lundi 17 novembre 2014

Le vermicelle des amours enfantines


C'est le détail indubitable, celui qui me prouve chaque année que je n'ai plus du tout à craindre un inopiné retour de l'été maudit : lorsque Catherine nous sert la première soupe de l'automne. Ce fut ce soir et, durant une vingtaine de minutes, j'ai eu l'impression étrange de passer sans cesse d'une chanson de Boris Vian à une autre de ce grand con de Brel. De Vian parce que la soupe était aux vermicelles (délicieuse régression vers les premiers âges : on ne pourrait faire mieux qu'avec de petites pâtes “alphabet”) ; de Brel à cause des grands “slurp” que nous étions contraints d'émettre afin d'absorber un peu d'air avec le bouillon, de façon à éviter les brûlures linguales au troisième degré.

C'est la raison pour laquelle je ne commande jamais de potage ni de consommé (ces versions chichiteusement urbaines de la soupe) dans les restaurants, et n'aime pas beaucoup que l'on m'en serve quand on m'a invité à dîner : je suis parfaitement capable de manger ma soupe en silence, mais je trouve fort contraignant, et même frustrant, de devoir le faire. Bien que faisant preuve d'un incroyable raffinement dans toutes les autres circonstances de la vie, comme chacun qui me connaît pourra en témoigner, je reste un mangeux d'soupe passablement glèbeux.

18 commentaires:

  1. Je ne dirai rien de cette soupe, mais je n'en pense pas moins !

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    1. La photo a été prise sur internet et ne reflète nullement ce que nous avons mangé.

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  2. "comme chacun qui me connaît pourra en témoigner".

    Andouille ! N'oubliez pas que des lecteurs vous connaissent réellement.

    A part ça quiconque me fait de la soupe ailleurs que chez ma mère (et c'est ma mère qui l'a fait) ou chez moi (et c'est moi qui ouvre la boîte) ne mérite que le mépris, sauf si le résultat s'apparente à du velouté ou du consommé, termes que je conchie comme vous. C'est compliqué mais pour une fois qu'un blog aborde un vrai sujet.

    Faudra parler du tapioca aussi.

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    1. Pour la soupe servie "chez les autres", je ferais une exception pour le bouillon que l'on sert juste avant le pot-au-feu.

      En ce qui concerne le tapioca, j'ai peur que mes souvenirs en soient beaucoup trop lointains pour que je puisse engager la discussion avec vous sur ce terrain.

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  3. "je reste un mangeux d'soupe passablement glèbeux."

    C'est un des principaux plaisirs de la soupe, retrouver le pécore qui sommeille en nous. C'est ce que je ressens lorsque je me fait une bonne soupe au fromage bien cantalienne, surtout lorsque sur la fin je mouille le bouillon d'un bon verre de rouquin.

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    1. Ah ! la soupe au fromage ! Celle qui laisse des fils dans la moustache, comme des guirlandes au sapin…

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    2. J'ai d'abord pensé, à la lecture du commentaire de Koltchak: "tiens, il se trompe, pécore est féminin . En plus, je ne vois pas le rapport entre la précieuse, la pécore, et la soupe, mets rustique." J'ai vérifié tout de même si "pécore" n'avait pas de signification autre que "personne futile, prétentieuse, bavarde". Ben si. Rustaud, péquenot. "Comme c'était la bâtisse la plus importante du bled, les pécores l'appelaient le Château " (SIMONIN, Touchez pas au grisbi, 1953, p.148).

      Merci Koltchak !

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  4. Je ne suis pas soupe même en faisant chabrot comme le faisait mon grand-père maternelle.

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    1. Ce n'était pas une raison pour féminiser ainsi votre pauvre grand-père qui ne vous avait, je gage, rien demandé de tel.

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  5. il est assez plaisant de constater que "vermicelle" a pour origine "vermiculus" qui, en latin, signifie "asticot,vermisseau"; une soupe aux asticots? c'est pour ça qu'il la dévorait d'un coup le pote à Boris!

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    1. Les asticots sont réservés au fromage très fait, en principe.

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  6. Je n'aime pas le vermicelle mais j'aime beaucoup votre titre

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  7. Dzpuis quelques jours vous nous refaites la première gorgée de bière.
    Mais j'en ai marre! Suis-je la seule à qui on demande de prouver que je ne suis pas un robot?
    Et si oui, comment me débarasser de cette engeance?

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  8. Avec ce billet de fainéant Vichyssois , ce blog est tombé bien bas. Qu'est-ce que c'est que ce brouet réac?
    Sachez, mon cher, que nous ne vous suivrons pas sur ce terrain. Nous n'aimons que la soupe festive, conviviale, engagée, valorisant la planète, durable, ne produisant pas de gaz à effet de serre, à l'empreinte écologique invitant au vivre ensemble, unis dans le choix d'un comportement alimentaire responsable (Ceux qui ne me croient pas peuvent aller se faire servir un bol ICI)

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    1. Yann Arthus machin dans le coup, rien d'étonnant pour un marchand de soupe.

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  9. Mais quid, dans l'article, des "amours enfantines" ?
    Vous étiez amoureux d'une condisciple de cathé qui avait un missel vert ?

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