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vendredi 28 septembre 2012

L'appel du grand large c'est maintenant (avec les petits bras)


Nous n'arriverons à Paimpol que samedi en fin de journée et nous y resterons, comme le veut la tradition locative, jusqu'au samedi suivant (cambrioleurs, ce message est aussi pour vous : venez vous ébattre et faire votre marché à la maison en toute quiétude ! Cependant, je vous signale que le voisin d'en face est assez observateur et qu'il est en plus chasseur…). Si nous partons dès aujourd'hui, c'est que, ce soir, nous sommes conviés à festoyer en Normandie profonde (la nôtre n'est que de surface, pré-banlieusarde pourrait-on dire ; ou crypto-diverse). 

Bien entendu, comme à l'accoutumée, les commentaires sont pour cette période fermés ; néanmoins, coup nouveau, trois billets ont été programmés et s'échelonneront gentiment au fil de la semaine prochaine, si toutefois j'ai réussi cette triple manip'.

Voilà, je crois que c'est tout.

samedi 15 octobre 2011

Enocre plus tendre et savoureux que l'ancien : le Didier Goux de prés salés


Nous voilà de retour. Semaine riche en belles et bonnes découvertes, mais aussi en mauvais cholestérol – cependant ternie dès son entrée par une énorme déception mêlée de colère : ce sera sans doute le sujet que nous aborderons en priorité demain. Car, pour ce soir, il est, je crois, vaguement question d'un vigoureux apéritif de fin de vacances, suivi par une longue nuit de sommeil…

vendredi 7 octobre 2011

Priez pour nous, pauvre pêcheurs…


Durant une semaine, il va être inutile de vous déchaîner contre nous, placés que nous serons sous la protection formidable de l'Archange psychostase et psychopompe. Puisqu'il parvint, dit-on, à retenir la main immoleuse d'Abraham, je le supplie de bien vouloir faire de même, jusqu'au 15 octobre, avec vos commentaires impies et volontiers blasphématoires. Puisse-t-il aussi prendre sous son aile transcendante l'âme des deux pêcheurs de crevettes qui ont cru malin de se glisser dans le cadre alors que tout le monde sait bien qu'ils sont morts depuis lulure.


Post sciptum à-bon-entendeur, à l'intention des blogueurs cambriolâtres : nous partons pour une semaine, mais Ludovic sera là, lui. Et il est pas manchot, Ludovic…

mardi 26 avril 2011

Islam : religion d'amour, de tolérance, de paix et de natation contrainte

Si vous voulez pêcher de la Tunisienne, c'est le moment : nos braves clandestins carthaginois travaillent activement pour vous, entre leur côte et les nôtres. C'est Tarek qui le dit : « Nous étions entassés à 150 dans un bateau prévu pour 60, explique le garçon. Au cours du trajet pour Lampedusa, douze filles ont été jetées à la mer. (…) » (C'est moi qui souligne, évidemment.)

D'un autre côté, on s'émeut comme ça, bêtement (et sans doute avec des arrière-pensées nauséabondes : est-ce qu'on n'aurait pas plus ou moins dans l'idée de prendre prétexte de cette maladresse de gens peu habitués à naviguer pour se mettre tout de go à stigmatiser de l'étranger ?), mais l'affaire n'est pas si grave : des femmes ils en retrouveront sur place facilement, nos bons combattants de la liberté et de la démocratie-qui-fait-des-chatouilles. Au début, il faudra peut-être qu'ils se contentent des grands-mères gauchistes de RESF et de Loqueteux sans frontières (les trousses de premiers secours, si l'on veut), mais ils apprendront vite à repérer les viviers d'alevines frétillantes. Et ils iront s'ébattre sur les grandes plages désertes, face à ce tombeau mouvant et scintillant de lune qu'est en train de devenir la Méditerranée. C'est que le Tunisien, ça aime avoir ses aises. Notamment en croisière, c'est vrai, mais également dans le déduit.


samedi 18 juillet 2009

Moi qui sais des lais pour les reines...

