jeudi 21 avril 2011

Robert Marchenoir a lu Marie-Thérèse Bouchard… et il répond, l'insolent !


L'histoire ne dit pas si Marchenoir a lu tout Bouchard, mais son dernier billet paru lui a en tout cas inspiré quelques commentaires, que j'ai trouvés en me levant (ou plutôt juste après) dans ma boitamel. Et que je vous livre tels quels, tout chauds.


« Ce monde de merde que nous laissent nos parents »

Marion fait fausse route. Une route qui ne la mènera nulle part. C'est la névrose mille fois racontée, ces temps-ci, du “monde de merde que nous laissent nos parents”. Racontée aussi bien, d’ailleurs, par les enfants que par les parents. Que de lamentations démagogiques de “vieux”, se tordant les mains à l’évocation navrée du “monde que nous laissons à nos enfants” !

Mais, Marion, vous n'avez aucun droit à quoi que ce soit en venant au monde. Il n'y a pas de drouadlôm à recevoir, à sa majorité, un joli paquet-cadeau avec un monde tout propre à l'intérieur, en parfait état de fonctionnement, amoureusement mitonné par vos parents et leur génération, de sorte que vous n'auriez plus qu'à glisser vos mignons petits pieds dans les pantoufles de “l'ascenseur social” ; lequel vous amènerait, en quelques années et dans un merveilleux chuintement d'efficacité technologico-étatique, au restaurant panoramique de la réussite du même nom.

D’ailleurs, cela n’a jamais existé. La génération de vos parents vous l’a raconté, et vous l’avez crue. Mais c’est là votre erreur, et celle de votre génération. Rien que l’expression est grotesque, quand on y pense : ascenseur social ! Il faut vraiment être français, pour inventer un concept aussi immoral et mensonger que celui-là !

Vous dites beaucoup de choses justes sur la laideur du monde, mais c’est votre ton et votre désespoir qui sonnent faux. C’est votre point de vue qui est aberrant. Vous avez vingt-et-un ans, et vous avez un point de vue de vieux. Vous usurpez un rôle qui n’est pas le vôtre. C’est aux vieux de se lamenter que c’était mieux avant, que de leur temps le monde était mieux fait, que désormais tout part à vau-l’eau, etc.

Le rôle des jeunes est de le changer, ce monde. Et cela a toujours été comme ça. Le rôle des jeunes a toujours été de ne pas tenir compte de “ce monde que leur ont laissé leurs parents”, de tirer un trait dessus par principe, et d’en faire… ce qu’ils arriveront à en faire, avant de se lamenter, à leur tour, que tout se barre en couille, etc.

Vous, vous mettez en cause la génération de 1968. XP met en cause celle d’avant. Peut-être. Si on veut. Je n’ai aucune estime particulière, ni pour les valeurs de 1968, ni pour les valeurs stato-gauchistes de 1945.

Mais si vous vous plaignez de “l’héritage” que vous recevez en 2011, qu’auraient pu dire ceux qui avaient vingt ans en 1940 ? Ou ceux qui avaient vingt ans en 1929 ?

Avez-vous entendu, à la Libération, une génération entière se plaindre « du monde de merde que nous ont laissé nos parents, en nous entraînant dans le communisme, le nazisme et la Seconde guerre mondiale » ? Avez-vous entendu, en 1929, une génération entière se plaindre « du monde de merde que nous ont laissé nos parents, en ruinant l’économie après nous avoir entraînés dans l’innommable boucherie de la Première guerre mondiale, et en semant les graines de la Seconde avec le traité de Versailles » ?

Il me semble pourtant que l’une et l’autre génération auraient eu bien davantage de motifs à se plaindre que la vôtre ! C’est quoi, votre problème ? Vous n’arrivez pas à trouver un logement correct à un prix décent ? Sans blague ? Parce que vous croyez qu’en 1945, les jeunes de votre âge, en France, se voyaient remettre, en paquet-cadeau, par le Conseil national de la Résistance, un deux-pièces cuisine en centre-ville à prix modique, avec tout le confort ?

En 1945, une bonne partie des villes françaises étaient à moitié détruites, et les logements qui tenaient debout n’avaient ni salle de bains ni WC. La crise du logement était autrement plus vive qu’aujourd’hui. Elle n’avait d’ailleurs pas cessé depuis 1918 – et n’a, en fait, jamais cessé jusqu’à ce jour, à l’exception d’une brève parenthèse qui doit se situer aux alentours des années 1960-1970, âge d’or de la construction de ces fameux “grands ensembles”, voués aux gémonies aujourd’hui.

C’est quoi, votre problème ? Le matérialisme de la société contemporaine ? Vous avez raison. Mais, attendez… Les mêmes qui déplorent « le monde de merde que nous a laissé la génération d’avant », au nom du chômage de masse et de l’avenir incertain qui est le leur, sont les premiers à exprimer leur nostalgie des Trente glorieuses, où, nous rappellent-ils, les ouvriers accédaient au réfrigérateur, à la télévision et à la voiture… Je me trompe ou c’est furieusement matérialiste, comme mètre-étalon de la société heureuse ?

Et d’ailleurs, qu’est-ce qui vous oblige, vous, à être matérialiste, si vous n’aimez pas ça ? Qu’est-ce qui vous empêche de rechercher la beauté, et de la créer ?

Vous vous plaignez de l’accueil renfrogné et bas du front que vous reçûtes, un soir de réveillon, dans une ville de province française ? Vous avez raison. C’est bovin et insupportable.

Vous croyez vraiment que c’est la faute de vos parents ? Ou celle de leur génération ? Vous êtes-vous jamais penchée sur les campagnes de propagande officielles, destinées à améliorer l’accueil des touristes en France ? Elles n’ont jamais cessé. Elles disent exactement la même chose en 2011 qu’en 1990, en 1970 ou en 1950 : soyez aimables avec les clients ; dites bonjour à la dame ; évitez de cracher à la gueule de ceux qui vous font vivre.

