dimanche 19 juin 2016

De la stupidité collective des critiques de cinéma


À Élodie

Ce devait être le chef-d'œuvre de l'année 2013 (celle où un chirurgien sans scrupule m'a piqué un rognon et où la Camarde m'a niqué mon père) : Gravity. Le concert de louanges fut assourdissant, je m'en souviens. Ce film marquait, disaient-ils, un “an zéro” de l'aventure cinématographique, frappant d'obsolescence tout ce qui était, dans le genre spatial, venu avant lui. Même Kubrick, avec son 2001, était prié de se recroqueviller dans sa pauvre tombe. Dès ce moment, je doutais un peu, en raison du fait que le rôle principal était tenu par cette ridicule endive humaine de Sandra Bullock, dont il ne me paraissait pas possible qu'un cinéaste, aussi doué pût-il être, sût la métamorphoser en actrice. Mais enfin, tout le monde semblait d'accord, dans les feuilles de chou consacrées au cinéma, pour considérer le chef-d'œuvre nouvellement éclos comme un chef-d'œuvre éternel.

Finalement, je le vis. Onc ne me fut donnée semblable bouse à me mettre sous les yeux, j'en atteste. Jamais ne visionnai film plus pauvre en imagination, davantage ennuyeux et plus pauvrement interprété (il est vrai, pour dédouaner cette misérable Sandra, qu'il n'y avait rigoureusement rien à interpréter) – sorte de jeu vidéo mal boutiqué et même pas interactif.

Conclusion abrupte mais indéniable : les critiques de cinéma sont des cons.

97 commentaires:

  1. Avouez que vous saviez exactement que ce "Gravity" avait toutes les chances d'être la cagade que vous dites ! Mais avouez aussi que vous ne pouvez pas vous empêcher de croire que ces critiques de cinéma pourraient être moins mauvais que vous pensez. Bref vous êtes bien inspiré quand vous parlez de "stupidité collective".
    P.S. Je me trouve très souvent en phase avec les critiques de Marie-Noëlle Tranchant.

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    1. Elle officie où, votre Marie-Noëlle ?

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    2. Elle tenait l rubrique cinéma du Figaro. Là il me semble que vous aurez de quoi faire :

      http://www.magistro.fr/index.php/template-2/lorem-ipsum-4/tranchant-m-noelle?start=18

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  2. J'espère qu'il y avait au moins quelques scènes de cul.

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    1. Une scène de cul avec la Bullock ? Et alors qu'elle passe l'essentiel du film toute seule ?

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  3. Je confirme, ce film est une bouse.

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  4. Sebastien tellibag19 juin 2016 à 22:34

    Disons que c'est une sorte de documentaire à voir en 3D. Sinon oui le scénario est inexistant

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    1. Eh bien, dans ce cas, qu'on nous montre un documentaire !

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  5. Je prie pour que la Camarde vous épargne votre dernier rognon (bien que je l'imagine assez goûteux).
    Je n'ai en revanche plus aucun espoir sur vos passions cinématographiques.

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    1. Mais que connaissez-vous de mes "passions" cinématographiques ?

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    2. Pas grand-chose c'est vrai, sinon l'échantillon que vous nous donnez à voir ici.

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    3. Mais comme je dis avoir détesté cette chose, ça ne vous apprend rien sur ce que je puis aimer…

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    4. Certes.
      En revanche laissez moi vous dire que j'aime beaucoup votre "télé au logis". :)

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  6. Dieu merci ! cette engeance va disparaître en
    2030 .

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  7. Voilà les critiques à sa sortie; on notera que seul Charlie-Hebdo n'avait pas aimé :

    http://www.allocine.fr/film/fichefilm-178496/critiques/presse/

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    1. C'est vrai que vous avez des lectures bizarres…

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  8. Ce film ne m'inspirait pas, pas que je sois grand clerc mais pour moi bourrin que je suis.seul le "space opéra" me comble parfaitement même si les bruit des vaisseaux interstellaires font hurler les puristes fanatiques de Kubrick avec. son "odyssée de l'espace."

