dimanche 31 juillet 2016

L'écrivain, le traître et le petit délateur

Un peu surpris, ce matin, de recevoir déjà La Tour, le journal de Renaud Camus pour 2015, commandé il y a seulement quatre ou cinq jours. Naturellement, comme les années précédentes, j'ai cédé à la puérile pulsion consistant à filer directement à l'index, pour voir s'il était question de moi à un moment ou à un autre. Je n'ai droit, cette année, qu'à une seule “entrée”, celle du premier octobre ; elle n'est guère flatteuse pour moi, je le crains, mais elle mérite d'être un peu discutée. Je vais commencer par recopier le passage, et peut-être m'en tiendrai-je là pour ce soir, car il est un peu long. Voici :

« Plieux, jeudi 1er octobre 2015, minuit moins le quart. Jérôme Vallet a déposé sur Facebook, ce matin, je ne sais pourquoi, une discussion très désagréable à mon sujet, qui s'était déroulée sur le blog de Didier Goux, à son initiative, semble-t-il. Le consensus entre les participants était que mon inspiration littéraire avait subi un terrible rétrécissement, depuis le début du siècle. La majorité des intervenants attribuaient ce désastre à la place croissante de la politique, dans ma vie et dans mes écrits : elle avait terriblement décomplexifié et délittérarisé ma pensée et mon œuvre, qui avaient perdu toute vibration bathmologique de fait de ma concentration obsessionnelle sur des opinions et des thèmes précis, trop clairs, caricaturaux. D'autres, beaucoup moins nombreux, incriminaient l'amour, le bonheur, la vie de couple, trop régulière et paisible. Goux lui-même pensait qu'il fallait surtout chercher du côté de l'âge, de la réduction des moyens intellectuels et de la capacité littéraire, du fait de l'âge.

« Le piquant est que le rencontrant pour la première fois, il y a une quinzaine d'années, et confronté à son enthousiasme délirant qui m'embarrassait un peu (au moins socialement, devant des tiers), je lui avais prédit (un peu pour dire quelque chose) qu'un jour il ne le comprendrait plus du tout, cet enthousiasme ; et que toute cette ferveur exaltée se renverserait en son contraire exact, comme je l'avais vu cent fois arriver chez d'autres. Bien entendu il n'avait pas cru un mot de ce que je lui disais, et jurait ses grands dieux que pareil renversement ne se produirait jamais. »

Voilà le dossier, donc. Commençons par le second paragraphe. D'abord, une première erreur factuelle, dénuée d'importance ici : nous nous sommes rencontrés pour la première fois à la fin de l'année 2006, c'est-à-dire il y a un peu moins de dix ans. C'était à une réunion de lecteurs et d'amis qui, suite à une lecture publique faite par Camus à Beaubourg de l'une de ses églogues, avait eu lieu chez Jean-Paul Marcheschi, dans cette rue dont le nom m'échappe en ce moment, qui commence rue du Louvre, à la hauteur de la Bourse du Commerce (ou anciennement telle). Je ne me souviens pas d'avoir été particulièrement “délirant”, ni même très prolixe dans l'expression de mon enthousiasme – très réel, lui. Mais enfin, le vin rouge aidant, il est possible que je l'aie été. Ce dont je suis sûr, en revanche, c'est que c'est seulement quelques mois plus tard, lors de notre second dîner privé, dans le Gers, que Camus me fit cette réflexion que je l'aimais (ou admirais ?) trop et que, un de ces jours, je lui planterais un poignard dans le dos (ce fut son expression). Et, en effet, je lui avais alors juré que cela n'aurait jamais lieu. D'où son triomphe en demi-sourire et en forme de je-l'avais-bien-dit.

