mercredi 6 janvier 2016

Les musiciens sont des cons


Enfin, des cons, peut-être pas ; en tout cas, ils jouent contre leur camp, qui est pourtant déjà en bien piteux état. Il y a un peu plus de deux ans, Henri Dutilleux avait commis l'ahurissante bourde de mourir la veille du jour où Georges Moustaki choisissait de rendre à Dieu son âme triple de métèque, de Juif errant, de pâtre grec. Résultat : les larbins appointés du ministre de la Culture d'alors n'avaient pas eu le temps de lui préparer une fiche sur le compositeur d'Ainsi la nuit, ni même de l'avertir in extremis de son existence ; et ce pauvre Henri était allé tout seul à la fosse commune post-moderne, comme Mozart en son temps – mais lui, c'est parce qu'il tombait des cordes (ce qui ne manque pas d'un certain sens, pour un musicien).

Vous pensez que cela aurait servi de leçon aux jeunots qui poussaient derrière ? Qu'ils allaient davantage travailler leur plan-obsèques ? Allons donc ! Voici Pierre Boulez qui, pris d'une impatience suicidaire, si je puis dire, s'empresse de défunter trois jours seulement après le trépas glorieux et universellement sangloté de Michel Delpech et trois jours également avant ses funérailles nationales, laissant définitivement son pauvre marteau sans maître. 

D'où l'angoissante question que tout un chacun se pose : que va faire le ministre d'aujourd'hui ? Il est à craindre, on s'en doute, que le chef n'aura droit ni à Fleur ni aux couronnes et que sa dépouille pourra aller se faire voir chez Laurette.

58 commentaires:

  1. Arrêtez de gueuler ! Les hommages à Delpech ont fait qu'on a éviter une partie de ceux à Galabru, immense acteur mais avec une cravate à chier.

    RépondreSupprimer
  2. Déjà le journal de France 2 a fait très fort : un bon quart d'heure pour Delpech dimanche soir et moins de deux minutes en fin de journal pour Boulez, juste après un dossier copieux sur la galette des Rois !
    Sur BFM, ils ont fait tourner en boucle un extrait où il dirige du Bartok en l'annonçant comme un échantillon de sa musique "bien particulière"...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On n'est jamais déçu par mes confrères de la télé…

      Supprimer
  3. sa dépouille pourra aller se faire voir chez Laurette.

    On me dit que la guinguette "chez Galabru" est de meilleure tenue.

    RépondreSupprimer
  4. Et puis surtout quelle indélicatesse en pleine commémoration "Charlie" !
    Pour le coup c'est un manque de savoir-vivre.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai, j'avais oublié Charlie, en plus.

      Supprimer
  5. Je me suis forcé à écouter quelques dizaines de secondes de sa "musique" par-ci par-là, y compris dans ses "oeuvres" de jeunesse.
    Ce type n'a pondu que de prétentieuses merdes, et je m'étonne (un peu car je commence à vous connaître) que vous ne vous en rendiez pas compte.
    Je ne vois qu'une explication : Mozart, Beethoven, Chopin...et Boulez vous font le même effet. Rien.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je n'ai jamais dit que la musique de Boulez (trop strictement "dodéca" pour mon goût en effet) me plaisait et que j'en écoutais dix minutes tous les matins !

      D'un autre côté, le fait que vous ayez pu juger en dix secondes qu'il s'agissait de "merdes prétentieuses" ne m'impressionne pas plus que ça, ni les conclusions que vous en tirez à mon sujet.

      Supprimer
    2. Quelques dizaines de secondes deviennent dix secondes, si même vous, vous vous abaissez à ce genre de procédé c'est à désespérer...
      Il suffit de lire quelques phrases d'un livre de Christine Angot pour savoir à qui on a affaire. C'est la même chose pour une pièce de Boulez.
      Que vous vous forciez de temps à autre à l'écouter, c'est déjà trop.
      Et parallèlement, vous êtes incapable d'apprécier le talent de Rick van der Linden (Ekseption) au nom du bon goût. Je me marre.

      Supprimer
    3. Je suis d'autant moins capable d'apprécier le talent de la personne à qui vous faites allusion que j'ignorais son existence il y a encore deux minutes.