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    1. Le bruit des vaisseaux ne me gêne pas non plus.

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    2. je trouve bizarre que les conspirationniste de tout poil ne dissertent pas sur ce sujet la alors qu'ils le font sur la couleur du ciel de mars ou encore sur les missions appolo D'ailleurs l'espace lui meme n'est peut etre qu'une simple invention conjointe nasa-CIA-FBI-sionistes-martiens pour empecher la libre circulation des terriens avec le reste de l'univers

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  9. Je pense que vous manquez comme on dit en Anglais "The elephant in the room", vous l'avez vu à la télévision j'imagine? Je l'ai vu au cinéma et en 3D et certes le scénario est pauvre mais le choc visuel que vous avez au cinéma avec la 3D est indéniable...

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    1. Peut-être, mais un film qui, pour ne pas s'effondrer sur lui-même, a besoin d'un écran géant et de la 3D, eh bien c'est précisément ce que j'appelle une bouse.

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    2. Pareil que Cherea... l’intérêt du film réside dans la 3D.

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    3. le film est pensé à mon avis comme une performance visuelle, sortir des belles images, rameuter des spectateurs au cinéma pour qu'ils aient accès à une technologie qu'ils n'ont pas chez eux, donc à la télé aucun intérêt. Je pense sincèrement que vous manquez votre cible là, ce qui est rare chez vous.

      Besoin d'un "écran géant et de la 3D et bien c'est une bouse" et bien dans ce cas, nous pouvons continuer et enlever l'éclairage, les technologies du son, les belles voitures et les jolies femmes tant qu'on y est...

      Je vais pousser le vice, je ne suis pas fou des films qui se déroulent dans l'espace, et j'ai apprécié Interstellar, du coup je n'ose pas trop vous le conseiller.

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    4. Vous ne m'ôterez pas de l'idée qu'une "performance visuelle" ne fait pas un film. Et, du coup, vous me convaincrez que j'ai "raté ma cible" une fois que vous m'aurez prouvé que Gravity est bel et bien un film et non une simple performance technique.

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    5. Mais qu'est ce qu'un "film" ?

      Et qu'est ce que "l'art" ??

      Merde, j'ai mal au crane....

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    6. Le cinéma c'est 24 images/seconde et celles de Gravity sont incroyables. Ensuite, pour le film, le scénario etc...en général et j'ai remarqué que c'est compliqué d'avoir des images nouvelles/innovantes et un scénario bien foutu. Vous me trouverez bien sûr des contre-exemples...mais par exemple les scénarii des films de Terence Mallick n'ont aucun intérêt alors que Tree of Life, pour illustrer... les images sont incroyables. Pareil vous me direz, ensuite, film-cinéma kiff kiff...on peut voir la différence telle quelle, les films c'est là où il n'y a pas de différence entre une projection en salle ou devant sa télé...le cinéma c'est quand la diffusion au cinéma est indispensable après on peut continuer de gloser...

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  10. N'est pas Bergman ou Seagourney qui veut !

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    1. Seagourney ? Je suppose qu'il doit s'agir d'une sorte de Sigourney marine ?

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    2. Sigourney Weaver, l'excellente interprète du lieutenant Ellen Ripley dans le non moins excellent Alien.

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    3. Essayons d'imaginer Gravity réalisé par Bergman...

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    4. J'ai plus horrifique à vous proposer, mon cher Alain : Sonate d'automne "remaké" par le réalisateur de Gravity. Avec Whoopi Goldberg et Sandra Bullock dans les rôles de la mère et de la fille…

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  11. Le genre space, comme vous dîtes, ne convient pas au cinéma où il sombre trop souvent dans le ridicule. Avec cependant une remarquable exception pour la trilogie des Starwars et toute sa panoplie d'inventions mythiques (les chevaliers Jedi, le sage Jedi, la princesse Leïa, etc...).
    Mais je ne suis pas sûre que cela vous convienne, je vous sens un peu trop raffiné - ou trop old school ? - pour ce genre de spectacle...