Seulement, Camus se trompe : bien loin de se transformer en “son exact contraire”, cet enthousiasme d'il y a dix ans est demeuré intact, pour les livres de lui publiés à cette époque et pour l'écrivain qu'il était (et est peut-être encore, après tout, même s'il persiste à n'en plus guère donner de preuves éclatantes). En clair, alors que par ce billet – que je vais aller relire ainsi que tous ses commentaires – j'exprimais, il me semble, une inquiétude au sujet de son pouvoir créateur, lui préfère se placer sur le terrain de la trahison. Or, il me semble que toute personne qui décide de rendre publics ses écrits accepte par là même, ou devrait accepter, que tel ou tel lecteur, après avoir été enthousiasmé par celui-ci, se déclare déçu de celui-là. On n'entre pas dans l'œuvre d'un écrivain comme on le fait en religion ; et, plongeant dans celle de Camus il  a dix ans, m'y immergeant totalement durant deux ans, et ne l'abandonnant jamais ensuite, je n'ai pas pour autant fait acte d'allégeance inconditionnelle à son auteur ; il n'y eut, entre nous, ni adoubement ni ordination : seulement, de moi vers lui, et c'est déjà beaucoup, une admiration pour la plupart des livres qu'il a écrits depuis 40 ans. Mais lui-même semble voir les choses autrement et plus ou moins me refuser cette liberté de jugement dont je parle, puisque, deux paragraphe plus loin, il évoque ma “désertion” ; or, je ne me souviens pas d'avoir jamais signé d'engagement ferme dans une quelconque armée camusienne.

Je viens de rechercher le billet mis en cause par Camus : impossible de mettre la main ni l'œil dessus ! Me voilà donc un peu embarrassé pour aborder le premier paragraphe, auquel je comptais arriver maintenant. Ce dont je me souviens, c'est d'y avoir envisagé, en tant qu'hypothèse, un tarissement, total ou relatif, de la veine créatrice, ou disons purement littéraire. Mais je suis bien certain de n'avoir jamais parlé de “réduction des moyens intellectuels”, ce qui aurait équivalu à traiter Camus de semi-gâteux, ou en voie de gâtification, chose qui ne m'a jamais effleuré l'esprit. Et parler, en ce qui me concerne d'un “abandon” est tout aussi inexact, puisque je n'ai jamais cessé de lire les livres de Camus à mesure qu'ils paraissaient, à en rendre compte souvent dans le blog, à dire mon adhésion presque complète (presque parce que je trouve l'expression Grand Remplacement plutôt malheureuse en elle-même) à ses thèses “politiques” et à recommander toujours aussi chaudement la lecture de son œuvre, comme un certain nombre de mes amis pourrait en témoigner.

Il y a tout de même une chose amusante, dans ces deux paragraphes, c'est lorsque Camus se demande pourquoi Jérôme Vallet a cru bon de transporter billet et commentaires sur Facebook. Comme s'il était surpris de ce petit jet de bile, évidemment destiné à semer la zizanie entre lui et moi, de la part d'un individu dont, lors de ce même dîner où il prophétisait son assassinat par moi, Camus nous avait dit ne plus le supporter, ni lui ni ses interventions sur les différents forums. Sur ce, je vais retourner à La Tour, dans la lecture de quoi, malgré mes divers abandon et trahison, je suis plongé depuis ce matin à peu près sans interruption.

68 commentaires:

  1. George Orwell écrit avec cruauté dans « A ma guise », "Tribune" du 6 décembre 1946, ceci :

    "Un grand nombre d'écrivains, sinon la plupart, devraient tout simplement cesser d'écrire en atteignant l'âge mûr. Malheureusement, cela leur est impossible dans notre société. La plupart d'entre eux ne connaissent aucune autre manière de gagner leur vie, et l'activité littéraire, avec tout ce qui l'accompagne – querelles, rivalités, flatterie, sentiment d'être un personnage semi public –, crée des habitudes. Dans un monde plus raisonnable, un écrivain qui aurait dit ce qu'il avait à dire embrasserait tout simplement une autre profession. Dans une société de concurrence, il estime, tout comme les politiciens, que se retirer c'est mourir. Aussi continue-t-il longtemps après l'épuisement de son élan : en règle générale, moins il a conscience de s'autoparodier, plus c'est évidemment le cas."
    George Orwell, Essais, articles, lettres. Volume IV (1945-1950). Editions Ivrea & de L'Encyclopédie des nuisances.

