samedi 23 mai 2020

Vie et destin d'un grand roman russe

J'ai plusieurs fois parlé ici de Vassili Grossman et de son chef-d'œuvre, Vie et Destin. Le hasard vient de faire que, musant dans les allées virtuelles de Youtube, je suis tombé sur une émission d'Arte consacrée à ce roman et à son auteur. Émission digne d'éloges en tous points, ce qui ne semble pas être si fréquent lorsqu'il s'agit de la chaîne pseudo-culturelle. Que vous ayez lu ou non ce livre majeur du siècle qui fut le nôtre, si vous en avez assez des ressassements covidiens qui sont notre pénible lot ces temps-ci, si vous avez une heure à ne pas perdre, je vous encourage vivement à la passer en compagnie de Vassili Grossman : je serais surpris si, après cela, vous ne vous précipitiez pas sur Vie et Destin. Surpris et un peu triste.


15 commentaires:

  1. Je vais de ce pas de ne pas regarder, ça m'évitera de vous décevoir...

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    1. Vous avez tort : c'est un excellent documentaire (pour une fois).

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    2. J'ai regardé. Vous avez raison : ce documentaire est excellent. Vraiment.

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    3. Oui, c'en est même étonnant. Maintenant, il ne vous reste plus qu'à ingurgiter les 800 pages du roman…

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  2. Moi je vous fais confiance mais je n'ai pas une heure à ne pas perdre !

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  3. C'est un documentaire qui se regarderait presque comme un film, un film où il y aurait beaucoup de salauds et l'écrivain dans le rôle du repenti. La toile de fond en serait la lutte pour la liberté, liberté qui toujours se dérobe.
    Un film dans lequel un roman est assimilé à un être humain, arrêté et jeté en prison pour avoir dit la vérité.
    Très intéressant en effet.
    Mais 800 pages tout de même...

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  4. En revanche je ne suis pas d'accord avec l'un des intervenants quand il dit que le mal était présent dans l' œuf nazi quand il ne l'était pas dans celui du communisme. C'est toujours le même argument qui sert à disculper les crimes du communisme : la belle idée dévoyée.

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    1. On pourrait, je crois, en discuter à perte de vue et d'argument. Quand l'essentiel revient tout de même à juger de ces deux tyrannies sur leurs effets. Parce que, les "intentions", hein…

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    2. Alors tenons une comptabilité, juste une comptabilité, et oublions le reste.

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    3. Saurez vous faire la même chose avec le capitalisme ?
      Tenir une comptabilité, juste une comptabilité ?

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    4. dsl : Par cette saillie, vous voulez disculper le nazisme ou le communisme ?

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  5. Après tout le nazisme ne se présentait t-il pas lui aussi comme une idéologie émancipatrice au service du peuple et des travailleurs ?

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    1. Peut-être pas de "tous" les peuples ? Car ce qui le distingue aussi bien du communisme que du fascisme,c'est justement la hiérarchisation des peuples.

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  6. Excellente prédiction. J'ai commandé le bouquin après avoir regardé cette émission tout cela avant d'avoir lu votre billet. J'ai hâte de voir ce que ça donne. La lettre à Krouchtchev : "libérez mon livre", objet devenu humain par la bêtise du KGB. Quelle hommage.
    Thierry

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    1. J'ai fait le chemin inverse. La force du roman fleuve maisdoit-on s'attendre à autre chose avec nos amis Russes. Je dois, à ce titre, remercier Ddier Goux, puisque j'en suis à mon 5eme " opus " de Dostoîevski, qui, si Pasolini était considéré comme la pythie des années de plomb, devrait être, quant à lui, celle des Progressistes tant les ressorts et mécanismes de l'âme humaine expliquant les " quelques errements " sont disséqués avec force. Pour revenir à Grossmann,la rédaction même de ce livre pourrait faire l'objet d'un livre. Quant à sa singularité, notons qu'un passage seul du livre à fait l'objet d'un petit livre " la dernière lettre " ce qui peut déjà apparaître comme un élément annonciateur de son impact. D'ailleurs, je serais curieux de lister les ouvrages dans ce cas. Beaucoup est résumé ici " il y a aussi des êtres à l amorale atrophiée, ils sont prêts à approuver tous les crimes pourvu qu'on ne les soupçonne pas de désaccord avec les autorités ". Outre que l'on peut se dire la même chose lorsque l'on est sur les rives du politiquement correct, cette phrase m'a fait penser à un autre de vos billets http://didiergouxbis.blogspot.com/2009/02/et-frederic-beant-reconnut-senecal.html où, finalement, on retrouve en filigrane des personnages de ce Vie et Destin magistral.

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La boutique est rouverte… mais les anonymes continueront d'en être impitoyablement expulsés, sans sommation ni motif.