vendredi 6 juillet 2018

Cervantes en noir et blanc


J'en ai un peu assez, des romans noirs (ou policiers, ou ce que vous voudrez) ; assez qu'on me présente comme des classiques de la littérature mondiale ces petites choses empoussiérées comme des greniers jamais aérés. Alors j'ai repris Don Quichotte, et dès les premières pages la vie s'est mise à bouillonner, à voleter en tous sens telle une mésange ravie de l'audace qui vient de la pousser à quitter le nichoir natal.

1605 – 2018 : j'ai manqué de peu le quadricentenaire de cette œuvre, dont je ne vais certainement pas m'offrir le ridicule de tenter l'analyse, tant abondent les noms prestigieux de ceux qui s'y sont essayés avant moi. En revanche, tout modestement, je puis noter une inexplicable bizarrerie, que l'on relève dans l'excellente traduction de Mme Aline Schulman (Seuil, 2 vol.).

Au tout début du chapitre XXXVI, de nouveaux voyageurs arrivent dans cette auberge de la Manche où le lecteur a l'impression que la moitié de l'Espagne s'est donnée rendez-vous. L'aubergiste les annonce ainsi à Don Quichotte, Sancho Panza et quelques autres personnages (c'est moi qui souligne) : « Il y a quatre hommes à cheval, armés de lances et de boucliers […], et qui portent tous un masque ; au milieu d'eux, il y a une dame vêtue de blanc, et masquée elle aussi ; […] »

Trois paragraphes plus loin, l'un des valets de la petite troupe fournit quelques éclaircissements sur ceux qu'il est chargé de servir ; il dit notamment ceci (c'est toujours moi qui souligne) : « […] ils n'ont pas desserré les dents de tout le voyage. On n'entend que les soupirs et les sanglots de cette pauvre dame, qui nous fait bien pitié. Pour nous, il n'y a pas de doute, on l'emmène contre son gré. À en juger par son habit noir, elle est religieuse ; […] »

Évidemment, le brave lecteur se perd en conjectures dont, le lendemain matin, il ne s'est toujours pas dépêtré. Il lui semble impossible que l'excellent Miguel de Cervantes Saavedra ait pu commettre, et surtout ne jamais rectifier, une bourde semblable, ni ses éditeurs successifs. Quant à Mme Schulman, il paraît tout aussi improbable qu'elle puisse ignorer la différence entre blanco et negro (la langue castillane est atrocement raciste, comme on peut voir), si tant est que ces deux mots soient bien présents dans le texte originel.

Je dis “si tant est” car, me référant à la traduction de César Oudin (1615) que donne la Pléiade, il y est question de l'accoutrement de la supposée religieuse, mais nullement de sa teinte. Le mystère reste donc entier. Si l'ingénieux hidalgo était ici, il nous dirait sans doute que c'est simple affaire d'enchanteurs, toujours prompts à brouiller l'entendement des pauvres humains en changeant la couleur des choses qu'ils ont sous les yeux. Le pis est qu'on se sentirait tout prêt à le croire.

50 commentaires:

  1. Donc qu'on en soit à "ces petites choses empoussiérées" que sont les romans policiers ou qu'on passe à ce chef d'œuvre de la littérature européenne et même mondiale, le combat reste le même : chercher les poux dans la tête de ces pauvres incapables de traducteurs.

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    1. Eh ! tout beau, Princesse ! Je n'ai aucunement accusé les traducteurs !

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    2. Je ne sais si votre pénis ressemble à une nouille mais quoiqu'il en soit, je dois admettre que vous savez parler aux femmes!

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  2. Dans la traduction de Louis Viardot ( édition 1845), on retrouve exactement les mêmes mots : la robe blanche devient noire trois paragraphes plus loin. Le mystère s'épaissit...

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    1. En effet, on n'est pas sorti… de l'auberge.

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    2. Dans l'édition 1836-1837, traduction Louis Viardot, J.- J. Dubochet et Cie, éditeurs, l'illustrateur Tony Johannot a retenu la robe blanche pour sa vignette. Il fallait bien trancher.