Un film en noir et blanc sur la Seconde Guerre mondiale, dont j’ai oublié le titre, met en scène un groupe de soldats américains prenant pension chez une aubergiste de la France profonde. Celle-ci applique les mêmes principes de la relation-client qui vous ont hérissée soixante ans plus tard. Un scénariste de Hollywood, ça se documente…

Au nom de quoi vous sentez-vous le droit d’attribuer un passé honteux à des vieillards que vous croisez dans l’autobus ? Que connaissez-vous d’eux ? Qu’avez-vous accompli, vous, qui vous rende moralement supérieure à ce point ? Qu’est-ce qui vous rend si sûre d’avoir la moindre légitimité pour les mépriser ? Ce sont des postures adolescentes.

Et puis, tant qu’à tenir une comptabilité de l’héritage parental, vous devriez remplir aussi bien la colonne actif que la colonne passif ; cela vous aiderait à voir les choses de façon plus optimiste. Tenez, au hasard, dans “le monde de merde que vos parents vous ont laissé”, il y a quand même deux énormes paquets-cadeaux, si l’on tient à raisonner comme vous le faites : Internet, et la faculté de se rendre n’importe où en Europe pour 50 euros.

Cela, ni la génération de 1968, ni celle de 1945, ni celle de 1929 ne l’avaient. Ne me dites pas que ce n’est rien. Ne me dites pas que cela ne vous donne pas des possibilités infinies que personne n’a jamais eues avant vous.

Les récriminations des jeunes envers la génération de 1968 sont faussées à la base, car elles s’appuient sur les principes mêmes de mai 68 qu’ils prétendent récuser : j’y ai droit, c’est mon droit, je le prends, donnez-le moi. Le jeunes qui se révoltent ainsi contre les valeurs de mai 68 se font couillonner tout seuls : ils s’enferment de leur propre chef dans la mentalité – effectivement délétère – qu’ils croient attaquer.

Votre rancœur déplacée envers les vieux que vous croisez dans la rue, c’est en réalité un hommage aux soixante-huitards, qui ont été les premiers à revendiquer le droit de cracher sur la tradition et sur leurs prédécesseurs.

La voie que vous avez choisie est une impasse. Vous plaindre que l’auberge n’est pas assez accueillante, le papier peint pas frais, les coussins trop râpeux, ne vous conduira nulle part. Il n’y a pas d’auberge, elle ne prend pas de clients, c’est un décor en carton-pâte sur le bord du chemin. Vous feriez mieux de fixer vos yeux sur la route.

Donc, soyez gentille, laissez les vieux se lamenter que c’était mieux avant, et faites, vous, votre boulot de jeune, qui consiste à bâtir le monde nouveau, et non à vous plaindre de celui que vous auriez reçu ; à bâtir votre propre avenir, et non à déplorer que vous ne l’ayez pas reçu par la poste.

Personne ne vous a rien donné. Personne ne vous doit rien.

Robert Marchenoir


63 commentaires:

  1. entièrement d'accord..

    RépondreSupprimer
  2. Naturellement rien n'est dû à personne.

    Cela dit, mettre toutes les générations sur le même plan fleure bon le relativisme. La génération aux commandes en 1945 a reconstruit la France. Celle aux commandes en 1968 et après nous a laissé... le regroupement familial. Difficile de ne pas y voir un contraste.

    Manutara résume les choses mieux que moi.
    http://manutara.hautetfort.com/archive/2009/09/22/les-parfait.html
    Quelque chose m'empêche de voir chez lui une "posture adolescente"...

    RépondreSupprimer
  3. Lorsqu'il oublie ses obsessions des musulmans, des immigrés,des gamins de banlieue, Marchenoir aurait des choses presque intéressantes à dire!

    RépondreSupprimer
  4. Alors là, je suis totalement d'accord avec R. Marchenoir.
    Ce texte m'avait laissé comme un malaise, Marchenoir à fait oeuvre de maïeutique. Merci !

    RépondreSupprimer
  5. Merci, Gas, de ressortir ce texte de Manutara.

    Quelle énergie, ce Marchenoir !
    D'accord avec lui, à quelques détails près, pour ce texte.
    J'ai longtemps cru que Marie-Thérèse Bouchard était un vieil homme. Pas à cause de son côté "tout est sale, no future", mais pour sa façon de décrire la vie en France, avec une vision que je trouve archaïque. Son opposition Paris/province/campagne, par exemple.

    RépondreSupprimer
  6. Il est pas content le monsieur. Il n'a pas tord. A chacun de construire son avenir, cela a toujours été comme cela. Par exemple tout les Tunisiens qui débarquent en France pour profiter des allocs feraient mieux d'aller construire leur avenir en Tunisie pour construire un futur à leur enfants. Comme çà leurs enfants n'auront rien à leur reprocher.
    je dis ça je dis rien… et je sais que je vais me faire engueuler!

    RépondreSupprimer
  7. ... mais on peut mettre ce que dit MTB à côté de la chanson de Félix Leclerc; elle a peut-être coup de blues du parent qui se demande s'il a bien fait d'avoir un enfant.

    Je n aurai pas le temps de finir la maison.
    De peinturer l'auvent secouer le paillasson
    Que tu seras présent vivant sorti des nombres
    Déjà vêtu de blanc déjà venu au monde
    J aurais voulu laver les murs de la cite
    Remettre les paves a leurs place tu sais
    Et me débarbouiller et ranger mes papiers
    Et brûler le passé et puis me parfumer
    Je n aurai pas le temps d'enterrer les pendus
    De corriger le temps tout ce long temps perdu
    De raccrocher les cloches rengainer les épées
    Et a grands coups de pioche t'ouvrir une cité
    J aurais voulu m instruire me polir m établir
    Te donner de quoi rire et de quoi te nourrir
    Voila ce que je t'offre des deuils plein les coffres
    Un vieux règne en lambeaux pour ton monde nouveau
    Des guerres a ta naissance comme a la mienne aussi
    Les pays d'espérance que m'a légué mon père
    Et ce parler de France la chanson de ta mère...

