mardi 1 décembre 2015

La parole est à monsieur Gabriel Matzneff


Quelques jours après la tribune du Père Benoît, il me paraît intéressant de donner à lire celle de Gabriel Matzneff, parue ici, dans laquelle il dit à peu près la même chose autrement ; la voici :

Trafalgar Square et la gare de Waterloo sont à Londres. La gare d'Austerlitz et la rue d'Arcole sont, elles, à Paris. Aux lieux, aux monuments, on donne des noms de victoires, non de défaites. De même, dans les écoles militaires les promotions de jeunes officiers prennent les noms de soldats victorieux : « Maréchal de Turenne », « Général Lassalle », « Lieutenant-Colonel Amilakvari ». Quand, par extraordinaire, il s'agit de vaincus, ce sont des vaincus qui se sont battus héroïquement jusqu'au bout, ont été vaincus avec tous les honneurs de la guerre : une des promotions de Saint-Cyr se nomme « Ceux de Diên Biên Phu ».
Quel est le suicidaire crétin qui a donné le nom de « génération Bataclan » aux jeunes femmes et jeunes hommes qui ont l'âge des victimes du vendredi 13 novembre 2015 ? C'est l'État islamique qui doit donner ce nom à ses jeunes citoyens, non la France, pour qui ce vendredi 13 novembre 2015 demeurera la date d'une de ses plus spectaculaires et déprimantes défaites.

Ce choix de « génération Bataclan » exprime un masochisme, un mépris de soi ahurissant. Et l'on est accablé par la médiocrité petite-bourgeoise, l'insignifiance des propos tenus par les survivants de cette « génération Bataclan » lorsqu'ils sont interrogés par les journalistes ou s'expriment sur les réseaux sociaux. Le zozo qui s'est mis une ceinture de cœurs autour de la taille, l'autre imbécile qui se balade avec une pancarte « Vous êtes tous super ! », le troisième qui déclare fièrement que son but dans la vie est de continuer à se distraire, à voir les copains, ces petits bourgeois qui tiennent pour un acte de courage de dîner au restaurant le vendredi soir.
S'il s'agissait de gamins de douze ans, ce serait admissible. Hélas, ce n'est pas le cas. Ceux qui se comportent de manière si niaise, si médiocre sont des adultes, des barbus. J'ai dit « ahurissant », mais le mot juste est « consternant ». Comme a été consternante la cérémonie d'hommage aux victimes dans la cour des Invalides. J'adore Barbara et je connais par cœur certaines de ses chansons, mais ce jour-là, c'est le « Dies irae » qui, après La Marseillaise, devait retentir en ce haut lieu, non une gentille chansonnette, et nous aurions été autrement saisis aux tripes si, à la place du discours fadasse de M. Hollande, un acteur de la Comédie-Française nous avait lu le Sermon sur la mort de Bossuet.

Cette niaiserie, cette médiocrité s'expliquent par le total vide spirituel de tant de nos compatriotes. Ils ne vivent pas, ils existent, ils ont une vue horizontale des êtres et des choses. Ce sont les trois petits cochons d'une chanson que M. Hollande aurait dû faire chanter aux Invalides, elle lui va comme un gant : « Qui a peur du grand méchant loup ? C'est pas nous, c'est pas nous ! Nous sommes les trois petits cochons qui dansons en rond. »
À part le pape de Rome et le patriarche de Moscou, qui, en Europe, fait appel aux forces de l'Esprit, invite les gens à la transcendance ? Personne. En tout cas, personne en France où les responsables politiques pleurnichent contre la montée de l'islamisme, mais leur unique réponse, pour endiguer cette montée, est d'interdire les crèches de Noël dans les mairies. Bientôt, j'en fais le pari, la passionnante fête de la Nativité, du mystère de l'incarnation, du Verbe qui se fait Chair, du Christ Dieu et homme, sera, comme en Union soviétique à l'époque de la persécution antichrétienne, remplacée par une fête du Bonhomme Hiver, Diadia Moroz, mouture léniniste du père Noël.

Jadis, du général de Gaulle à François Mitterrand, certains chefs d'État surent parler de transcendance aux petits cochons à béret basque et baguette de pain, les inviter à se dépasser, à lire Sénèque, Plutarque et Pascal. Aujourd'hui, l'État n'invite pas les Français à renouer avec les vivifiants trésors de leur patrimoine gréco-romain et chrétien, il en est incapable. L'État ne parle jamais de leur âme aux Français de la « génération Bataclan », et ceux-ci persistent à n'avoir d'autre souci que de gagner de l'argent, en foutre le moins possible, partir en vacances et s'amuser. Les trois petits cochons tiennent à leur vie pépère, le tragique leur fait horreur, ils ne veulent pas entendre parler de la mort, ni de l'éternité, ni du salut de leurs âmes, ni de l'ascèse, ni du jeûne, ni de Dieu ; ce qu'ils désirent, c'est continuer à boire des bocks de bière et surtout, surtout, que les vilains terroristes du méchant calife Abou Bakr al-Baghdadi les laissent tranquilles, na !

Pendant ce temps-là, dans nos banlieues où l'on s'ennuie, où au lieu d'inviter les jeunes Français d'origine maghrébine à – comme le firent naguère les jeunes Français d'origine arménienne, russe, espagnole, italienne, polonaise – lire Les Trois Mousquetaires, visiter le Louvre, voir Les Enfants du paradis, l'État n'enseigne que le football et d'abstraites « vertus républicaines » qui ne font bander personne, c'est le méchant calife qui leur parle de leur âme ; leur enseigne la transcendance ; leur explique que ce qui fait la grandeur de l'homme, comme l'enseignèrent jadis le Bouddha, Épicure, le Christ, ce n'est pas le Sum, mais le Sursum ; non pas le soi, mais le dépassement de soi ; non pas le confort, mais le sacrifice. C'est ce que ces adolescents rebelles, écorchés vifs, comme le sont depuis toujours les adolescents sensibles, ont soif d'entendre. Éduqués, instruits, ils pourraient devenir de lumineux Aliocha Karamazov, mais, grandissant parmi des adultes plats comme des limandes, ils basculent du côté du calife, de l'archange noir de la mort, du grand méchant loup. Il faut être très bête, ou d'une extraordinaire mauvaise foi, pour s'en étonner.