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    1. J'ai vu les films de la trilogie originelle au cinéma, à mesure qu'ils sortaient…

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    2. Et vous en avez pensé quoi ?

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    3. À l'époque, j'avais trouvé ça très divertissant et fort bien fait (le deuxième surtout : L'Empire contre-attaque), tout en considérant qu'il ne s'agissait nullement de science-fiction, mais plutôt d'une sorte de western galactique pour adolescents (éventuellement attardés, comme je devais l'être moi-même).

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    4. De l'importance d'être constant…

      (Et depuis quand vous savez faire des liens potables avec votre iMachin ?)

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    5. (j'ai toujours su mais c'est très chiant) (et je ne suis pas avec mon iMachin mais avec mon PC du bureau : je n'ai pas droit de commenter mon blog à partir de lui mais rien n'est dit pour ceux des autres...).

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  12. Quand on voit la place qu'a prise le sinistre Elie Arié sur ce blog, j'en viens à me demander s'il ne serait pas temps d'essayer de mettre fin au bannissement de jazzman qui, malgré tous ses défauts, avait au moins la qualité d'être amusant et ne se contentait pas de nous mettre sous le nez des journaux et magazines interdits de chiottes chez nous depuis longtemps ?

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    1. Oh, mais Jazzman peut revenir s'il le souhaite : je ne suis pas d'une nature rancunière.

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    2. Chouette !
      Merci Madame Mildred pour votre goût très sûr et bravo à Maître Goux pour votre belle mansuétude...

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  13. Dans l'émission "le Masque et la Plume" sur France Inter, ils avaient éreinté le film ce qui m'avait donc incité à aller le voir.
    Bien m'en a pris car j'ai vu le film en 3D et cela fut l'une de mes émotions esthétique de l'année. J'étais dans l'espace et je me planquais sous mon siège pour éviter les météorites. Le scénario est effectivement aussi limité que "Madame Bovary". C'est l'histoire d'une fille qui a un accident, dont le véhicule est endommagé et qui a des difficultés pour rentrer chez elle.

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    1. Si le but est de s'en prendre "plein la tronche", pourquoi ne pas aller plutôt à la Foire du Trône ou à Disneyland ?

      Et je ne vois pas en quoi le fait de se planquer pour éviter des météorites virtuelles serait de l'ordre de "l'émotion esthétique"…

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  14. @ Mildred

    Moi aussi, je vous aime.

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  15. J'ai bien aimé ce film vu en 3D et en VO. l'historie de Sandra avec sa fille est assez gnangnan mais le reste tient la route, il n'y a pas beaucoup d'erreurs scientifiques ; en vous lisant depuis 2007 je n'ai pas décelé chez vous un profond attrait pour l'astronautique alors j'imagine que vous avez dû vous ennuyer...

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    1. Je me suis ennuyé non par désintérêt pour l'astronautique, mais simplement parce que le film est nul et non avenu. Contrairement à ce que vous semblez croire, j'ai lu plusieurs livres d'astrophysiciens (de vulgarisation, évidemment) et les films qui ont l'espace et les voyages interstellaires pour thèmes me plaisent bien. Mais à condition qu'il s'agisse de films et non d'une succession d'images sans suite ni lien.

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  16. Elle a mis le "dred" où ça fait mal !

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  17. Je ne l'ai pas vu et j'en suis bien content.
    Qui, à part vous, critique les critiques?

