samedi 16 avril 2011

Chateaubriand : les têtes couronnées attendront


Philippe le Bel avait déjà les pieds dans les starting blocks alors que le cadavre de Philippe Auguste était encore chaud. De leur côté, 260 papes se tenaient en embuscade afin de passer devant les rois de France dans l'ordre de mes lectures à venir. Et, finalement, toutes ces têtes couronnées ou tiarées (Nicolas, merci de garder pour vous le jeu de mots consternant qui vous monte aux lèvres en ce moment même…) se retrouvent condamnées à une longue patience, car une fringale de Chateaubriand (Nicolas ! on a dit silence…) m'a soudainement empoigné, et j'ai ressorti de leurs petits cartons individuels les deux volumes de la Pléiade contenant les Mémoires d'outre-tombe. Que je vais une fois de plus, une fois encore, reprendre depuis leur début, en sachant très bien que je calerai avant le haut de la côte. C'est ma petite malédiction personnelle : je n'ai jamais été capable de lire jusqu'à leur terme ces fichus Mémoires.

Du coup, Philippe le Bel et les papes se foutent copieusement de ma gueule, sur leur petite table d'attente.

13 commentaires:

  1. "L’homme n’a pas besoin de voyager pour s’agrandir ;
    il porte avec lui l’immensité."
    Chateaubriand

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  2. Nina Berberova (bon, d'accord, j'ai les références que je peux) avait écrit que pour elle, ces "Mémoires" sont le plus beau livre français.

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  3. Mais, dans le même temps, Léautaud l'accablait de sarcasmes !

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  4. Une fois de plus ...

    mais pourquoi vous faire du mal ? Voyez, cette après midi, j'ai pris une grosse pile de Pieds Nickelés, c'est passé comme une lettre à la Poste; leger, digeste, drôle..

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  5. Faites un effort. C'est quand même Chateaubriand !

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  6. Bon, moi, c'est Johan et Pirlouit. j'ai honte.
    Enfin.

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  7. Je suis stigmatisé à deux reprises dans ce billet. Je vais faire un procès. Après l'apéro.

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  8. Vous avez des fringales littéraires de monsieur de Chateaubriand mais en première lecture de billet, j'ai cru que vous vouliez aussi vous mettre un coup dans le bec du délicieux bergerac rouge éponyme. Après tout, comme disait le monsieur "On se livre d'autant plus vivement aux plaisirs qu'on se sent près de les perdre."

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  9. Corto : mais je vous assure que ça me fait beaucoup de bien, au contraire !

    (Et Renaud Camus écrit toujours cette après-midi, donc vous êtes absout d'office…)

    PRR : le pis est que, chaque fois, j'abandonne les Mémoires quasiment sans m'en apercevoir. Je commence par m'interrompre une journée ou deux pour lire autre chose, et puis une semaine pour une autre raison et… et voilà, c'est foutu !

    Remarquez, ça me fait la même chose avec Don Quichotte : j'ai dû lire trois fois la première partie et jamais la seconde.

    Sophie K : vous n'arrivez pas à terminer Johann et Pirlouit ? Là, vous devriez peut-être consulter. Ou aller vous confesser, un truc comme ça, quoi…

    Nicolas : on est dimanche, le greffe doit être fermé. Retournez prendre une bière.

    Romain : Il y a un bergerac qui s'appelle Chateaubriand ?

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  10. Évidemment c'est Renaud Camus qui a raison ... quoique Barrès ( me signale mon dico..) l'emploie aussi bien au masculin qu'au féminin... Geargies.

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  11. Malin, du coup je viens de faire l'acquisition des mémoires d'outre-tombe.Et vous citer dans mon dernier billet.

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  12. Geargies : dans sa grand magnanimité, Littré nous dit que le mot est aussi bien masculin que féminin.

    Romain : vous avez fort bien fait (d'acheter Les Mémoires, pas de me citer !). Aucune langue n'est pas somptueuse que la sienne. (Mais on peut très bien y être réfractaire, justement à cause de ce "drapé" : Stendhal l'était. Léautaud également.

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