    RépondreSupprimer
  8. J'ai oublié de préciser que, comme à chaque fois que je publie ici un texte de Marchenoir, je m'interdirai d'apparaître dans les commentaires, lui réservant ce soin.

    (Ben c'est raté ! ricane alors le chœur des petits malins irrespectueux…)

    RépondreSupprimer
  9. Oui, il faut cultiver la vie plutôt que les pulsions mortifères! Oui, il faut se battre plutôt qu'abandonner, mais... Marie-Thérèse Bouchard a le talent de dire bien, même si ça fait mal.

    Laurent l'Anonyme

    RépondreSupprimer
  10. "Robert Marchenoir a lu Marie-Thérèse Bouchard...", vous êtes sûr ? En lisant ce texte j'ai surtout l'impression qu'il n'a rien lu du tout, qu'il reste sourd.

    Déjà, de base, un discours qui affirme "Mais arrête ça a toujours été comme ça" sonne faux. "Secret Story ? Mais déjà au temps des Romains il y avait les gladiateurs pour divertir le peuple, notre époque n'a rien de particulièrement sombre !". "Les Arabes ? A l'époque les Italiens restaient entre eux aussi, et regarde maintenant ils sont intégrés comme tout l'monde, notre époque n'a rien de spécial !".

    On pourrait continuer longtemps. Sinon, pour internet, je ne vois réellement aucun rapport avec la génération 68. Ça a été inventé aux Etats-Unis par des militaires qui ne devaient pas ressembler à Cohn-Bendit. Et partout en Europe pour 50 euros ? C'est rigolo, quand mon père né en 62 me raconte que lorsqu'il avait 17 ans ils étaient partis en Angleterre pour que dalle et que moi j'ai besoin de mettre 300 euros de côté pour compter l'aller-retour plus la place de concert.

    Bien sûr que si, les parents doivent des choses aux enfants. Mais lire le texte de Marion comme une plainte matérialiste, "j'veux plus de thunes", c'est extrêmement idiot, et pourtant j'aime bien Marchenoir, lui qui savait si bien écrire le fossé entre deux époques à partir du concert d'Altamont des Rolling Stones, et qui répond aujourd'hui à Marion comme un vieux malentendant.

    Ce que déplore Marion ne s'arrête pas au logement, elle parle d'espoir. Que ce soit en 45 ou en 68, il y en avait. Il y avait des destructions, donc des constructions devant, un avenir, des ennemis, des luttes, quelque chose. Ce qu'écrit Marion c'est le vide intersidéral fruit de la lâcheté de nos parents, la lâcheté précisément de ne pas avoir construit le monde lorsqu'ils étaient jeune, d'avoir renoncé à tout pour le confort, d'avoir permis la naissance de la matrice de "bien-être" et de "paix" qui est aujourd'hui notre prison.

    Cette génération entière est devenue "femme" au sens où Brel l'entendait dans ses interviews. Elle arrête l'homme lorsqu'il veut voyager, partir, détruire ou construire, elle lui dit non, ne va pas derrière cette colline, reste ici c'est plus prudent. Vous balayez d'un revers de main ce que Marion ou moi avons à dire comme si ce 21ème siècle n'avait rien de différent avec 1929 ou 45. Pour vous Tyler Durden aurait pu exister en 68 ?

    Vous reprochez "l'adolescence", mais c'est précisément à travers elle que l'on construit. Que l'on rêve encore un peu. Tout ceci est très décevant.

    RépondreSupprimer
  11. Ouh là là, c'est presqu'une gifle à Marion, ce qu'il écrit Marchenoir…
    J'espère qu'elle le prendra pas trop mal, parce que c'est difficile à contrer.

    RépondreSupprimer
  12. J'aimerais bien voir l'âge de ceux qui sont en parfait accord avec cette "gifle".

    RépondreSupprimer
  13. La critique que fait mademoiselle Marion n 'est pas fausse mais le mépris qui en sourd gâche le message . L' absence totale d 'indulgence et la raideur hautaine, donnent l 'impression que de toute façon son insatisfaction est plus essentielle que factuelle.
    Bien sûr je dis ça parce que je suis ( presque) aussi vieille que Didier Goux...

    RépondreSupprimer
  14. @ Hordalf,
    être dans ou à l'orée de la vieillesse n'est pas très joyeux, vous savez.
    Profitez donc de votre jeunesse, je ne peux pas mieux dire.

    RépondreSupprimer
  15. J'ai grandi entre des posters de Robespierre et des autocollants "Ras l'front", je n'peux pas mieux dire.

    RépondreSupprimer
  16. "J'aimerais bien voir l'âge de ceux qui sont en parfait accord avec cette "gifle"."

    Ben voilà, c'est pas dur, c'est un texte de jeune pour les jeunes et quelques nostalgiques grisonnants.
    Et pis c'est tout !

    Le conflit des générations.

    RépondreSupprimer
  17. Ce que je reproche à ce billet (pas celui de Marchenoir...) c'est qu'il a la couleur du vécu, l'odeur du vécu, et que ce n'est pas du tout du vécu... Dans le sens "j'ai vécu, j'ai ressenti, et j'en tire un point de vue original, une petite musique personnelle, et je ressens le BESOIN de l'exprimer", mais le recyclage de trucs lus et entendus cent fois, donc par la force des choses extérieurs à l'auteur.

    Je dis ca sans la moindre animosité à l'egard de cette jeune dame que je ne connais pas, mais c'est l'effet que ça me fait.

    RépondreSupprimer
  18. Merci à Suzanne pour la chanson de Félix Leclerc. Je croyais toutes les connaître.

