vendredi 29 avril 2011

C'est l'histoire d'un écrivain en bâtiment, vieillissant et paisible…

À Mildred, qui s'impatiente…

Il n'était ni très doué ni bien vaillant, mais il était consciencieux. Comme il avait un méchant ouvrage de 240 pages à rendre le 15 mai, il avait prévu deux semaines à ne rien faire d'autre qu'à l'écrire, du 17 avril au 2 mai – et on notera qu'il se gardait encore une soupape de sécurité, constituée par le week-end du 8 mai, envisageant de travailler pendant que d'autres commémoreraient, qui la libération générale, qui celle d'Orléans.

Or, il advint qu'une lointaine princesse, encore appelée assistante de l'éditeur, appela un matin notre écrivain en bâtiment au secours et, tout en pleurs, souffrant mille morts, lui demanda s'il ne pourrait pas, des fois, comme ça, par hasard, terminer d'édifier son mur plutôt vers le 3 ou le 4 de ce joli mois de mai s'annonçant, le maçon littéraire dont l'arrivée était prévue le 15 avril ayant produit un mot de sa maman disant qu'il serait à la bourre grave – comme aurait dit Victor Hugo. N'écoutant que son vaillant cœur – et aussi parce qu'il est un peu con sur les bords – le vaillant scripteur promit tout ce qu'on voulut. Puis, le téléphone à peine raccroché, il s'aperçut que tenir ses engagements impliquait de ne rien faire d'autre durant les six jours à venir que de travailler sans relâche, telle la bête de somme qu'il avait au fond toujours été (on remarquera que, dans ce cas précis, bête de somme et animal de sieste s'excluent formellement l'un l'autre malgré leur trompeuse parenté syntactique).

Ne rien faire d'autre, se promit-il donc fermement, de toute façon un peu coincé. Et surtout pas de billet de blog, bon sang de bois : l'heure des écritures gratuites était passée, il s'agissait à présent de faire tomber la monnaie. C'est vrai, quoi.

13 commentaires:

  1. Oui, mais on a besoin d'être trollés, nous ! Comment voulez vous que les blogs de gauche soient productifs, sinon ?

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  2. Je le doutais bien qu'il y avait une histoire de BM derrière votre silence ces derniers jours!! Courage! Geargies.

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  3. Eh bien moi, je suis entièrement satisfaite !
    Il fallait absolument nous délivrer de tous ces pédagos, dont pas un, si je ne me trompe, n'a mis en question le fonctionnement bolchévique de leur syndicat le SNES, qui après tout fait la pluie et le beau temps à l'Education nationale depuis que le monde est monde ou à peu près.
    Z'ont peur d'être envoyés au goulag ou quoi ?
    Pour le reste, je vois que vous êtes le parfait bon garçon que j'avais toujours soupçonné que vous étiez au fond.
    Et tout le reste n'est que frime pour épater vos, comment les appelez-vous déjà ? Ah oui, vos récriminateurs intempestifs.

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  4. Condoléances...
    (ben, et le journal de mars, alors ?)

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  5. Nicolas : je viendrai faire le trolleur nocturne…

    Catherine : ah ben ça, ça m'étonne de toi !

    Geargies : je me fouette les flancs en me disant qu'il sera fini plus tôt. Et puis, si je le boucle mardi soir comme je le dois, ça me donnera droit à un apéro, comme le veut la coutume ancestrale…

    Mildred : les "profs" ne peuvent pas avoir peur du goulag : ils y sont déjà.

    Suzanne : le premier mai tombant dimanche, ce sera pour lundi matin. Ou bien dimanche, mais avec annonce ici lundi matin, je ne sais pas.

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  6. C'est pas raisonnable. Ou alors avec une prime d'urgence de 100 %.

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  7. Courage, la BM paie et pas le blog !
    Thierry

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  8. "disant qu'il serait à la bourre grave – comme aurait dit Victor Hugo. "
    ca, faudra sûrement l'expliquer à Nicolas.
    Il n'a pas compris, à tous les coups ^^
    Oué, je sais, j'aime provoquer.
    Il va m'insulter et je ne répondrai pas. Promis !

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  9. Hé ho ! Mémère. Je suis un spécialiste, j'habite Place Victor Hugo, à Bicêtre.

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  10. J'y pense ! L'autre radassent n'avait-elle pas promis qu'elle ne commenterait plus ici parce qu'elle en avait marre de se faire insulter ?

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  11. J'ai rendu la vieille heureuse en commentant avec un iPhone qui génère lui même les fautes d'orthographe (mais n'empêche pas de relire, je plaide coupable). Je suis trop fort.

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