143 commentaires:

  1. N'auriez-vous pas un peu pompé Corto (si je puis dire...) ?

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  2. Beau brin de plume mais -quand même- pédophile.

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  3. Cet article n'est pas transcendant.. Pourquoi vouloir nous faire croire qu'on a besoin de Dieu pour vivre sur terre ? J'ai essayé sans Dieu et croyez-moi c'est beaucoup plus bandant... C'est un article d'un mou de la queue... L'éternité? Mon Dieu ? Qui peut encore espérer vivre ça? Ça va être d'un ennui....

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    1. Sauf que personne ne semble y parvenir, à vivre sans dieu aucun, puisque tout le monde, très visiblement, cherche à se bricoler des idoles de remplacement. (Je vous laisse faire la liste…)

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    2. Ce monde sans Dieu qu'était le nazisme ou le communisme ; ah, c'est sûr que c'était pas mou du chibre dès lors qu'il s'agissait de "génocider" à tout va… Espèce d'imbécile !

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  4. C'est vrai que ce texte est d'une justesse imparable, tout comme sont ridicules et méprisables ces éternels enfants qu'il décrit que sont les adultes de notre époque, ces adolescents attardés de trente ans à rollers que je vois parfois passer sous mes fenêtres (homo festivus), qui gardent à vie le souvenir du sein de leur mère. Le zozo qui s'est mis une ceinture de cœurs autour de la taille serait bien emmerdé si on lui mettait entre les mains un Famas...d'ailleurs il le refuserait catégoriquement.
    Le jour de cette cérémonie aux Invalides, j'ai commis un billet assez indulgent. Avec le recul et la brillante tribune de Matzneff qui me décile les yeux, j'en ai presque honte.
    Mais il est vrai aussi que les politiques aujourd'hui s'attachent à parler aux foules sentimentales comme elles aiment qu'on leur parle, pas pour leur insuffler un quelconque esprit de grandeur et de courage dont elles n'ont plus idée.
    C'est, je crois, ce que l'on appelle "démagogie".

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    1. Il n'y a pas à avoir honte : il n'y a que les esprits vraiment supérieurs (et encore…) qui parviennent à ne céder jamais à l'entrainement général. Nous autres, nous y succombons régulièrement. L'important est de se reprendre.

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  5. Même non-sens que le père Benoît: Matzneff décrète qui sont ces gens, à partir de ses a priori grotesques et dignes d'un discours d'un barbu de Daech ( aucune spiritualité, ne pensent qu'à gagner du fric et à s'amuser , etc.; la spiritualité, c'est Matzneff, forcément! ) , alors que tous les CV des victimes du Bataclan indique le contraire : un jeune agrégé de géographie, un jeune chercheur de haut niveau au CNRS, etc...

    C'est tellement facile, de s'attribuer le monopole de l'intelligence, de la culture et de la spiritualité, pour pouvoir ensuite mépriser les autres ! Mais tellement infantile, aussi...

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    1. Évidemment, si vous considérez qu'une agrégation de géographie ou un poste de au CNRS sont des garanties de spiritualité, et même simplement de culture…

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    2. J'aurais répondu la même chose que vous Didier...

      N'importe qui peut être agrégé de géographie. C'est le genre de diplôme que l'EN donne facilement à tous les imbéciles. Même Duflot est agrégé de géo et elle ne sait même pas que le Japon est dans l'hémisphère nord...

      Quand au CNRS, comme on y fait tout et n'importe quoi et surtout n'importe quoi avec l'argent des autres, être "chercheur" au CNRS n’est absolument pas un gage d'intelligence ou de culture.

      Et puis surtout, les gens intelligents et cultivés ne tombent pas dans le terrorisme. Etre terroriste c'est la démonstration qu'on est con et inculte.

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    3. « Les gens intelligents et cultivés ne tombent pas dans le terrorisme » dit-on fréquemment par paresse ou pour se rassurer. Préjugé néfaste et dommageable. C'est oublier qu'un Hervé Bourges, pour ne citer que lui, jadis PDG de TF1, fut porteur de valises pour le compte du FLN.

      La fine fleur de l'intellingentzia, forcément "éclairée", l'a souvent encouragé, pratiqué, revendiqué... au moins depuis les nihilistes russes.

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    4. Mr Arié... bravo... je suis avec vous.

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    5. Même réponse que Didier Goux. J'ai le douteux avantage de pouvoir juger de la grande profondeur d'âme de nos futures élites, puisque dans la ville où je réside se trouve le campus de l'école Polytechnique. Il faut les voir les futurs crânes d'oeuf qui vont présider aux destinées de nos grandes entreprises, administrations, ministères, etc. Ils collent parfaitement à la description de notre supposé mode de vie décrit par les blogs gauchistes : picoler, baiser à couilles rabattues, s'abrutir au son d'un rock frelaté ou l'électro. Il faut avoir visité les sous-sols jonchés de capotes, où l'on trouve parfois les restes d'une sorte de culte satanique (pentacles dessinés, bougies noires consumées, offrandes diverses), pour se dire que notre pays sera en de bonnes mains. Il faut avoir assisté à leurs plus ou moins grandes fiestas, vu le local des premiers secours où sont vautrés 40 à 50 corps imbibés aux portes du coma éthylique, sans parler des shootés à l'extasy et autres stupéfiants, pour être persuadé de la spiritualité de ces jeunes gens qui sont tout à fait dans l'air du temps.

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    6. D'accord sur le point qu'un agrégé de quoi que ce soit n'est plus nécessairement cultivé aujourd'hui et qu'un chercheur au CNRS peut fort bien être une nullité. Assister au "concert" des Eagles of death metal ne présume rien de bon concernant ladite culture, à moins qu'on parle de culture au sens ethographique du terme, ou de bouillon de culture. En revanche...

      "N'importe qui peut être agrégé de géographie. C'est le genre de diplôme que l'EN donne facilement à tous les imbéciles. Même Duflot est agrégé[e] de géo et elle ne sait même pas que le Japon est dans l'hémisphère nord..."
      ... est triplement faux :
      1) N'importe qui ne peut pas être agrégé de géographie ;
      2) ce n'est pas un diplôme mais un concours ;
      3) Duflot n'est pas agrégée de géographie, elle a un DEA, dont la valeur dépend grandement des universités qui l'attribuent ainsi que du sujet de recherche (d'autres facteurs, disons personnels, rentrant encore en ligne de compte, tant est opaque, dans les UFR, la notation, qui dépend d'un fort petit nombre de professeurs, n'est pas anonyme, etc.).