    RépondreSupprimer
  19. Hordalf, vous dites :

    "J'aimerais bien voir l'âge de ceux qui sont en parfait accord avec cette 'gifle'."

    Deux remarques :

    - Ce n'est évidemment pas une gifle.

    - Votre réflexion est en parfait accord avec l'idéologie de mai 68 (à laquelle, vous l'aurez compris, je suis tout à fait opposé).

    RépondreSupprimer
  20. Magnifique !

    Deux petites objections quand même.

    On peut critiquer l'héritage de 68, non pas pour le plaisir de se plaindre, mais pour chercher les causes de ce qui ne va pas, et se mettre ainsi en mesure de trouver les bons remèdes. La critique peut être constructive, et rien de constructif ne peut se faire sans une bonne critique préalable du présent.

    Et puis, peut-être que la plus grande souffrance que Marie Thérèse exprime, en tout cas c'est comme ça que je le ressens, est le mal vivre ensemble, la société triste, abêtie, violente, remplie de haines, dans laquelle nous vivons aujourd'hui. C'est le climat social d'aujourd'hui qui est dur à vivre. C'est un climat social où on se sent bien parmi les siens, que les jeunes adultes imaginent lors des Trente Glorieuse, et qui les fait fantasmer comme un age d'or.

    RépondreSupprimer
  21. Pleurnichons un peu sur le prix des voyages. C'est vrai, quoi, merde! Avant, du temps béni de nos grands parents, il y avait des trains gratuits quand l'heure était sombre. Bien avant il y en avait qui traversaient la mer sur des bateaux gratuits et on a même offert le retour gratuit aux survivants de leurs descendants. Et des rives du Mékong et autres lieux ensoleillés, le gratuité a continué.
    Mais le concert, ils l'attendent toujours, eux.

    RépondreSupprimer
  22. c'est marrant comme ce texte est perçu différemment selon l'âge du lecteur (oui je raisonne comme une 68arde, raf). Moi qui suis jeune, j'ai pas du tout vu ce désespoir dont tous les vieux parlent (de l'exaspération et de l'envie de donner des claques oui mais j'ai pas eu envie d'aller me foutre sous un train).
    Quant aux générations qui ne se doivent rien, je suis relativement d'accord ... sauf que votre génération a quand même passé 15 ans à nous répéter "regarde le beau monde qu'on a fait pour vous, tout le monde est heureux et égal maintenant", avant d'enchaîner sur "heureusement qu'on a stephane hessel" (sauf si la vue d'une pouilleuse rom devant l'épicerie de votre village auvergnat a fini par vous coller un méchant doute sur la beauté du monde). S'cusez, mais au bout d'un moment on a un peu envie de vous envoyer paître aussi. Je pense pas que dans les années 50 les quadra montraient avec bonheur le monde à leurs enfants, avant de leur expliquer l'importance de l'antiracisme.
    Et bien sûr que c'est un peu pédant, on est comme ça quand on a 21 ans (et on vous emmerde, sale vieux).

    RépondreSupprimer
  23. @suzanne : c'est fou mais moi j'ai longtemps cru que vous étiez une gauchiste antique à la retraite (le côté petits gâteaux à l'acide de votre blog, genre miss marple) (le prenez pas mal c'est pas une insulte hein). Comme quoi on a de ces préjugés sur l'écriture... tiens d'ailleurs vous étiez pas la seule à penser que MTB était en fait un homme plutôt vieux, je me rappelle d'une autre blogueuse avec un peu votre profil qui pensait pareil (taré !).

    RépondreSupprimer
  24. Je me rappelle UNE et non d'une.Pan !

    RépondreSupprimer
  25. A propos d'âge, je crois Marchenoir bien plus jeune que Hordalf.

    Marchenoir ou le triptyque gagnant : rythme, puissance argumentative, sens de l'image. Etincelant, comme toujours.

    RépondreSupprimer
  26. Z'êtes sûr que RM est plus jeune que H ? Et il sait déjà écrire ? RM, vous êtes d'une précocité !( mais comme les claviers cachent les menteries...).
    Bouytos qui s'a trompu en tapant.

    RépondreSupprimer
  27. Z'êtes sûr que RM est plus jeune que H ? Et il sait déjà écrire ? RM, vous êtes d'une précocité !( mais comme les claviers cachent les menteries...).
    Bouytos qui s'a trompu en tapant.

    RépondreSupprimer
  28. Oui, texte très percutant...
    (Effectivement, si on commence à reprocher l'état du monde aux anciens, on va vite remonter à Sapiens sapiens pas hyper sapiens.)

    RépondreSupprimer
  29. Et si on faisait juste deux groupes : ceux qui sont contre le remplacement et ceux qui sont pour... je sais que c 'est un peu simplet mais ça permettrait de savoir exactement sur qui taper une bonne fois pour toutes.
    euh...moi, j'suis contre.

    RépondreSupprimer
  30. Alice: tiens, je vais vous répondre... Je regrette le temps où j'avais des espérances gauchistes. Oh, pas gauchiste gauchiste style dictature du prolétariat, hein, ça j'ai fait semblant d'y croire un peu quand j'étais amoureuse d'un jeune marxiste-léniniste. Je raconte ici mes amours révolutionnaires. J'ai toujours voté plus ou moins socialiste, donc vous pouvez me ranger dans les gauchistes si vous voulez, et bien pire encore: dans les déçus de la gauche encore à gauche, et pas mal désillusionnés. (je veux bien qu'on se moque, hein.) ... et j'ai horreur du populisme.

    RépondreSupprimer
  31. (et comme je squatte pas mal ce blog, ainsi que d'autres odieux ennemis de la Gaule éternelle (euh, la civilisation française, pardon), ça montre au moins une chose: l'abominable Didier Goux, qui n'a pratiquement que des défauts tellement atroces et dont il faut se garder de toute contagion, n'est pas censeur et ennemi des libertés pour trois sous, ni même pour un.)

