mercredi 29 novembre 2017

Si je n'étais pas anglais…


C'est un court dialogue que l'on trouve quelque part chez Jules Verne, qui m'a beaucoup frappé quand je l'ai lu, il doit y avoir un peu plus de cinquante ans ; il met en scène un Français et un Anglais. Le premier, pour faire l'aimable, dit : « Si je n'étais pas français, je voudrais être anglais ! » Et l'autre, imperturbable comme tout sujet britannique doit l'être dans un roman de Verne, lui répond : « Moi, si je n'étais pas anglais, je voudrais être anglais. »

Quand je dis que cet échange se rencontre quelque part chez Jules Verne, c'est que je ne parviens pas à me souvenir avec certitude de quel Anglais il s'agit – bien que je sois sûr que c'est lui le personnage principal du roman où l'on trouve ce dialogue. Je balance entre Phileas Fogg et le capitaine Hatteras. En réalité, je penche assez fortement du côté Hatteras, mais sans parvenir à une certitude qui serait pourtant bien rassurante : je ne saurais dire pourquoi, mais je vois finalement assez mal Phileas Fogg avoir ce type d'échange avec Passepartout ; ça ne cadre pas avec l'image que j'ai d'eux, mais il est vrai que cette image est bien floue, n'ayant pas lu Le Tour du monde en 80 jours depuis environ un demi-siècle. Car je dois vous avouer une chose : Jules Verne m'emmerde profondément.

50 commentaires:

  1. Cretinus Alpestris29 novembre 2017 à 17:42

    La réponse est au bout de ce lien.

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    1. Votre lien est inopérant, très cher (en tout cas de chez moi).

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    2. Capitaine Hatteras(son lien marche chez moi)

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    3. Cretinus Alpestris30 novembre 2017 à 08:13

      1) Rendez-vous sur Google Books : https://books.google.fr/
      2) Lancez une recherche avec le mot-clef "atteras" (sans "h")
      3) Cliquez sur le premier lien dans les résultats
      4) Allez jusqu'à la page 88
      5) Et voilà ("Enjoy !" comme disent les rosbifs)

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  2. Excellent billet. La chute est même franchement sublime.

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  3. google donne comme réponse:

    La revue indépendante,
    publiée par Pierre Leroux, George Sand, Louis Viardot: ici

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    1. Je ne m'interrogeais pas sur l'origine de la réplique (qui d'ailleurs demeure bien floue dans la dite revue), mais de savoir dans quel roman de Verne je l'avais trouvée.

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  4. Les Aventures du capitaine Hatteras. 1re partie. Chapitre XII. Merci Google...

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  5. Oui, moi aussi je trouvais Jules Verne assommant mais je me disais que c'était parce que c'était des livres pour les garçons.

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    1. Je précise que j'ai adoré Jules Verne étant enfant. C'est quand j'ai voulu le relire adulte (il n'y a d'ailleurs pas si longtemps, peut-être 12 ou 15 ans) que je me suis aperçu qu'il m'assommait ; ce qui m'a d'ailleurs bien déçu de sa part…

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    2. En y réfléchissant, je me disais que si l'Éduc.Nat. se servait des Jules Verne pour ses cours d'éducation sexuelle, cela pourrait calmer le jeu !

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  6. J'ai une crise tous les dix ans et je relis les principaux machins de JV (sauf le tour du monde qui m'emmerde). Et vous me connaissez, je ne suis pas du genre à lire beaucoup...

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    1. Moi, c'est Dumas qui m'a longtemps fait cet effet, et en particulier Le Comte de Monte-Cristo. Mais la dernière lecture, il y a trois ou quatre ans, a été celle de trop sans doute : soudain, je n'en ai plus vu que les faiblesses et les balourdises.

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  7. Moins d'une minute d'enquête avec Qwant pour retrouver votre source oubliée parce qu'oubliable : _Les aventures du capitaine Hatteras_, au chapitre XII (via Wikisource).