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  6. Je vois que Matzneff, parlant des chefs d'Etat, s’arrête à Mitterrand. Il a bien raison. Car, quoique l'on ait pu dire de lui, au moins ne se rabaissait-il pas dans de pauvres discours.
    Il avait comme on dit, une certaine idée de la France.

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    1. Ce qui ne l'empêchait nullement d'être une crapule, par ailleurs.

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  7. Oui ! Faisons appel aux forces de l'esprit. Elles vont nous sauver.

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    1. Elles seraient même les seules à pouvoir le faire, si on faisait réellement appel à elles ; mais je pense qu'on ne le fera pas.

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    2. Le Pape l'a fait à Bangui et il a été ovationné par la foule des musulmans et des Chrétiens. Il leur a dit : "Chrétiens et musulmans, nous sommes frères... Ensemble disons non à la haine, à la vengeance, à la violence, en particulier à celle qui est perpétrée au nom de la religion ou de Dieu. Dieu est paix !"
      Mais ici, ça n'a pas intéressé grand monde, puisque les media ne savaient que chanter : Cop, cop, cop, vingt-et-un !"

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  8. C'est un tel héros Matzneff, il a une telle passion pour la "jeunesse", qu'il peut donner des leçons.

    Aristide

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    1. Il faut être un héros et présenter un certificat de bonnes mœurs pour prendre la parole, désormais ?

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  9. Et que pensez-vous, Didier, du « bel hommage » de Michel Hazavanicius ?

    http://www.programme-tv.net/news/people/74790-attentats-a-paris-le-bel-hommage-de-michel-hazanavicius-the-artist/

    Alain

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    1. C'est une très bonne illustration de ce que disent le père Benoît et Gabriel Matzneff. Ce monsieur est un cinéaste français ; autant dire : rien.

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    2. En tout cas désormais, grâce à lui, quand vous vous ferez sucer, vous saurez que vous militez pour nos valeurs.

      Alain

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    3. Mais j'ai toujours eu cette certitude, voyons !

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  10. "... une de ses plus spectaculaires et déprimantes défaites."

    Ce n'est pas une défaite, parce qu'il n'y a pas eu de bataille, mais un massacre de civils désarmés, se trouvant là par hasard. Parler de guerre était également une rodomontade assez ridiculement destinée à faire oublier l'absence cruelle de prévention de la part d'un gouvernement qui n'aime rien tant que ce dernier mot, bien évidé de son sens, en matière de délinquance. C'est de la communication, et elle est pompée sur celle de G. W. Bush, dont les mêmes, qui à présent se gargarisent d'opérations militaires et de Vernichtung dans le désert, s'étaient abondamment moqués et offusqués naguère.

    "Bientôt, j'en fais le pari, la passionnante fête de la Nativité, du mystère de l'incarnation, du Verbe qui se fait Chair, du Christ Dieu et homme, sera, comme en Union soviétique à l'époque de la persécution antichrétienne, remplacée par une fête du Bonhomme Hiver, Diadia Moroz, mouture léniniste du père Noël."

    Il ne prend pas grand risque à parier sur ce qui s'est déjà produit : le Père Noël n'a bien évidemment rien à voir avec le "mystère de l'incarnation, du Verbe qui se fait Chair, du Christ Dieu et homme" et tout à voir avec le Bonhomme Hiver des Soviétiques (à ceci près qu'il est moins ami des sovkhozes et plus ami des supermarchés).

    "... au lieu d'inviter les jeunes Français d'origine maghrébine à – comme le firent naguère les jeunes Français d'origine arménienne, russe, espagnole, italienne, polonaise – lire Les Trois Mousquetaires, visiter le Louvre, voir Les Enfants du paradis... "

    Je n'ironiserai pas sur le rôle d'éraste que le citoyen Matzneff entendrait tenir auprès de ces jeunes Français d'origine maghrébine, ce seul syntagme me hérissant le poil à défaut d'autre chose : serait-il possible de tendre une oreille vraiment attentive et d'écouter ce que nous disent à cor, à cri et parfois à kalachnikov les juvéniles Français en question ? Qu'ils ne s'estiment pas Français et ne veulent surtout pas le devenir. Ce n'est pas seulement qu'ils méprisent les petits cochons à bêrets. C'est qu'ils sont attachés à leur fameuse origine, tout comme leurs parents, qui, même aussi incultes que nos Français transgéniques, continuent de donner à leurs enfants nés sur le sol de France des noms coraniques. Ils pourraient éventuellement lire Dumas, voir le Radeau de la Méduse et entendre l'accent d'Arletty, voire lire les Frères Karamasov, cela serait une très bonne chose, assurément, mais ne changerait rien au fait qu'ils résistent très légitimement à devenir et se sentir Français, aussi légitimement du reste qu'une partie non négligeable, quoique silencieuse, des Français à les considérer comme tels.

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    1. Il me semble bien que si j'étais moi-même l'un de ces "Français" exotiques, je préférerais appeler mon fils Mohammed, plutôt que Kevin ou Brandon, comme le font mes voisins "de souche".

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    2. rien n'est plus détestable que cette mode d'attribuer ce type de prénoms anglophones tirés souvent de séries américaines débiles !

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    3. Kevin & Brandon sont des prénoms français?

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    4. Irlandais.

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    5. J'ai bien de la peine à imaginer ce que je ferais à leur place. Sans doute une très faible capacité d'empathie à l'égard de l'Autre, quand il m'empoisonne, m'en empêche-t-elle... Peut-être refuserais-je bravement cette nationalité vide de sens. Peut-être même préférerais-je retrourner sur la terre de mes ancêtres. Mais, contraint pour de basses quoique solides raisons de rester ici et d'y faire souche, et partant humilié, je suppose que ma fidélité et le respect de ce que je suis tourneraient à l'aigreur et à la haine de la France. Il faudrait qu'elle me fasse un peu franchement violence et cherche à me séduire pour que je consente à l'embrasser, plutôt que de l'embraser.

