samedi 1 septembre 2018

Phase Terminal (3)


Je suis allé traîner mes sabots ici, vers la fin d'août.

49 commentaires:

  1. Vous êtes bien injuste avec Saint-Ex...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On attend vos arguments, je suis sûre qu'on va bien rire !

      Supprimer
    2. Dans "Terre des Hommes" par exemple il y a beaucoup de profondeur et je ne comprends pas que l'on puisse y être insensible.
      Vous pouvez ricaner.

      Supprimer


    3. Il ne s'agit pas de ricaner, mais de comprendre. Comprendre qui était exactement Saint-Exupéry (Saint Ex eut péri).
      Voici les deux derniers chapitres d'un livre dont il est parlé plus bas :

      "L’orgueil angoissant d’un fardeau messianique écrase Saint-Exupéry

      Le 31 juillet 1944, l’avion d’Antoine de Saint-Exupéry s’est abîmé au fond de la Méditerranée. On n’a jamais retrouvé le corps d’Antoine. Avoir été le petit Roi-Soleil de cette très ancienne famille aristocratique, porter ce nom de De Saint-Exupéry (Saint-Ex-eut-péri…) peut, il me semble, vous pousser à devenir exemplaire au point de penser à mourir quand rien dans votre existence n’offre de nobles perspectives. Car jusqu’à l’ultime mission que tout seul il s’est donnée, dont il ne reviendra pas, lui que ses chefs, écrit Luc Estang, ont voulu en vain protéger contre lui-même, Saint-Exupéry se ronge, incapable de s’arracher à l’orgueil angoissant d’un fardeau messianique : Si je suis tué en guerre, je m’en moque bien, écrit-il la veille de sa mort dans La Lettre au Général X. Si je rentre vivant de ce job « nécessaire et ingrat », il ne se posera qu’un problème : que peut-on, que faut-il dire aux hommes ?

      Une simplicité impossible

      Si Saint-Exupéry ne savait que dire « aux hommes » était-ce si grave ? Pourquoi, incertain de lui-même comme il l’était, vouloir devenir un porte-parole ? lui qui avait tant admiré la simplicité de Guillaumet, comparant son ami au charpentier qui s’installe d’égal à égal en face de sa pièce de bois, la palpe, la mesure et loin de la traiter à la légère, rassemble à son propos toutes ses vertus. Malgré ses efforts, Antoine de Saint-Exupéry, astreint à devenir exemplaire, n’a pas su parvenir à cette simplicité. Nous comprenons alors que l’auteur avait cherché à créer, avec ce personnage du petit prince une figure elle aussi exemplaire, toute de sagesse et de bon sens. Mais l’histoire que nous conte Saint-Exupéry est-elle si exemplaire ? En cet aviateur-narrateur déçu d’être devenu une grande personne, règne un enfant idéalisé : un petit prince qui ne s’adaptera pas au monde des adultes et se résignera à mourir pour regagner la planète B 612 de l’enfance morte. Le petit prince, alors, a pu tuer Antoine."

      Supprimer
  2. Vous avez été devancé par une certaine Lika-Launay-Spitzer qui avait eu bien du mal à faire partager son point de vue - très proche du vôtre - à quelque éditeur que ce soit :

    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=40347

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mais d'où sort-elle un nom pareil ?

      Supprimer
    2. J'ai fait une petite recherche pour vous !

      LIKA : Prénom féminin qui vient de Lydios ou Lydie, région d'Asie Mineure dans l'Antiquité.
      LIKA Mizinova, diminutif russe de Lidia Mizinova, chanteuse russe, actrice, traductrice, essayiste, critique littéraire et de théâtre, née en Russie en 1870 et morte à Paris le 5 février 1939. Amie intime d'Anton Tchekhov, elle lui servit de modèle pour le personnage de Nina Zaretchna dans "La Mouette".

      LAUNAY+, var. Launoy-ois, "l'aunaie" n. de localité, surtout hameau, très répandu en pays d'oïl; aussi nom de domaine. Avec prépos. Delaunay+ -noy, nois.

      SPITZER+ (Alsace-Lorraine), "pointu" au fig. "mordant, caustique" - Comp. Spitz-Muller (müller, meunier); peut avoir une valeur topographique : "meunier de la cime")

      Supprimer
  3. Réponses
    1. Elles ont le mérite de me fournir une distraction par jour durant mon célibat forcé.