L'Ombre gagne : tel est le titre d'un livre que Renaud Camus n'écrira sans doute jamais – qu'en tout cas il ne publiera pas, car personne n'en veut : trop sulfureux.

Et, pourtant, l'ombre gagne, en effet. Hier, en commentaire de ce billet, Zoridae m'a fait remarquer que je me répétais. Elle a raison : je me répète. Et je continuerai tant qu'elle-même restera sourde et aveugle. J'aime beaucoup Zoridae. J'aime bien son mec aussi. Et, bien que peu porté sur les enfants, le produit de leurs copulations frénétiques ne me déplaît pas du tout : il doit même traîner, çà et là, des photos de moi, à quatre pattes, jouant avec le Kéké en question. Lequel Kéké est tombé amoureux de mes chiens, ce qui crée des liens indubitables.

Ce Kéké-là, j'aurais bien aimé lui laisser un monde vivable, voyez-vous. Or, je n'y crois plus. C'est peut-être un effet de l'âge, après tout : les vieux sont censés s'effrayer d'un rien – tous les jeunes vous le diront. D'ores et déjà, il existe des kékés un peu plus vieux que celui qui nous occupe, pour reprocher à leurs parents de ne pas faire le ramadan. Parce que, enfants, ou adolescents, donc conformistes, ils veulent être semblables à leurs camarades de classe. Or, dissemblables ils sont, et minoritaires de plus en plus – ils le vivent douloureusement et c'est normal. Ces gamins, beaucoup d'entre eux, se convertiront, non parce qu'il seront touchés par une quelconque grâce divine, mais simplement pour ressembler à leur voisin de pupitre. Ils deviendront manipulables, par conséquent manipulés : tout est déjà en place.

Un jour, les gens de ma génération (enfin, les survivants), pas leurs parents, déjà gangrenés, leur diront qu'ils ont vécu toute leur enfance, toute leur scolarité, sans jamais voir un Africain ou un Arabe. Ils préciseront, ces vieux cons, que lorsque par hasard ils en héritaient d'un, ils étaient tout frétillants de cet “ailleurs”qui déboulait dans leur existence, curieux, avides. Et qu'ils jouissaient de cette découverte, de cet exotisme, de cette étrangèreté.

Les kékés ne nous croiront pas.

Voie lactée ô sœur lumineuse des blancs ruisseaux de Chanaan

Ce matin, le ciel est dégagé, le vent balaie les miasmes humains et les restes de pensées noires. Un voisin taille sa haie, mais, étrangement, son vacarme ne me gêne pas. Les invités sont repartis aux aurores (enfin, n'exagérons rien...), l'existence est rentrée dans son lit naturel.

J'ai remisé André Gide et sa Petite Dame pour me replonger dans le cycle miquelonnesque d'Eugène Nicole, hautement recommandable. Le vent souffle aussi dans ces pages, le brouillard atténue les éclats de voix.

Je finirai sans doute par ne plus parler. Du tout. Et je n'ouvrirai les yeux que pour relire des livres déjà connus, et de longue date. S'il se peut, je me ferai interdire d'existence comme on se fait interdire de casino : pour me désaccoutumer en douceur. Ainsi, nulle solution de continuité entre ma vie présente et ma mort prochaine.

Et si l'océan engloutit mon île, il me poussera des palmes : Dieu me doit bien ça.

vendredi 17 juillet 2009

Ma rose mon giroflier...

Il devient urgent de se réfugier à Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce n'est pas entièrement une plaisanterie. L'Europe s'écroule, la France avec, la France d'abord. Dans vingt ans, vos enfants (surtout si vous avez bêtement fait des filles) seront de semi-esclaves. Autour de vous sont des gens qui savent ce qu'ils veulent, de plus en plus nombreux – et ils ont absolument raison : vous leur donnez raison, chaque jour que Dieu fait.

