lundi 19 octobre 2015

Didier Goux aggrave son cas


Voici le livre que ce salaud vient de commander en un clic, et sans que sa main tremble. Cet indécrottable vert-de-gris, malhabilement camouflé sous les traits patelins d'un aimable pré-retraité de la presse joyeuse, avait déjà lu Les Décombres au début des années quatre-vingt, dans l'édition (tronquée) qu'en avait donnée Pauvert. Bien que fermement de gauche, alors, il avait trouvé le livre remarquable, ce qui montre bien la profonde schizophrénie idéologique et morale de ce centaure maladif. Cependant, notre homme a une excuse valable pour cet achat nauséabond : il lui faut bien passer sans trop d'ennui les trois mois qui nous séparent encore de la parution, dans une nouvelle traduction, de Mein Kampf, qui tombera dans le domaine public en janvier prochain. 2016, une année qui commence bien, éditorialement parlant ; des chefs-d'œuvre comme s'il en pleuvait…

46 commentaires:

  1. Je reviens de chez wikipedia où j ai été me renseigner sur qui était ce Rebatet que je ne connaissais pas. Me voici donc mieux comprendre votre billet. Un drôle de pistolet ce monsieur !
    Bonne journée.

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    1. Assez peu fréquentable de nos jours, il faut bien le dire. Mais un écrivain remarquable et d'une belle intelligence. Il a notamment écrit, après la guerre, une histoire de la musique qui devrait figurer dans la bibliothèque de toute personne un tant soit peu mélomane.

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    2. Et pour ma part, ayant la "Les deux étendards" au début de la trentaine et l'ayant relu vers 55 ans sous la pulsion d'un souci familial, j'irai jusqu'à considérer Rebatet comme une sorte de Dostoïevsky français !

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    3. Voir mon commentaire plus bas…

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    4. Je suis en train de lire 'Les deux Etendards", et j'ai déjà lu son histoire de la musique. Cet homme était brillant.

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    5. Il a également été un très grand critique cinématographique, œuvrant sous le pseudonyme de François Vinneuil.

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    6. un fasciste qui est devenu philosémite et démocrate avec l'age ne peut pas etre totalement mauvais

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  2. Même Badinter a plaidé pour sa parution en 1976, c'est vous dire.

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    1. Si j'ai la caution de cette irréprochable conscience de gauche, alors ça va !

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    2. meme le gauchisme, c'était mieux avant en fait

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  3. Tiens, Pierre Assouline, sur la République des livres a fait une note, le 12 octobre, sur Rebatet et "Les Décombres", comme vous il note l'intérêt du livre, mais n'omet pas en même temps de signaler son ignominie.
    Il est vrai qu'Assouline est Juif, c'est sans doute ce que vous allez répondre.

    Jules

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    1. Non, je ne comptais pas du tout répondre ça.

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  4. Bon, avec le grand appareil de notes et la préface de Pascal Ory (sans oublier le titre : vous avez remarqué qu'il ne s'agit pas d'un livre de Lucien Rebatet, mais du "Dossier Rebatet", comme dans les archives des palais de justice...), les choses doivent être tout de même suffisamment encadrées et canalisées pour que l'entreprise ne soit pas trop nauséabonde... Si j'ai bien compris, il s'agit de la reprise intégrale des "Décombres" (le premier ouvrage paru en 1943, donné ici en version non expurgée, et la suite parue chez Pauvert sous le titre "Mémoires d'un fasciste" en 1976). Le tout est suivi d'un inédit écrit pendant le séjour de Rebatet à la prison de Clairvaux (entre 1946 et 1952).

    Rebatet est à mon avis un parfait salopard, mais on ne peut lui dénier un grand talent d'écrivain, et cette réédition, même sous haute surveillance, est tout de même importante. J'aime aussi beaucoup son histoire de la musique et ses deux romans (les torrentiels "Deux Étendards" et les plus modestes mais intéressants "Épis mûrs", dont le héros est justement un musicien génial qui sera fauché par la mitraille (française !) pendant la première guerre mondiale (le roman a été récemment réédité par le Dilettante).