    RépondreSupprimer
  32. @ boutros : ARGH touché ! je me meurs.
    @ suzanne : non non mais je ne veux vous ranger dans rien, et vous votez pour qui vous voulez (je pense pas que ce soit nécessairement une tare honteuse d'être de gauche en fait). Non en fait ce que je voulais dire (bien laborieusement mais on va y arriver) c'est que d'habitude les gens de gauche de votre âge n'ont pas eu le temps de se rendre compte que sur certains trucs on les prenait un peu pour des tanches et brandissent leurs "matins bruns" et leurs "indignez-vous" avec l'enthousiasme du juste. DONC je vous pensais plus âgée. (Les gens de gauche de mon âge font des thèses sur l'extreme droite à science po et squattent les locaux du NPA pendant ce temps, ce pourquoi je ne vous pensais pas plus jeune).

    RépondreSupprimer
  33. Tout le monde aura compris, j'espère, que si j'ai écrit cet article, c'est parce que le texte de Marion me paraît révélateur d'une tendance sociale d'ensemble, nouvelle et significative.

    Ce n'est évidemment pas pour m'en prendre spécifiquement à un texte, ou à plus forte raison à une personne.

    C'est parce qu'il fait écho à des thèmes et à des revendications similaires de plus en plus fréquents.

    L'un des aspects de cette tendance est l'explication des tensions sociales par la guerre des générations, fort bien illustrée par e.m., qui dit :

    "Sauf que votre génération a quand même passé 15 ans à nous répéter 'Regarde le beau monde qu'on a fait pour vous, tout le monde est heureux et égal maintenant', avant d'enchaîner sur 'Heureusement qu'on a Stéphane Hessel' ",

    et :

    "On vous emmerde, sale vieux."

    Auparavant, nous avions eu l'explication du monde par la lutte des classes (concept inventé par les libéraux avant d'être recyclé par Marx, et qui opposait à l'origine les fonctionnaires aux simples citoyens, et non les prolétaires aux capitalistes... comme quoi...).

    Puis, nous avons eu l'explication du monde par la lutte des races. Le monde se divisait en "racistes" et "anti-racistes". Les races (qui n'existent pas), c'est à dire les non-Blancs, c'étaient les bons ; et les sans-race, les racistes, c'est à dire les Blancs, c'étaient les méchants.

    Et maintenant, nous avons l'explication du monde par la lutte des générations. Les bons, les innocents, les purs, les victimes, ce sont les jeunes ; les méchants, "ceux qui nous ont laissé ce monde de merde", ce sont les vieux.

    Comme vous l'aurez remarqué, les trois explications du monde se superposent et se mêlent aujourd'hui.

    Marx était vraiment un pilier de bar bas du front, adeptes des explications simplistes et des stéréotypes éculés.

    La philosophie politique a fait des pas de géant depuis...

    RépondreSupprimer
  34. voyons, Robert. Ne faites pas semblant de prendre un peu d'ironie gentillette envers nos aînés (ce qui n'est d'ailleurs pas un phénomène récent) pour une explication philosophique du monde. Je ne vois pas pourquoi on ne serait autorisé à se foutre de la gueule des dames Céleste et assimilés qu'à partir de la cinquantaine.

    RépondreSupprimer
  35. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  36. J'ai bien compris votre ironie, Alice (je vais avoir du mal à suivre si vous changez de nom...).

    Mais dire quelque chose à la blague est significatif aussi. Ce que vous dites avec un clin d'oeil, d'autres le disent sans.

    Maintenant, tout comme la lutte des classes, la lutte des générations correspond aussi à de réels antagonismes d'intérêts économiques, pour ne parler que de ceux-là.

    Simplement, je ne suis pas sûr que "léjeunes" saisissent toujours l'entièreté des intérêts économiques réciproques qui les lient à "lévieux"... qui ne vont pas forcément tous dans le sens suggéré par le dessin.

    Tout comme dans la lutte des classes.

    RépondreSupprimer
  37. non mais je me suis plantée dans les pseudos donc du coup j'ai mis les deux pour pas avoir l'air schizo (échec total). Vous pouvez développer sur les intérêts économiques ?

    RépondreSupprimer
  38. Ce n'est pas Hordalf qui a qualifié le texte de Marchenoir de "gifle" à Marion.

    RépondreSupprimer
  39. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  40. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  41. On a la vie qu'on se fabrique...

    RépondreSupprimer
  42. De : service automatique de correction des fautes d'orthographe qui offensent gravement la bienséance et l'ordre public sur les blogs de fachos.

    A : M. Robes-Roule, Pierre.

    "Elle (Marion Messina) les porte à ravir (les bottes de la réalité)."

    RépondreSupprimer
  43. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  44. Je ne serais pas dans la doxa locale. Je souscris à ce qu'écrit MTB. Je crois qu'elle capte très bien l'air du temps de beaucoup de jeunes en France, entre nihilisme et punkitude. La réaction Bob Blackstep (pseudo de Léon Bloy il me semble) est elle-même logique. MAIS, le problème n'est pas d'avoir raison, contre quoi d'ailleurs ? Ca refoule un peu la leçon de morale à la petite MTB qui nous annonce en fait une sorte de mai-68 à l'envers ..., un mai 68 sans pavés et où on ne baise plus. Ce dernier point étant très dommageable.

    Bref, MTB nous dit ce qu'elle ressent et on (les vieux d'ici) viendrait lui dire qu'elle a tort.

    Je pense que les bottes souveraines de la réalité ne sont pas aux pieds de Bob Black Walk mais bien sur ceux de la petite MTB qui les porte à ravir.

    PS : passer d'un HP à un Toshiba est un jeu de mains donc de vilains.