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  11. J'ai bien aimé le passage (quatrième paragraphe) où il parle des gamins de douze ans...

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    1. aucun souci pour eux ! ils n'ont pas l'âge requis par Gabriel, trop jeunes de 4 ans...

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    2. Ah non, ça c'est ce qu'il a dit pour se défendre, mais partout dans ses œuvres (si j'en crois les nombreuses et assez longues citations de Wikipédia) il évoque bien des garçons de douze ans, et avec force détails encore.
      Pédophile et menteur, donc.

      Bon. Que ce type dise des choses intelligentes (c'est le cas ici) n'enlève rien au fait que c'est un criminel de la pire espèce : un violeur d'enfants (car faire ce qu'il dit avoir fait avec des enfants de douze ans relève évidemment du viol, un enfant de douze ne pouvant être "consentant". Du reste notre droit le dit très clairement). Difficile, dans ces conditions, de ne pas trouver ce type immonde. Il faut habiter un pays merveilleux comme la France pour n'avoir jamais eu de procès et a fortiori de condamnation pour de tels crimes, sous le seul prétexte qu'on fait de la "littérature".

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    3. Un enfant de 12 ans ne peut pas être consentant, simplement parce que le droit l'affirme ? Curieux…

      Cela dit, si on pouvait éviter de foncer droit sur cette tarte à la crème qu'est la sempiternelle "discussion" à propos de la pédophilie, ce serait bien…

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    4. Tarte à la crème ? Notez que je ne parle pas tellement de la pédophilie, mais plutôt du peu d'empressement à la condamner quand il s'agit de notabilités.

      Je vous invite aussi à reconsidérer le sens de mon "Du reste", que vous interprétez bien mal.

      Enfin, il me semble assez légitime d'invoquer l'affaire au moment où ce misérable essaie de tenir un discours viril et surplombant, à la manière d'un vieux sage apte à juger souverainement le monde et les hommes. Rappeler qu'il a surtout passé sa vie à sodomiser des enfants ramène le triste sire à sa juste place, le caniveau, d'où vous avez tort, je crois, de vouloir l'extraire.

      Si vous en avez assez d'entendre parler de pédophilie, pourquoi venir nous mettre Matzneff sous le nez ? Et puis interrogez-vous sur votre façon de traiter Mitterrand de "crapule", comme vous le faites ("par ailleurs") un peu plus haut, et à venir nous reprocher ensuite nos jugements sur cette crapule bien plus faisandée de Matzneff.

      Ou alors il n'y a que Matzneff et vous pour avoir droit de porter ce genre de jugements ?

      Et puis je vais vous dire ce que je pense, au fond : c'est mon devoir d'homme d'intervenir et de rappeler quelle crevure est le type que vous offrez en exemple d'intelligence à vos lecteurs. Je voulais le faire discrètement et avec humour, parce que c'est votre blog, que je vous aime bien et qu'en général je sais me tenir, mais les circonstances m'ont obligé à en dire un peu plus. Si cela vous ennuie il suffit de ne pas publier ma réponse.

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    5. "Et puis je vais vous dire ce que je pense, au fond : c'est mon devoir d'homme d'intervenir et de rappeler quelle crevure est le type que vous offrez en exemple d'intelligence à vos lecteurs."

      Et sur quoi se base cette courageuse et salutaire information ? Vous êtes prof de philo ou inspecteur de la police des mœurs ? Matzneff a-t-il déjà été condamné pour pédophilie : à ma connaissance jamais ! Comment savez-vous "qu'il a passé sa vie a sodomisé des enfants ?" Citez donc vos sources ou abstenez vous de jouer les misérables petits procureurs (et sous pseudonyme, évidemment, alors que Matzneff signe ses livres et ses articles de son vrai nom !).

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    6. Je connais au moins deux hommes politiques de premier plan (enfin, anciennement de premier plan), anciens ministres de surcroît, qui n'auraient plus de boulot depuis longtemps et qui seraient même en prison si "on" intéressait un peu à leur mœurs... L'un fut exfiltré d'un hôtel de Marrakech par les services secrets pour éviter un scandale, l'autre est marié et est un donneur de leçons invétéré qui a encore aujourd'hui un poste grassement rémunéré par le contribuable.

      Pour ma part, j'attache effectivement moins voir pas du tout d'importance aux propos tenus par des pédophiles.

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    7. Message à Manu "F" : quand vous citez les gens, essayez de respecter la bonne orthographe qu'ils se sont appliqués à suivre, déjà.

      Pour ce qui est des sources il suffit de lire les ouvrages du coupable. C'est lui qui se vante de ses turpitudes, pas moi qui fait un travail de procureur. Travail respectable au demeurant, contrairement à ce que vos réflexes de délinquant vous font dire.

      Quant au pseudonyme, bonne blague, je le reconnais, cher monsieur F.

      Soyons sérieux un instant. Je me moque qu'un artiste que j'aime soit pédophile (je n'irais quand même pas lui confier mes enfants, vous si ?), pourvu qu'il ne me parle pas de morale et de vertu. Matzneff ne parle que de cela, ce qui me paraît poser problème.
      Essayez une minute de réfléchir avant d'éructer, pour une fois.

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    8. "Matzneff a-t-il déjà été condamné pour pédophilie : à ma connaissance jamais !" (Manu F)

      Hitler n'a pas non plus été condamné pour génocide, vu qu'il est mort avant d'avoir pu être jugé. J'espère que cela ne fait pas de vous un méchant révisionniste.

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    9. "Quant au pseudonyme, bonne blague, je le reconnais, cher monsieur F."

      Oui, j'interviens moi aussi sous pseudonyme, mais si je devais accuser quelqu'un des pires crimes sur Internet, je ne le ferais que sous ma véritable identité ou alors je me tairais : c'est une question de courage et d'honneur, si ces mots vous disent par hasard quelque chose...

      Et je le répète (avant de clore le sujet, car vous ne valez guère la peine qu'on s'appesantisse sur votre cas) : Matzneff n'a jamais été condamné pour pédophilie ; c'est un fait qui compte davantage que les "turpitudes" que vous lui prêtez (sans jamais l'avoir lu, probablement).