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    1. On peut s'épargner la petite crotte que P. Ory a cru bon de déposer à l'entrée du monument (son introduction basse et chafouine (qui se contredit d'un paragraphe à l'autre, notamment sur la question des critères "moraux") n'a même pas le mérite d'être informative).

      Th. Chassenay

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  5. J'ai essayé de lire Les Deux Étendards, juste après ma découverte de l'auteur, sur la foi d'un article plus qu'élogieux de Blondin ; eh bien, il n'y a rien eu à faire en ce qui me concerne : malgré ma persévérance, le pavé m'est tombé sur le pied après deux ou trois cents pages de souffrance et d'ennui. Si je pouvais le trouver d'occasion à trois ou quatre euros, je ressaierais volontiers ; mais c'est apparemment impossible.

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    1. "Les Deux Etendards" font partie à mon avis de ces grands romans torrentiels et énigmatiques qui nécessitent une conjonction favorable chez le lecteur : ou l'on va jusqu'au bout dans une sorte de ferveur enthousiaste ou cela tombe très rapidement des mains, sans que l'on puisse réellement expliquer les raisons objectives qui entraînent ces effets divergents (c'est un peu la même chose pour "L'Homme sans qualités" de Musil, l' "Ulysse" de Joyce, "Au-dessous du volcan" de Lowry, "La Montagne magique" de Mann ou le cycle entier de la "Recherche" auquel certains lecteurs restent farouchement hermétiques).

      Il me semble que c'est typiquement le genre d'ouvrage dont il faut retenter de temps en temps la lecture, jusqu'au moment où cela va mystérieusement fonctionner et où l'on va être happé jusqu'au bout du millier de pages. Je remarque d'ailleurs qu'on a beaucoup de mal à le trouver en occasion (en dehors des éditions originales pour bibliophiles à cent-cinquante ou deux-cents euros), ce qui tendrait à prouver que ceux qui le possèdent tiennent à le conserver dans leur bibliothèque (il faut dire aussi que Gallimard ne l'a jamais réédité en collection de poche, ce qui est vraiment scandaleux : on a l'impression qu'ils veulent le garder dans leur catalogue, mais sans que cela se remarque trop...).

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    2. Gallimard est devenu un marchand de soupe, et même un mauvais marchand. C'est également lui (par le biais de sa filiale Mercure de France) qui fait qu'on ne trouve plus le journal de Léautaud. Et il y a sûrement d'autres exemples tout aussi scandaleux.

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  6. La nouvelle édition est-elle non expurgée ? (j'ai pour ma part l' édition princeps de 1942)

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  7. Je résume : ce "salaud" de Didier a commandé un livre de ce "parfait salopard" de Rebatet, en attendant de pouvoir se procurer Mein Kampf !
    On s'attend à ce qu'il nous en dise un peu plus, à moins que par malchance cet ouvrage ne lui tombe sur le pied aussi !

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    1. L'ayant déjà lu, je joue sur du velours. Quant à Mein Kampf, je n'ai aucunement l'intention de l'acheter.

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  8. Je crois bien cher Didier que votre dossier est maintenant complet, vous voudrez bien passer au bureau du NKVD le plus rapidement possible de façon à ce que nous vous acheminions vers la mine de sel la plus proche de la Sibérie. Merci de votre célérité tovaritch.

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    1. Si c'est possible, j'aimerais bien que les autorités me trouvent une mine pas trop éloignée de chez moi…

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  9. Lisez bien le paragraphe p. 854-855 : une conversation entre Brasillach et Rebatet. Ils ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas (à propos de la Shoah).

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    1. Je le lirai bien, rassurez-vous.