    RépondreSupprimer
  45. Pardonnez-moi de m'incruster brièvement bien qu'intempestivement, mais ce texte me paraît tout à fait à côté de la plaque.
    Il faut bien comprendre que la glorification de l'époque a tenu lieu d’époque même, pour la génération qui vient. Faire éclater cette bulle confuso-onirique et cordicole est une action de salubrité publique dont MTB s’est admirablement chargée. Les objections d’Hordalf et d’e.m. sont parfaitement fondées : la situation actuelle n’a strictement rien à voir avec les années 45 ou 68, pas plus d’ailleurs qu’avec aucune autre. Les enfants d’avant sortaient de l’Histoire et du conflit, on pouvait du moins dire qu’on leur léguait cet éternel combat ; tandis que la génération qui vient a été langée dans une maternelle globale où il y a tout pleins de jolis dessins aux murs et même si les murs sont en feu et que la maîtresse s’avère être une fieffée salope, personne ne le voit et tout le monde s’accorde à dire que la classe est formidable, tout en tirant sur son biberon. C’est cela qui est unique.
    La mentalité d’ayant-droits n’a rien à voir avec le schmilblick, il me semble au contraire que la fameuse « route » dont Marchenoir parle et sur laquelle MTB devrait poser les yeux a précisément été jalonnée par tous les faiseurs et demandeurs de droits de la planète, et qu’elle est impraticable, définitivement ; ce dont MTB fait le constat. Marchenoir raisonne comme un gauchiste, à croire qu’il y aurait encore une sorte d’aliénation que les jeunes devraient combattre pour renverser l’ordre du monde. Il n’y a pas d’aliénation, il y a cette petite mort qui continue à se traîner comme un zombie de série Z avec son air repu, et dont il faut rendre compte, jusqu’à ce qu’elle nous avale. « Changez le monde », laissez cela aux socialopes de tous bords, je vous en prie.

    RépondreSupprimer
  46. P.B. :

    Vous n'avez pas compris. La route dont je parle est la route individuelle de chacun. Quand je parle de changer le monde, je ne parle pas de politique.

    Maintenant, si vous voulez parler de politique et d'histoire, il est tout à fait présomptueux de décréter que tout est fini, que partout c'est la merde, et que le mieux qu'il y ait à faire soit d'écrire des vers en se tordant les mains. Comme ça, par exemple :

    "Il y a cette petite mort qui continue à se traîner comme un zombie de série Z avec son air repu, et dont il faut rendre compte, jusqu’à ce qu’elle nous avale."

    C'est de la littérature, et pas de la bonne. Les seuls morts d'avance sont les suicidaires.

    RépondreSupprimer
  47. XP, vous venez pas de Grenoble? Si? Ah, bah alors, de quel droit pouvez-vous dire que je balance des lieux communs?

    Je ne suis pas ilysienne, les lieux communs, je ne connais pas. Ce n'est pas comme si je parlais d'esthétisme en l'expliquant avec des images de Playmates ou comme si je faisais le même billet depuis 3 ans.

    RépondreSupprimer
  48. Rhoo!

    Z'avez un problème avec la critique, vous.

    Pour ce qui est d'écrire le même billet depuis trois ans, ce n'est pas totalement faux, hélas. Mais nous en sommes tous plus ou moins là.

    RépondreSupprimer
  49. C'est juste, Maestro, que je me fous de la critique surtout quand on voit d'où elle vient dans ce nano-milieu. Il y a bien plus de personnel que d'objectif, donc tout cela me fait marrer.

    En revanche, par rapport à la vôtre, je ne vous connais pas, vous venez de Grenoble, en quoi ce que je dis peut sonner "faux"? Vous sortez de votre appart' de temps en temps, au moins?

    RépondreSupprimer
  50. " je me fous de la critique surtout quand on voit d'où elle vient dans ce nano-milieu. Il y a bien plus de personnel que d'objectif, donc tout cela me fait marrer."


    C'est juste!A ce propos, votre billet contient sans doute plus de lignes qu'il y a eu de lecteurs pour le lire, c'est pour ça que je me suis contenté de le parcourir en diagonale^^

    Si vous vous foutez de la critique de ce nano-milieu, imaginez a quel point les passants de Fontaine se foutent de ce qui vous traverse la tête quand vous les croisez...

    "en quoi ce que je dis peut sonner "faux"?"

    Il ne suffit pas de se mettre quelque part et d'ouvrir les yeux pour voir. N'importe qui fait ça dix fois par jour. Ce qui se trouve dans votre billet, je l'ai lu cent fois ailleurs. Essayez d'écrire un billet pour nous dire ce que vous avez vu, au lieu de nous raconter ce que les gens que vous avez lu auraient vu s'ils avaient été à votre place.

    " en quoi ce que je dis peut sonner "faux"? Vous sortez de votre appart' de temps en temps, au moins?"

    Révélatrice, cette phrase. Vous ne me connaissez pas, comme vous dites, et quand on a rien à dire, on cherche toujours l'angle psychologique ou sociologique. Alors on cherche à connaitre la personne qui parle. Et quand on ne connait pas, on invente et on brode.

    RépondreSupprimer
  51. Encore une chose, tout de même:

    Si vous trouvez que c'est dérisoire d'avoir un blog pour y écrire des billets de 20 lignes qui seront lus par 20 000 lecteurs, alors fermez votre blog, et surtout, évitez d'y publier des articles de 10 feuillets qui sont lus par 40 personnes.
    Il faut être conséquent, dans la vie^^

    RépondreSupprimer
  52. Peut-être me suis-je fait mal comprendre. L'un de mes arguments, c'est que cela n'a littéralement aucun sens de parler "du monde que nos parents nous ont laissé".

    Pour la bonne raison que le monde n'est pas une machine que "nos parents", ou "une génération", ou qui que ce soit, ont conçue, usinée, fabriquée, assemblée et livrée sur le marché avec un mode d’emploi et un service après-vente. Ni qu’une autre génération (celle de Marion, par exemple) pourrait démonter et remonter pour enfin la faire tourner rond.