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    10. Je ne dénonce rien qui ne soit connu de tous, l'auteur lui-même s'étant maintes fois répandu sur ses vices. Si vous ne savez pas que Matzneff en pince pour "les moins de seize ans", et qu'en réalité il s'attaque aussi au "douze ans d'âge", qu'en outre il préfère les très jeunes filles aux très jeunes garçons, contrairement à ce que certains disent et comme il se plaît lui-même à le rectifier, mais sans cracher à l'occasion sur un anus masculin pré-pubère ou une bouche entreprenante de jeune garçon, c'est que vous ne connaissez pas ce personnage que vous défendez pourtant avec l'ardeur du disciple. C'est lui qui partout l'a chanté. Ne soyez pas le sourd qui croit que tout le monde est muet, mon vieux.

      J'aime rendre service, et je vous annonce que la merde contenue dans le bas de soie de Matznef pourrait vous éclabousser. Prenez garde.

      Savez-vous lire ? Êtes-vous capable d'aller jeter un œil sur Wikipédia, entre autres sources disponibles, ou est-ce trop demander à sa Seigneurie ? C'est plutôt aux auteurs de cette célèbre encyclopédie collaborative que vous devriez vous en prendre, s'ils colportent des sornettes et inventent des citations. Faites-leur donc un procès, celui que le premier intéressé a bizarrement omis d'intenter.

      Des dizaines de gens ont dénoncé les turpitudes assumées et publiques de votre héros, et vous débarquez, la gueule enfarinée, le verbe outragé et l'allure martiale pour me faire taire ? Décidément, vous êtes du dernier comique, F.

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    11. Et bien dites donc... finalement, la tarte à la crème a un vif succès !!...
      Mon commentaire était un clin d'œil au vôtre, Marco Polo.
      Du reste, je suis entièrement d'accord avec votre vision des choses à ce propos (ce n'est pas toujours le cas chez Fromage+ ou Causeur me semble-t-il...).
      Il n'est pas necessaries d'avoir lu Proust ou Wilde pour savoir qu'ils étaient des invertis. De même, Matzneff n'a jamais caché ses penchants pervers tout comme Gide, et cela est connu sans avoir besoin pour cela de parcourir leurs œuvres.
      Ceci dit, leurs perversions, leurs penchants immoraux n'enlèvent rien à leurs écrits mais ils entraînent forcément sur certains sujets des approches singulières voire de mauvaise foi. Et les postures de donneurs de leçon ne peuvent être tenues que par des gens quasi-irréprochables en terme de moralité.

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    12. "J'aime rendre service, et je vous annonce que la merde contenue dans le bas de soie de Matznef pourrait vous éclabousser. Prenez garde."

      Quelle élégance, quelle hauteur de vue ! Elles disent tout sur votre personnage, dont je me réjouis de ne le connaître jamais que virtuellement, tant il m'inspire du dégoût !

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    13. "... pourvu qu'il ne me parle pas de morale et de vertu. Matzneff ne parle que de cela, ce qui me paraît poser problème. "

      Et qui plus est pour blâmer l'hédonisme, certes fade, de nos contemporains. Le sien est certes plus relevé, plus nietzschéen, plus tout ce qu'on veut, plus littéraire même (il y a de grands ancêtres), mais c'est toujours de l'hédonisme. Il est malaisé de dauber sur le dernier homme et d'appeler à une regénération de la ferveur chrétienne et des vertus viriles, quand on sort du... Je m'autocensure.

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    14. J'ai bien compris que les pipes extirpées à des gamins de douze ans ne vous dégoûtent pas, en effet. Seuls ceux qui dénoncent ces crimes vous répugnent. Eh bien allez dormir avec ça, maintenant.

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    15. Et voilà : la gentillesse que je déploie en vous invitant à vérifier que vous n'êtes pas en train de défendre une immonde crapule, cette gentillesse, dites-vous, dit tout sur mon personnage. J'avoue avoir un peu de mal à suivre votre étrange logique. Ce qui est assez clair, en revanche, c'est que vous n'avez rien à me répondre et que vous semblez ignorer ce que tout le monde sait à propos de Matzneff et de ses goûts pervers. Tout cela devrait normalement vous inciter au recueillement, voire à une petite retraite dans un monastère.

      à Lebuchard : j'avais compris la blague sur les moins de seize ans, rassurez-vous, mais j'ai saisi la perche pour rappeler que les douze ans y étaient passés aussi.

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  12. On peut partager certains des points de vue de Matzneff; cependant lorsqu'on rend hommage à des personnes décédées, l'hommage et la cérémonie mortuaire ne doivent-ils pas ressembler aux morts?
    Je suis d'accord pour dire qu'un dies irae et un sermon de Bossuet auraient plus de gueule que du Barbara & un discours d'Hollande, cependant une telle cérémonie serait valable pour disons des militaires morts lors d'un attentat dans une église de Versailles un dimanche matin mais pas forcément pour ces jeunes (moyenne d'âge des victimes 35 ans) morts lors des attentats de paris (comme on appelle officiellement cet épisode). Vu les profils des victimes il semble que des messages d'amour, une chanson de Brel et un discours consensuel d'un président insignifiant soit plutôt à leur image. N'est-il pas?

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  13. C'est mieux dit mais c'est toujours bête, ou disons paresseux.

    Je serais le premier à partager la consternation de Matzneff (et la vôtre) devant les défilés de rollers, les ceintures de coeurs, les textes du genre "Vous n'aurez pas ma haine" (mais que fallait-il faire pour la mériter alors ?...), les Jean Moulin du bock de bière, et toute autre manifestation d'inconséquence.

    Mais ça ne doit pas englober toute ma génération (j'ai 29 ans). Les exemples cités sont des imbéciles à l'angélisme urticant, certes, mais pour chaque nigaud, je pourrais vous citer un jumeau maléfique. Et venir les accuser — parce qu'il s'agit bien de ça, au fond, d'une mise en examen d'une tranche d'âge — d'un "manque de transcendance", quand on voit le niveau intellectuel de la génération précédente, si hautement christique et combattante il est vrai, c'est un peu le camembert qui dit au roquefort qu'il pue.