Vous mourrez à quatre pattes, ou à plat ventre, aspergés par l'eau bénite laïque des mollahsonnes du type Céleste, qui vous haïssent parce qu'elles n'osent pas se haïr elles-mêmes, parce que les psychanalystes leur ont forgé cet égoïsme invraisemblable qui leur permet de vivre encore un peu. Vous êtes de terrifiants bisounours, qui ne voyez pas le monde que vous allez léguer à vos enfants – vos décervelés d'enfants.

Déjà aujourd'hui, vos filles, blondes ou même brunes, ne peuvent plus aller promener leurs petits culs dans la plupart des banlieues. Vous faites semblant de ne rien voir. Autistes. Elles vous en voudront, un jour ; elles se demanderont pourquoi vous ne les avez pas mieux défendues contre ces babouins agressifs. Vous leur direz quoi ? Comment vous justifierez-vous ? Et comment résisterez-vous à cette pulsion meurtrière qui vous saisira, lorsque cette même fille reviendra chez vous, le visage en sang et le corps dévasté ? Vous lui direz quoi ? Vous lui direz quoi ? Que c'est mal d'être raciste ? Oui, c'est vrai, c'est mal d'être raciste. Et ensuite ? Vous lui expliquerez comment, ce renoncement inexplicable à être vous-même ? Face à cette douleur incommunicable, vous lui prêcherez quelle tolérance ? Quelle solidarité ? Quelle vertu citoyenne ?

Pensez-y, mes frères, mes jeunes frères : aujourd'hui même, des pans entiers de ce pays sont interdits à votre fille (et aussi à votre fils). Il va devenir urgent de redevenir violent, cruel et injuste. Plus le temps passe et plus le sang sera abondant – et c'est vous (ou plutôt vos fils : vous êtes trop endormis) qui le feront couler. La faute en retombera sur cette génération de merde qui est la mienne : nous serons la honte de ce pays, ou bien sa fin.

Mon île au loin ma désirade

On avait d'abord envisagé la Nouvelle-Zélande. Mais il y a la barrière de la langue : se mettre à l'anglais à mon âge, franchement... Mais alors où aller ? Pour être certains d'être vraiment peinards, inatteignables, pour ainsi dire soustraits du monde tel qu'il va.

Eh bien, on a trouvé ça : Saint-Pierre-et-Miquelon. Plus improbable que Saint-Pierre-et-Miquelon, je ne vois pas. Personne n'aurait l'idée d'aller passer sa retraite à Saint-Pierre-et-Miquelon, absolument personne : c'est loin, il n'y a rien à faire, il fait froid et très humide – le rêve, quoi. Autre immense avantage : aucune liaison directe avec la métropole, il faut passer par le Canada, Terre-Neuve ou Halifax, je ne sais pas trop. Enfin bref : aucun risque de voir débarquer les fâcheux au moment des vacances. De toute façon, l'été à Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est 15° et brouillard à tous les étages : ça calme.

Et puis, dites : 6345 habitants pour 242 kilomètres carrés, 26 péquins au kilomètre, pas un de plus – ça fait envie, non ? Avec ça, pas pressés de sortir de chez eux, à cause de la neige qui bloque la porte du garage et du vent glacial qui déboule du Labrador. Alors, on ne sort pas. On relit L'Œuvre des mers d'Eugène Nicole, magnifique écrivain originaire de ces îles (dont je ne suis pas foutu de trouver le nom des habitants).

En clair, on se prépare une retraite tellement paisible, tellement monotone, tellement chiante, qu'elle va nous sembler merveilleusement longue. Quand le temps nous pèsera trop, on s'offrira un saut de puce jusqu'au Québec pour aller vider un flacon avec Ygor Yanka. On parlera de la France et on reprendra deux fois des rillettes. Après ça, on rentrera à la maison, retrouver nos chiens (des labradors, évidemment) que nos sympathiques et très vieux voisins auront gardés en notre absence. On leur rapportera un petit cadeau qui leur fera bien plaisir, et ils diront : « Mais non, il ne fallait pas ! »

À la fin, mais alors complètement à la fin, on mourra tranquillement, en choisissant un jour de brouillard pour avoir moins de regrets – et personne n'en saura rien car nous serons, depuis longtemps déjà, oubliés de tous.