    Ce n’est pas vrai pour « la génération de mai 68 », mais cela n’est pas vrai pour « la génération de 1945 » ou n’importe quelle autre.

    On peut mettre en cause ses parents personnellement, ses propres parents, pour ne pas avoir fait leur boulot et ne pas avoir transmis ce qu’ils devaient transmettre. Quoique c’est un genre de rancœur qu’il est recommandé d’abandonner assez vite après l’âge de quatorze ou quinze ans.

    Je n’ai pas pris l’article de Marion dans ce sens, et si telle avait été son intention, je me serais bien entendu abstenu de commenter.

    On peut dire : « le communisme porte une lourde responsabilité, parce que… ». Ou « le général de Gaulle porte une lourde responsabilité, parce que… ». Ou « les idées de Mai 68 portent une lourde responsabilité, parce que… ».

    Mais dire « la génération qui avait dix-huit ans en mai 68 porte une lourde responsabilité parce que… », ça finit par être absurde. Pas parce que c’est celle de mai 68. Ce serait la même chose s’il s’agissait de celle de février 1534.

    D’ailleurs, en y repensant, je doute que cette fameuse expression-clé qui était au cœur de mon texte, « ce monde de merde que nos parents nous ont laissé », et qui est omniprésente en France depuis quelque temps, se retrouve où que ce soit en dehors de la France.

    J’ai beau me gratter la tête, je ne me souviens pas d’avoir lu une telle récrimination, une telle vision du monde ailleurs en Europe, ou à plus forte raison aux Etats-Unis.

    Or, ce fameux monde de merde, il est le même à travers tout l’Occident. Les travers dénoncés par Marion -– et qui m’atterrent tout autant qu’elle -– se retrouvent à l’identique aux Etats-Unis, en Angleterre, en Suède, en Suisse, en Australie… La tendance est mondiale.

    Il est évidemment difficile d’être certain de la non-existence de quelque chose, mais, j’ai beau y réfléchir, je ne crois pas que ce thème socio-politique se retrouve ailleurs que chez nous.

    J’avance une explication : il n’y a qu’en France qu’on soit socialiste à ce point.

    En France, il y a un groupe de chefs, de zélits, qui pensent le monde, qui le fabriquent, puis qui le donnent aux Français, clés en mains, prêt à l’emploi, avec une hotline gratuite assurée par le gouvernement.

    Donc, quand ça foire à ce point, on va se plaindre au fabricant. On écrit à Que Choisir. On envoie une lettre recommandée au directeur. On se plaint de « ce monde de merde que nos parents nous ont laissé ».

    RépondreSupprimer
  53. La tentation est d’autant plus forte que les intérêts économiques de « la génération de 1990 « (mettons) y poussent. Dire à « ses parents » que « vous nous avez laissé un monde de merde », c’est une autre façon de leur dire « on ne paiera pas vos retraites ».

    C’est dit d’ailleurs par des gens, qui, souvent, se feraient découper en morceaux plutôt que de renoncer à la « retraite par répartition », article du credo français, qui est précisément, avec d’autres boulets socialistes, à la source des maux économiques de « la génération de 1990 » -- et de celles d’avant.

    C’est aussi une façon de dire « vous mériteriez d’être expropriés de votre patrimoine immobilier, afin que notre génération puisse avoir de quoi poser son four à micro-ondes ailleurs que sur le frigo, en échange d’un loyer de 10 000 bourzoufs par mois à deux heures de train de notre boulot, train de surcroît rempli d’allogènes hostiles, bas du front et racistes ».

    Dit souvent par des gens qui réclament plus de socialisme, alors que le socialisme est précisément ce qui empêche de poser le micro-ondes ailleurs que sur le frigo.

    « Léjeunes » votent désormais massivement pour le Front national (devenu récemment national-socialiste), mais je n’ai pas remarqué qu’ils votent massivement pour des partis libéraux (des partis libéraux ? où ça ?).

    Et les rares qui « votent » pour les groupuscules libéraux votent souvent aussi pour l’immigration, pour l’ouverture à l’Autre et pour le grand mélange avec l’islam, qui se dissoudra bien évidemment dans l’économie libérale et dans la mondialisation heureuse.

    RépondreSupprimer
  54. « J'ai oublié de préciser que, comme à chaque fois que je publie ici un texte de Marchenoir, je m'interdirai d'apparaître dans les commentaires, lui réservant ce soin. »

    Pourquoi ?

    RépondreSupprimer
  55. En revanche, puis-je me permettre de dire que je ne comprends pas l'objection de XP, selon laquelle le texte de Marion serait composé de clichés et non de choses vécues.

    Je n'ai, pour ma part, aucun doute qu'il s'agit de choses vécues et senties, et que c'est justement ce qui en fait l'intérêt.

    De même que le tout premier billet de son blog, qui a été accueilli à son de trompes et de musettes par la réacosphère. (Bon, c'était aussi parce que c'était -- sauf erreur -- la première femme réacosphérique, mais ça n'empêche pas).

    D'ailleurs, les analyses peuvent diverger, mais toute la réacosphère partage le même genre de témoignages. Donc, là, je ne vois pas.