    <>

    Dans le même registre, on a mieux et plus cinglant chez Schnitzler et Kraus.


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    1. Si Verne était cinglant, ça se saurait !

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  8. Si vous vous posez en core la question :
    « Si je n'étais Français, je voudrais être Anglais.
    — Si je n'étais Anglais, moi, répondit Hatteras, je voudrais être Anglais. »1
    ↑ Les Aventures du capitaine Hatteras. 1re partie. Chapitre XII.

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  9. Vu de chez moi, le lien proposé par M. Cretinus Alpestris nous envoie sur une page du livre "Voyages et aventures du capitaine Hatteras (Entièrement Illustré)" dont l'illustration de la premiere page est celle de votre billet. Si le lien reste inopérant, vous pouvez ouvrir cet ouvrage au chapitre XII et souffrir les quelques em... qui semblent vous indisposer à la lecture de Jules Verne pour retrouver la citation que votre memoire a conservé in extenso pendant 50 ans. Bravo

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  10. Tout est dit, citation, personnage et illustration sur le lien suivant:https://fr.m.wikipedia.org/wiki/John_Hatteras

    J'en ai profité, suite au visionnage du documentaire sur Marcel Proust, pour consulter la notice de Daniel Halevy.

    Je connaissais le nom mais ne savais pas du tout qui il était.

    Personnage et parcours étonnants ..

    You

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    1. Ils sont d'ailleurs assez nombreux, les Halévy intéressants. Mais arrêtons de les glorifier : on risquerait d'énerver M. Jazzman…

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    2. Ne vous gênez pas, vous risqueriez plutôt de me faire rire...

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    3. Ce Halevy là était protestant et pétainiste mais dreyfusard dans sa jeunesse.

      You

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  11. C'est bien dans Voyages et aventures du capitaine Hatteras, page 186.
    En revanche, si le capitaine Hatteras est bien celui à qui Jules Verne attribue cette sentence, le français n'est pas identifié dans le récit.
    Extrait :
    John Hatteras portait haut la fierté anglaise, et ce fut lui qui fit un jour à un Français cette orgueilleuse réponse.
    Le Français disait devant lui, avec ce qu’il supposait être de la politesse, et même de l’amabilité :
    – Si je n’étais Français, je voudrais être anglais.
    – Si je n’étais Anglais, moi,répondit Hatteras, je voudrais être Anglais!
    On peut juger l’homme par la réponse.

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    1. Eh bien voilà : c'est à la dernière phrase de votre citation que l'on voit à quel point Verne ne sera jamais un véritable écrivain ! Quel besoin de souligner ce que tout le monde a déjà compris ?

      (D'un autre côté, Balzac avait tendance à faire la même chose, alors…)

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  12. "Moi, si je n'étais pas anglais, je voudrais être anglais. »
    ... et même avoir écrit Moby Dick ou encore Oliver Twist na!
    😜
    Hélène dici

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    1. Moby Dick fait partie de ces romans que j'ai essayé dix fois de lire (j'exagère évidemment) sans jamais y parvenir. Ce qui ne prouve strictement rien contre lui, d'ailleurs.

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  13. J'avais trouvé "le docteur Ox" et "César Cascabel" très drôles quand je les avais lus ; en lisant Michel Strogoff j'avais appris un peu de géographie... Je pense qu'une fois adultes on s'aperçoit que son style était un peu ampoulé ; quant aux romans de science-fiction, difficile de les apprécier au 21ème siècle

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    1. J'avais adoré Michel Strogoff, vers huit ou neuf ans.

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    2. et dans Michel Strogoff, les deux journalistes, l’Anglais et le Français sont assez délectables

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  14. Dites donc Monsieur Goux, ça n'a rien à voir bien sûr, mais il ne s'est rien passé en octobre ?