    Il me semblait opportun de reproduire ce passage – peut-être très injuste mais souvent vrai –, sans vouloir jouer les importuns.

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    1. D'un autre côté, je comprends fort bien qu'un écrivain le demeure jusqu'au bout, pour la raison qu'il ne s'agit pas d'un "métier", mais plutôt d'une manière d'être au monde, laquelle ne se peut guère changer.

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    2. Certainement. Et puis plus ça change, plus c'est la même chose.

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  2. "Peu flatteuse pour vous" ? Vous êtes bien dur avec vous-même.

    J'étais intervenu il y a un an à propos de Camus rêvant d'églises vides et silencieuses, ce qui devrait, par les temps qui se traînent, nettement s'améliorer pour lui. Je disais déjà que l'attitude de Boubakeur (qui souhaitait que des églises sans paroissiens reviennent aux musulmans) et de Camus (qui ne jouit des églises que lorsqu'elles sont vides et silencieuses, comme un musée quoi) étaient jumelles...

    Moi, c'était d'abord le Répertoire (je suis trop jeune pour avoir commencé avant). Je cherchais une sorte d’Exégèses des lieux communs (bon, évidemment, j'ai été déçu, Camus n'ayant pas l'aptitude de Bloy à la profondeur -- et je suppose que cette déception originelle me permet d'échapper à la séduction que Camus exerce). Puis Syntaxe, remarquable. Et j'ai ce Du Sens, que je lirais un jour, mais je crains aujourd'hui que cela creuse davantage ma déception. J'avais même traîné mon amie le voir parler de son oeuvre à la librairie Ombres blanches il y a quelques années. Il avait parlé de banlocalisation du monde, et ici j'avais trouvé la notion si juste et profonde (subissant moi-même, à l'époque, la vie "en banlieue"). Depuis, j'ai un vague souvenir d'un article dans lequel il parle de la "disparition des blancs sur la carte", que j'avais imprimé. C'est à peu près tout. Ah si, je lui dois encore quelques engueulades fructueuses avec des proches, à propos de "l'affaire". Des raisons qui m'empêcheront toujours, malgré le paragraphe qui va suivre, de laisser dire "Renaud Camus fut un théoricien d'extrême-droite xénophobe".

    Comme vous, je dois bien constater la mise à jour 2.0 du Renaud Camus, adepte du "lol aristocratique de déplaire", qui roule à 50 tweets par jour depuis 4 ans (tweet du genre "Il faut tendre l'autre joue... de porc"), qui passe un long moment à lire les tweets qu'on lui adresse (sa "revue"), qui fait des selfies à la bibliothèque sur Flickr, qui rédige des statuts facebook, qui lit le forum de l'in-nocence, et qui fait des vidéos politiques vraiment enthousiasmantes (où il évoque la nocence, le fauxel et le vréel, et le grand remplacement, sur une chaise et une table Ikea [j'ai les mêmes] dans son château). Que des concepts qui valent bien l'invention du "vivre-ensemble" et dont, j'imagine, la plupart des Français qui ont soif de clarté se foutent à bon droit.
    Il a même fait un best of de ses meilleurs tweets, entre La Rochefoucauld et Jean-Moundir. On a eu le droit à un Révoltez-vous ! à la Hessel. Bref, le grand remplacement a déjà opéré.

    Enfin, Renaud Camus en twittos est devenu un "penseur majeur" -- puisque tout le monde parle de ce grand remplacement, et en parlera encore sans doute un siècle plus tard. Il a son "pays légal, pays réel", son "discours des fleuves de sang", et ses 30000 tweets.

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    1. Vous devriez lire Du sens, livre majeur dans l'œuvre.

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  3. Le conditionnement a donc marché.

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  4. Les mots ça console et ça venge...

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  5. ça virerait pas un peu nombriliste cette querelle d'auteurs ?