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  18. Alfunso Cuaron est un réalisateur des générations post Spielberg qui font des films qu'on peut voir avec les yeux et les oreilles - donc spectaculaires - qu'on peut analyser avec notre cerveau - donc des films analytiques "à message" plus ou moins profond - et des films qui s'adressent sans qu'on le perçoive au subconscient du spectateur, ce qui est la grande spécialité de Spielberg.

    Ainsi, un des thèmes du film était la renaissance, ce qui suppose donc de mourir. C'était également un film sur la survie dans l'épreuve de la confrontation à un danger mortel. Le réalisateur a donc implanté dans l'image des messages de mort, certains étant évidemment identifiés par le cerveau du spectateur, mais d'autres non, puisque la marque de fabrique de ce genre de cinéma est de jouer avec ce qui est consciemment identifié par le cerveau et ce qui ne l'est pas.

    La technique a-t-elle marché sur vous? Je l'ignore, mais toujours est-il que vous avez mis une référence à votre maladie et à la mort de votre père dans la première phrase de votre article. Est-ce pour vous une façon normale, habituelle, de commencer un article critique sur un film que de faire une référence à la mort d'un proche et à une maladie qui vous touche? Peut-être que oui, peut-être que non, à vous de voir.

    Une autre raison de ne pas accrocher au film est qu'il propose une conception non religieuse de la spiritualité, dans le droit fil d'une pensée moderne actuelle, dépouillée de l'idée du divin. Si votre radar personnel ne travaille pas dans ces longueurs d'onde, il me semble assez clair que vous n'accrocherez pas la cible.

    Dernière raison de ne pas accrocher: le film a été analysé par une partie de la critique comme un film féministe. Quand on a un marteau dans la tête on voit des clous partout...

    Sur un plan matérialiste, il reste quoi du film? Un scénario il est vrai très linéaire, des images époustouflantes, mais on peut s'en lasser, un jeu d'acteur contraint (essayez de faire passer de l'émotion dans un scaphandre...) et une mise en scène très sophistiquée tenant compte du fait que l'essentiel de l'action se déroule non pas dans l'immensité de l'espace, pourtant omniprésent, mais dans l’exiguïté de trois lieux: le scaphandre, la capsule, la station spatiale.

    Le dernier lieu, le plus vaste, n'est semble-t-il pas une mer, mais un lac. Donc un plan d'eau fermé.

    Soit dit en passant, il y avait un paradoxe visuel très bien rendu: le huis clos dans l'immensité de l'espace. Du côté de la mise en scène, cet aspect-là est très réussi.

    L'autre difficulté était de parvenir à créer du bruit dans l'espace, puisqu'il faut mettre quelque chose dans la bande son, l'industrie du cinéma ne pouvant plus proposer à son public un film muet, sauf cas exceptionnel (The Artist avec Jean Dujardin). Cet aspect là a aussi été très bien réussi.

    Une remarque: il ne s'agit pas d'un film qui a "l'espace et les voyages interstellaires pour thèmes". C'est un film sur la volonté de puissance et la persévérance dans son être, comme Seul Sur Mars. Pour les besoins de la cause, Nietzsche et Spinoza enfilent un scaphandre, mais à vrai dire on aurait pu tout aussi bien situer l'action ailleurs, du moment que ça reste spectaculaire.

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    1. Après un tel pensum, il ne reste plus qu'à ouvrir le gaz. Ou à s'éjecter volontairement dans l'espace.

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    2. D'habitude c'est moi qui écris des tartines et qui frime en citant Spinoza et Nietzsche. Un concurrent ?