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    2. C'est un passage qui a été relevé par un journaliste du Point (bon journaliste du reste), mais il me semble qu'il le surinterprète (Brasillach, qui revient d'un voyage en Pologne [ce n'est pas mentionné en note, mais il doit s'agir de celui où il a été amené sur le site de Katyn] déclare qu'il lui paraît indécent de poursuivre la propagande antisémite compte tenu des exactions dont il a eu la révélation. Il parle de "massacres" et d'"extermination par la faim" dans les ghettos. Les propos sont assez brefs, mais il ne s'agit manifestement pas de certitudes qu'il aurait acquises de visu, plutôt de rumeurs collectées sur place (bien fondées) dont il se fait l'écho. Il ne paraît pas avoir connaissance des camps (en tout cas il n'en parle pas) ni d'un processus d'extermination systématique. Ce passage invalide effectivement l'argument selon lequel ils "n'auraient rien su" (dont la plausibilité a toujours été nulle : les rumeurs de "massacres à l'Est" étaient monnaie courante dès 1942), mais n'autorise pas à dire qu'ils étaient parfaitement conscients de la Shoah.

      Th. Ch.

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    3. "mais n'autorise pas à dire qu'ils étaient parfaitement conscients de la Shoah."

      Oui, enfin, ils n'étaient pas des inconscients et ils devaient quand même bien se douter que quand ils encourageaient vivement les nazis à rafler le plus de juifs possible et à les déporter de toute urgence, sans oublier les enfants, ce n'était pas pour qu'ils jouent à la marelle dans des camps de vacances... Mais bon, de toute façon, ce débat n'est plus très utile aujourd'hui et ne devrait pas empêcher une lecture "dépassionnée" de Rebatet, de Drieu ou de Brasillach, qui ont aussi de grands mérites littéraires (je ne parle même pas de Céline, qui est dans une toute autre dimension).

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    4. La précision est cependant utile, puisque l'on nous raconte que cet "aveu" de Brasillach à Rebatet prouverait que "tout le monde savait". Tout ce que cela prouve, c'est que Brasillach avait un petit reste de moralité et qu'il ne voulait plus tirer sur l'ambulance. Au passage, cela prouve aussi qu'avant, il ne savait pas, du moins pas aussi clairement.

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  10. Fayard a trouvé le moyen de se faire une belle publicité à peu de frais avec la parution prochaine de la nouvelle traduction de Mein Kampf, préfacée, annotée, et dotée d'un appareil critique établi par des historiens universitaires. Le tout dans le but d'expliquer aux pauvres bœufs que nous sommes qu'Hitler était vraiment très méchant et que ce qu'il a fait c'était mal, très mal même.

    Dommage que les statistiques ethniques n'existent pas, même dans le domaine de la librairie, car je gage que nos belles âmes trouveraient matière à s'offusquer. Après tout, ce torchon mal écrit figure dans les 10 meilleures ventes de pas mal de pays musulmans dont la Turquie et la bande de Gaza où il a été imprimé par l'autorité palestinienne grâce à des fonds européens qui étaient initialement prévus pour l'édition de livres scolaires. Compte tenu de ce qui est rapporté par les profs d'histoire des collèges et lycées travaillant dans les quartiers "sensibles", la sensibilité à fleur de peau de pas mal jeunes divers ne semble pas s'exercer à l'endroit des membres du peuple élu. On peut donc s'attendre à un relatif succès de ce bouquin dans le califat de Seine Saint-Denis et autres banlieues cosmopolites et interlopes.

    Quant à la fable du livre maudit introuvable dans le commerce, et bien c'est juste une belle fable. Il y a peu on pouvait encore le trouver à la Fnac Montparnasse, pas en tête de gondole bien sûr, mais assez facilement pour qui veut trouver.

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    1. Oui, mais ça, faut pas le dire car c'est vilainement discriminatoire. Et si les Arabes adorent le best-seller de M. Hitler, je vous rappelle que c'est à cause des humiliations de la colonisation et du monstrueux fascisme des Israéliens. Alors, hein…

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  11. Il vous manque les "Bagatelles pour un massacre" de Céline, et vous aurez la jolie bibliothèque d'un honnête homme du XXI ème siècle.

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    1. Déjà lu : c'est très chiant.

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    2. Et puis Lucette a décidé de devenir immortelle pour en empêcher définitivement la réédition !