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  6. Effectivement, situation parfois inconfortable que de côtoyer Renaud Camus mais surtout sa cour dont certains font preuve de zèle (notamment sur le forum de l'In-nocence où la nocence ne manque pas de s'inviter). Situation doublement inconfortable puisque dire que nous apprécions ne serait-ce que l'écrivain nous rend suspect aux yeux de tiers, dans le cas où cela se double d'une communauté d'esprit politique, nous pouvoir être assuré que nos bienfaiteurs interlocuteurs se chargeront de nous affliger socialement d'un ostracisme du plus bel aloi. Une telle situation devrait générer la solidarité. Or, en lieu et place, bien souvent, nous recevons, à notre main tendue, morsure et griffure...


    Nous lui reconnaissons bien volontiers un vrai courage ; Renaud Camus n'a pas choisi la voie de la facilité en se coupant de intelligentsia parisienne et notamment celle de l'édition qui peut s'avérer particulièrement saignante sous un discours policé et hypocrite (Richard Millet, peut également en témoigner). Sa trajectoire d'écrivain se serait incurvée légèrement en raison de ses activités politiques, peut-être, je ne me sens pas compétent pour en parler car de mon point de vue, le défaut dans la cuirasse de son écriture talentueuse demeure cette tentation entre l'audible et l'inaudible en fonction des écrits. Autant, ses fulgurances, sa capacité à formuler des idées en font un des plus grands écrivains de son temps, autant son langage parfois abscons et une certaine préciosité (tout du moins pour le commun des mortels) affectent une œuvre qui se pourrait être magistrale.


    Pour avoir assisté à l'un de ses derniers procès, s'il a perdu en écriture (encore une fois je ne me prononcerais pas sur ce point par défaut de compétences), il a gagné en éloquence et son discours à la XVIIeme chambre qui a été édité par ses soins, est en soi, une réponse des plus fines et admirables qui m'ait été donné d'assister puis de lire.


    Malgré cela, il y a effectivement des tensions qui ne devraient jamais exister tant elles ne reposent que sur des incompréhensions mutuelles et des coups de menton non justifiés. Ce déficit relationnel qui est perçu par certains comme un mépris de classe (et qui ne l'est peut-être, certainement, pas) pourrait être rédhibitoire dans sa quête du graal politique. C'est d'autant plus dommageable qu'il a fait beaucoup de sacrifices, que ces tensions avec un grand nombre de personnes qui auraient pu être proches de lui ou qui l'ont aidé, n'ont aucun fond véritable et ne reposent que sur des peccadilles ; cette capacité à s'enflammer inutilement et la difficulté à s'ouvrir sont rageantes à l'heure où l'on devrait offrir le visage de l'unité face au camp du Progrès.

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    1. Son courage, son refus de céder aux pressions diverses ne sont évidemment pas mis en cause ; en tout cas, pas par moi.

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    2. Je n'en doutais pas une seconde et je comprends vos motivations. Cependant, le sentiment qui nait à la lecture de votre réaction est celui de gâchis. Gâchis de ne pouvoir s'entendre et fédérer les compétences à une période où se joue un enjeu majeur...

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    3. Oh, pour ça, pour cette "non fédération", je plaide coupable, n'ayant jamais eu la moindre attirance (ni compétence d'ailleurs) pour la vie de parti, fût-il à taille humaine.

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    4. Je ne pensais pas à de l'entartage mais plutôt un cercle de réflexion qui réunirait nombre d'intervenants allant de Camus à Finkielkraut en passant par Millet, Onfray ou des hommes politiques comme Vanneste, sans vous oublier bien entendu et bien d'autres... Mais tout cela semble si difficile à mettre en place voire impossible.

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  7. "Je vais commencé", premier paragraphe.

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    1. "... de la part d'un individu que (...) Camus nous avait dit ne plus le supporter, ni lui ni ses interventions sur les différents forums."

      Je supprimerais le pronom "le", qui fait redondance avec le relatif "que".

