vendredi 14 août 2015

Mes excuses à Dumas

 
Je dois demander pardon. Dans un billet, non récent mais pas si ancien, j'ai dit qu'Alexandre Dumas était le prince des “écrivains en bâtiment”. Non seulement ce n'est pas vrai, mais j'en arrive à me demander si mes petites frontières sont aussi pertinentes qu'elles en ont l'air.

Alexandre Dumas est un écrivain. Tout court. Il suffit pour s'en persuader, comme je le fais en ce moment, de relire sa trilogie mousquetairienne. Essayez, plongez-vous dans l'épopée : vous y serez happé dans la seconde, vous ne pourrez plus vivre hors de ce premier XVIIe siècle, vous goûterez les fumets des viandes que nos mousquetaires dévorent et lamperez les vins de bourgogne ou de champagne qu'ils avalent à grandes gorgées.

Puis, vous passerez des Trois Mousquetaires à Vingt ans après ; alors, vous sentirez passer le vent du temps, de la vieillesse, vous penserez à vos propres amis, dont vous avez bien évidemment le numéro de téléphone dans votre agenda, mais que vous n'appelez jamais. Vous aurez le cœur serré quand les quatre amis se retrouvent opposés, deux à deux, prêts à tirer l'épée les uns contre les autres, parce que le vent de l'histoire les a conduits là, place Royale (actuellement place des Vosges), et que le temps les a marqués sans qu'ils l'aient su.

C'est à ce moment que Dumas est un écrivain, et un grand. Parce qu'il sait faire briller le soleil de la jeunesse sur Les Trois Mousquetaires, avant d'amorcer un crépuscule qui trouvera sa résolution dans Le Vicomte de Bragelonne.

Donc, si l'on met de côté Stendhal, qui est vraiment à part de tout, le premier XIXe siècle a enfanté deux grands romanciers, dont l'un était aussi un grand écrivain : Balzac et Dumas.

17 commentaires:

  1. Pour les fréquenter régulièrement (Non, régulièrement serait mentir, disons donc "souvent") je ne puis qu'abonder dans votre sens, Stendhal, Dumas et Balzac sont des auteurs exceptionnels. Qu'à un moment vous ayez pu émettre un avis totalement différent à propos de Dumas relève peut-être d'une mauvaise humeur passagère, d'un café matinal trop fort ou trop clair, allez savoir....
    Laissons cela de côté pour passer à ce qui m'amène : l'agenda !
    Ainsi donc vous êtes encore de ceux qui n'usent pas encore de cette merveilleuse invention "modernœuse' qu'est le smartphone.
    Vous auriez en permanence à portée de doigt toutes les coordonnées de vos amis, de plus, cet outil fabuleux pourrait vous rendre maints autres services ; mon cher père loue d'ailleurs régulièrement tous les avantages de cette sorte de couteau suisse ; voyez donc : baromètre, altimètre, cardiofréquencemètre, chronomètre et tout un tas d'autres trucs en ...mètre sont nichés dans ces quelques grammes de haute technologie.
    Ne manquent plus qu'accessoirement la possibilité de téléphoner et une fonction tire-bouchon et nous aurons atteint la perfection.

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    1. Mais je ne veux absolument pas de cet engin de malheur ! Moi qui n'ai même pas le moindre petit téléphone de poche…

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    2. C'est à cela que l'on reconnaît les grands classiques...

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  2. Cela s'appelle : remettre les pendules à l'heure ! On voit à l'air narquois que Dumas arbore, que vos excuses sont acceptées!

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    1. J'espère qu'elles le sont : par les temps qui court, il ne fait pas bon se fâcher avec un métis…

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    2. Et déraper ainsi dans la semoule orthographique, ne ferait qu'aggraver votre cas!

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    3. Ce n'est même plus du dérapage, à ce niveau : carrément la sortie de route. Voire le "tout droit" à la Senna.

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    4. Derrière le métis cherchons le « nègre », en l'occurrence Auguste Maquet et associés. Il n'empêche, Alexandre Dumas est un grand.

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  3. C'est drôle de vous voir en dispensateur des grâces, un tel est un écrivain, tel autre ne l'est pas... Vous êtes, finalement, un maître de l'humour le plus ravissant, grâce que je vous dispense à mon tour...

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    1. Feriez-vous la même remarque ironique avec un type qui, conduisant de nombreux modèles de voitures d'un bout de l'année à l'autre, se croirait autorisé à s'appuyer sur cette expérience pour dire que tel modèle est plus performant que tel autre, celui-ci plus confortable que celui-là, etc. ?

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    2. Oui j'en suis certain... D'autant que je douterais complètement de sa neutralité. Même les tendanciers de blogs très suivis reçoivent moult échantillons et produits qu'on leur fait parvenir gratuitement en espérant qu'ils en parlent. Quand il y a de l'argent et des intérêts en jeu, je ne crois plus à la sincérité de qui que ce soit...
      Chez vous ce n'est pas le cas et ma petite remarque est avant tout amusée. Pour vous taquiner un peu...

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    3. Allez donc jeter un coup d'oeil sur Seuil critique (blogspot.ch). On y parle justement de la confection de réalités adaptées à tous les besoins...

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  4. Gabriel Fouquet15 août 2015 à 22:18

    La dernière phrase ressemble, un peu, à une énigme. Mais qui est donc le grand écrivain ?

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    1. Disons que cela me fait un peu mal de considérer Balzac comme un simple romancier (en italiques, bien sûr). Mais je ne suis peut-être pas assez malin pour avoir saisi toute la subtilité de la phrase !

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    2. C'est parce que vous avez lu tout à rebours de ce que je voulais dire !

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  5. En effet, Alexandre Dumas est exceptionnel, impossible de compter le nombre de fois où je l'ai relu depuis ma jeunesse.

    Il a en plus de toutes ses qualités, celle d'avoir une écriture énergique et dopante. Je l'adore.

    Hélène Dici

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