      Pour le reste, je vous promets de me conformer strictement à vos impératifs et à ne plus jamais écouter la moindre mesure de Boulez. Je vous serais d'ailleurs reconnaissant de me fournir la liste des musiciens auprès desquels je ne dois en aucun cas me risquer : j'y gagnerai un temps précieux.

      Supprimer
    4. Jazzman a raison à propos de Boulez et Angot, dix à vingt minutes suffisent pour apprécier dans sa globalité une de leurs "œuvres", temps identique pour juger face à un nanar français des années 70, type Les Charlots, de sa qualité.
      Quand on observe toute l'énergie et le pognon des français dépensés par les officiels de la culture pour nous expliquer que tout cette clique de courtisans du pouvoir sont des artistes avant-gardistes ou de très haut niveau, on peut soupçonné la surpercherie (comme les Koons ou les Murakami à Versailles).
      L'art contemporain est une escroquerie et une manne pour les marchands d'art basé sur le relativisme et l'inculture des masses.

      Supprimer
    5. En effet, j'avais totalement oublié l'épisode.

      Supprimer
    6. Du coup j'ai relu tous les commentaires. Il y en a de très bons, je recommande le pastiche de Georges de La Fuly par K2R, par exemple...

      Supprimer
    7. Un petit tour au sein de la supercherie, avec au passage une belle démonstration de la mégalomanie et de la prétention de Pierrot le boulet : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1186341
      La fin de la vidéo avec le commentaire de Roger Gicquel politiquement incorrect me convient.

      Supprimer
    8. M'est d'avis que Michel Schneider ne sera pas aux obsèques !
      Il avait dénoncé dans "La comédie de la culture" tous les abus du système dont bénéficiait Pierrot.
      Chez Pivot dans Bouillon de Culture, l'échange entre Boulez et Schneider en dit long sur ce "compositeur"...
      https://www.ina.fr/video/I11124843

      Supprimer
    9. "Il suffit de lire quelques phrases d'un livre de Christine Angot pour savoir à qui on a affaire. C'est la même chose pour une pièce de Boulez."

      La musique atonale me laisse dans l'ensemble froid, comme une bonne partie des oeuvres d'art contemporain, et plus généralement de l'esthétique avant-gardiste. Néanmoins, qu'une parfaite nullité comme Jeannette Angot puisse être mise sur le même plan qu'un homme dont la culture et la connaissance de son art sont indubitables (son travail de chef d'orchestre suffirait à le prouver) me froisse. Je n'aime pas qu'on mélange les torchons et les serviettes. Il ne me viendrait pas à l'esprit de juger de façon aussi peremptoire l'oeuvre de Boulez, pas plus que celle de Webern, de Varèse ou de Stockhausen. Y appliquer les critères de musiques non savantes et fondamentalement de diverstissement ou de consommation rapide (il s'agit de 99% de ce qui nous entoure, qu'on désignerait plus justement du nom de chanson ou de musique à danser ou d'ambiance) me paraît également inapproprié.

      Supprimer
    10. "L'art contemporain est une escroquerie et une manne pour les marchands d'art basé sur le relativisme et l'inculture des masses." Ceci dit, cher Lebuchard courroucé, moi qui peint à l'ancienne, je n'ai jamais réussi à vendre un seul tableau. Ça vous tenterait d'essayer?

      Supprimer
    11. Il est vrai que mes commentaires sont loin d'égaler la pertinence et le style d'un Jegou ou d'un Victor mais tout de même...
      Bon, que mes voeux passent inaperçus dans "On démarre dans le réjouissant"... soit ! Mais ne pas piper mot sur Roger Gicquel et sa création musicale contemporaine...là, c'est de la discrimination de bûcheron lozérien !
      Il fallait que ce soit dit. Même si vous vous en foutez comme de votre première chemise.

      Supprimer
    12. Cher Monsieur Lebuchard, votre premier lien mène sur le Dictionnaire des Girouettes. Je n'ai pas vu l'ombre d'un Roger Gicquel et pas plus de vidéo que de beurre en branche.
      Veuillez agréer...etc...

      Supprimer
    13. Je vous ai répondu en fin de la liste de commentaires.
      Décidément, répondre à partir de l'iPhone n'est pas mon fort...