    RépondreSupprimer
  56. «Vous n'avez pas compris. La route dont je parle est la route individuelle de chacun. Quand je parle de changer le monde, je ne parle pas de politique.»
    Dans ce cas-là, je ne vois pas le problème avec le texte de Bouchard. Qu’est-ce qui empêche de faire le constat d’une décomposition du monde quand on est soi-même vivant ? N’est-ce pas justement parce qu’on est individuellement vivant qu’on peut décrire la mort alentour ? Pour reprendre votre image, est-ce que ce n’est pas précisément quand on décide de prendre la route qu’on est capable de résumer du mieux possible ce qui se passe à l’intérieur de l’auberge (rouge) ? Et ce constat est-il strictement un dépôt de plainte ?
    «Les seuls morts d'avance sont les suicidaires.»
    Vous avez parfaitement raison. Mais vous semblez vouloir à tout prix que la mort collective que décrit Bouchard soit aussi sa mort individuelle, ou du moins une excuse qu’elle invoque pour excuser une vie individuelle foireuse, ce qui me semble faux. C’est pour ça que je vous ai retourné l’argument du socialisme : vous inférez socialistiquement. Selon vous, voir le monde si laid, et nos parents si nuls, fait de nous des pleureuses. Vous confondez se plaindre et observer. Peut-être avons-nous la tête suffisamment hors de l’eau et l’estomac suffisamment accroché pour enregistrer le maximum de laideur environnante et de vérités peu ravigotantes. Et pour assumer tout ça en continuant même d’être heureux, figurez-vous. Et de nous en sortir individuellement.
    Parce que, vous avez beau dire, notre civilisation est morte. Il n’y a plus de peinture, plus d’architecture, plus de musique, la politique est une blague, le pays est un terrain vague, l’éducation nationale est une enclave soviétique, les grands films sont de plus en plus rares. Il ne s'agit pas de dresser une liste de responsables, il s'agit d'admettre quand même à un moment ou à un autre que l'addition est un peu salée, surtout quand l'enseigne indiquait "Meilleur des mondes possibles." - Et même, de l'admettre en raison de cette enseigne.
    Pour le conflit de générations, d’ailleurs, rassurez-vous, je n’attends rien de la mienne, qui n’a jamais su réussir une dictée, même en Terminale. Tout ça déferlera sur la France comme une dernière lame.

    RépondreSupprimer
  57. "Vous êtes-vous jamais penchée sur les campagnes de propagande officielles, destinées à améliorer l’accueil des touristes en France ? Elles n’ont jamais cessé. Elles disent exactement la même chose en 2011 qu’en 1990, en 1970 ou en 1950 : soyez aimables avec les clients ; dites bonjour à la dame ; évitez de cracher à la gueule de ceux qui vous font vivre."


    Obectivement parlant, nous avons les pires structures d'accueil au monde, comparativement à la puissance du secteur touristique, les comportements "rapaces" (notamment dans le milieu de la restauration) les pires qui puissent exister (même dans des gourbits comme l'Egypte, on sert mieux qu'en France, pourvu qu'on y mette le prix).

    Il s'agit d'un secteur phare de notre économie et les français se comportent en punk à chien avec leurs clients.

    Toujours cette foutue mentalité française.

    Si j'étais un étranger en quête de farnienete, je boycotterais la France par principe, et parce qu'il est immoral de donner de la confiture aux cochons.

    http://fascismefun.wordpress.com/2011/04/24/france-enfer-touristique/

    RépondreSupprimer
  58. En France, il y a un groupe de chefs, de zélits, qui pensent le monde, qui le fabriquent, puis qui le donnent aux Français, clés en mains, prêt à l’emploi, avec une hotline gratuite assurée par le gouvernement.

    Donc, quand ça foire à ce point, on va se plaindre au fabricant. On écrit à Que Choisir. On envoie une lettre recommandée au directeur. On se plaint de « ce monde de merde que nos parents nous ont laissé ».




    Vous visez très juste, Marchenoir.

    Ce qui fait rentrer les pires graines d'incapables au Frankistan tout en faisant dégager ses élites les plus entreprenantes, c'est précisément cette mentalité de geignard assisté.

    Mentalité que l'on retrouve à tous les niveaux de la société française, qui nous imprègne souvent malgré nous, comme si le Créateur avait confié un stylo à un ver parasitaire pour qu'il fasse une liste de course au Père Noël.

    La social-démocratie a fabriqué un monstre: le ténia humain. Et le français est son archétype.

    Toute l'économie du pays semble être occupée à faire vivoter une énorme masse de branleurs, c'est dingue, il y a personne qui fout rien dans ce pays.

    RépondreSupprimer
  59. "Il y a personne qui fout rien dans ce pays."

    Juste, Fascisme Fun. C'est l'impression que ça donne dans la vie de tous les jours.

    Réflexion d'un Français expatrié : en France, les magasins sont fréquentés à toute heure. En Suisse, ils sont déserts aux heures de bureau...

    D'ailleurs, il suffit de prendre le métro à Paris : qu'est-ce que tous ces gens foutent là, en pleine journée ? Bon, il y a les touristes. Il y a aussi tous ceux qui sont venus payer nos retraites...

    RépondreSupprimer
  60. @Robert Marchenoir

    C'est aussi l'impression que j'ai.

    Dans n'importe quelle ville italienne, les rues sont désertes pendant la journée alors que ça grouille littéralement le week-end.

    Comme vous le dîtes, en France, ça flâne à toutes heures, aux terrasses des cafés, dans les magasins, un peu partout en fait.

    Et encore, il y a ce que l'on voit et ce que l'on voit pas ! Parce qu'entre ceux qui glandouillent à la maison et les flâneurs occasionnels, c'est toute une population auquelle à on inséminé des manières de fils à papa.

    C'est réellement prodigieux comme phénomène, en fait ! Des fils et des filles de caissières qui vivent comme des rentiers, travaillant à l'occasion, vivant des acquis sociaux ou du pognon familial.

    Mais ils le font dans un cadre strictement individualiste et sans contrepartie, rien à voir donc avec la glandouille mafieuse des sociétés méditerranéennes, qui reste très exigeante dans les rapports inter-personnels.

    Le français a atteint un stade de sous-humanité inédit dans l'Histoire: un mélange de parasitime décomplexé et triste, d'atomisation et de revendications en tous genre, même pas le luxe du cynisme avec ça ! Le français croit à fond à son statut de victime...Diable

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.