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  3. Oui la langue castillane est atrocement raciste, d'ailleurs vous noterez avec un certain goût qu'on trouve assez souvent des "plaza matamoros" dont je vous laisse la traduction, et qu'en Français on a encore, très peu souvent, il faut bien l'avouer, l'expression matamore ici et là, mais j'imagine, qu'encore sous les radars, elle va bientôt être mise à l'index

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    1. Si nos concitoyens savaient ce que veut dore le mot "matamore", il se formerait aussitôt des comités pour exiger sa suppression des dictionnaires. Heureusement, l'illettrisme général nous protège.

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    2. Volume 12 - de MANS à MULTIPLCITÉ

      Page 127 MATAMORE (ma-ta-mo-r'),n.m. Termes des comédies espagnoles. Personnage qui se vantait à tout propos de ses exploits contre les Mores. Le capitan matamore. Par extension, homme faisant étalage de bravoure et se vantant d'exploits vrais ou faux. "Que pourrais-tu durer contre un tel matamore ?" SCARR. Jodel. IV, 5. A la matamore, à la façon des matamores. "Villars se mit à pouffer à la matamore, et à tenir à son ordinaire des propos insensés", ST-SIM., 232,93. ETYM. Esp matar, tuer, du lat. mactare, et Moro, Maure : tueur de Maures.

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  4. Il y a des romans dits "policiers" qui ne sont pas sans qualités, y compris littéraires. Je n'ai pas honte d'en avoir lu certains.

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    1. Mais moi non plus, je n'ai pas honte ! Et, d'ailleurs, je compte en lire d'autres.

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    2. puis-je vous conseiller ceux de Charles Williams ? En particulier "Mieux vaut courir", "Vivement dimanche" (mais pas le film de Truffaut), "Celle qu'on montre du doigt" et les polars maritimes comme "Péri en mer", ont-ils des jambes ?"
      Joël

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    3. Je viens de commander ce qui s'appelait avant Fantasia chez les ploucs et qui, dans la nouvelle traduction, s'intitule désormais Le Bikini de diamants.

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  5. voici le texte original du passage où il est question de robe noire dans la traduction. Je l'ai recopié tant bien que mal et comme je connais très peu l'espagnol, et encore moins celui du 17e siècle, je laisse à de plus érudits que moi le soin de traduire
    Y segun se puede colegir por su habito, elle es monja, o va a serlo, que es los mas cierto.
    Si j'ai bien compris, pas question de robe noire la dedans...

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    1. Les ténèbres s'épaississent. Il faudrait donc supposer que Mme Schulman aurait suivi, sur ce point, la traduction de Viardot, sans se référer au texte original ? Ce serait bien étrange, non ?

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    2. Ce serait bien étrange, non ?
      Euh...Schulman...ça fait un peu penser à une communauté qui a des millénaires de plagiat derrière elle, non ?

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    3. Bien étrange, mais je suppute que ce ne serait pas la première fois qu'un traducteur pressé par le temps ne livre une traduction pas tout à fait originale.
      Le mérite de l'avoir détecté vous revient, et nous sommes tous ici admiratifs de vos admirables qualité de lecteur !

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    4. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    5. Mouarf ! il a de la suite dans les idées jazzman !

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    6. Je serais bien de cet avis, ah ces traducteurs !

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    7. Je ne sais pas à quelle communautre appartient Mme Schulmann qui porte un nom banalement germanique, mais il n'est pas difficile de deviner à quelle communauté idéologique et monomaniaque appartient Jazzman

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  6. Boh...
    Je connais bien un écrivain qui changea le prénom de l'une de ses héroïnes en cours de roman...

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    1. Il mériterait le pilori, celui-là…

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    2. C'est tout à fait banal dans les romans russes, dans lesquels tout le monde a plusieurs diminutifs de son prénom sans aucun rapport avec
      celui-ci(et souvent plus longs que lui), au point que Pasternak a publié à la fin de "Docteur Jivago " un glossaire des différents prénoms utilisés pour chacun.

