lundi 27 juin 2016

L'histoire de la Grande-Bretagne vue de Lyon


Entre Rhône et Saône, on connaît à merveille son histoire de l'Europe en général, et celle de l'actuel Royaume-Uni en particulier ; on le prouve tous les jours. Voici ce qu'écrit ce matin un Croix-Roussien pur jus, à propos d'un récent référendum et de ses conséquences (les errances typographiques et syntactiques sont de son fait) :

« Quitter l’Europe et peut-être bien perdre ses alliées historiques (Écosse, Irlande du Nord), c’est une autre conséquence que Londres n’avait pas envisagé. »

Donc, de Bellecour à Perrache en passant par les Terreaux (Les Terreaux : place scandaleusement genrée…), on considère que l'Écosse est un “allié historique” de l'Angleterre, ce qui risque fort de surprendre les deux peuples situés de part d'autre des monts Cheviot. C'est faire assez bon marché de l'Auld Alliance, signée à la fin du XIIIe siècle entre la France et l'Écosse, contre l'Angleterre. Tenons-nous en là : détailler les tensions, luttes, conflits qui, depuis plus de mille ans, ont formé l'essentiel des rapports entre Anglais et Écossais demanderait au bas mot dix fort volumes, que je n'ai guère le temps d'écrire en ce moment.

Il est par ailleurs très sot, ou très fat, de s'imaginer que les soubresauts à venir (éventuellement) n'ont à aucun moment été “envisagés” par le gouvernement britannique, et qu'on est donc le premier à en formuler l'hypothèse.

Mais les Lyonnais, ça ose tout ; c'est même à ça qu'on les reconnaît.

42 commentaires:

  1. C'est vrai ça : mais à quoi pensent-ils les anglais ?
    Je trouve que les anglais ont eu raison ; peut-être pas d'un point du vu économique — encore que cela ne soit pas certain et bien malin qui peut prédire l'avenir —, mais on se fiche de l'économie de toute façon, c'est secondaire comme disait Mitterrand… Les anglais font encore un peu de politique, eux…

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    1. Comme M. Jourdain de la prose ?

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    2. (…) "Et je ne sais ce qui m'a pris, par sympathie, je me suis mis à lui parler de l'Angleterre, de l'admiration, de l'estime que j'ai pour ce pays, pour son peuple, ses traditions, ses mœurs civiles, et que s'il est un pays où il y ait encore quelque chose d'une civilisation appréciable, c'est l'Angleterre, que s'il y a une démocratie que l'on peut estimer, c'est la démocratie anglaise, alors que les démocraties latines : française, espagnole, italienne, sont méprisables, de pures abjections. Il m'a fait cette juste réponse, que négligent ou ignorent souvent les journalistes français quand ils se mêlent d'écrire sur ces contrastes : différence de caractère.”(…)
      Paul Léautaud, Journal littéraire XVI (1946)

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    3. Monsieur Y, vous n'allez pas me faire relire pour la troisième fois le journal de Léautaud, quand même ?

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    4. Boh, un homme comme vous ne craint pas les six milles pages d'un tel délice : c'est le petit Jésus en culotte de velours…

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  2. C'est amusant de voir comment les gens refont l'histoire assez facilement. Il n'y a pas plus de deux ou trois ans, il y avait un referendum en Ecosse parce que des braves gens pensaient qu'il serait mieux de quitter le RU (le plus rigolo est qu'une des raisons de la victoire du non est que l'Ecosse, en quittant le RU, était obligé de quitter l'UE).

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    1. Finalement, ils sont assez cohérents, ces Écossais.

