général d'une prétention qui n'a d'égal que leur totale vacuité intellectuelle et artistique. Voilà bien une race de parasites imbus d'eux-mêmes à qui je souhaite les plus prompts cancers.

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    4. Vous serez déçu, on guérit pas mal de cancers, aujourd'hui.

      Pourquoi détestez-vous à ce point le cinéma français? Sans produire de grands chefs-d’œuvre comme autrefois, je trouve qu'il fait quelques films très honorables.À quelle époque situez-vous sa chute ?

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    5. Un cinéma qui, par hasard ou par erreur, produit un film regardable au milieu de vingt bouses subventionnées ne mérite que de crever. Pour la chute, ça doit remonter aux années soixante-dix, en gros. Mais il faudrait affiner (si la chose avait un intérêt en soi…).

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  17. Michel Enflé raisonne en homme de gauche, convaincu que le peuple, foncièrement bon, est spontanément attiré par le Beau. C'est faux, au moins en partie.
    Je veux dire par là que le peuple a toujours fait preuve de génie artistique comme en témoignent ses innombrables réalisations de par le monde, de l'architecture vernaculaire à la musique et à la chanson populaires, en passant par cette multitude d'objets artisanaux qui font le bonheur des chineurs. Je parle bien sûr du temps jadis, d'avant « l'invention de la laideur », pour reprendre l'expression de Balthus. En ce sens, l'indigent graphomane n'a pas tort.
    Mais par ailleurs, quand il devient consommateur, le peuple va au plus facile, c'est à dire au pire. Ce passage de l'attitude créatrice à l'attitude consommatrice coïncide avec l'invention de la télé de masse, pour cause de baisse du prix des téléviseurs et d'avènement de la société de consommation. D'où Hanouna.

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  18. Le département des études, de la prospective et des statistiques du Ministère de la Culture réalise périodiquement une enquête très fouillée Pratiques Culturelles des Français. Publiées à la Documentation Française. Hélas la première ne date que de 1973. Une analyse rétrospective (sous-titrée Dynamique générationnelle et pesanteurs sociales) des 5 enquêtes est téléchargeable :
    http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/doc/evolution73-08/CE-2011-7.pdf

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  19. Les propos d'Onfray confirment à quel point ce type est un abruti communiste.

    Eduquer le peuple, le cultiver, par la force et contre son gré, voilà leur leitmotiv. Le fait que la "culture" a toujours été le fait d'une minorité et d'une élite, qui peut venir de tous les milieux sociaux, mais n'en reste pas moins minoritaire leur échappe.

    Tous écrivains, tous philosophes, tous vieux-cons réaco-communiste comme Michel Onfray.

    Ca me rappel l'anecdote selon laquelle si les célèbres cigares cubains "montecristo" portent ce nom là, c'est parce que le régime communiste diffusait dans les ateliers des lectures du "comte de montecristo" pendant le travail. C'est là qu'on peut comprendre le respect réel qu'a un communiste pour la littérature, la philosophie ou la pensée en générale. Pour lui il s'agit d'un bien de consommation comme un autre, à faire ingérer aux masses, par la force.

    La décadence, et la révélation du vrai visage de tous ces vieux gauchos fatigués (finkielkraut, onfray) n'en finit pas de m'amuser. A l'hospice tout ça, et place au vrai renouveau !

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    1. Je pense néanmoins que si l'on augmentait le niveau intellectuelle de la télé en général cela ne nuirait pas et qu'elle ne serait pas moins regardée.

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    2. C'est beaucoup plus ancien que le communisme, cette habitude de la lecture aux ouvriers https://repeatingislands.com/2009/12/13/reading-while-rolling-cubas-famous-cigars/ . Alberto Manguel l'évoque dans son "Histoire de la lecture"

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  20. Les cigares semblent être des objets sur lesquels certains aiment à fantasmer. Je me souviens d'un de mes oncles m'expliquant que si les fumeurs avaient l'habitude de humer leur cigare avant de le fumer, c'était pour retrouver l'odeur de la cuisse de la cigarière sur laquelle elle l'avait roulé.

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    1. Sans même parler du cigare de Clinton et de Monica…

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  21. Finkielkraut, vieux gaucho fatigué ? J'ai du louper un épisode, quelque part...

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    1. J'étais en train de me faire la même réflexion…

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    2. Oui vous avez loupé un épisode, puisque Finkielkraut a bien été dans sa jeunesse un 68ard.

      Certains le voient désormais comme un figure réactionnaire ou de droite, mais pour moi Finkielkraut a gardé l'âme d'un idéologue.

      D'où ses incessantes pleurnicheries sur la baisse du niveau, sur les gens qui n'écrivent pas le Français correctement. D'où aussi sa totale inaptitude à comprendre le monde contemporain. On parle quand même d'un type qui s'est pointé en plein milieu des "nuits debout" avec sa femme en pensant que tout se passerait bien.

      D'où le lien que j'établis entre Finky et Onfray, deux ex "68ards" progressistes qui ont virés "réac". Mais mentalement ils restent fidèles à eux même, ce sont des idéologues, des gens qui croient à des fables comme la culture pour tous.