    Etre agrégé ou chercheur ne rend pas spirituel, c'est entendu. Mais j'ai l'impression que de toute façon, vous vouez une haine irrationnelle (et souvent légitime) envers cette population trentenaire. Vous êtes en permanence dans le procès d'intention : on vous citerait des preuves de courage et de sacrifice liées aux victimes, des témoignages de combat ; on vous plaquerait sous les yeux les vies de certains cadavres qui n'étaient pas biberonnés au festivisme, et qui étaient même des personnes qui partageaient vos idées, vous trouveriez toujours à redire. Lirions-nous Proust, Maistre ou Léautaud, on les lirait mal. Il ne reste plus qu'à se pendre ou à vieillir en attendant de traiter nos enfants de pauvres cons. Vivement la quille.


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    1. Je n'ai rigoureusement aucune haine envers cette génération qui est la vôtre, pour la bonne raison que je la considère plutôt (et je l'ai déjà écrit ici) comme une victime… de la mienne et de celle qui a précédé la mienne.

      D'autre part, je sais parfaitement que quand des crétins trentenaires décident de s'auto-proclamer la "génération Bataclan", il y a autant et plus de trentenaires, silencieux, eux, que cela doit écœurer, indigner, faire éclater de rire, etc. Moi-même, si j'avais votre âge (mon Dieu, quel cauchemar vous me faites envisager là !), je serais à coup sûr furieux d'être assimilé à ce ramassis de zombis souriants.

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  14. Il faudrait, en effet, en finir avec les reproches de pédophilie faits à Matzneff, qui est hors sujet et uniquement connue parce qu'il s'en vante : combien de gens connaissent le goût des jeunes garçons de Montherlant, ou encore celui de ce symbole du brave bourgeois conservateur de province qu'était Antoine Pinay ?

    Mais j'insiste lourdement (peut-on insister discrètement ?) sur la facilité du procédé du père Benoît et de Matzneff : au nom de ce qu'on ne connaît pas et ne comprend pas (une certaine musique), on décrète la barbarie de ceux qui l'apprécient; ce faux postulat posé, la suite est facile - et Matzneff nous les brise autant menu avec sa Sainte Russie que le bon père avec son christianisme.

    Je subis d'ailleurs exactement le même procédé de stigmatisation pour mon goût pour la corrida ( voir http://tinyurl.com/nm7gmoc ), dont les demandes d'interdiction constituent, elles, un vrai exemple de la "globalisation" de la bien-pensance : on commence par décréter que les amateurs de corrida, à laquelle on ne comprend rien, sont des sadiques; ce faux postulat posé, on peut déroule ensuite facilement son étrange humanisme ( " La corrida, non ! L'abattoir, oui !") : c'est exactement la même tactique.


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    1. Bien, la corrida... excellent et judicieux exemple !

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    2. Vous partez du principe que le père Benoît et Gabriel Matzneff ne connaissent pas et ne comprennent pas (je passe sur la contradiction…) la "musique" en question. Mais qu'en savez-vous ? Et ni l'un ni l'autre n'a fait ce raccourci que vous leur prêtez : ils écoutent telle musique = ils sont des barbares. La "musique" n'est, chez l'un comme chez l'autre, qu'un symptôme.

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    3. Quant à votre parallèle avec la corrida, il n'a pas grand sens. La preuve : M. Duret le trouve judicieux.

      On peut d'ailleurs très bien ne rien comprendre aux règles et à la beauté de la corrida, ni s'être intéressé au fatras mystico-philosophique qu'elle véhicule chez les aficionados à prétention intellectuelle, et être néanmoins opposé au fait que l'on puisse blesser puis tuer des animaux pour le plaisir. (Je précise que je ne suis nullement un opposant à la corrida.)

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    4. Rien d'intellectuel : c'est purement technique :

      http://www.marianne.net/Petite-lecon-de-corrida_a195822.html

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    5. Ne vous servez pas de moi pour valider votre argumentaire défaillant.
      Je vous remercie pour votre considération cependant...

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  15. Je ne m'habituerai jamais, je crois, à ce qu'on puisse, tout tranquillement, certain d'être dans son bon droit, discréditer, voire annuler radicalement, la parole de quelqu'un en se basant sur ses préférences sexuelles. Et qu'on ne vienne pas me dire que celles de Matzneff sont condamnées par la loi : ça ne change rigoureusement rien à l'affaire.

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    1. Des "préférences sexuelles" ? Violer des enfants ? Monsieur le propriétaire de ce blog, si l'on vous pousse un peu, vous allez finir par admettre que oui, bon, la pédophilie, est-ce qu'on n'en fait pas un peu trop tout de même ?
      Il est bien évident, oui, que les leçons de morale d'un criminel fier de l'être sont nulles et non avenues, en plus d'être pathétiques et ridicules. Ah, les "trésors vivifiants du patrimoine chrétien", l'esprit de "sacrifice" (est-ce vraiment regrettable de refuser d'utiliser un Famas ?), la "grandeur de l'homme" (mais pas de la femme je suppose), que c'est beau ! Merci mais non, vraiment.
      P.S. La différence entre la corrida et la musique, c'est que la deuxième ne consiste pas à torturer ni à tuer. Il n'y a rien d'autre à comprendre.

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    2. Pourquoi forcément : "violer" ? Pour le reste, point n'est besoin de me pousser : j'ai déjà dit, et sans doute plusieurs fois, que je ne participais nullement à cette hystérie autour de la pédophilie, qui conduit justement à faire de tout attouchement un viol, du moindre baiser un crime, etc.

      Et à quel criminel faites-vous donc allusion ? À Matzneff, qui n'a jamais été condamné ? C'est curieux comme les petits vertueux dans votre genre sont toujours prêts à invoquer sainte Présomption (d'innocence) quand il s'agit d'excuser un moustachu casseur de restaurants américains ou un cambrioleur d'origine exotique, et de les voir la piétiner allègrement quand il est question de gens qui leur déplaisent.

      Quant à votre P.S., je vais pousser la charité jusqu'à faire mine de ne l'avoir pas lu.

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    3. Il me semble que ce billet a manqué son but: un débat sur la pédophilie et un débat sur la corrida, est-ce bien ce que vous en espériez ?

