mercredi 16 octobre 2013

Je viens de commander ça…


Commande en ligne, bien entendu : encore un livre dont il est permis de supposer que les “petits libraires” progresseux ne pousseront pas la vente…

Je vous tiendrai au courant quand il aura été lu, probablement la semaine prochaine.

21 commentaires:

  1. Robert Marchenoir16 octobre 2013 à 18:05

    L'autre jour, je vais dans une grande librairie indépendante de gauche à Paris, et je décide de rigoler un peu. Je demande ce qu'ils ont de Jean-François Revel. La libraire, à qui ce nom n'a pas l'air de dire grand'chose, se penche vers son écran, et me signale trois bouquins : un au rayon philosophie, un au rayon essais littéraires, et un sur le bouddhisme (sujet gaucho-compatible qui neutralise la sulfureuse aura droitière de Revel).

    Je vais au rayon philo : rien. Je vais au rayon essais littéraires. Je passe cinq minutes à essayer de comprendre la logique du classement (par auteur ? par écrivain sujet du livre ? par tirage au sort ?). Sans succès. J'avise finalement un truc signé Revel. Ca se trouve dans une vitrine fermée à clé. Ca a l'air d'un livre audio, ou quelque chose comme ça.

    Apparemment, ils ont peur qu'on vole les livres audio, bien qu'ils ne coûtent pas plus cher que les livres ordinaires. Ou alors, c'est une façon particulièrement sournoise de protester contre les livres sur CD, qui seraient un insupportable attentat contre la culture de l'écrit. En tous cas, je n'invente rien : le seul bouquin signé Revel que j'ai trouvé est sous clé, comme si c'était de la littérature cochonne.

    D'ailleurs, c'est juste à côté du rayon littérature cochonne, dont une partie est aussi sous clé -- mais une autre à l'air libre.

    Sinon, comme toujours dans cet endroit (et dans les autres) : énorme rayon nazisme, comme si la Seconde guerre mondiale venait de se terminer. Et rayon économie qui est en réalité le rayon de propagande communiste : une avalanche de titres, régulièrement renouvelés, annonçant la mort du capitalisme, les crimes du capitalisme, l'horreur ultra-libérale, etc.

    Voilà, c'était une grande librairie indépendante de gauche.

    Bref, je vais chercher la bibliographie complète de Jean-François Revel sur Amazon.

    Avec un peu de chance, je le lirai en anglais. Si ça se trouve, il y a plus de choix sur Revel en anglais qu'en français.

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    1. Autre histoire de rayon. Je suis un jour allé chez Virgin pour acheter un livre d'André Blanchard. Le jeune homme au pupitre eut beau m'assurer qu'il y en avait un exemplaire quelque part, je n'arrivai pas à le trouver. L'homme au gilet rouge m'accompagna donc dans ma quête et on finit par dénicher le bouquin au rayon "humour". Tout ça parce qu'au dos du livre l'éditeur avait placé une longue citation de Pierre Desproges qui vantait les mérites de Blanchard.

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    2. RM : "Avec un peu de chance, je le lirai en anglais. Si ça se trouve, il y a plus de choix sur Revel en anglais qu'en français."
      Les grands auteurs libéraux français sont introuvables en France mais précieusement traduits et conservés et lus par les américains...

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    3. @Robert Marchenoir:
      Vous pourrez trouver la plupart des livres de J.-F. Revel (L'Absolutisme Inefficace, L'Obsession Antiaméricaine, Comment les Démocraties Finissent..) sur eBay à partir de 1 €. Ce sont des ouvrages déjà anciens, mais le constat et les conclusions de l'auteur sont, hélas, toujours aussi valides est pertinents.

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    4. N'exagérons rien, Revel est en vente libre, et tous ses bouquins ont fait l'objet à leur sortie d'un certain tapage médiatique. On le voyait aussi assez souvent à la télé, et c'était d'ailleurs fort agréable la plupart du temps, car c'était un homme libre.