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    3. Je ne suis pas un grand cinéphile (les seuls films qui motivent ma concentration sont dans la plupart des cas très aériens puisque visionnés durant la traversée de l'Atlantique. C'est ainsi que je peux apprécier des " blockbusters " 5 ans après leur sortie (et, bien souvent, je regrette de ne pas m'en être inquiété plus tôt car de qualité et je tiens, ici, en cette occasion, à remercier chaleureusement l'aimable participation d'Air France ou de toute autre compagnie aérienne). Toutefois, dans le cas présent, j'ai fait l'effort de le regarder dans d'autres circonstances et sur le même principe de recommandation que le votre à savoir une critique et un bouche à oreille élogieux. Or, quelle purge !!! Je ne sais pas si c'est effectivement le message féministe qui m'a fait somnoler mais ce fut d'un ennui presque aussi mortel qu'un film vu dans ma prime jeunesse qui s'appelait " cyclo " et qui m'avait valu quatre longues heures dans un cadre qui était cependant sympathique puisqu'il s'agissait du cinéma la Pagode dans le 7eme. Pour ne pas rester sur un échec spatio-temporel, je suis allé voir le film que Gravity devait remplacé dans nos cœurs à savoir " 2001 l'Odyssée de l'espace ", je m'y suis aussi ennuyé mais celui-ci au moins il m'en reste quelque chose qu'une étude intellectuelle pourrait éventuellement dénouer les nœuds formés dans ma tête... parce que les messages subliminaux que les cinéphiles voient dans l'action bienfaisante des réalisateurs demeurent, chez moi, bien mystérieux.

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    4. D'un autre côté, évoquer le subliminal pour trouver des qualités à une daube, c'est tout de même bien pratique, puisque impossible à réfuter.

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    5. Vous êtes trop sévère.

      Le film Gravity a des qualités intrinsèques de mise en scène qui ne relèvent pas du subliminal, mais de la maîtrise d'un métier: faire des films. Donc d'un savoir faire, matérialiste et utilitariste, qui se déploie sur le plan du réel.

      Par ailleurs, je doute que le subliminal, qui ressortit à la 25ième image, donc à l'intention du cinéaste de manipuler le spectateur, soit unanimement considéré comme une qualité (on peut voir à ce sujet le film Le Prestige).

      Il se trouve en effet que les gens n'aiment pas être manipulés. Pourtant, nous allons au cinéma. Le cinéma est donc par définition un paradoxe. C'est un viol consentant, mais pas consenti.

      Un film n'a d'intérêt pour vous que si vous êtes sensible à ce qu'il raconte. Si vous n'avez pas d'intérêt pour un film, il est tout à fait possible que le film soit nul, mais il est tout à fait possible, aussi, que vous soyez inapte à le comprendre.

      Une œuvre de l'esprit fait jeu égal avec son spectateur (bon, je vous dis ça comme une vérité établie, mais en fait, on sait pas trop).

      Si vous regardez un film comme Le Ruban Blanc, par exemple, vous pouvez le comprendre ou pas, mais ce n'est ni de sa faute ni de la vôtre si jamais ça marche pas entre vous.

      C'est très spécial, une œuvre de l'esprit. C'est comme si c'était vivant.

      La caractéristique majeure que, de mon très humble point de vue, un spectateur doit rechercher dans une œuvre de l'esprit est une manifestation crédible, émouvante et structurée de la vie.

      Je sais par ailleurs que vous n'avez aucune appétence pour l'art contemporain et je constate sans énormément de surprise que les artistes, dans ce domaine, travaillent souvent avec un soin maniaque à supprimer cette preuve de vie. Alors qu'elle était éclatante dans les formes antérieures de l'art.

      Et pourtant, je ne suis pas un romantique.

      En disant que vous faisiez une référence à la mort, mon désir n'était pas de vous heurter, mais juste de vous dire que vous aviez le doigt sur la plaie, sans forcément comprendre de quoi il est question dans votre critique d'un film, puisque votre post en est une.

      La critique d'un film n'est pas l'occasion d'affirmer que les autres sont des cons, car ce genre d'occasions ne manque pas dans la vie, c'est surtout l'occasion de se dépasser.

      PS: merci d'avoir publié mon com, sachant que nos relations épistolaires, quoique neutres dans leurs effets sur nos corps respectifs, sont acides dans leur substance.

