Depuis quelques jours (ou semaines : le temps passe si vite, à nos âges...), j'ai une nouvelle lectrice, d'un type pour moi tout à fait inédit. Appelons-la Mildred.Donc, Mildred passe par ici très régulièrement, au minimum une fois par jour, lit avec attention ce qui est proposé à son entendement et se forge un avis autorisé. Ensuite, elle se fend d'un commentaire pour exprimer cette opinion. Opinion volontiers sarcastique, ce qui est son droit le plus élémentaire. Jusque-là, rien que de très courant, n'est-ce pas ?
Sauf que notre Mildred, demeurant toujours silencieuse ici, s'en va livrer le dit commentaire sur un autre blog que le mien. Chez un brave garçon – lui-même lecteur de ce blog – qui n'en peut mais. Lequel, par gentillesse ou indulgence ou parce qu'il sait que cette étrange façon de se comporter fait partie du protocole thérapeutique de la dame, la laisse obligeamment déposer ses œufs dans ce nid où il n'ont pas leur place. Le drôle de l'affaire est que, s'il m'arrive de vouloir répondre aux persiflages de Mildred, je suis bien obligé à mon tour d'aller le faire chez notre hôte forcé.
Car Mildred persifle, et plus souvent qu'à son tour. Elle semble même y prendre un réel plaisir, ce dont je me félicite à chaque fois, car ce n'est pas si souvent qu'on a l'occasion de faire jouir les dames. Peut-être espère-t-elle me voir sortir de mes gonds ? Me rouler par terre en bavant ? Je ne sais. Un de ces jours, je vais feindre la colère éructante. Pour voir.