      Supprimer
  4. Mercredi 1er
    Où On est déçu et stupéfait d'avoir appris que Marco Polo n'était pas son vrai nom mais où On décide néanmoins, de se rendre à son invitation, en Auvergne. "Sinon, chaleur, Lafuma, lecture" et "tout de même : livraison du fuel domestique" passé de 57 à 89 centimes le litre, en deux ans !
    Vendredi 3
    On s'occupe du séjour dans le Cantal, du 6 au 13 octobre. Il fait chaud. On lit Jacques Le Goff, On n'ouvre pas Eugen Weber.
    Dimanche 5
    Et voilà que Bernard Frank entre en scène. On s'y est "replongé avec gourmandise", incapable de résister "aux façons de cet homme-chat, toujours prêt à griffer sans jamais cesser de ronronner". S'ensuit un "bavardage" sur Résurrection, qu'On va commander, et Dominique qu'On va"probablement" relire.
    Puis un grand paragraphe où on apprend qu'On aurait pu faire partie des "joyaux" du Matin de Paris ou du Nouvel Observateur, ou même des deux, si seulement On n'avait pas préféré s'en remettre au hasard.
    Mercredi 8
    Je la fais courte : "N'ayant pas lu une ligne de Saint-Exupéry hors Le Petit Prince" On "fait rentrer" Vol de Nuit et Terre des Hommes avant de faire disparaître "les deux minces volumes dans les entrailles de la poubelle à couvercle jaune."
    Jeudi 9
    "La température est passée sous la barre des 20°" et Odette est malade mais On n'ira pas chez le véto la "poule sous le bras"! "Panachage entre Eugen Weber et Frank.
    Vendredi 17
    "Huit jours plein sans une ligne !" "A cause surtout d'un bouton presque teigneux" qui refuse de disparaître, et finalement envoie aux urgences, et là, ouverture sous anesthésie et vidage des contenus divers. A cela s'ajoute, la visite d'Élodie et de son "Indien à plumes". Mais l'alcool finit par faire oublier le "fucking abcès" ! On ne sait pas pourquoi On se remet à lire Jean-François Revel et on (re)pense à Marco Polo.
    Mardi 21
    Détails sur le changement du pansement et on reçoit deux livres : Les Modernes (jamais lu) et Théorie de la classe de loisir.
    Mercredi 22
    Les Modernes de Jean-Paul Aron est décevant, qui ne s'intéresse qu'à de "poussiéreux squelettes dénués de toute importance et intérêt (Lacan, Sollers, Deleuze, Merleau-Ponty) On reprend, néanmoins, Tristes Tropiques.
    Vendredi 24
    Catherine part demain et il est question de "cet étrange pouvoir de me transformer en semi-légume…"
    Dimanche 26
    Catherine est partie pour le Québec, et voilà qu'On s'emmerde et qu'On se met à "inventer des travaux pour meubler vaguement les journées" !
    Lundi 27
    Odette agonise, On la noie "dans le bac où se recueillent les eaux de pluie" et On demande à Adeline de demander à Catherine, par himmel, si On doit "acheter une nouvelle poule ou bien si cela pouvait attendre son retour". On replonge dans Zola car On a "peu de souvenirs de ces Rougon-Macquart", mais ceux dont On se souvient sont plus nombreux que les oubliés d'où "une certaine satisfaction".
    Mercredi 29
    "Une sorte de routine… s'est installée". Visite de l'infirmière, "relecture de Zola sans grande passion". On a même failli écrire un billet sur Oz, série HBO, mais "plus très envie d'écrire là-bas" ! Quant aux soirées : trois Ricard, "pain et fromage, debout, dans la cuisine", deux épisodes d'Oz, et tout le monde au lit à neuf heures et demie.
    Jeudi 30
    On va à Pacy chercher du pain, courte visite de l'infirmier (le fucking abcès est presque guéri) On balade Charlus, déjeuner, visite au Super U, un épisode d'Oz, clavier, tonte du jardin, et retour à Zola jusqu'au Ricard. La prochaine poule s'appellera : "Ninon, évidemment."
    Vendredi 31
    On ne s'attendait pas à se sentir "tout attendri" par le voisin qui s'inquiétait de l'absence de Catherine.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Travail un tantinet bâclé : vous nous aviez habitués à mieux…

      Supprimer
    2. Oui. Bientôt le résumé sera plus long que l’original.

      Supprimer
    3. Le problème n'est pas de savoir si le travail est bâclé ou pas, le problème est de savoir si cela incitera les gens à aller regarder là, là ou là, ou pas !

      Supprimer
    4. Donc, rectifions : le travail n'est pas bâclé mais mâché.

      Supprimer
    5. Une visite au super U, c'est original.