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    3. Mais ça n'a rien à voir, ça !

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    4. Mais ça n'a rien à voir, ça !
      Non en effet.
      On parle ici d'un chef-d'oeuvre.

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    5. Si; peut-être l'auteur dont vous parlez n'a-t-il pas,en réalité ,changé le nom de son personnage ? Pour en rester à l'espagnol : combien de gens savent -ils que Paco,c'est Francisco ?

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    6. Non vraiment M. Arié je sais de quoi je parle (puisque je l'ai lu).
      M. Goux vous éclairera s'il en a l'envie.

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    7. M. Frede M.,je suis certain que vous savez de quel livre vous parlez ; mais comme, moi, je ne peux pas te deviner, vous conviendrez que cela rend nos échanges très aléatoires...

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  7. Si j'ai bien suivi, vous parlez de l'excellente traduction de Mme Aline Schulman, qui semble plutôt être le plagiat rapide d'une mauvaise traduction. Je dis rapide, car sinon Mme Schulman aurait au moins fait comme vous et aurait corrigé la bévue...non ?
    Seule conclusion possible : Mme Schulman est une traductrice en bâtiment, et elle ne fait pas honneur à la profession.

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  8. Etes-vous sûr qu'il s'agit du chapitre XXXVI (dans lequel figure la lettre de Sancho Panza à sa femme) ?

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    1. Il s'agit bien du chapitre 36, oui… dans lequel ne figure aucune lettre de Sancho à sa femme. Nous parlons de la première partie, n'est-ce pas ?

      Du reste, autre problème : pourquoi l'épouse de Sancho est-elle appelée Juana dans la première partie, pour devenir Thérèse dans la seconde ?

      Et, question corollaire : pourquoi ne pas avoir francisé Juana en Jeanne, puisque, ensuite, Teresa devient Thérèse ?

      Décidément, cette traduction me de vient plus que suspecte !

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    2. C'est vrai, disculpez-moi comme dirait Cervantes, je m'étais trompé.
      Mais voilà la partie de la phrase incriminée :" y segun se puede colegir por su habito, ella es monja, o va a serlo..." (mot à mot : selon ce que l'on peut déduire de par sa robe, elle est religieuse, ou va le devenir...). Pas la moindre notation de couleur du vêtement, et encore moins de couleur noire ("negro" en ibère, on s'enfonce dans l'abjection ! Peut-être faudrait-il interdire l'espagnol ...)

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  9. De nos jours, plus personne ne connaît l'étymologie des mots, et c'est bien dommage. Déjà connaître le latin et le grec est bien utile, voire indispensable. Quant à matamore, ce terme vient de l'espagnol et signifie tout simplement "le tueur de maures", autrement dit le dégommeur d'arabes en langage châtié !

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  10. Pour alimenter le débat sur les traducteurs : dans l'édition de 1911 (traducteur Delaunay), il est écrit : "et si l'on peut juger par son habit, elle est religieuse, ou va le devenir".
    Par ailleurs,j'ai pu remarquer que, suivant les éditions,le titre varie aussi. L'ingénieux chevalier(...)devient parfois l'ingénieux hidalgo(...) et il arrive même que l'on nous invite à lire l'"histoire de l'admirable don Quichotte"

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  11. Voici ce que m'écrit mon vieil ami Carlos, mon expert personnel en quichottologie, à qui j'ai soumis le problème dès hier :

    « Pour ce qui est du 36ème chapitre de la 1ère partie du Quichotte, le texte espagnol ne présente aucun mystère, d'ailleurs l'un de tes commentateurs le cite, d'abord :"una mujer vestida de blanco" puis :"segun se puede colegir por su habito, ella es monja o va a serlo". La seule explication qui me vient à l'esprit pour cette "erreur" de la traduction c'est que le mot "habito" qui désigne une tenue d'ecclésiastique ou de religieuse a évoqué dans l'inconscient de la traductrice la couleur noire, habituellement associée à la tenue des religieuses, - la puissance des clichés. Le texte espagnol l'annonce habillée de blanc puis fait allusion à sa tenue de religieuse (habito) qui doit donc être blanche puisque dans certains ordres les religieuses étaient habillées en blanc. Je n'ai pas mieux à te proposer....