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    6. Au sujet de ceux qui "en écrivent des tartines", personnellement je ne lis jamais les très longs commentaires car j'estime, à tort ou à raison, qu'il est malséant d'écrire des commentaires plus longs que le billet auquel ils sont censés répondre.

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    7. Si vous voulez, Mildred, mais on peut considérer aussi que si les premières lignes ne vous accrochent pas, on a une bonne raison de ne pas lire la suite. Si au contraire on est accroché, pourquoi s'en priver ? Et puis considérer la taille du billet initial comme étalon est un peu léger : s'il fallait commenter l'appel du 18 juin selon cette règle, les historiens seraient dans le caca.
      Nous sommes ici chez un écrivain, ne l'oubliez pas, alors pourquoi ne pas se donner le droit d'exposer complètement ses idées ?

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    8. Entre vous, Marco Polo, et moi, il y a toute la distance qui sépare de manière rédhibitoire, celui qui vient ici pour - le cas échéant - "exposer complètement ses idées", et celle qui n'est là rien que pour rire et s'amuser !

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    9. Ah ! mais l'un n'empêche pas l'autre !

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  19. Je l'ai vu une première fois en 3D et en grand et me suis fait chier. Puis je l'ai revu une deuxième fois dans un avion sur un tout petit écran basse résolution et me suis fait chier tout autant. Pourtant c'était plus réaliste car il y avait des trous d'air.
    Conclusion : ça n'a rien à voir avec la 3D, c'est un film chiant picétou.

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  20. Merci, Tschok, je suis en pleine lecture du livre de Juffé "Sigmund Freud Benedictus de Spinoza, Correspondance". Pour une fois qu'un livre compliqué me sert à comprendre quelque chose en dehors de lui, chuis bien content. Et le résultat est là : le papier de Goux et votre post m'ont donné envie de voir Gravity, mais en salle. Est-ce possible ?

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    1. Si vous y parvenez, pensez à revenir par ici nous donner votre avis tout neuf…

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    2. Une scène particulièrement plaisante dans Gravity, au cinema, celle où Clowny flotte dans l'espace.

      En revanche, seul sur mars est d'un chiant...mais d'un chiant. Même regarder les trains passer s'avère moins ennuyeux.

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    3. En effet, le scénario ne donne guère envie. Pas plus que la perspective de regarder Matt Damon cultiver ses patates martiennes. Cela dit, j'aime bien Jeff Daniels, et aussi la petite Kate Mara (pour d'autres raisons…), découverte (aux deux sens du terme)dans la première saison de House of cards. J'y jetterai sans doute un coup d'œil quand il passera sur une chaîne dont je dispose.

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  21. Drôle de hasard, la semaine dernière je me demandais ce que je pouvais prendre à la médiathèque comme DVD, j'ai pris Gravity, j'ai lu le résumé au verso, je me suis rappelé qu'il y avait Sandra Bullock et je l'ai reposé dans l'étagère.

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    1. Oui, Sandra Bullock c'est un peu comme Julia Roberts : si elle est la vedette d'un film, on peut être à peu près certain qu'il s'agit d'une niaiserie. C'est pratique, en un sens.

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    2. D'une manière générale je me méfie des films super-trop-bien depuis Avatar.

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    3. Ah, oui, ça aussi c'était une daube de première grandeur ! Mais enfin, au moins, il y avait un scénario. Niais, d'accord, mais enfin…

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    4. Il y a, comme ça, un certain nombre d’acteurs que l’on peut qualifier de bien pratiques : Jean Reno, Robin Williams… A dix euros la place, ces deux-là à eux seuls m’ont fait économiser beaucoup d’argent. Je les en remercie.
      A ce propos, éreintâtes-vous jadis Le cercle des poètes disparus ? Car s’il est un film que nous aimerions tous, du moins le supposé-je, que vous éreintâtes, c’est bien ce répugnant éloge de la rebellitude, autrement appelé conformisme adolescent.