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    1. Ah, merdum ! J'ai complètement oublié, dites donc ! Bon, je vous programme ça pour demain matin sept heures tapantes…

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    2. Des promesses, toujours des promesses...

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    3. La neige qui virevolte sévère depuis un bon moment vous aura sans doute empêché d'aller quérir le précieux objet ?

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    4. La rotative s'est coincée

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  15. C'est intéressant, mais pourquoi cet échange, typique (la flexibilité courtoise du Français, prêt à toutes les contorsions, son désir de plaire, l'imperturbable fierté de l'Anglais impérieux), vous a-t-il marqué ?
    L'aimable propos du Français, c'est presque de l'esprit. La répartie de l'Anglais, c'est presque de l'humour.

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    1. Est-ce qu'on sait pourquoi une chose vous marque plutôt qu'une autre, à neuf ou dix ans ?

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    2. Juste. Est-ce que moi je sais pourquoi, quand je travaillais pour l'industrie pharmaceutique, au déblistérage (tâche qui consiste à ôter les médicaments de toutes les couleurs de leur cosse plastifiée), à l'été 2015, à chaque fois que je me levais pour entreposer un pot, j'entendais « Chiquita », d'Abba... Peut-être les poussières ou les vapeurs pharmaceutiques.

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  16. Ben moi, si je n'étais pas Anglais ( ce qui, heureusement, est le cas), je ne voudrais surtout pas être Anglais.

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  17. Otez -moi d'un doute horrible: ne faudrait-il pas écrire " Si je n'étais pas Anglais" ( c'est une nationalité, pas un adjectif), et non pas " Si je n'étais pas anglais" ?

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    1. Non. On dit certes : un Anglais (ou encore un.e Anglais.e) parce que c'est un nom, mais, là, il s'agit bien d'un adjectif : je suis anglais, je suis grand, je suis vieux, etc.

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    2. Zut,j'ai failli mourir en étant persuadé du contraire : une vie ratée, ça tient finalement à peu dechose.

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  18. Et dans quel roman peut-on trouver cette phrase admirable?
    "Moi si je n'étais pas français je voudrai être congolais"

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  19. India dreams, je crois premier album :
    "J'ai dû me conduire bien mal dans une vie antérieure pour avoir été réincarné en Anglais"

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  20. La marche c'est très bon pour la pensée.

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  21. Je ne voudrais pas être désobligeante, maladroite ou quoi que ce soit d'autre, mais, à Lomé, chez le marchand de livre d'occasion (très peu nombreuses et bien plus chères que n'importe quoi d'autre au marché) quand j'ai eu à choisir entre Jules Verne et un Brigade Mondaine, les deux dans un état qui les auraient rendus invendables même dans le plus piteux des vide-grenier (le pluriel de vide-grenier ? Je ne sais pas, à l'aide ) j'ai choisi Jules Verne qui m'a distraite tout en me rafraîchissant puisqu'il s'agissait du Pays des Fourrures qui se passe dans le grand Nord alors que nous frôlions l'équateur. Ceci dit, je ne vais pas me précipiter sur ses oeuvres complètes.

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    1. Vous auriez quand même pu noter le titre du BM, qu'on sache si c'était un des "miens" ou pas !

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    2. le bouquin etait en très mauvais état, un bon coup sur la tranche et N illisible , on a pu lire une partie du titre avec les mots Notre Dame ...et dechar ???
      Une chance sur 3 qu 'il soit écrit par toi
      Bises
      le mari de la mère

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    3. Notre dame de Chartres ! C'est en effet un des miens. Il se passait presque entièrement à l'intérieur de la cathédrale de la dite ville. Je me souviens que, par jeu, j'avais recopié des paragraphes de descriptions entiers dans le Notre-Dame de Paris de Hugo, pour voir si quelques lecteurs s'en apercevraient : personne n'a moufté.

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  22. Putain j 'aurai du choisir ton bouquin plutôt que la daube de J Verne
    Tant pis j 'y retourne pas

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