      Supprimer
  6. Je me dois de vous contredire pour une fois et Fleur de Nave et le Père de la Nation, Président, ont rendu des hommages appuyés à Pierre Boulez, grand chef d orchestre mais personnellement casseur d'oreille pour sa musique dite contemporaine

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hommages rendus au Boulez "officiel", à l'homme de pouvoir, à l'institution.

      Supprimer
  7. Pleurer Boulez ????

    Hum.

    Hoqueter, moucher, serait mieux adapté.

    RépondreSupprimer
  8. Ben v'là aut'chose ! Je passe du temps (trop) à regarder la télé et écouter la radio et la nouvelle de la mort de Pierre Boulez n'est pas encore parvenue à mes oreilles.
    Qu'importe puisqu'il aura eu une immense carrière de chef d'orchestre et aura été reconnu par les professionnels de la profession et par les pouvoirs publics pour ses compositions et expérimentations musicales peu accessibles au public.
    A l'IRCAM il faisait travailler les copains des copains et à ce qu'on m'a rapporté il était très difficile de se faire entendre hors de la ligne esthétique du Maître.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Superbe chef d'orchestre, en effet. Pour le compositeur, j'avoue mon incompétence… et une certaine incompatibilité avec sa musique, que je trouve d'une sécheresse souvent ennuyeuse.

      Supprimer
  9. Dieu merci, Johnny est toujours vivant,sinon ce serait 24/24 h de chanson comme pour Mickaël.
    La loose.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ça ne durera pas toujours, préparons-nous au pire… Mon espoir est qu'il "tienne" au moins jusqu'à mon départ de FD.

      Supprimer
    2. Votre honnêteté me ferait presque douter de votre éthique de journaliste.

      Supprimer
    3. L'éthique des journalistes, c'est à peu près aussi crédible que les vertus amaigrissantes du gras de jambon.

      Supprimer
  10. J'ai trouvé depuis longtemps la solution à ce problème : je n'écoute pas de musique française...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh mais, libre à vous de préférer Stockhausen ou Luigi Nono, hein !

      Supprimer
    2. Heu.... Je pensais plutôt à Led Zeppelin, Muse ou Slipknot mais bon....

      Supprimer
    3. Led Zeppelin, Muse ou SlipKnout, c'est donc de la musique ? Je pensais qu'il s'agissait de chanson, pour ne pas dire de variété anglo-saxonne. Quelque chose d'équivalent à du Delpech, en somme.

      Supprimer
    4. Merci d'être passé, je me sens moins seul…

      Supprimer
    5. Et pourtant, seuls, nous le sommes dramatiquement... Etre sommé de choisir entre l'impasse avant-gardiste ou les produits de la Kulturindustrie, entre les éternelles resucées duchampiennes ou la pudibonderie minimaliste et les fleurs de Warhol ou le tag, les éternelles resucées de Joyce ou la littérature à la Blanchot et Angot ou la bédé... Et s'entendre de part et d'autre traiter de snob!

      De fait, il n'y a pas plus ridiculement snob qu'un amateur de rock ou de je ne sais quelle "musique actuelle". Il suffit de lire "quelques dizaines" de pages d'un truc comme les inrocks ou Rolling stones ou Rock and Folk pour s'en assurer. Cette gravité profonde et pédantesque dans le scrupule taxinomique et la sudivision des infimes espèces de la pop music, cette propension dérisoire à faire la généalogie et l'histoire des moindres sous-sous-courants mort-nés de l'ultime musiquette à la mode... Mais au moins la satisfaction de voir de notre vivant disparaître successivement chacune de ces pauvres choses déclarées immortelles sans laisser de traces.

      Supprimer
    6. Il y a donc des gens qui continuent à écouter Slipknot après avoir terminé le lycée ? Les oreilles m'en tombent !

      Supprimer
    7. Quel rapport entre Slipknot et le lycée ? Il y aurait donc un age pour écouter telle ou telle musique ?

      Pourriez donc me un tableau excel avec d'un coté les artistes et l'autre l'age à aprtir duqel on peut ou ne peut plus écouter ? Merci

      @Victor
      "Je pensais qu'il s'agissait de chanson, pour ne pas dire de variété anglo-saxonne."
      Merci de me démontrer votre inculture musicale.