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    4. Évidemment non. Mais, si je ne l'espérais pas, je m'y étais préparé : par expérience, je sais qu'on ne peut pas écrire le nom de Gab. Mat. sans aussitôt déclencher ce type de réactions amok, et ce depuis déjà quelques années. Je ne sais d'ailleurs plus à quel moment la pédophilie est brusquement devenue l'abomination des abominations qu'elle est restée depuis (avant de laisser sa place sur le podium à une autre abomination, fort probablement)

      Quant à la corrida, je m'y suis intéressé en 1998, à des fins de documentation pour un Brigade mondaine à base de corridas érotiques (se déroulant en Andalousie, évidemment). Le roman s'appelait La Passe secrète du torero, et d diable si je me souviens de quoi il pouvait bien parler.

      Il n'empêche que, pour l'occasion, j'avais regardé, sur cassettes VHS, un certain nombre de corridas et que j'avais, à ma propre surprise, trouvé cela assez prenant.

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    5. Enculer des gamins de douze ans et s'en vanter est donc une "préférence sexuelle". Tout est dit.

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    6. Vous appelleriez ça comment, vous ? Un choix artistique ? Une option économique ? Que vous la condamniez ou pas, ça reste une préférence sexuelle, il me semble.

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    7. Pas vraiment. On parle de préférence sexuelle à propos des homosexuels, par exemple, et ce n'est pas pour les dénoncer. Vous employez un vocabulaire banalisant et euphémisant à dessein, un peu comme si vous parliez d'"options politiques" pour qualifier le génocide des Juifs ou des Arméniens (j'ai cité les Arméniens, dont pas de point Godwin, hein).

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    8. Je crois que si la pédophilie est devenue une telle abomination, c'est pour la raison qu'elle est le dernier tabou sexuel de la société occidentale. Tout est accepté et banalisé désormais : SM, scato, partouzes, bondage, etc.

      Une société a besoin d'interdits sexuels, nous tout ce qu'il nous reste c'est la pédophilie.

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    1. Pas d'anonyme, on a dit ! Même vertueux et bien pensant…

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    2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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    3. Vous serez publié ici quand vous aurez l'élémentaire politesse de signer vos commentaires ; règle que j'ai édictée unilatéralement et à laquelle je me tiens.

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    4. Vous croyez avoir des lettres, vous n'avez que des marques. Chez vous et vos pareils, la recherche de l'originalité à tout prix tourne à la manie, mais bien vite tout retombe et le convenu se pointe sous le faux-nez de l'extravagant.
      Vous vous croyez supérieurs en vous opposant au temps présent… vous n'êtes que des fossiles car vos propos remontent à un autre présent, à un présent d'hier tout aussi présent en son temps que celui d'aujourd'hui et tout aussi factice.
      Rien de ce que vous dites n'a la moindre profondeur, ni la moindre superficialité d'ailleurs, ce qui pourrait être une qualité.
      Il ne suffit pas de s'opposer pour penser; n'importe quel ouvrage en béton le fait mieux que vous. Maintenant, Paul Murray du pauvre, censurez moi, si ça vous fait plaisir...

      signé: Anonyme (ça vaut bien Didier Goux)

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    5. Je vous laisse celui-ci, à cause du "Paul Murray", par quoi vous achevez de vous ridiculiser.

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    6. "Vous vous croyez supérieurs en vous opposant au temps présent… vous n'êtes que des fossiles car vos propos remontent à un autre présent, à un présent d'hier tout aussi présent en son temps que celui d'aujourd'hui et tout aussi factice. "

      Celle-là, splendide, vaut tous les éloges. Merveilleuse confusion mentale du laudator praesentis temporis ! Il y a là-dessous de la dépression en germe. Le "présent d'hier" est certes "tous aussi présent en son temps que celui d'aujourdhui" mais il faut ajouter qu'il est plus présent aujourd'hui que celui d'aujourd'hui"... Car celui d'aujourd'hui est une minable chose, celui d'hier, nous l'habitons encore.

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  17. Quand j'ai vu que vous citiez Matzneff, je me suis demandé combien de temps il allait falloir attendre pour qu'un âne brandisse les mœurs de cet auteur en guise d'argument. De 19 h 56 à 20 h 37, ça fait 41 mn. Et en pariant sur un âne j'étais optimiste puisque j'ai renoncé à compter les braiments.

    Alain

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    1. Oui, ça marche à tous les coups. Heureusement que Matzneff ne fait pas partie de mes écrivains favoris, sinon on n'en sortirait plus.

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    2. C'est une page de polémique, non une fiction. Matzneff parle en son nom et blâme les moeurs de ses contemporains, qu'il juge puériles, niaises, futiles, entièrement tournées vers l'amusement et le plaisir. Il a quelque chose à proposer pour les éphèbes maghrébins, dont l'éducation le préoccupe. Il n'est pas complètement injuste et asinin d'évoquer les moeurs du vieux sage, dont une large partie de son oeuvre a été la complaisante illustration. Si ce n'est condamnable, c'est au moins piquant.

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    3. Pour faire braire les ânes, une citation de Tony Duvert :

      « Jeune fille de famille prudhommesque, sous Napoléon III :
      — Père, hélez un sergent de ville, le monsieur en noir m’a regardée ! Hiiiiiiii !
      Jeune garçon de famille beauf’, cent vingt ans après :
      — M’man ! Appelle un flic ! Y a un type qui m’ mate ! Hiiiiiiii ! »
      (Abécédaire malveillant, article Garçons)

      Alain

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    4. En tout cas, après ça, on pourra plus dire qu'y a plus d'morale...

      Alain

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  18. Par ailleurs, Didier, votre site déconne : quand je clique sur "Aperçu" je n'aperçois rien.

    Alain

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    1. Je puis vous conseiller un excellent oculiste, si vous voulez.

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  19. Je viens de lire cette citation de Matzneff, «les petits garçons de onze ou douze ans que je mets ici dans mon lit sont un piment rare», qui montre que son côté transcendant n'a rien à envier à son côté transperçant surtout avec des petites choses toutes fragiles.. Berk...!

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  20. Gabriel Matzneff généralise à grands coups de poncifs sur la jeunesse petite bourgeoise niaise et médiocre, dénuée de spiritualité, celle qui est morte au Bataclan ou qui en a réchappé, et qu’il assomme de son mépris.
    On sent bien, en revanche toute son admiration pour "ces adolescents rebelles, écorchés vifs, comme le sont depuis toujours les adolescents sensibles", dont il n’a aucun doute qu’ "éduqués, instruits, ils pourraient devenir de lumineux Aliocha Karamazov".
    Quel beau portrait il fait de ces adolescents "rebelles et sensibles" ! Tant de "chances pour la France" gâchées !