      On peut en dire autant de Finkie, qui passe un peu partout en ce moment pour parler de son "bouquin réactionnaire". Cela n'enlève rien à l'intérêt de sa réflexion, mais on aura du mal à le faire passer pour un maudit, un exclu, un banni.

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    5. Oui, il me semble que l'on trouve assez facilement les livres de Revel, sans qu'il soit besoin d'avoir recours aux éditions anglaises ou américaines : il y a quelques années, la collection "Bouquins" a réuni en deux volumes les écrits philosophiques et politiques ; je pense qu'ils sont encore disponibles. Je recommande particulièrement sa très belle autobiographie, "Le Voleur dans la maison vide", que l'on trouve en édition de poche, et aussi le journal de l'année 2000 intitulé "Les Plats de saison".

      A propos de Revel, homme brillant et intelligent, je me suis toujours demandé comment il avait pu supporter de partager sa vie pendant quarante ans avec Claude Sarraute : bizarrerie insondable de l'amour...

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    6. N'exagérons rien en effet, tant une certaine intelligentsia n'est que la galerie des glaces du pouvoir, qui n'offre jamais qu'une ébauche de contestation véritable, sans réelle prise sur le réel, car sans relais tangibles, donc jamais revendiquée par le plus grand nombre.
      Chaque époque voit apparaître et disparaître des générations de penseurs jugés plus définitifs les uns que les autres, mais rien ne vient enrayer le mouvement inexorable vers la catastrophe sans cesse annoncée, l'insurrection qui vient, etc.

      De surcroît la masse déteste les prophètes de malheur, ne l'oublions jamais, et elle a parfois raison.

      Revel à 1€ en 2013 pose question, comme d'ailleurs Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut et « Le Nouveau Désordre Amoureux » au même prix...

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    7. Robert Marchenoir18 octobre 2013 à 09:53

      Justement, Emmanuel. Le Bouquins de 1997 n'est plus disponible (à tel point que certains tentent de le vendre à 70 €), et celui de 2013 ne le remplace ni ne le complète. Ils doublonnent partiellement, mais ni l'un ni l'autre ne contiennent (d'après du moins le sommaire publié) des textes essentiels comme "Ni Marx ni Jésus" ou "La Grande parade". Il faut se rabattre sur l'occasion.

      En revanche, vient de paraître chez Bouquins "Les étrangers qui ont fait la France", et celui-là, il est tout à fait disponible, je vous le garantis.

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    8. Le volume "Bouquins" d'écrits philosophiques est disponible sur Amazon en occasion à des prix très abordables (autour de dix euros). Vous avez ici les écrits politiques pour une vingtaine d'euros (et il y a bien "Ni Marx ni Jésus", texte en effet essentiel). "La Grande parade" (très très bon aussi) est sorti en poche dans la collection Pocket, on doit pouvoir le trouver sans trop de difficultés. Cela dit, tous ces livres devraient être régulièrement réédités, c'est certain !

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  2. A la Fnac de Rouen, rayon Histoire, "Les croisades vues par les Arabes" de Amin Maalouf mis en avant (le choix des libraires) depuis, allez, au moins cinq ans.

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  3. L'autre jour à la FNAC des Ternes...
    - ... Philippe Murray ?
    - Avec un "r" ou "2r" ? Murré ?
    - Laissez tomber.

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  4. Et bien moi, je viens de finir ça: http://www.lesbelleslettres.com/Resources/titles/22510100982390/Images/22510100982390L.jpg et je le garantis, ça vaut son peson de cacahuètes !

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  5. Voilà déjà ce qu'en pense un certain Frédéric Martel, journaliste, directeur de recherche de l'IRIS, l'Institut de recherches internationales et stratégiques, auteur animateur à France Cul.

    http://www.slate.fr/story/78960/alain-finkielkraut-identite-malheureuse

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  6. Il est grand temps à Valls de quitter le PS et de fonder un nouveau parti, j'ai lu dans le JDD que Finkielkraut était proche de ses idées!