      "Etre sommé de choisir entre l'impasse avant-gardiste ou les produits de la Kulturindustrie"
      Personne ne vous sommes de choisir quoi que ce soit. Vous êtes libre d'écouter ce que vous voulez.

      Question snob, vous vous y connaissez...

      Supprimer
  11. C'est embêtant, votre nouveau billet qui est déjà pré-commenté, on ne sait pas comment y ajouter quelque chose. Alors je le fais ici.

    Après relecture des fabuleux messages de 2012, je tiens à m'auto-attribuer la palme du meilleur commentateur, puisque je suis le seul qui a trouvé le moyen d'argumenter. C'est saisissant, et j'invite quiconque à aller le vérifier. Tous les autres font la mouche du coche, ricanent, font les marioles, mais d'argumentation, de justifications, point.

    Bon. Je n'en dis pas plus, car quand je vois les trésors de rhétorique que j'ai déployés à cette époque, et la fulgurante beauté de mes phrases, je ne comprends vraiment pas comment vous avez fait pour ne jamais me citer dans votre Journal, alors que vous savez que c'est l'honneur ultime qui donnerait enfin un sens à ma vie.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Faites gaffe de ne pas vous laisser aller, caro Marco !
      Là. je trouve que la saison démarre mollement et que vous vous alanguissez un peu sur vos lauriers passés...

      Supprimer
    2. Oui, mais je manque d'un plastron efficace. Tant vaut l'adversaire, tant vaut la saillie.

      Supprimer
    3. Le lion n'a que faire des plastrons d'officine et les héros n'ont finalement que la dimension de leurs aventures...

      Supprimer
    4. ou bien: "La femme est faite pour un homme, l’homme est fait pour la vie".
      c'est beau on dirait du Brel

      Supprimer
  12. Boulez est mort dix jours après que Dieu ait rappelé à Lui Lemmy Kilmister qui est au Rock'n'roll ce que le Christ est au Verbe. Apprenez cela hommes de peu de foi. C'est vous dire que Boulez on s'en fout (Delpech un peu moins, quelques souvenirs d'enfance au moins).
    Du Boulez, c'est pas un peu ce que fait Claude Rich dans les Tontons flingueurs ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Entièrement d'accord !
      Tiens... j'avais oublié le pénible Antoine qui les brisait menu, la fameuse tête à claques des Tontons flingueurs.
      Excellent parallèle !

      Supprimer
  13. Cher (si je me fie à la terminaison du pseudo...quoiqu'aujourd'hui, on ne peut plus se fier à rien) Jazzman,
    enfin une personne pleine de bonté qui me permet par sa lecture de mon modeste commentaire de rattraper ma bévue.
    Comme quoi dirait le fruit exotique (bon, d'accord, c'est un poil poussif..,), il faut toujours se relire !
    J'avais inclus ce lien chez Skandal ici : https://newskandal.wordpress.com/2016/01/06/no-comment-21/#comments
    J'ai dû aller trop vite pour Le Boulet.
    Voici le bon lien :

    RépondreSupprimer
  14. En espérant avoir répondu à votre attente, veuillez agréer,....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour la petite video, très instructive !
      Autre phénomène d'amnésie qui devrait interpeller tant les musiciens que les historiens de l'art musical : pourquoi n'entend-on plus rien en France à propos de Jean-Michel Jarre ?

      Supprimer
    2. Oui, merci. Gicquel a effectivement compris la substantifique moëlle de la musique contemporaine...

      Supprimer
    3. Voilà une question (celle de Mme Schreyer) qui, je dois l'avouer, ne m'interpelle en aucune façon. Mais je suppose qu'elle plaisantait…

      Supprimer
    4. Disons que c'était une question théorique.

      Supprimer
    5. Il est par ailleurs question de l'un de vos passages chez H16, l'année dernière à cette époque...

      Supprimer
    6. Pourriez-vous être un peu plus claire ? Donner un lien, par exemple ?

      Supprimer
  15. Oui, pardonnez-moi je suis un peu tête en l'air !
    Voici donc un lien pour un petit anniversaire dans l'univers des blogs :
    http://h16free.com/2016/01/10/43528-thinkerview-terrorisme-etat-durgence-et-choc-des-generations-chez-les-journalistes/comment-page-1#comment-533030

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.