      Vallet porte bien son nom, j'ai pu en éprouver l'obséquieuse et jaunâtre platitude sur les forums "dans les premières années du siècle".
      "Ne sois donc complaisant qu'avec discrétion.
      Attentif, prévenant en toute occasion,
      Songe que trop d'ardeur quelquefois indispose."
      L'ostracisme qui a frappé R. Camus a hélas contribué à former autour de lui quelque chose comme une cour salonarde. La création d'un parti, voué à être diffamé et déchiré et trouvant peut-être sa raison d'être dans une fièvre obsidionale qu'il entretient, n'a pas arrangé les choses. La position de R. Camus, en dépit de son talent et de sa lucidité, de plus en plus le condamne, le réduit à l'outrance.

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    2. Vous avez raison, ma phrase est foireuse. Je l'ai modifiée mais, par esprit de contradiction, différemment de ce que vous préconisez…

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    3. Vous avez parfaitement raison. Mais dans ce cas, ne pensez-vous pas qu'il soit préférable de construire "dire" avec une complétive, au lieu d'une infinitive?

      Blague à part, le français est très mal pourvu pour ce genre de construction complexe (le latin supporte ça admirablement, et même deux ou trois niveaux d'enchâssement supplémentaires). On peut aussi faire passer le verbe de parole en incise.

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  8. Vous voilà, en quelque sorte, remis à la place que vous vous étiez naguère choisie, celle de l'"écrivain en bâtiment" qu'on peut attaquer sans risque, au moment même où celui-ci aspire à la reconnaissance de celui qui le met en cause ouvertement !

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    1. Ah mas non, pas du tout : je n'aspire ni n'ai jamais aspiré à aucune "reconnaissance" en provenance de ces parages-là, sachant que, pour une raison ou pour une autre, je ne serais même pas lu.

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    2. Eh bien, disons que c'est ainsi que j'ai interprété la "puérile pulsion consistant à filer directement à l'index pour voir s'il y était question de moi".
      Pourtant maintenant vous avouez : "je n'ai jamais aspiré à aucune reconnaissance... sachant que... je ne serais même pas lu" ?
      Et si vous aviez tout de même imaginé être lu ? Cela n'expliquerait-il pas cette pulsion qui vous a poussé à rechercher ce qu'on pouvait bien dire de vous ?
      Je me rends compte que je dois vous paraître particulièrement désagréable en insistant autant, pourtant il me semble qu'il vaudrait mieux laisser les gens de ces "parages-là" régler leurs contradictions entre eux, sans leur donner, ne serait-ce que l'illusion, de pouvoir briller à bon compte.

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    3. Encore une fois, non : cela fait dix ans (c'est-à-dire bien avant d'avoir écrit quoi que ce soit de lisible) que, à chaque nouveau volume du journal qui paraît, je commence par aller voir s'il y est question de moi – comme le font, je suppose, tous les lecteurs qui, à un titre ou à un autre, pensent qu'ils peuvent peut-être apparaître dans ces pages.

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  9. Il y a heureusement une morale dans ces attitudes hautaines, fières et révérencieuses à la Camus, c'est qu'à la fin ils se retrouvent seuls, désespérément seuls...

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    1. Je ne crois pas que Camus soit "hautain". De plus, reconnaissons que, vu le nombre et la violence des attaques qu'il doit supporter, il y a de quoi devenir un tantinet paranoïaque, si on ne l'est pas déjà.

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  10. Décidément, vous attirez les aigris.
    C'est ainsi quand on est presque parfait.

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    1. Le traitre et celui qui trouvait que votre orthographe était approximative.

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  11. Quel spectacle pitoyable...
    Et l'on songe, sans regret après coup, que l'on a été un temps attiré par ces gens aux passions malsaines, aux cerveaux malades comme disait l'autre. Tous de bons patriotes n'est-ce pas ! Tous animés surtout de la passion d'eux-mêmes et finalement de la nocence dont ils se délectent.
    Ramassis de tarés égotiques.

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    1. De qui parlez-vous au juste ? De Camus ? De Vallet ? De moi ? Des trois à la fois ?

