dimanche 27 mai 2018

L'air de la bêtise, 7


ESCHYLE

– Eschyle, comme quelques dramaturges de notre époque, avait toujours une pinte de vin quand il composait ses tragédies.
Le Moniteur viticole, 1856.


ESCLAVES

– L'esclavage est une très mauvaise préparation à l'exercice de la liberté.
Anthony Trollope, The West Indies and the Spanish Men, 1860.


ESPAGNOLS

– Les Espagnols n'eurent jamais beaucoup d'inclination pour les voyages.
Schwab, Dissertation sur les causes de l'universalité de la langue française, 1803.


ÉTOILE POLAIRE

– Polaire (étoile) ou la Polaire, étoile de troisième grandeur, ainsi nommée parce qu'elle est à une très faible distance du pôle Nord.
Nouveau Petit Larousse illustré, 1935.


FAMILLE

– Une vraie famille chrétienne, pour respecter les vœux divins, ne devrait pas avoir moins de quinze enfants, dont douze au moins seraient vivants.
Abbé Niolet, Nouveaux sermons pour les jeunes époux, 1829.


FEMME

– La femme a été peu ou mal étudiée. Nous avons des monographies complètes sur le ver à soie, sur les hannetons et les chats, et nous n'en avons pas sur la femme.
P. Mantegazza, Physiologie de la femme,  1911.


FILS UNIQUE

– MM. Jules Grasset, avocat à la Cour, et Albert Grasset, officier de marine, sont les fils uniques du défunt.
Le Soir, 20 juin 1893.


FONTENELLE

– En 1755, le centenaire vivait encore : il avait près de quatre-vingt-dix-neuf ans.
F. Funck-Brentano, préface aux Mémoires de Mme de Staël, 1927.


FOOTBALL

– Foot-ball signifie littéralement “ballon-pied”, ce qui éveille tout de suite l'idée d'un ballon mis en mouvement avec le pied.
V. Dabat, Revue encyclopédique, 2 septembre 1899.

– La victoire revient quand même à Reims, mais Monaco aurait tout aussi bien pu être battu.
L'Équipe, 3 septembre 1974.


FRONT POPULAIRE

– Dans l'état présent des affaires de l'Europe, le temps travaille pour l'ordre et la paix.
Roland de Mares, Le Mercure de France, 1er septembre 1937.

– La cour d'assises de la Seine a acquitté M. Paul Cusinberche, industriel, qui avait tiré en l'air au cours d'une occupation de ses ateliers par ses ouvriers en grève et en avait tué un.
Le Courrier de Flers, 29 mars 1938.

17 commentaires:

  1. POLÉMISTE

    "Tout véritable polémiste pose comme postulat qu'une tête éclairée ne peut cohabiter qu'avec un cœur méchant."

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  2. Toutes ces citations sont excellentes, menu des plus croustillants Maître Goux ! Mais il fallait quand même plonger, au pif :
    – Eschyle, comme quelques dramaturges de notre époque, avait toujours une pinte de vin quand il composait ses tragédies.
    Le Moniteur viticole, 1856.

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  3. La femme a été peu ou mal étudiée.

    C'est vrai ça.
    Il n'y a guère que Landru qui se soit un peu penché sur la question.

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  4. M'enfin les méthodes de Landru étaient un peu empiriques...

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    1. Du reste le résultat de ses travaux n'ont pas été validés par "Science".

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  5. SILENCE

    "Jusqu'à ces derniers temps, l'Anglais et l'Américain se sont partagés l'univers dans un grand silence."
    Charles Maurras, Lettres des jeux olympiques.

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  6. Un gréviste perché? Voilà ce qui arrive quand on veut s'élever au dessus de sa condition.

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  7. Désolé pour ce retard à la validation, mes biens chers frères : par une fantaisie soudaine de Blogger, plus aucun commentaire n'arrive dans ma boitamel. Du reste, si Nicolas ne m'avait pas signalé l'incident, je ne m'en serais pas aperçu : je pensais plutôt à une gigantesque et collective bouderie…

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    1. C'est bien aimable de vous en excuser. On a en effet parfois l'impression d'être un peu méprisé...

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    2. Un écho dans une écurie ? Non ? Bêêh si...

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  8. "– Foot-ball signifie littéralement “ballon-pied”, ce qui éveille tout de suite l'idée d'un ballon mis en mouvement avec le pied."

    Ou celle d'un pied enflé

    Hélène dici

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  9. @ Fredi M
    "La femme a été peu ou mal étudiée."
    Détrompez-vous, ainsi :
    "Une femme n'a pas besoin d'être intelligente ; car, puisqu'elle est belle, elle a déjà tout ce que l'imagination la plus enflammée de son admirateur pourrit faire d'elle ; elle a donc très grand entendement. Une belle femme est intelligente même si elle est bête ; car qui voudrait qualifier de bête un discours bête dans la bouche d'une jolie femme et qui voudrait louer la beauté chez une belle créature, sans tomber simultanément en extase devant son intelligence…"
    S'ensuivent une quinzaine de pages encore, alors voyez-vous votre erreur ?

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    1. Ce sont bien les mots d'un misogyne...
      Un écrivain du 19ème ?

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    2. Ecrivain du XIXème siècle, sans doute, né en 1763.
      Alors misogyne ? Pas sûr ! Ne pas oublier qu'il parle, dans cet texte (à découvrir), au nom de la Bêtise.
      Et il explique, en avant-propos :
      "Moi, la Bêtise, j'emprunte tantôt telle forme respectable, tantôt telle autre
      pour me montrer aux hommes sous mon jour le meilleur ; mais je ne plais à chaque fois qu'à ceux qui me voient sous leur propre forme car chacun n'apprécie que la Bêtise qui ressemble le plus à la sienne..."

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    3. Jean-Paul.
      Il a vécu vers la fin de sa vie les premières années du 19eme siècle.

      car chacun n'apprécie que la Bêtise qui ressemble le plus à la sienne..."

      C'est bien vrai, je l'ai souvent constaté.

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    4. Bravo ! Vous avez gagné ! Il avait une vingtaine d'années à l'époque de "Éloge de la Bêtise". Voilà ce que Hermann Hesse dit "A propos de Jean Paul":

      "...Devenu rapidement célèbre, bénéficiant même de l'estime et de la protection de certains princes, il ravissait les esprits romanesques et épouvantait les bourgeois en menant la vie d'un authentique original qui disait sans ambages ce qu'il pensait, ne se souciait guère des conventions sociales et autres fariboles, offrait son cœur à son prochain ou lui marchait sur les pieds selon son inspiration du moment. On lui a souvent fait grief de cette incapacité à s'adapter au monde. N'oublions cependant pas que pour cet homme déçu par le monde, pour ce poète, cet idéaliste ennemi du réel, c'était un exploit tout à fait remarquable que d'opposer ainsi au monde, tout seul, son personnage de sans-le-sou famélique et d'assumer fièrement, contre vents et marées, sa nature et ses défauts. Et c'est ainsi qu'il a continué à vivre, jusqu'à son dernier jour..."

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