vendredi 18 mai 2018

Les méritoires tentatives de Chronopost


Quand je disais, il y a quelque temps, que la Poste ressemblait de plus en plus à une administration africaine, peut-être me montrais-je d'une trop grande sévérité envers les dites administrations sub-sahariennes. J'attendais ce matin le dernier volume paru du journal de Renaud Camus, Juste avant après. Il m'étais dûment annoncé par mon “suivi de colis”, mais, en réalité, je ne l'attendais qu'à moitié, et même au quart : je commence à connaître les zigotos employés par Chronopost. De fait, ça n'a pas manqué : peu après neuf heures, lorsque j'ai de nouveau consulté le suivi en question, il m'a été notifié qu'une “tentative de livraison” avait été faite et que, pour la suite, je devais me référer à l'avis de passage déposé dans ma boîte aux lettres ou encore contacter mon “transporteur”. Contacter, il n'y fallait bien sûr point songer : sans doute tout à leurs transports, ces gens ont décidé une bonne fois pour toutes d'être résolument injoignables. Quant à l'avis de passage, il ne pouvait y en avoir, ni dans ma boîte, ni ailleurs, puisque, de passage, il n'y avait pas eu non plus.

C'est une fatalité assez récente mais qui se multiplie à l'envi, ces tentatives de livraison, et je crois avoir compris ce qui se passait. Avant de donner mon explication (hypothétique, certes), je dois préciser qu'à moins d'accomplir sa tournée avant cinq heures du matin, le livreur de Chronopost n'aurait eu aucun mal à voir sa tentative pleinement couronnée de succès : il y a une grosse cloche accrochée juste à droite du portail, et toujours l'un de nous deux – Catherine ou moi – à l'intérieur de la maison pour l'entendre et accourir.

Donc, mon avis, c'est qu'aucune tentative n'a été faite. Pourquoi ? Parce que, dans sa nonchalance et son manque de conscience professionnelle, mon livreur a dû s'apercevoir qu'il n'avait pas assez de colis à déposer au Plessis-Hébert pour que je méritasse qu'il fît un détour : il devait être bien plus agréable pour lui de terminer sa tournée avec une demi-heure d'avance, voire davantage. La dernière fois qu'un tel contretemps s'est produit, la première tentative a été suivie d'une seconde, le lendemain. Et ce n'est que le troisième jour que mon colis m'a été remis… par notre factrice habituelle lors de sa tournée quotidienne. Je serais prêt à parier une assez grosse somme que c'est encore elle qui va m'apporter le journal de Camus demain. À moins que le fantôme de chez Chronopost ne se décide à une nouvelle tentative sabbatique, auquel cas le colis ne m'arrivera que lundi – ou plutôt mardi, puisque lundi sera pentecostal.

Pendant ce temps, lorsque Amazon a la bonne idée de faire appel à une véritable entreprise, du genre d'UPS, le colis promis m'arrive toujours, non seulement au jour, mais également à l'heure annoncés. Ce qui est évidemment très mal car c'est, sans doute possible, l'une des conséquences visibles de l'ultralibéralisme qui ravage notre pauvre France ; et contre lequel Chronopost lutte de plus en plus efficacement.

30 commentaires:

  1. Les livreurs d'Amazon ont pris la mauvaise habitude, depuis quelques mois,de livrer le colis, en cas d'absence, chez un voisin, sans pouvoir préciser lequel; et pour peu que celui-ci soit intéressé par le contenu...J'ai perdu 2 envois comme ça.
    Un bon conseil: pour protester, plutôt que les messages interner,chercher sur le site le contact par téléphone: gens
    charmants, qui vous appellent dans les 15 secondes à leurs frais (ils sont en Irlande ) et règlent immédiatement le problème (nouvel envoi ou remboursement immédiat)

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    1. Mais Amazon n'a rien à voir là-dedans ! La seule chose qu'on pourrait lui reprocher, c'est de continuer à utiliser les services de Chronopost.

      Sinon, j'ai déjà eu le cas de paquets jetés par le livreur de l'autre côté de mon portail, dans l'herbe. Notre factrice nous a avoué que cela arrivait souvent, et que, en outre, le livreur Chronopost ne le balançait pas par-dessus le bon portail, et qu'ensuite c'était à elle de rattraper ses conneries.

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  2. Ce que vous dites de La Poste est vrai, mais n'oublions pas que le libéralisme est justement la cause de sa décrépitude, puisqu'il s'est agi de "rentabiliser" l'institution par sa mise en concurrence. Quand elle était une administration pléthorique, avec des tas de postiers partout, elle fonctionnait mieux que ne le fera jamais une entreprise privée.