      L'un comme l'autre n'ont rien compris ni à la littérature ni à la philosophie. ce sont des profs, des autoproclamés "savants". Eux-mêmes sont infoutus de produire une pensée originale. Ils n'ont jamais rien apporter de neuf à la pensée humaine ou à la littérature et ne le feront jamais.

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  22. Onfray mieux d'écouter la radio.
    Quoique...

    Désolé
    Duga

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    1. Même pas : il me souvient avoir entendu naguère, sur France-Cul, une conférence de l'Enflé dont vous parlez, sur Freud et Lacan, enregistrée dans sa fameuse Université populaire : affligeant.

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    2. L'enflé, comme vous dites, a mis gratuitement à la disposition de FC, ses conférences pendant plusieurs années de suite, sachant en plus qu'il a crée cette université ex nihilo et pratiquement sans aide. Il n'y était pas obligé non plus. Par ailleurs, je n'ai fait que des études techniques, à un niveau modeste. Ces émissions m'ont au moins permis de découvrir cette discipline dans un langage que je comprenais. Lui, au moins, ne se réfugie pas derrière le salmigondis et le charabia derrière lesquels se réfugient systématiquement les spécialistes de la spécialité. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir fait bac+5 en philo, ni Sciences-Po et je ne sais quelle grande école du genre.
      Certes, MO s'est fait remarquer récemment après son passage dans une émission animée par les authentiques enflures que sont Ruquier, Salame et Moix. Tout ça parce qu'il a avoué s'être aperçu que la gauche était essentiellement constituée de faux derches bavards, incompétents et impuissants. Ils en font la démonstration quotidienne tout en continuant à donner des leçons au monde entier.

      Co-Enflé
      Duga

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    3. L'Enflé a le mérite, en effet, de ne pas jargonner, c'est à dire de ne pas masquer la vacuité de sa pensée derrière un patois clownesque. On connaît plus d'un sous-Gattari qui ne peuvent en dire autant. C'est donc un grand mérite. Mais c'est à peu près le seul.
      Par ailleurs il lui arrive, comme à presque tout le monde, de dire des choses sensées. Il en faut plus pour faire un philosophe, même si nombre de post-modernes s'en montrent incapables.
      L'ennui, avec Onfray, c'est que son talent de pédagogue, incontestable dans certains de ses livres, a pu lui faire croire qu'il pouvait se dire philosophe. A sa décharge, il faut avouer que les journalistes lui ont bien servi la soupe, du temps où il pensait dans le sens du vent.

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    4. Je suis globalement d'accord avec vous. Pour avoir assisté à tous les entretiens publics qu'il a donnés à l'espace dédié de la librairie Mollat de Bordeaux, je me souviens qu'il disait 2 choses :
      1 : qu'il n'était pas philosophe mais qu'il voulait juste "mener une vie philosophique"
      2 : qu'il voulait se consacrer à une contre-histoire de la philosophie, une façon pour lui de rejeter une sorte de philosophie officielle consacrée par l'Université (dont il s'était exclu).
      Cela étant, compte-tenu de sa modeste extraction sociale, de ses besoins matériels pour monter et entretenir ses universités populaires et accessoirement pour soigner sa compagne cancéreuse, il s'est peut-être laissé aller à une écriture foisonnante et une quasi-omniprésence dans les médias (qui ne demandaient pas mieux) pour assurer ses fins de mois. Et ce sont effectivement les médias qui l'ont consacré "philosophe" et non pas lui qui s'est auto-consacré.
      Cela a permis aux torche-culs de Libé, Obs et Média machin de faire le buzz sur son dos et de vendre leur soupe bien pensante pour cause de haute trahison de la pensée unique et définitive.
      Sur Freud et Lacan, je reconnais qu'il n'aurait pas dû s'en mêler, d'autant que la psychologie est une vaste fumisterie et que Freud et Lacan sont des philosophes du Dimanche.

      Duga
      Philosophe des jours de semaine sauf des jours fériés

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    5. Onfray est un honnête historien de la philosophie, c'est à dire un bon prof de philo. C'est bien la racaille journalistique qui, pour la seule raison qu'il est de gauche, a fait de ce prof méritant un philosophe qu'il ne saurait être en raison de sa regrettable propension à l'erreur de jugement. Voici par exemple un article qui lui règle son compte sur la question de l'islam.
      S'attaquer à Lacan, pourquoi pas ? Encore faudrait-il avoir autre chose à lui reprocher que de n'avoir jamais salué sa secrétaire...
      Mais on est un peu hors sujet, là.

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    6. Bon, honnête, je vous trouve un peu dur. J'espère que tous les profs de philo de tous les lycées et universités de France sont aussi "bons et honnêtes" que lui.
      Quant aux religions, je les considère comme une calamité historique, d'autant plus regrettable qu'aucune des 46000 divinités recensées sur terre, n'a prouvé son existence en dehors des illuminations de celles et ceux qui les vénèrent et des millions de morts qu'ils ont provoqué depuis que l'homme s'est mis ces fantasmes dans la tête.