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  12. Non : vous je vous exclu du lot.
    Je pense à ce qui ressemble à une secte et à tous ces malades qui gravitent autour de Renaud Camus qui lui aussi reste une personne au combien estimable.

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    1. Mais il y a aussi des gens très bien, dans cet entourage : j'en connais personnellement quelques-uns…

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  13. Il me paraît toujours très bon, Moi, Camus, mais je n'ai pas tout lu, loin de là. En tout cas ses textes "politiques" sont de haute tenue (sauf typographiquement en ce qui concerne les rééditions, qu'il semble assurer lui-même désormais). Quant au Journal je suis sans doute mal placé pour en parler, n'en ayant lu qu'un, mais j'aimerais savoir l'année qui selon vous marque son déclin, car L'Isolation (2006) m'a paru excellent.

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    1. Je ne parlais pas du journal, même si, durant deux ou trois ans, il m'a paru faiblir un peu, avant de remonter (mais je ne me souviens plus quelles années au juste, il faudrait relire…). Je faisais allusion au reste, à l'immense reste proprement littéraire : les églogues, les élégies, les romans, ainsi que tous ces textes plus difficilement classables : Éloge du paraître, Du sens, Buena Vista Park, Répertoire des délicatesses, Vaisseaux brûlés, etc., qui ont tout à fait disparu au profit des textes "politiques", lesquels ont bien entendu un grand intérêt et offrent d'ailleurs des points de passages, des ponts, vers les œuvres antérieures.

      En un mot, je m'inquiétais davantage d'un Camus "amputé" (amputé volontairement ?) que d'un Camus "diminué".

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    2. Merci pour ces précisions. Dans mon souvenir, votre billet de l'époque n'était pas si violent. J'imagine que dans la situation de Camus, il est facile (et excusable) de se laisser aller à la parano, comme vous le signalez plus haut.

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  14. Donc si j'ai bien compris l'intrigue, cher Monsieur Goux, l'écrivain est interprété par Renaud Camus. Vous-même vous faites le rôle du traître et le petit délateur serait le perfide Jérôme Vallet. Il me semble en effet me souvenir vaguement d'un de vos billets de l'automne dernier qui avait trait à Renaud Camus, lequel avait suscité de nombreux commentaires.
    Ma curiosité étant désormais bien éveillée, je me donne pour mission toute autre affaire cessante de retrouver ce billet et de m'offrir le régal d'une relecture...

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  15. Ce n'est pas du jeu, Maître Goux, vous avez supprimé des billets de 2015 ! Je me permets de protester vigoureusement...
    Au moins livrez-nous le fin mot de l'affaire et faites ressurgir de votre chapeau la clé de l'énigme !

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  16. "Ce dont je me souviens, c'est d'y avoir envisagé, en tant qu'hypothèse, un tarissement, total ou relatif, de la veine créatrice, ou disons purement littéraire. Mais je suis bien certain de n'avoir jamais parlé de “réduction des moyens intellectuels”, ce qui aurait équivalu à traiter Camus de semi-gâteux, ou en voie de gâtification, chose qui ne m'a jamais effleuré l'esprit. "

    C'est curieux, je vois très bien le billet auquel vous faites allusion, je me souviens de certains de ses commentaires, mais je n'arrive pas à le retrouver non plus. En voilà qui tournent autour du thème:

    http://didiergouxbis.blogspot.fr/2009/08/madame-se-meurt-madame-est-morte.html

    http://didiergouxbis.blogspot.fr/2010/05/du-politburo-de-la-slrc.html

    http://didiergouxbis.blogspot.fr/2012/09/ca-va-faire-plaisir-tout-le-monde.html

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  17. http://didiergouxbis.blogspot.fr/2008/11/en-direct-de-plieux.html
    http://didiergouxbis.blogspot.fr/2011/02/lombre-des-hyenes-staliniennes.html

    Ici aussi, on est dans le ton....