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    5. Je voulais dire bien sûr : que vous éreintiez. En bon rewriter vous aurez corrigé. Vous pouvez d'ailleurs corriger, je vous en remercie, si ça n'est pas trop vous demander...

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    6. Nous sommes entièrement d'accord à propos des deux que vous citez (j'en ai encore quatre ou cinq autres en réserve d'ailleurs). Quant aux Poètes disparus, il faudrait pour l'éreinter que je le revisse, ce qui est très largement au-dessus de mes pauvres forces.

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    7. J’aurais bien aimé caser nous aurions tous aimé que vous éreintassiez, mais c’est trop tard.
      Par contre il n’est pas trop tard pour éreinter Robin Williams. En plus il est mort. Éreinter un mort, c’est encore meilleur.

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  22. Par contre, la science-fiction en littérature c'est un univers passionnant que j'ai beaucoup exploré autrefois (sur les conseils avisés de mon père qui était déjà abonné à Galaxy dans sa version américaine et qui avait une belle collection d'ouvrages SF dans sa bibliothèque).
    Le genre s'est un peu assoupi, je crois...

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    1. Je ne partage guère votre enthousiasme pour la science-fiction en tant que genre “littéraire”. Mais nous y reviendrons, comme on dit.

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    2. Vous me trouverez au rendez-vous ! Je m'en réjouis par avance...

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    3. J'ai eu quelques soucis avec la SF pure & dure, cependant j'ai lu plusieurs trucs de Jean-Philippe Jaworski, je ne sais pas si c'est de la SF ou de la Fantasy...mais c'est, vraiment, vraiment bien...entre autres gagner la guerre ou encore Rois du Monde I, même pas mort.

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    4. @ Didier Goux

      Vous avez lu des Philip K. Dick ?

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    5. Évidemment. C'est d'ailleurs systématiquement lui que les amateurs convoquent lorsqu'ils veulent soutenir que la SF n'est pas un genre "mineur". À juste titre d'ailleurs, car il s'agit là d'un véritable écrivain. Mais, d'une part il est l'un des rares, d'autre part il me semble se situer à l'extrême frontière de ce qu'on appelle couramment la science-fiction.

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    6. Jaworski, c'est de la fantasy. J'aime beaucoup la plus grande partie de sa production littéraire. J'attends la suite des Rois du Monde en espérant que le niveau se maintienne. J'en avais causé ici :

      http://cabinetcuriosit.blogspot.fr/search/label/Jean-Philippe%20Jaworski

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    7. Frank Herbert qui a écrit la série originale de "Dune", avant que ses héritiers ne massacrent l'héritage en y ajoutant des suites commerciales et mal écrites.
      Ursula K. Le Guin, une des rares femmes écrivain de SF, dont les nouvelles sont admirables d'inventivité de poésie et de psychologie.
      Samuel Delany, un Afroaméricain à l'esprit très percutant.
      Cordwainer Smith, diplomate, médecin, parlant le chinois et le russe. Sous forme de splendides nouvelles, il nous livre la légende du futur dans sa saga des "Seigneurs de l'Instrumentalité".
      Arrêtez ma main, ou je continue...
      Bref, tout un monde passionnant à explorer.

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    8. Je ne doute pas qu'il ait de la bonne science-fiction, très Chère. Mon problème est la science-fiction en elle-même, que je considère comme presque toujours décevante, incapable de tenir ses promesses (mais, encore une fois, je tâcherai d'y revenir un peu plus longuement).

      Vous me faites penser à ma mère qui, trois fois sur quatre, lorsque je refusais de manger les haricots verts qu'elle posait sur la table familiale, me disait « Tu a as tort, tu devrais y goûter, ils sont vraiment délicieux. » À quoi je répondais invariablement : « Je ne doute pas qu'ils soient délicieux, Maman. Seulement ce sont tout de même des haricots verts… et je n'aime pas les haricots verts ! »

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    9. Ok ! cher Maître. Je vais essayer de me souvenir que le haricot vert représente pour vous une sorte d'astronef extraterrestre. A ne pas vous servir, même en salade...