      Duga

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    7. Dans le genre regrettable, vous pouvez ajouter la bonne centaine de millions de morts imputables aux idéologie « athées » depuis un siècle. Je mets des guillemets car le nazisme et le communisme furent, comme chacun le sait, des religions de substitution. Si pour le communisme c'est assez évident, ça l'est un peu moins pour le nazisme, mais vous pouvez jeter un œil à ça , c'est intéressant.

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    8. Si j'osais, je dirais que l'athéisme est une religion comme une autre. L'athéisme est à la religion ce que pile est à face et ce que l'anti-proton est au proton.
      Si je devais me définir par rapport à la religion (ou à son envers) ou plutôt à l'existence supposée d'une divinité du catalogue, je dirais que je suis agnostique. Mais finalement, même ce positionnement ne m'intéresse pas car c'est une façon faible, mais une façon quand même, de se positionner par rapport à une problématique déiste qui est sans objet. Cela étant, je reconnais que l'homme n'est pas un caillou et qu'il peut se poser la question de savoir pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien. Mais ce n'est pas une raison pour apporter une mauvaise réponse à une bonne question. Et de là à se courber, se prosterner, s'agenouiller, se coucher, s'allonger, baisser les yeux, se déguiser et se livrer à des gesticulations cabalistiques, et je ne parle pas d'exterminer ses contradicteurs, l'humanité à largement mieux à faire.

      Duga

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  23. Je viens de recevoir une publicité de l'INA où il y évoquait un feuilleton"la brigade des maléfices" ; c'était en 1971 ,cela ne nous rajeunit pas.
    L' acteur principal était Léo Campion.

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    1. Tiens, je me souviens d'en avoir vu un ou deux épisodes, de ce truc…

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  24. Finkie n'a jamais été communiste. Il fut de gauche, comme tout le monde, dans les années soixante-dix. Même moi je l'étais, alors...
    A part ça vous avez raison : rien de plus répugnant que cette prétention des zélites à éduquer le peuple après l'avoir dépossédé de sa culture, c'est à dire de son génie créateur, pour faire de lui un consommateur. C'est particulièrement net dans les domaines de l'architecture (nos villes ne sont devenues monstrueusement laides que depuis qu'elles sont conçues par des architectes et des urbanistes. C'est la canaille qui façonne peu à peu le visage des cités , disait Jean Dutourd ¬ en parlant de la canaille et des cités de jadis, bien sûr) et de la musique. Robert Crumb a dit là-dessus des choses intéressantes.
    Mais le comble est atteint quand les déculturés se réjouissent de ça .

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    1. L'essentiel de ce qui est considéré comme étant beau dans les villes françaises et européennes me semble appartenir à une époque où la France était majoritairement rurale; les villes d'alors étaient spatialement contenues et modulées selon les canons classiques de l'époque (notons que la plupart de nos chefs d'oeuvres architecturaux étaient déjà l'oeuvre d'architectes...).

      Puis les villes ont été défigurées par:
      1- l'industrialisation et l'agglomération de quartiers créés par une migration rurale massive puis une immigration invasive, n'ayant ni le goût ni les moyens de faire prévaloir le critère esthétique.
      2- la rupture des élites avec les anciens canons classiques.

      Qu'il s'agisse de télé, de musique, d'architecture ou de la question de la mal bouffe, il me semble intenable de vouloir faire peser la responsabilité du "déclin" à la seule "offre" d'un côté ou à la "demande" de l'autre, quand nombre d'indices témoignent d'une convergence des deux vers le laid et le non-sens.

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    2. Les anciennes villes françaises ou européennes sont en effet un mélange de canons « classiques » dans les beaux quartiers et d'anarchie dans les quartiers populaires, mais je pensais surtout à ces derniers, ainsi qu'aux innombrables villes et villages d'Europe, d'Asie ou d'Afrique où vous ne trouverez nulle part le plan d'un architecte.
      Je ne crois pas que la décadence du goût soit explicable par l'offre ou par la demande, mais plutôt, en ce qui concerne le goût populaire, par la déculturation, c'est à dire le passage d'une attitude créatrice, fut-elle modeste, à une attitude consumériste au tournant des années soixante. Quant au mauvais goût des zélites mondialisées, c'est à dire des nouveaux riches, c'est une autre histoire, en partie sociologique, en partie congénitale.

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  25. Quand vous jetez un oeil sur les programmes préalables aux
    journaux télévisés et censés attirer le téléspectateur on se pose des questions sur le niveau intellectuel et culturel de nos compatriotes.

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  26. « Aujourd'hui (...) elle occupe un temps de cerveau disponible »... comme l'indique Corto le 1er mai... Ou ce qu'il en reste.

    On peut ajouter que sa production et sa diffusion sont devenus des modes de censure par le haut degré de compromission nécessaire à leur accès, fermée à toute critique autre que ses peu convaincantes autocritiques.
    Grands gérants, grands policiers, grands sportifs, « intellectuels », scientifiques sont en compétition avec les acteurs et journalistes, avec nos amis les bêtes et les plus belles marchandises du moment pour faire connaître leur avis.

    Quel foutoir, quelle pagaille, quel bin's !

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