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    2. ces réferundums sont d'une logique implacable car ces derniers ne sont que le recours au peuple et les "peuples" en question n'ont pas vraiment été consultés ni écoutés lors qu'il fut question de marier l'écosse avec l'Angleterre ou encore de faire rentrer le Royaume Uni dans la mélasse uropéenne

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  3. Je croyais ne me faire aucune illusion sur les européistes, mais j’avoue être étonné par ces petits joueurs. Une pétition pour revoter jusqu’à ce que tout le monde vote bien ! Des électeurs interviouvés à la sortie de l’isoloir et « regrettant déjà leur vote » ! Depuis 24 ans que je regrette d’avoir dit oui à Maastricht je ne me souviens pas avoir été interviouvé. En revanche je me souviens avoir revoté en 2005, et on sait ce qu’il en fut…
    Le pire reste à venir. Qu’est-ce que le camp du bien va maintenant inventer pour soumettre les peuples indisciplinés ? Quels trésors de « pédagogie » ? Et si le joli château de cartes finit malgré tout par s’écrouler devant les mines déconfites de nos zélites, que j’imagine déjà avec un profond bonheur, quelle nouvelle utopie vont-elles nous sortir de leur chapeau ? Craignons le pire. En attendant, essayons d’imaginer de notre côté ce qu’on pourrait faire pour mettre un terme à leurs nuisances. Et buvons un coup, goddammit !

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    1. Un peu tôt pour boire un coup : je vais sagement attendre six heures…

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    2. Bon, ça y est, il est 18 h. Il est bu, ce coup ? Car vous n'allez pas me dire que vous n'avez pas fêté l'événement !

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  4. « (…) on peut quand même engager le pari que la métamorphose des êtres humains n’est pas complètement accomplie, que l’humanité n’est pas entièrement libérée de l’erreur, donc que le programme modernitaire ou modernocrate ratera comme les autres, au bout du compte, parce que l’homme le fera rater par son humanité même (son humanité de ringard incurable !) comme il a toujours fait échouer tous les programmes. (…). C’est le seul espoir qui nous reste. Il est considérable.
    Philippe Muray, Essais, Les Belles Lettres, p. 1329

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  5. Notons bien que des imbéciles viennent de proposer que le Poitou soit en Aquitaine.

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    1. Bof ! au point d'«inculturisme» où nous sommes rendus, un peu plus un peu moins…

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    2. C’est normal. Muray (encore lui !), avec la fin de l’Histoire, avait prédit celle de la géographie.

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    3. incroyable un homme politique qui s'appelle alain, qui a une calvitie importante et qui vit a Bordeaux est...socialiste et il préside la région aquitaine

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  6. Il me semble que des régiments irlandais aient combattu pour le royaume de France à la bataille de Fontenoy.
    Les irlandais n' aiment pas trop les anglais.

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    1. Mais oui ! Je me suis concentré sur les Écossais pour ne pas être trop long.

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  7. Ce Lyonnais n'est qu'un symptôme, un exemple justement de ce que l'UE cherche à produire : à savoir des citoyens hors-sol, sans culture ni patriotisme. Sans attaches et sans mémoire, par conséquent facilement manipulables, interchangeables et jetables...
    Et même si le Brexit n'est que le résultat d'un pari qui a mal tourné, il aura eu le mérite d'ouvrir les yeux des Européens avant qu'il ne soit trop tard et qu'ils ne soient pour longtemps pris dans la nasse.

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    1. Il n'est jamais trop tard. Regardez : même l'URSS, malgré son formidable arsenal répressif, a fini par s'écrouler. L'UE connaîtra le même sort. Peut-être même de mon vivant.

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  8. Figurez-vous qu'il y a même un maire socialiste tendance socio-libéral - ou libéral-social, je ne sais plus - à Lyon, et que les Lyonnais en sont, majoritairement contents, particulièrement à la Croix-Rousse.
    Évidemment bien qu'on ait toujours eu droit à des élections, où au second tour, les centristes-cathos votent pour la gauche-franc-mac, on n'a encore jamais eu droit à une de ces bonnes petites pétitions des familles dont on entend parler ces jours-ci en Grande-Bretagne, pour décider au Parlement si le vote des Lyonnais est valide.
    Moi, j'ai tendance à penser que NON !

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    1. N'oubliez tout de même pas que les Lyonnais sont des Français comme les autres…

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    2. Les Charcuteries Olo28 juin 2016 à 14:01

      Non, eux ils mangent du cochon. Beaucoup de cochon.

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  9. Vivent les Écossais libres et leurs roubignoles aussi !

