dimanche 5 novembre 2017

Nos dimanches Dávila, 11


– Dans un régime démocratique, les politiques sont les condensateurs de l'imbécillité.

– Pour juger notre époque, il suffit de se rappeler que ses moralistes sont les sociologues.

– Heureux les révolutionnaires qui n'assistent pas au triomphe de la révolution.

– Avant de se moquer de l'astronomie de Hegel, le scientiste devrait imaginer le sourire de Hegel s'il l'entendait parler de philosophie.

– L'historien qui traite les époques comme de simples étapes de développement convertit celle qu'il étudie en pur prologue de son temps ou en préhistoire de ce qu'il souhaite.

– Il y a des écrivains avec lesquels nous n'avons pas la moindre idée en commun, mais en qui pourtant nous pressentons un frère ; et d'autres qui suscitent à la fois notre assentiment et notre antipathie.

– Rien n'est plus mesquin que de ne pas reconnaître combien nous avons rencontré d'êtres supérieurs à nous. L'inégalité est l'expérience d'une âme bien née.

– Sur une foule de problèmes triviaux, l'attitude intelligente n'est pas d'avoir des opinions intelligentes, mais de ne pas avoir d'opinion.

– Au milieu de l'oppressante et ténébreuse bâtisse du monde, le cloître est le seul espace ouvert à l'air et au soleil.

– La passion égalitaire est une perversion du sens critique : une atrophie de la faculté de distinguer.

– La “culture” n'est pas tant la religion des athées que celle des incultes.

– L'idée du “libre développement de la personnalité” paraît admirable tant qu'on n'est pas tombé sur des individus dont la personnalité s'est librement développée.

13 commentaires:

  1. Je commence — il est temps me direz-vous —, à avoir une véritable passion pour l'inégalité. J'aime tous ceux qui me sont inférieur et Dieu sait s'ils sont nombreux. Cela dit en toute modestie of course.

    RépondreSupprimer
  2. Vous vous levez incroyablement tôt, Maître Goux, pour un dimanche que je vous souhaite agréable !
    Dans la suite de ces austères aphorismes daviliens, j'opterai aujourd'hui pour celui-ci, qui paraît assez curieusement mystique sous sa plume habituellement prosaïque...
    "Au milieu de l'oppressante et ténébreuse bâtisse du monde, le cloître est le seul espace ouvert à l'air et au soleil."

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce sont mes choix qui vous le font paraître "prosaïque" : en réalité, il parle souvent du catholicisme, du christianisme, de la foi, etc. Mais commeil s'agit là de domaines qui me restent pour une large part étrangers, j'ai préféré ne pas trop m'y aventurer.

      Supprimer
    2. Barbara :
      Votre choix était aussi le mien.
      Avec le suivant d'ailleurs.

      Supprimer
    3. Ces domaines demeurent largement étrangers pour nous tous, mais en parler est une manière de les apprivoiser.

      Supprimer
  3. " – Il y a des écrivains avec lesquels nous n'avons pas la moindre idée en commun, mais en qui pourtant nous pressentons un frère ; et d'autres qui suscitent à la fois notre assentiment et notre antipathie. "

    Nous pouvons également l'appliquer aux politiques ou plus exactement à ceux qui partagent nos convictions...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. À cette différence que, personnellement, je ne me suis jamais senti lié à aucun politicien par le plus petit lien fraternel…

      Supprimer
  4. Serais-je la seule qui, ayant lu le titre du billet d'aujourd'hui, se serait écriée : Ah, merde !"

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Sûrement : mes commentateurs ont généralement tendance à être bien élevés…

      Supprimer
  5. Voilà qui me va:
    "Sur une foule de problèmes triviaux, l'attitude intelligente n'est pas d'avoir des opinions intelligentes, mais de ne pas avoir d’opinion.”
    Reste à savoir ce que recouvre “triviaux”, ni si en fait c’est juste une bonne excuse...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai également un tiqué sur cet adjectif, imprécis, sujet à caution. Il faudrait pouvoir se reporter à l'aphorisme original en espagnol : peut-être est-ce un problème de traduction, je ne sais pas.

      Supprimer
  6. Vive le dimanche matin, pour moi, c'est à chaque fois une agréable surprise.
    C'est le dernier qui m'a fait sourire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ilnous a fait sourire également, Catherine et moi.

      Supprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.