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  7. Robert Marchenoir17 octobre 2013 à 14:19

    Dans la même grande librairie indépendante de gauche à Saint-Germain des Prés (Paris, Frônce), je fouille un jour dans les rayons, et je tombe sur un livre de poche affublé d'un grave défaut de fabrication : un certain nombre de pages étaient imprimées à l'envers, ou le texte était coupé, bref : je ne me souviens plus, mais le livre était illisible et invendable.

    Je l'apporte au "libraire" en lui signalant le problème. Pas une excuse, pas un merci. En revanche, ce commentaire : bah oui, c'est inévitable, vous comprenez, quand on imprime un grand nombre d'exemplaires...

    Donc, non seulement c'est le client qui doit faire, désormais, pour pas un rond, le contrôle qualité de l'éditeur, mais en plus, le type qui gagne sa vie en vous fourguant ce genre de camelote se vante de vous vendre de la merde, et prétend qu'il ne peut pas faire autrement.

    Ce n'est pas comme si on savait, depuis un bon demi-millénaire, imprimer des livres sans fautes et sans défauts... Depuis que règne "l'exception culturelle française" et le "prix unique du livre", il semble que les imprimeurs, et les éditeurs qui les emploient, ont désappris à lire.

    Et les libraires d'un des plus importants temples de France de l'intellect et de la culture vous expliquent que le travail salopé est la norme, qu'on ne peut pas faire autrement, qu'ils ne sont pas responsables et que d'ailleurs ce n'est la faute de personne.

    Des fois, les livres s'impriment à l'envers, c'est comme ça. Shit happens. Mektoub. Inch'Allah.

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    1. Les défauts dont vous parlez n'ont rien à voir, il me semble, avec le "prix unique du livre" et autre "exception culturelle", mais bien plutôt avec la délocalisation ultra-libérale de l'impression en Roumanie ou en Chine, afin que Fayard, Plon, Gallimard et tous leurs potes puissent s'en mettre encore plus plein les fouilles, tout en bénéficiant d'aides directes et indirectes de l'Etat.

      Vous ne voudriez quand même pas que tous les bouquins s'impriment à l'"imprimerie nationale", quand même (unique actionnaire : l'Etat). Il est vrai que le travail y est remarquable et que le genre de défauts dont vous parlez n'y a pas cours, mais enfin, quoi, ce sont des fonctionnaires !

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  8. Il est déjà passé au 7/9 de France Inter
    http://www.franceinter.fr/emission-le-79-alain-finkielkraut-la-france-connait-une-crise-de-lintegration-puissante

    Duga

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  9. Robert Marchenoir17 octobre 2013 à 18:33

    Dans la même grande librairie indépendante de gauche à Paris (France), je dis un jour à la libraire que je cherche un livre consacré aux abbayes cisterciennes. On le trouve un peu partout dans son édition actuelle, dont je ne veux pas car elle a été imprimée en Chine, avec pour résultat que les photos sont méconnaissables. Il me faut l'édition précédente, qui coûtait peut-être 10 euros de plus, mais dont l'intérêt consistait précisément dans des photos extraordinaires, prises à la chambre. La différence de qualité entre les deux imprimeurs est spectaculaire. L'édition récente trahit complètement le travail du photographe.

    Normalement, à ce stade-là, on devrait me dérouler le tapis rouge, m'apporter un fauteuil, me servir les petits fours et me demander si je veux ma pipe nature, ou avec des glaçons.

    Après tout, je suis le client de rêve, celui qui donne tout son sens à la noble mission du libraire, lequel est là pour conseiller le public, pour le faire bénéficier de tout son savoir et de toute sa culture, contrairement aux vils épiciers ultra-libéraux des grandes surfaces ouvertes le dimanche, ceux qui traitent le livre comme une marchandise, tout occupés qu'ils sont à maximiser leurs profits sur le dos de la classe ouvrière, celle qui achèterait des livres d'art à 80 € le bout sur les abbayes cisterciennes si Edouard Leclerc et Bricorama ne se liguaient pas contre elle pour l'en empêcher.