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  18. Il est tout de même fort curieux que ce billet demeure introuvable. Ou bien l'aurais-je supprimé et ne garderais aucun souvenir de cette suppression ? Mais, dans ce cas, pourquoi l'aurais-supprimé ? Non, cela ne tient pas…

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    1. Non, cela ne tient pas… Alors l'un des membres de la trinité initiale est en plus un menteur -je ne vois que cela ; vous voilà dans de beaux draps !

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    2. N'y aurait-il pas eu quelque friction avec Jazzman ce jour-là, précisément ?

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    3. Aucun souvenir. Mais c'est possible.

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  19. Dans votre billet ci-dessus, vous citez ainsi Renaud Camus :
    "Plieux, jeudi 1er octobre 2015, minuit moins le quart. Jérôme Vallet a déposé sur Facebook, ce matin, je ne sais pourquoi, une discussion très désagréable à mon sujet, qui s'était déroulée sur le blog de Didier Goux, à son initiative, semble-t-il."
    Cela laisse entendre que la fameuse "discussion très désagréable" s'est déroulée dans les jours ou les semaines précédant le jeudi 1er octobre. C'est donc en aval de ce jour fatidique qu'il convient de chercher, et ceci bien évidemment en 2015. Car s'il s^était agi d'une autre année, le traître Vallet aurait déjà fait ses commentaires Facebook ailleurs dans le temps. N'est-ce pas logique ?

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    1. C'est tellement logique que c'est exactement ce que j'ai fait spontanément… et sans succès.

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    2. Encore une faute de Goût:
      "et ceci bien évidemment en 2015."

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  20. C'est un article du 26 mars 2012 qui s'intitule "Le Moloch Plieux". Je ne peux pas donner le lien depuis mon portable, mais c'est très facile à retrouver en entrant le titre dans Google...

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    1. Et ce billet de 2012 aurait ressurgi sur Facebook plus de trois ans après ? Je sais bien que Vallet pratique volontiers la haine recuite, mais là, tout de même…

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    2. Oui,oui, c'est bien celui-la ; d'ailleurs en lisant les commentaires,vous retrouverez les citations que fait Camus (par exemple l'expression "rétrécissement" utilisée par Suzanne. Il ne faut pas sous-estimer Vallet : apparemment, ses archives sont à jour !








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    3. Eh bien, si vous avez raison, j'en reste coi. Et je le plains.

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    4. La haine recuite...
      Ça doit avoir un goût dégueulasse ce truc là !
      Ceci dit à chaque fois que l'on exhume l'un de vos billets de ces années-là, une honte m'envahit en relisant les commentaires que j'y laissais...

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  21. Magnifique jeu de pistes, Monsieur Goux, que dis-je c'est d'une véritable chasse aux trésors qu'il s'agit ici et que de billets à lire ou à relire !
    Merci à Emmanuel F. de nous avoir évité un douloureux torticolis à force de manier la souris pour retrouver l'objet du délit.
    Dans ce fameux billet du 26 mars 2012 je n'ai guère noté de propos négatifs sous votre plume, juste le constat d'une possible lassitude chez Renaud Camus. Vous vous contentez, me semble-t-il, de suggérer que les écrits et autres activités plus directement reliés à son château l'empêchaient peut-être de se consacrer à son œuvre fondamentale...
    J'ai également constaté que vous avez semé tout au long de cette année 2012 de petits articles fort élogieux à l'encontre de Camus, alors que ses plus virulents accusateurs étaient plutôt du côté des commentateurs, notamment celle qui signe du pseudonyme Suzanne.
    Mais j'imagine que nous n'avons pas fini de parler de cette affaire...

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  22. Liste non exhaustive des billets consacrés à Renaud Camus en
    2012 :

    - Billet à foutre à la poubelle, mercredi 23 mai 2012
    - Petit cycle des lectures imbitables, samedi 23 juin 2012
    - L'écrivain et son double : Dvane McArus, camusien caustique, mercredi 3 octobre 2012
    - Votre Grand Remplacement, je vous le sers en ligne ou sur papier ? lundi 26 novembre 2012.