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    1. Ah, parce que, d'après vous, les entreprises privées du genre d'UPS et autres se fichent de la rentabilité ? Ils travaillent pour la gloire ? On sent bien que c'est le fonctionnaire qui parle en vous !

      Non, la vraie "morale" serait plutôt la suivante : pour qu'une administration fonctionne presque aussi bien qu'une entreprise privée, elle est contrainte d'avoir quatre ou cinq fois plus de salariés. Payés par l'ensemble des citoyens, y compris ceux qui n'ont pas besoin de ses "services".

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    2. "le libéralisme est justement la cause de sa décrépitude

      Mais non : la cause de sa décrépitude, c'est la chute spectaculaire du courrier depuis l'utilisation du mail.

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    3. C'est que les boîtes privées fonctionnent à la rentabilité calculée au plus près et à court terme, quitte à embaucher des incompétents venus d'Afrique pour raboter les coûts, et sans considération de l'intérêt national. Merci le BTP des années 50 et suivantes, la restauration, etc., où il est courant de ne trouver aucun Français. Ce sont les "patrons" qui ont fait venir nos nouveaux amis par millions, ne l'oubliez pas. D'ailleurs ils continuent.

      Quand les services publics s'alignent sur les critères du privé, c'est la catastrophe. Un exemple : ces petites maternités de province reculée qui sont menacées de fermeture si les accouchements sont en baisse. Eh bien la solution, c'est de faire venir des Africains en masse, qui (quelle surprise) font remonter miraculeusement le taux de production de gosses.

      Je le sais parce que je le vois.

      Avec des services publics à l'ancienne, pas de management à la noix, d'objectifs comptables à la con... Si en plus on avait supprimé les entreprises privées, comme en Russie et en Europe de l'Est, ce serait zéro immigration et le bonheur pour tout le monde.

      Le "privé" comme "modèle", c'est le mal qui nous tue.

      Et ne croyez pas que je galéjade quand je vante les vertus du Bloc de l'Est. Du moins je ne le fais qu'à moitié, car je ne crois pas qu'il y ait un seul pays ex-coco qui soit plus mal barré que nous.

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    4. Je manque un peu de temps, ce matin, pour répondre aux provocations poliennes…

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    5. Comment ça, une provocation ! Je trouve que c'est plutôt solidement argumenté, moi.

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    6. Une bonne provocation DOIT être solidement argumentée…

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    7. @Marco Polo

      Vous ne connaissez rien au problème des maternités : une maternité implique au moins 2 obstétriciens, (vacances,maladie,etc.), 2 chirurgiens (si ça se passe mal), 2 anesthésistesur, etc. à plein temps.
      Une maternité doit fermer si elle fait moins de 300 accouchements par an,ce qui implique parfois des périodes de 4 mois sans aucun accouchement. ..ce que je déconseiller ais à toute femme!

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    8. C'est vous l'incompétent. Je préfère des médecins qui travaillent peu, payés normalement, pour faire accoucher des Français de la campagne, que des médecins qui travaillent beaucoup pour s'occuper de gens que l'on fait venir d'Afrique par cargos entiers. C'est à cause de gars dans votre genre que l'Europe disparaît.
      Logique comptable de merde.
      Sans compter qu'une bonne part de ces médecins sont eux-mêmes étrangers.
      Mais bon, tout est normal selon M. Arié.

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  3. Quand vous serez livré par drone, à qui irez vous vous plaindre lorsqu’un coup de vent malencontreux, une averse, un orage, auront obligé le petit appareil à se foutre à bas deux pâtés de maison plus loin ?
    Mais en bon libéral, vous leur trouverez toutes les excuses...

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  4. Les dirigeants et les syndicats de La Poste doivent être actionnaires des transporteurs privés.

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    1. C'est une hypothèse qui a sa pertinence !

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  5. Marco Polo a sans doute raison, d'ailleurs votre réponse est louche puisque Marco Polo a dit justement qu'il fallait que Chronopost devienne "aussi rentable" que les nouveaux concurrents.

    Mais ne négocions pas : la mise en concurrence était sans doute nécessaire car obligatoire par des textes mais en débattre ici n'a probablement aucun intérêt. De toute manière, il n'y aucun moyen légal d'empêcher n'importe que boite de livrer en France.

    La filialisation de Chronopost en 1985 (c'est très vieux) a été une erreur. Il est d'ailleurs bien prévu que ça soient les facteurs qui distribue les colis dans les zones rurales (où la Poste fait ses tournées en voiture). C'est une erreur parce que la maison mère a la logistique pour faire le boulot... Pas la filiale.

    Il y a un problème d'organisation, visiblement, au sein de cette valeureuse entreprise. Par exemple, l'informatique de Chronopost n'a aucun moyen de savoir si une tentative a été faite par la maison mère (c'est une supposition de ma part ; je travaille dans l'informatique de grosses boîtes et connais assez bien les énormités qui peuvent exister). Et il y a un problème d'organisation au sein de ces deux sociétés.