      Supprimer
  5. Bonne idée, ces vacances dans le Cantal. Nous pourrions en effet nous voir quelque part, si votre lecteur invitant accepte les compatriotes auvergnats modérément gauchistes. Prévoyez une petite laine pour les montagnes, et relisez les œuvres complètes de Vialatte en guise de préparation psychologique !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tiens, c'est une idée, ça, Vialatte ! Enfin, ses chroniques, surtout.

      D'ailleurs, ça me rappelle une anecdote. En 1966 (j'avais 10 ans, donc), passant un mois de vacances dans une maison d'un hameau situé près de Vic-le-Comte, j'avais demandé à mes parents de m'acheter un livre sur l'Auvergne, avec texte et photos, qui me faisait envie. La première phrase, qui m'avait un peu interloqué, était la fameuse (je cite de mémoire) : « l'Auvergne produit des volcans, des fromages et des ministres. » Tout le texte était de Vialatte, dont, évidemment, j'ignorais alors l'existence. Je ne m'en suis avisé qu'une dizaine d'années plus tard, retrouvant le livre dans la bibliothèque familiale.

      Supprimer
    2. Eh bien, voilà : je viens de commander le premier tome (collection "Bouquins", 1080 pages…) des Chroniques de La Montagne. Pour les 31 € que je viens de dépenser à cause de vous, vous vous arrangerez avec Catherine…

      Supprimer
    3. A mon goût, c'est quand il écrit sur l'Auvergne qu'il est le meilleur. Mais c'est peut-être du chauvinisme.

      Supprimer
    4. Non, c'est probablement vrai. En tout cas, il y a quelques années j'avais essayé de lire Les Fruits du Congo et je ne crois avoir dépassé la cinquantième page. Mais bon : j'étais peut-être dans un mauvais jour…

      Supprimer
    5. Ses Bananes de Königsberg, où on trouve ses comptes-rendus du procès des bourreaux de Belsen et de ses conversations avec des Allemands d’époque, sont édifiants.
      A part ça, je vous trouve bien injuste avec Jean-Paul Aron. Il faudrait peut-être se souvenir que la plupart des textes reproduits dans Les Modernes datent d’une époque où les dinosaures que vous citez faisaient régner la terreur dans les lettres et où il n’était pas si facile d’en rire.

      Supprimer
    6. « l'Auvergne produit des volcans, des fromages et des ministres. »

      Et pendant longtemps on les a affinés pour en faire des présidents, les ministres.

      Supprimer
    7. Alain, vous avez sans doute raison, à propos d'Aron. Disons que son style me heurte, voilà tout.

      Supprimer
  6. Salon de l'agriculture avant l'ouverture ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non : Terminal 3 de Charles-de-Gaulle, comme indiqué dans le titre. Suivez un peu, merde !

      Supprimer
    2. Vous voyez bien, Didier, que je n'ai pas encore assez "mâché" !

      Supprimer
    3. Il y en a pour qui mâcher ne suffit pas : il faudrait, pour bien faire, digérer à leur place.

      Supprimer
  7. Je suis touchée. Délicieux souvenirs d'un mois d'août un peu semblable au mien, sous le même type de climat, d'abord agréablement chaud...puis, brusquement devenant glacial à l'approche de septembre !

    RépondreSupprimer
  8. Si Vialatte excelle dans les chroniques il est décevant en romancier, je ne suis jamais allée au bout des deux ou trois romans de lui que j'ai commencés. Je possède un exemplaire de la Fin des Terroirs et je crois bien que vous me l'aviez offert lors d'une visite... Aller vivre en Auvergne, quelle bonne idée !
    voilà, bises à Catherine et tapettes amicales aux animaux encore en vie.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On n'y est pas encore, en Auvergne, on n'y est pas encore…

      Supprimer
  9. N'avez -vous pas l'impression que les animaux envahissent un peu trop votre journal ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Que voilà une étrange question !

      Supprimer
    2. Ce n'est pas qu'on soit insensibles aux problèmes de santé d'une poule, mais, bon...

      Supprimer
  10. De son ami Saint-Exupéry le général Chambe parle en ces termes :

    "Il avait atteint à une telle transcendance spirituelle, à une telle altitude qu'il ne pouvait plus redescendre sur la terre des hommes. Deux solutions seulement s'offraient à lui : ou bien être tué à la guerre ou s'enfermer dans une cellule de l'abbaye de Solesmes. Le destin a choisi pour la première. C'est bien, il l'avait méritée..."

    Saint-Exupéry exécrait son époque, René Chambe en fut le premier témoin :

    "D'ailleurs, je me demande pourquoi je me bats ? Si la France n'avait pas été vaincue en 1940, je refuserais de prendre par à cette mêlée absurde, à cette guerre civile des peuples civilisés. (...) Je suis un homme d'un autre âge. Je suis contemporain de Joachim du Bellay, ou à la rigueur d'Arvers avec son sonnet, son mystère et son secret.