    En ce qui concerne la femme de Sancho, elle s'appelle en effet Juana Gutierrez ou Mari Gutierrez dans la première partie puis Teresa à partir du chapitre 5 de la seconde partie, elle est aussi parfois nommée Cascajo (justifié par l'intéressée elle-même : c'est le nom de son père), Panza ou Sancha (habitude villageoise d'appeler les femmes par le nom ou le prénom féminisé du mari). L'auteur fait ce qu'il veut. »

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    1. Voilà, c'est dit et bien dit : "L'auteur fait ce qu'il veut." Et tant pis pour les traducteurs et les lecteurs qui s'y cassent les dents !

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  12. Tout le monde ne lisant pas Valeurs Actuelles (ça se saurait), je ne résiste pas au plaisir de recopier un article de L'ESPRIT DES MOTS de Philippe Berthelet intitulé : NOVLANGUE qui me semble avoir bien sa place ici :

    "C'est notre ami Olivier Maulin qui a attaché le grelot : avec la nouvelle traduction de 1984, saluée de toute part, on allait enfin pouvoir lire Orwell.
    Amélie Audiberti, qui a traduit le roman en 1950, a inventé un mot quasi entré dans l'usage : NOVLANGUE, par quoi elle rend le NEWSPEAK originel. Coup de génie, elle en fait un masculin - le novlangue, ce qui est désigner le mot pour ce qu'il est : un barbarisme d'intention. On sait que 1984 se termine par un appendice théorique, "Les principes du novlangue", que l'éditeur britannique voulait omettre alors même qu'il est la clé de l'œuvre. Le novlangue est le contraire d'une langue; c'est la destruction programmée des mots. Il s'agit de faire de la parole, qui définit l'humanité de l'homme, le moyen même de sa déshumanisation. Le novlangue ne se parle pas; tout au plus il se répète, celui qui parle n'étant rien que l'automate porte-voix de l'idéologie.
    Dans la nouvelle traduction du roman, novlangue devient… NÉOPARLER : C'est un double contresens, sur la lettre autant que sur l'esprit du mot. Sur la lettre, puisque le novlangue n'est pas fait pour être parlé, la parole étant ici accessoire et devant se conformer à la langue écrite en voie d'appauvrissement; sur l'esprit, car qui ne voit que la force du mot NOVLANGUE tient toute à sa laideur prétentieuse, agressive et compacte comme un slogan ? NÉOPARLER est une explication, que l'on dirait tirée d'un mode d'emploi. En voulant rester au plus près de l'original, l'irénisme anodin de ce N ÉOPARLER qui nous fait perdre de vue la guerre des mots est pour finir un exemple, sans doute bien involontaire, du NOVLANGUE d'eau douce où l'on nous fait baigner."

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    1. Mildred a la chance de lire Valeurs Actuelles et pas nous. Elle a vraiment le cul bordé de nouilles, ça se vérifie. Heureusement elle nous en fait profiter, développant et transcendant ainsi le billet du Maître.
      (Barbara est de retour, mais encore convalescente, alors je meuble).
      Il y a donc bien un complot des traducteurs en bâtiment, manquait plus que ça...purée de nous autres...

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  13. Et comment s'appele en espagnol Rossinante - ce nom si utile en français pour trahir ceux qui parlent de Don Quichotte sans l'avoir lu parce qu'ils croient que c'est une jument ?

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  14. Chère Mildred, je crains que votre démonstration linguistique ne séduise guère les habitués du salon de Maître Goux. Néanmoins on peut saluer le petit vent de fraîcheur qui aura pu détendre un instant l'atmosphère, qui commence à devenir torride à cette heure de la journée...