    Le livreur (le facteur, en principe) fait son boulot.

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    1. Pas sûr d'avoir tout compris, mais bon. Je m'en tiens à ma constatation "primaire" : les entreprises de distributions tiennent leurs engagements, tandis qu'à Chronopost c'est le foutoir. Et peu m'en chalent les raisons.

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    2. J'ai longtemps pesté contre Chronopost dont les livreurs allaient surtout livrer les bureaux de poste plutôt que les destinataires. Mais depuis l'année dernière, Chronopost a radicalement change ses méthodes en étant capable de vous annoncer jour et créneau horaire d' une seule heure pour le passage du livreur...et de tenir sa promesse. Si fait, messieurs dames!
      Et j'en suis à trois livraisons réussies depuis...
      Bémol : je suis en IDF, seconde couronne, avec une densité plus propice aux efforts...
      Quant au libraire américain, il est en train de ringardiser toutes les entreprises de livraison grançaise de par son sérieux dans le quadrillage, toujours en IDF...

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  6. Désolée pour vos retards de livraison, surtout pour le journal de Renaud Camus dont je suis devenue fan grâce à vous !

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    1. Pas grave : je relis la cuvée 2016 pour me remetre "dans le bain"…

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  7. "pour qu'une administration fonctionne presque aussi bien qu'une entreprise privée,"

    Non, non, ça n'a rien a voir avec le "contraste" privé/public, c'est juste l'évolution normale de la compétence des travailleurs ET des entreprises.
    En 1914, peu avant la guerre, avec des trains à vapeur, du papier carbone et de l'huile de coude, pour les lettres et les petits colis c'était J+1 sur toute la France.
    Mais comme maintenant on "rentabilise" en "motivant" les prestataires (sous traitants) c'est plus difficile, un livreur Chronopost m'a expliqué que si ils ne prétendent pas avoir livré à temps ILS NE SONT PAS PAYES (leur boîte, mais leur patron est content d'eux...).
    C'est t'y pas beau le "management"?

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    1. Pas besoin de remonter en 1914 : le J + 1 était encore la règle dans les années soixante-dix.

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  8. Constatons une chose: les livreurs d’Amazon ne valent pas plus cher que le plus mauvais des facteurs et si demain la majorité des envois doivent être foirés, ce sera un grand bien pour l’humanité! Cela ne portera tort qu’aux adorateurs du veau d’or néolibéral outrancier comme on le constate ici!
    Je vends moi même grâce à un site internet des plantes en petites quantités et j’utilise Coliposte et j’en suis satisfait. Chronopost est hors de prix. Par contre l’effet Amazon est déplorable et de plus en plus je tombe sur des clients qui croient qu’on expédie le jour de la commande.
    Je les freine dans cette folie et de temps à autre l’on m’en remercie:
    Reçu aujourd’hui: "très beaux petits plans arrivés en pleine forme .ça valait la peine d'attendre!Ils sont installés dans leur nouveau jardin

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    1. Donc, si je vous lis bien, vos plants sont arrivés "en pleine forme" parce que vous avez attendu une semaine pour les envoyer. Je suppose donc que si vous les aviez expédiés le jour même ils seraient arrivés tout flétris, voire morts…

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    2. Rions un peu, n’est-il pas !!!

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  9. Un postier sonne à mon interphone. Je lui ouvre la porte de l'immeuble. Je me précipite dans l'ascenseur, pensant qu'au pire, je le rencontrerai en bas, attendant l'ascenseur mon paquet à la main. Trop tard ! Il a déjà déposé dans ma boîte, son avis de passage signalant mon absence, et a disparu.

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    1. Ah, oui, je crois bien qu'en ville plus aucun facteur ne prend la peine de monter un escalier.

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    2. Si les gens étaient plus généreux en pourboires, on n'en serait pas là...

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    3. Surtout quand l'immeuble est équipé d'un ascenseur, comme vous l'indique Mildred.

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  10. Si, si, ça m'est arrivé récemment ! Bon, les 4 fois précédentes (quatre), j'avais subi le même coup que Mildred. Et la fois suivante, idem. Mais une fois, oui, j'ai vu un facteur à ma porte qui avait grimpé trois étages. Rhâlors ! Mais j'arrête sur cette question qui me rend un peu malade (je suis né dans une poste, ou quasi, et voir ce qu'est devenue cette administration m'ennuage de noir).

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  11. On passe pour un grand-père en voie de perdre la raison quand on raconte aux petits qu'en 1955 il y avait deux distributions pas jour : avant midi, puis vers 5 heures du soir.

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