    "La civilisation aurait dû s'arrêter là. Pourquoi avoir été plus loin ? Tout le reste est de trop. Voyez-vous, Chambe, voyez-vous, Général, je me demande ce que nous foutons-là ? Quand nous aurons délivré la France, qui ne le mérite pas, il n'y aura qu'une chose à faire : passer au marteau-pilon tout ce qu'a fabriqué notre progrès imbécile et revenir à tout prix à un siècle en arrière, peut-être plus, remettre l'esprit à sa vraie place. Si on ne le fait pas, l'humanité s'ensevelira de ses propres mains. Amen !"

    La partie n'était pas tout-à-fait terminée, Saint-Exupéry de son côté avait accompli sa mission. Il avait prédit l'essentiel de la curée à venir – sa grandeur.

    Pour le reste je recommanderais la lecture de son ouvrage posthume, inachevé, « Citadelle », indigeste aux yeux de certains, aux réflexions étonnantes pour qui s'intéresse à la vie des hommes, à leurs itinéraires personnels.

    Ça commence par cette ligne terriblement actuelle : « Car j'ai vu trop souvent la pitié s'égarer. » Et suit un développement implacable...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Toute la question est de savoir si les hommes ont vraiment besoin de héros atteints d'une "telle transcendance" qu'ils soient incapables de "redescendre sur la terre des hommes" ?

      Supprimer
    2. Toute la civilisation semble bâtie sur des progrès matériels. L'âge de pierre, puis le cuivre, le bronze, le fer, les premiers outils, la charrue, l'irrigation, le moulin...
      Pourquoi faudrait il s'arrêter ? Jusqu'où revenir ? Et pour faire quoi de nos vies ?

      Supprimer
    3. « Citadelle », indigeste aux yeux de certains
      Aux miens il l'est en effet. Mais c'est bien le seul.
      Son incipit est beau, c'est tout ce que je lui reconnaît.

      Supprimer
  11. Cretinus Alpestris3 septembre 2018 à 21:37

    A propos de pustules...

    https://www.youtube.com/watch?v=seRyZeLamAE&t=60s

    RépondreSupprimer
  12. Je ne suis pas certain que Didées Goux adhérerait à 100 % à cette phrase de Saint -Ex, franc-maçon comme chacun l'ignore, qui figure dans le hall d'entrée du siège parisien du GODF : "Si tu diffères de moi, mon Frère, tu m'enrichis "

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Voilà, c'est typiquement le genre de niaiseries pour classe de seconde qui m'ont rendu horripilants ses deux livres.

      Supprimer
    2. "Car j'ai vu trop souvent la pitié s'égarer" n'est pas tout à fait une niaiserie.
      Ramenée à l'Aquarius elle est même d'une parfaite actualité.

      Supprimer
  13. Avez-vous connu Jean-Michel Gravier du Matin? C'était un personnage flamboyant.
    Par ailleurs, n'ayant jamais rien lu de Bernard Franck, j'ai commandé sur Amazon son roman Longitude 103.
    J'avais été intrigué par la motricité du prix de 3.30 euros et la livraison "prime".
    J'ai eu la délicieuse surprise de recevoir l'édition originale de 1951,neuve, non coupée avec une couverture qui avait gardé tout son éclat (très belle scène de bataille navale).

    You

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai croisé Gravier quelques fois, mais je ne peux pas dire que je l'aie connu, non.

      Pour ce qui est de Bernard Frank (sans c avant le k !), je crains, au vu du titre, que vous vou ayez acheté le roman de l'un de ses deux homonymes, auteur de romans "maritimes" et n'ayant rigoureusement rien à voir avec le "vrai" Frank. Désolé…

      Supprimer
  14. Qu'est-ce que c'est con, une poule. Ça meurt tout le temps.
    C'est la raison pour laquelle j'ai choisi cette année d'avoir un nid de frelons européens dans le conduit de ma cheminée. Avec eux au moins, tout est simple: eux en haut, moi en bas.
    Quand un coup de vent me les fait dégringoler dans la salle-à-manger, je les sort à grand coup de pompe. Non mais, oh !
    A propos, ce seraient pas des gros nids de frelons, là, dans le Terminal, accrochés au plafond ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pour les frelons, vous n'avez plus que deux petits mois à les supporter : début novembre au plus tard, ils seront tous morts.

      Supprimer
  15. Si vous attendez le centième commentaire avant de nous pondre un nouveau billet on n'est pas rendu...

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.