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    1. Ils ne seront libres que s'ils ne font pas la conneries de demander à entrer dans l'Uheu…

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  10. Guy-Alain Bembelly ? Vous avez vraiment des lectures de désœuvré ! Moi qui ne suis pas lyonnais (j’habite à Lyon, nuance !) je trouve quand-même excessive et inutilement méchante la dernière phrase de votre billet. L’individu dont vous relevez à bon droit l’inculture historique est, il est vrai, parfaitement représentatif du "Croix-Roussien" d’aujourd’hui : Le bobo suffisant, satisfait et mondain qui a repoussé vers "rurbain" le "Croix-Roussien" d’époque aux mains usés par le labeur. Et vous généralisez à partir d’un spécimen d’autant plus "importé" que sa blackitude ouvre-boîte améliore sa carte de visite…
    Certes, le lyonnais "pur jus" est assez faux-cul, je vous l’accorde. Mais "padamalgam" SVP ! Pas vous !

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    1. Mon cher, vous avez dû manquer un épisode. J'ai écrit un billet, il a quelque temps, pour dire, en gros, que j'en avais assez des mots "dangereux" et que, désormais, je remplacerais le mot-qui-désigne-des-gens-à-la-peau-plus-foncée-que-la-mienne par "Lyonnais", sans que cela ne concerne en rien les véritables et authentiques habitants de Lugdunum.

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    2. par "Lyonnais"

      Çà marche aussi avec "Suédois", j'ai vérifié.

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    3. ou "vladimir" pour n'importe quel prénom musulman

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  11. Et pourtant je vous parie que ce lyonnais a vu Braveheart, l excellent film avec Mel Gibson, gros succès, qui raconte la révolte des clans ecossais unis contre l'affreux Edouard Ier, roi d'Angleterre

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  12. Piquons leurs tous leurs Pictons...

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  13. Pourquoi tous les commentateurs écrivent-ils (à juste titre) "les Ecossais", et (à tort) "les anglais" ?

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    1. Allez savoir… Une rancœur ancestrale ?

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    2. c'est parce que l'emploi du mot anglais est devenu courant car on l'utilise généralement pour parler de la langue elle meme d'ou l'amalgame entre celle ci et son peuple d'origine

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  14. Marrant : en France, ceux qui se félicitent du résultat du référendum sur le Brexit sont souvent les mêmes qui contestent la valeur du référendum sur Notre-Dame des-Landes…au prétexte qu’on ne proposait pas aux électeurs de ce dernier des solutions alternatives !

    Et aux Britanniques, on leur proposait un choix entre une série de traités européens alternatifs ?

    Un référendum est une question à laquelle il faut répondre par OUI ou par NON.

    D’ailleurs, si le NON l’avait emporté à NDDL, ils n'auraient rien trouvé à y redire…

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    1. les gauchistes sont des démocrates en peau de lapin, d'ailleurs ils ne sont loin d'etre les derniers a se plaindre du "populisme" et de la "démagogie" de la droite et surtout du FN, alors qu'en théorie, si on les prenait au mot, la satisfaction des désirs populaire et l'avénement d'une démocratie véritable devrait etre leur principal cheval de bataille Mais il est bien connu que l'etre humain agit et pense souvent en contradiction avec ses paroles, surtout si ses dernieres sont publiques, formatés qu'elles sont par les spin doctors et autres pro de la com et de la pub, elles puent souvent la langue de bois, l'hypocrisie, la démagogie la volonté de ménager la chevre et la choux et de marier la carpe et le lapin

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  15. Le Français,que Baudelaire voyait comme "un animal de basse-cour, si bien domestiqué qu'il n'ose franchir aucune palissade", est cependant très souvent pour le contre.

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  16. Vos "Lyonnais" ont bon dos : il en faudrait peu pour que le Lyonnais que je suis (Croix-Roussien au surplus) ne crie à la "stigmatisation" et à l' "amalgame" (c'est très en vogue). J'admettrais à la rigueur la métonymie (en est-ce une ?), mais à tout prendre, je préfère généraliser la chose à tous les "Vladimir", si vous n'y voyez pas d'inconvénient.

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