jeudi 6 décembre 2018

Gilles et John


Est-ce que je “soutiens” les gilets jaunes (les Gilles et John, comme dit l'autre…) ? Oui, indubitablement, et de plus en plus, à mesure que dure le mouvement. Éprouvé-je même un élan de sympathie envers eux ? Une certaine forme de solidarité (toute passive, malgré tout) ? Encore oui. Mais mon soutien est-il d'un excellent aloi ? D'un métal sans la moindre paille ? Pas sûr. Car, ces gens, tels qu'on peut les voir sur internet et, je suppose, à la télévision, il faudrait me payer cher pour me voir fraterniser vraiment avec eux, avec leurs personnes, et rien que l'idée que je pourrais avoir à les fréquenter suffit à provoquer chez moi une fugace sensation d'ennui, voire d'accablement. Il est vrai, pour tempérer le côté désagréable de ce que je viens de dire, il est vrai que, l'âge augmentant, je me sens de moins en moins en moins apte à toute fraternisation, quel que soit le frère putatif. Les gilets jaunes représentent certainement la “vraie France” (c'est-à-dire, soyons clair, celle qui agonise sous nos yeux), mais qu'on me permette, même si j'en suis indubitablement issu, de me tenir nonchalamment en lisière d'elle.

26 commentaires:

  1. Un certain recul, donc.

    Bien vu, le jeu de mots "Gilles et John"! Merci pour le sourire ainsi provoqué.

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  2. Adjudant Goux ! A l'heure de mener les hommes au feu on ne se demande pas si ils sentent le pâté.

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    1. Les officiers mènent leurs troupes au feu… mais ils déjeunent et dînent quand même dans un mess à part !

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  3. Vous eussiez dû ajouter à la fin : "en espérant échapper à l'effondrement total qui vient !"

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    1. C'est un espoir que j'ai de moins en moins, figurez-vous.

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  4. Audiard se demandait ce qu’avaient les marins à faire des phrases, on devrait se poser la même question avec les slogans des jaunards...

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  5. Quand on est arrivé on est revenu de tout.
    C'est peut-être une explication...

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  6. Je suis certaine qu'ils sont dans le même état d'esprit que vous.
    De plus, je ne vous vois pas faire un barrage filtrant au péage d'une autoroute, même dans un fauteuil avec Soljénitsyne entre les mains 😛
    Hélène dici

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    1. Cela dit, l'idée est séduisante : je m'y verrais assez bien, même !

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  7. Je ne leur veux pas de mal. Au contraire! Ils ont leurs raisons qui sont aussi un peu les miennes mais en tant qu'individualiste indécrottable et méfiant vis-à-vis de tout rassemblement, je préfère rester spectateur et à me borner à applaudir.

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  8. Eh bien je suis déçu.
    Pour ma part c’est le contraire, si je comprenais la mobilisation qui visait à supprimer une nouvelle taxe idiote, je désapprouve la violence, les blocages, et les revendications qui semblent ressortir de ce mouvement populaire.
    Ces divers groupes ne respectent ni nos institutions ni l’etat dr droit.
    La leçon que l’on donne au monde entier c’est casser, brûler, bloquer, en France c’est autorisé.
    Le fait que les lycéens et leurs habituels syndicats, et le cortège des cgt et autres, entrent dans la danse, me semble le dernier indice qui manquait pour caractériser ces mouvements de foule moutonniers pour plus de socialisme dont la France a le secret.

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    1. Mais ceux que je puis voir, moi, ne sont nullement des casseurs. Plutôt des genres de pique-niqueurs de rond-point.

      Et ce n'est pas parce que les habituels casseurs d'extrême gauche enfilent un truc fluo qu'ils deviennent des gilets jaunes.

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    2. Ah mais bien sûr c'est bon enfant !
      J'ai une fin de mois difficile, plutôt que d'aller voir mon patron ou mon banquier, ou encore trouver un travail qui me permet de gagner plus, je pique nique sur un rond point en appelant à l'Etat et au gouvernement, tout cela est parfaitement normal.
      Les français veulent la consommation sans la production, le capitalisme mais sans le risque qui va avec.

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    3. Je ne suis pas sûr que les gilets jaunes aient soif de capitalisme…

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    4. @dsl
      Ah! ça c'est bien vrai, pour "trouver un travail qui permet de gagner plus" il suffit de traverser la rue...

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  9. que d'enrobage et de précautions pour se désolidariser de la populace.

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    1. Alors, là, vu le tombereau d'ordures que vous avez déversé sur leurs têtes, vous le petit macroniste bien sage, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité !

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    2. justement. je reste admiratif devant l'artiste. je devrais utiliser des tournures plus jolies pour qualifier ma méfiance totale envers ceux qui veulent parler au nom du "peuple" et mon aversion la masse écumante.

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    3. Quand la populace se lasse,elle casse...
      Le peuple,c'est moi!
      (Je ne sais plus dans quel bouquin,j'ai lu ça).

      Vendémiaire.

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  10. "casser, brûler, bloquer, en France c’est autorisé!"
    "casser, brûler, bloquer, en France c’est autorisé!"

    Un beau slogan de manif.

    Vendémiaire.

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  11. Il est vrai que les Gilets Jaunes sont les derniers à lutter pour une cause désespérée mais qui mérite bien qu'on se sacrifie pour elle :refuser la mort de la France du diesel, la vraie France.
    D'ailleurs, la France existait-elle vraiment avant le diesel ?

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    1. Aurais-je saisi comme une petite pique adressée aux gueux diésélistes, mon cher Elie?

      Vendémiaire.

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