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  15. (suite) Bon, j'ai tenté de fire mon enquête.
    Dans le don Quijote en espagnol, c'est "Rocinante"

    D'après le dictionnaire des trésors de la langue française : "Étymol. et Hist. 1633 Rocinant (LA GENESTE, trad. de QUEVEDO, L'Avanturier Buscon, p. 19 ds QUEM. DDL t. 21: le iour de ma pompe estant arrivé, on me monta sur un Rocinant de Don Quichote); 1718 rossinante (LE ROUX). Empr. à l'esp. Rocinante, n. du cheval de don Quijote dans le roman de Cervantes (v. don quichotte), dér. de rocín « mauvais cheval » de même orig. que l'a. prov. rossin (v. roussin)

    On peut se demander si les traducteurs n'auraient pas mieux fait de conserver le nom de Rocinante ?

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  16. J'ai bien peur que le mystère entourant la ROSSINANTE ne tende à s'épaissir !

    Volume 17 de RÉMUNÉRATION à SCAPIFORME

    page 479 -ROSSINANTE (ro-si-nan-t') n.m. Nom donné par Don Quichotte à son coursier. N.f. Mauvais cheval maigre et efflanqué. ÉYYM. Cervantes a formé ce mot de RONCIN, rosse, haridelle qui est le même que RONCIN, ROUSSIN (voy. ces mots).

    page 457 - RONCIN (ron-sin), Se disait, au moyen-âge, du cheval de charge, par opposition au coursier ou cheval de guerre. ÉTYM. Voy. ROUSSIN.

    page 512 - ROUSSIN (rou-sin), n.m. Cheval entier un peu épais et entre deux tailles. Être monté sur un roussin. Fig. et familièrement. Un roussin d'Arcadie,un âne. S'ensuivent moult exemples dont je relève ceux-ci d'un certain COTGRAVE XVIe siècle : "Homme mutin, brusque roussin, flascon de vin prennent tost fin." et "Qui a florin, latin et roussin, partout il trouve le chemin."

    Et maintenant le gros morceau : ÉTYM. Wall. roussin, cheval entier; provenç. rossi, roci, roncin; catal. roci; esp. roncin; port. roncim; ital. ronzino; b. lat. runcinus. Origine incertaine. On l'a tiré de l'allemand Ross, cheval; mais cela n'est pa sûr, attendu que les formes dénotent plutôt un Z ou un C que deux S. On a indiqué le bas- allemand RUIN, cheval hongre, d'où ruin-c-inus; mais ni le sens ni la forme n'y vont bien. D'autres y voient un dérivé de ROUX ou ROS : un ros arabi : un cheval roux d'Arabie, se trouve souvent; mais rien n'indique que lev roncin ait été primitivement un cheval roux. -

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    1. Il n'empêche que vous ne pouvez pas dire LA Rossinante, puisqu'il s'agit d'un cheval…

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    2. C'est à ce genre de détail qu'on comprend que comme le dirait jazzman, vous êtes bel et bien le Maître !

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    3. Précisons aussi que l'intérêt de Mildred pour le cheval entier est purement platonique, elle ne fait que les ânes. Par ailleurs les histoires de Saint-Bernard, Dobermann et autres gorilles dans la brume semblent peu étayées (remarquez le choix du vocabulaire, merci).

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    4. Cette erieur de ceux qui n'ont pas lu le livre est d'autant plus étonnante qu'il existe en espagnol plein de mots masculins se terminant en "ante" (el comandante, etc. )

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    5. jazzman, ne devrais-je donc vos assiduités qu'à l'espoir d'obtenir votre place parmi mes ânes ?

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  17. (suite): en fait,ce ne sont que les Français qui n'ont pas lu le livre qui commettent cette erreur,parce que le "e" final se prononce en espagnol (comandanté ),et le nom de ce cheval doit se prononcer "Rocinanté",même en français ;c'est en rendant le "e"final muet que nous le féminisons; un Italien né commettrait pas la même erreur.

    L'affaire est encore plus compliquée, car,dans le texte espagnol, "cheval"pourrait être utilisé dans le sens générique, et rien ne permet alors de savoir si Rossinante est un cheval mâle,une jument ou un hongre.

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