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    1. Bon,
      en voila une qui sait à quoi occuper ses vacances !

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    2. Il y a des lectures pires. Mais j'en connais aussi beaucoup de bien meilleures…

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  23. "ses plus virulents accusateurs" (Barbara Schreyer)
    Oh, non, je ne suis pas d'accord avec "virulence". J'ai lu presque tous les tomes du journal de Camus, les dix derniers au fur et à mesure de leur parution, sans connaître l'homme autrement, sans m'intéresser à ses engagements politiques. Si on suit le journal d'un écrivain, on va jusqu'à aimer ses rabâchages, ses tics, ses petits trucs navrants et le sentiment qu'on exprime ne vaut pas critique littéraire. Je ne change pas un mot à tout ce que j'ai écrit d'admiratif.
    Renaud Camus parle à plusieurs reprises dans son journal de ceux qui le vénèrent et le détestent peu après, c'est l'un de ses thèmes. Il s'attend peut-être tellement à ces revirements qu'il les provoque et/ou les entretient ?

    En tout cas, chapeau, Emmanuel F. J'ai cherché le billet hier soir sans le trouver, je finissais par me demander si l'Ami Loyal, l'Homme d'Honneur, l'Artiste Génial, le Souffreteux magnifique, n'avait pas concocté une compilation style réchauffé de soupe de sorcière malfaisante avec des moisissures d'ingrédients piochés ci et là.

    Et je suis étonnée que ses comportements puissent étonner encore.

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    1. À dire vrai, je n'en ai pas été très étonné, pour ma part. Sinon par le fait d'aller rechercher un billet aussi ancien (et plutôt anodin, me semble-t-il) dans le seul but d'essayer de nuire.

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  24. Vous imaginer en groupie incapable de modérer son enthousiasme m'a bien fait rire tant cela me semble étranger à votre personnalité.

    En même temps je ne vous connais qu'au travers de votre blog alors... mais j'ai la prétention de penser que cela indique déjà beaucoup de choses.

    Je n'ai jamais rien lu de Camus et j'ai toujours ressenti une forme de répulsion aussi bien pour sa personne que ses inventions politiques (la nocence non mais sérieusement ?) Votre petit article me confortera donc dans ma répulsion aussi irrationnelle soit-elle.

    Buck Danny

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    1. Si vous me croyez incapable d'enthousiasmes littéraires, c'est que vous n'avez dû lire mon blog que très rapidement et de manière fort espacée… Ou alors, c'est moi qui m'exprime vraiment mal.

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    2. On ne se comprend pas. Que vous soyez enthousiaste bien-sûr ! Mais de la façon dont Camus décrit votre attitude on dirait une jeune fille hystérique à un concert des Beatles, c'est cela qui m'a amusé, imaginer une telle outrance dans l'expression de votre enthousiasme.

      Buck Danny

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    3. Encore faudrait-il que cette attitude ait réellement existé…

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  25. https://www.youtube.com/watch?v=iUkIBYDSU0E

    Un Grand écrivain qui tweete, c'est un Grand peintre qui utilise Photoshop, un Grand musicien qui fait du beatbox, un Grand poète qui fait de la publicité. Le Grand remplacé.

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    1. Nul doute que cette prestation va enfin donner à ses deux partis la très très large assise populaire dont ils ont tant besoin…

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    2. Oui, là, je pense que la route de l'Élysée est grande ouverte ; je n'aurais jamais imaginé que derrière le grand écrivain se cachait un "communicant" de cette envergure et d'une aussi redoutable efficacité !

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    3. Il faudrait commencer par diffuser ce bijou auprès des maires et des conseillers généraux de France : les 500 signatures arriveraient aussitôt, il y aurait même du rab.

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    4. Sinon, j'espère que vous nous écrirez quelques mots pour nous dire ce que vous avez pensé de l'ouvrage...

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    5. J'ai déjà beaucoup écrit sur les livres de Camus ; et notamment à propos de son journal…

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