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    3. Qu'elle se méfie quand même, la Lucette : 103 ans, c'est l'âge auquel ma grand-mère a finalement replié son pébroque…

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    4. Vous êtes injuste avec Céline et ses bagatelles. Je trouve au contraire qu'il fait preuve dans ce livre d'un style assez inégalé, assez nerveux : plus personne n'écrit comme ça aujourd'hui.
      Quant à Rebatet que je n'ai pas lu, s'il est aussi chiant que Drieu avec son Gilles ou sa Rêveuse Bourgeoisie, je m'abstiendrai.
      Reste Mein Kampf évidemment. Mais là on est comment dire...dans le must.

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  12. Ceci dit quand Lulu Rebatet s'attaque à Pétain, ça manque de drôlerie. Il n'est pas au niveau de Céline dans "le château". Ce point me parait absolument primordial. Faut pas plaisanter avec la drôlerie.

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    1. D'un autre côté, Céline est nettement moins concis que La Rochefoucauld, alors…

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  13. C'est étonnant, j'ai lu Mein Kampf quand j'avais 18 ans ou dans ces eaux là, mais Rebatet, ça ne me dit rien..t...

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    1. Vous le trouvez trop modéré ?

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  14. Je dois avoir dans un coin, deux ouvrages assez nauséabonds:

    Léon Degrelle persiste et signe et les discours de Marcel Deat, j'avais acheté ce dernier dans une boutique sise près de l'hôtel de ville de Paris, rue de Rivoli,elle se nommait ; le carnaval des affaires.

    Juste une remarque, les hommes qui ont collaboré avec les méchants nazis ont été pour la plupart, fusillés ou déchus de la nationalité française mais les gentils communistes comme Boudarel qui eux ont largement aidé le Vietminh, sont morts dans leur lit et ont eu une carrière plus que correcte.
    L'histoire est écrite par les vainqueurs.

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  15. Il faudrait tout de même mettre à jour "D.G. chez les Modernœuds"; avec tout ce qu'a pondu la perle des blogueuses depuis 1 mois, ne me dites pas qu'il n'y a pas de grain à moudre...

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  16. Finalement, quoi que vous fassiez et quoi que vous disiez pour aggraver votre cas, ici, vous continuerez à être aimé, car vos e-amis ont appris, au cours des ans, à lire en vous comme dans un livre ouvert.

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  17. sinon a propos de nauséabonderies bien nauséeuses il faut que je parle d'une perle moderne : le manifeste nauséabond de l'ubiquiste alias le pélicastre jouisseur Une vraie perle impubliable en France (et dans la quasi totalité des pays occidentaux) Pensez vous l'auteur ose dire que les noirs et les arabes sont généralement plus violents et moins intelligents que les blancs ou les asiatiques de l'est (chinois, japonais, coréens), que les homosexuels ont généralement (j'insiste des exceptions existent mais n'infirment pas la règle) un comportement amoureux et sexuel chaotique immature et dangereux (ce qui fait qu'ils sont plus touchés par des pathologies comme le sida, la dépression, la toxicomanie...) que les femmes ont en général une intelligence moyenne et qu'elle sont rares parmi les "meilleures des meilleures" ce qui explique sans doute le faible nombre de femme a ce que l'on appelle des postes de responsabilité ou encore de femmes qui ont vraiment marqué l'histoire Tenir ou écrire ce genre de propos en France (c'est sans doute pareil ailleurs mais je m'en fous un peu) vous mène directement devant les tribunaux et au lynchage publique (oh oui moi aussi je rève de ma faire traiter de waciste pas la grande pretresse shym membre de la race que dis je de la classe supérieure de métisse blancho-nègre pardon blancho-noire il ne reste plus qu'a la caser avec un des membres masculins de la famille Noah histoire que l'avenir de l'espèce soit assurée)

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  18. Je vous signale qu'on cause en ce moment de l'ouvrage en question sur France Culture.

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    1. J'ai certes complètement raté mon lien, mais il reste que vous pouvez toujours écouter l'émission en allant sur le site de France Culture durant les mois qui viennent (quelque chose comme mille jours), à l'émission Mauvais Genres de François Angelier.

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