    Pensez donc ! Pour une fois qu'on ne demande pas à cette humble mais courageuse servante de l'écrit "un bon roman" ou le dernier Musso... Pour une fois qu'elle est confrontée à un authentique rat de bibliothèque qui lit jusqu'aux mentions d'imprimeur, et qui est prêt à payer plus cher pour avoir un livre bien fabriqué...

    Et là, immense surprise. Enorme bug dans l'exception culturelle française, grave dysfonctionnement du socialisme à contour hexagonal.

    La guichetière ne peut rien pour moi. Non seulement elle ne me propose pas de commander le livre (ce qui fait partie, comme chacun sait, de l'énorme avantage apporté par les librairies traditionnelles en termes de service), mais elle se déclare incapable de le rechercher sur les cinquante bases de données, probablement subventionnées par tous les trous, qui s'offrent à elle, sous son nez, sur son écran.

    En effet, je n'ai sous la main ni le nom de l'auteur, ni l'éditeur, ni le titre exact.

    Et un livre sur les abbayes cisterciennes, c'est trop vague.

    Arrivé là, il n'est pas inutile de savoir que la librairie en cause possède un rayon de livres d'art particulièrement important.

    Il peut être aussi intéressant de noter que, si un singe tape "livre abbayes cisterciennes" dans Google, le premier résultat qui sort est précisément le bouquin que je recherche.

    Mais un libraire de gauche n'est pas un singe, je suppose.

    La mort dans l'âme, je me résous donc à me passer des irremplaçables conseils de mon libraire de proximité (si précieux à mes yeux que je me suis tout de même tapé une sérieuse tranche de transports en commun malodorants pour l'atteindre), et à traiter ce temple du savoir comme une vulgaire grande surface, déambulant au hasard entre les rayons.

    Notamment au rayon des livres d'art.

    Et là, je trouve, bien rangé sur son étagère, mon livre sur les abbayes cisterciennes.

    Mais à part ça, c'est la faute à Amazon et à l'ultra-libéralisme.

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    1. Quelle idée, aussi, de s'intéresser à l'art cistercien ! Pourriez pas vous passionner pour l'art islamique, comme tout le monde ?

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  10. Robert Marchenoir18 octobre 2013 à 20:24

    La capacité des gauchistes à dérouler la vulgate sans jamais la confronter à la réalité est infinie. Un certain Seb Musset, suivi par d'aucuns ici, écrit :

    Amazon cause un préjudice énorme aux petits libraires. Le métier est en danger et s'adapte. Il y a une carte à jouer en proposant au client tout ce qu’Amazon n'offrira jamais : du conseil, de la relation humaine, une sélection avec un point de vue, des spécialisations, des rencontres avec les auteurs et la commande par internet aussi. Après tout, les libraires ont accès à un catalogue aussi varié : à vous de demander. Passer un quart d’heure dans une vraie librairie ou passer un quart d’heure sur Amazon, et l'on retrouve cet écart séparant la dégustation de pâtes aux truffes entre potes avec une bonne bouteille et un repas à base de Nuggets à l'huile, arrosés d'un Coca sans bulle, seul au Mac Do.

    Ben, non, connard. La preuve ci-dessus. C'est la différence entre la théorie et la réalité.

    Notez que le blogueur gauchiste de modèle courant, c'est à dire anti-capitaliste, passant son temps à dénonçer l'âpreté au gain, à cracher sa haine des riches, à fustiger le "matérialisme" et le "consumérisme" des "ultra-libéraux", n'éprouve pas la moindre honte à se vanter de manger régulièrement des pâtes aux truffes, et même à ériger leur dégustation en exemple à suivre.

    Le cynisme de ces gens-là n'a pas de fond.

    http://sebmusset.blogspot.fr/2013/10/lamazon-anti-loi.html

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