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    10. En fait, le terme de "fiction scientifique" me semble plus adapté que "science-fiction".

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    11. Tout à fait, c'est beaucoup plus proche de la réalité. Et encore, dans beaucoup de cas le terme de scientifique est carrément superflu.
      Au départ, je suppose qu'il s'agissait de traduire directement de l'anglo-américain dans la hâte de partager une nouvelle forme de littérature !

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    12. @ Didier Goux

      "Il (Philip K. Dick) me semble se situer à l'extrême frontière de ce qu'on appelle couramment la science-fiction."

      C'est vrai; un peu comme Lovecraft.
      Mais ils avaient tous deux un grand atout : ils étaient complètement givrés.

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    13. Lovecraft n'a rien à voir avec la SF : c'est un écrivain fantastique ; dans la lignée de Dunsany et de Poe.

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  23. Huxley c'est de la science fiction et plutôt réussi (j'espère que je n'ai pas commenté deux fois ? le 1er commentaire a disparu de ma vue comme une comète

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    1. Oui, Huxley, évidemment… Mais enfin, ce n'est pas non plus du "premier rayon", comme littérature, si ?

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    2. Ceci dit, il y a des jours comme ça où Twitter envoie du rêve. Ce mardi, par exemple, cette magie a pris la
      forme d’un selfie réunissant Karine Le Marchand et… Michel Houellbecq... bon...

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  24. Non, non, non ! Alfonso Cuarón est le Flaubert du cinématographe et mieux encore : un Flaubert accompli, dépassé. C'est absolument un film gravitant dans le vide, un film sur rien.

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  25. La science fiction englobe plusieurs styles qui peut se l'heroic fantasy (Conan le barbare) au Space Opéra ( Perry Rhodan) en passant par le Cyber Punk (Câblé).

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  26. marianne ARNAUD23 juin 2016 à 08:50

    Et puisqu'il faut toujours retomber sur ses pieds, il est normal qu'on en soit revenu à Michel Houellebecq. J'en profite pour signaler le numéro spécial du Figaro intitulé "Michel Houellebecq le grand désenchanteur" qui lui est consacré. Et pour vous "mettre la langue à la bouche", comme disait ma nièce :

    "Nous voulons retourner dans l'ancienne demeure
    Où nos pères ont vécu sous l'aile d'un archange,
    Nous voulons retrouver cette morale étrange
    Qui sanctifiait la vie jusqu'à la dernière heure.
    Nous voulons quelque chose comme une fidélité,
    Comme un enlacement de douces dépendances,
    Quelque chose qui dépasse et contienne l'existence;
    Nous ne pouvons plus vivre loin de l'éternité."

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    1. Et semblant lui répondre, cet hommage du pape François à Benoït XVI :

      "...il incarne ce rapport permanent avec le Seigneur Jésus sans lequel rien n'est plus véritable, tout devient routine, les prêtres presque des salariés, les évêques des bureaucrates et l'Église n'est plus l'Église du Christ mais...une ONG en fin de compte superflue..."

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  27. Contempler deux poissons rouges dans un bocal ou bien me taper le nième épisode débilo de Stars wars, j'opte pour le premier choix. Du coup j'ai trouvé Gravity bien supérieur à la plupart des daubes auxquelles je me suis confronté ces dernières années.
    Je suis un débilo contemplatif !
    Et bravo à Tschok pour ses posts (j'ai lu quelque part, après avoir visionner le film, le même genre d'interprétation qui m'avait convaincu à l'époque ).
    Bref, n'écoutez pas monsieur Goux (que j'apprécie énormément) et achetez le dvd.

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