    Le père Benoît dit tout autre chose. Il faut noter qu’il fait preuve d’une grande mansuétude envers lui même, puisqu’il précise, dans un autre article, qu’il s’en remet à Dieu pour le juger.
    Il n’observe cependant pas la même clémence envers les morts du Bataclan. Il juge et condamne des gens qui ont été assassinés, en convoquant pour l’assister dans son réquisitoire d’impitoyable procureur, la haute autorité chrétienne de Grégoire de Nysse. Les morts du Bataclan et tous leurs proches seraient donc responsables de leur souffrance, Dieu ayant infligé, comme ils auraient dû s’y attendre "un châtiment douloureux à ceux qui font un usage pervers de leur liberté".
    Ce faisant, il commet une double faute : d’abord une erreur fondamentale dans son analyse, comme en témoignent par exemple, parmi tant d’autres victimes, les chrétiens d’Orient martyrisés et les enfants martyrisés de l’école juive de Toulouse.
    Ensuite un péché d’orgueil. Péché mortel je crois ? Et il instrumentalise sans vergogne ces assassinats pour servir sa propagande.

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  21. Laissons jaser sur les mœurs supposées ou bien réelles de Gabriel Matzneff, ce n'est pas le sujet et bien secondaire à mes yeux. La police des mœurs ne passera jamais par moi.

    Plus intéressant et plutôt amusant, vu circonstances, est de reproduire un extrait du pamphlet iconoclaste intitulé « Si j'étais « garde rouge », paru dans « La Nation française » le 1er septembre 1966 :

    "L'Occident petit-bourgeois se voile la face devant le sac du musée de Pékin et la destruction du Bouddha par les gardes rouges de Mao Tsé-toung. « Quels barbares ! », s'écrie la stupide Europe, vautrée dans la bonne conscience et la raison.
    Bande de boutiquiers ! Ne comprenez-vous pas que nous sommes fatigués de votre « raison » ? Vous ne croyez pas au Christ, mais vous pensez vous en tirer à bon compte en éditant de somptueux livres sur les cathédrales romanes ! Ne sentez-vous donc pas que si le Christ n'est pas ressuscité, vos cathédrales ne sont rien ? Et ne répondez pas qu'elles sont belles : qu'entendez-vous à la beauté ? Qu'avez-vous à voir avec la beauté ?
    Seuls savent goûter l'ivresse de la destruction ceux qui sont capables d'adoration. Destruction et adoration sont connexes entre elles. Les épiciers positivistes de Washington et de Moscou et de Paris ne sont capables ni de l'une ni de l'autre. Il n'est donc pas étonnant qu'ils soient saisis d'horreur devant les jeunes Chinois qui s'abandonnent avec une ardeur qui n'exclut pas la discipline, aux joies subtiles du nihilisme.
    Réaction d'horreur, mais aussi de terreur. L'Occident commence à avoir peur. C'est un spectacle réjouissant, et, la peur donnant des ailes, nous devons nous attendre à ce que nos bourgeois se mettent bientôt à voler. Chaque époque a les chérubins et les séraphins qu'elle mérite.
    Si j'étais garde rouge (ou garde blanc : c'est la même chose), je ferais tout sauter. Et moi aussi, par la même occasion. Mais ceci est une autre histoire. »

    Reproduit dans Le Crapouillot, Anthologie du pamphlet de la Libération à nos jours, août-septembre 1973. Nouvelle série - N° 26.

    Fort heureusement pour nous Gabriel Matzneff vit toujours.

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    1. Mais est-ce qu'il bande encore, comme le père Dupanloup dans son cercueil ?

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    2. La police des mœurs ne passera pas par vous ? J'en déduis que si vous voyez un pédophile en pleine action vous laisserez faire, bien sûr.
      C'est pas possible de se satisfaire de formules à la con pareilles, qui permettent de se donner des airs de grand seigneur alors qu'on profère sans s'en rendre compte une bêtise absolue.

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    3. "La police des mœurs ne passera jamais par moi."

      Il ne s'agit d'ailleurs pas d'embastiller Matzneff. Est-ce qu'un éphèbe a jamais porté plainte contre lui, ou ses parents ? Apparemment non. Et a-t-il vraiment fait ce qu'il raconte avec complaisance ? Peut-être pas. La seule question est de savoir s'il est permis de noter, tranquillement, qu'il y a comme une incohérence entre ses propos-là et ses propos-ci.

      Victor

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    4. Il est lourd ce Vasco de Gama, mais qu'est-ce qu'il est lourd !

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    5. "C'est un "prof de philo"…"
      C'est toujours mieux que d'être l'immortel auteur de romans de gare sous le nom de... comment déjà ?
      Votre mépris vous retombe dessus.

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    6. "Mais est-ce qu'il bande encore, comme le père Dupanloup dans son cercueil ?"

      Taisez-vous, malheureux, j'aperçois depuis mon promontoire notre grand navigateur qui est déjà en train de hisser les voiles pour cingler vers le commissariat de police le plus proche !

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  22. Maznef est donc un atroce mangeur d'enfants qui en plus adire la corrida mais bon , il n'est pas adepte d'une église sataniste.
    L'honneur est sauf.
    Je suis très mauvais en analyse de texte.

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  23. Et moi qui croyais que la parole était à Monsieur Gabriel Matzneff !

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  24. La lecture des commentaires a été cette fois particulièrement éprouvante. Par pitié, Didier, ne faites plus de billet sur Matzneff ! Ni sur Gide, ni sur Montherlant, ni sur Duvert, ni sur... enfin faites gaffe, quoi !

    Alain

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  25. « Nous sommes les trois petits cochons qui dansons en rond. »

    Étrange, tout de même, que personne n'ait relevé la faute de français que constitue l'emploi de cette stupide tournure de phrase, que je croyais jusque-là réservée à des journalistes à demi-illettrés qui se piquent de bien causer dans le poste mais font, en voulant se la péter, une faute grotesque de syntaxe que le bas peuple, lui, ne commet pas. À savoir accorder, dans une phrase comportant deux sujets et deux verbes, le second verbe, qui se rapporte au second sujet, avec le premier sujet de leur phrase, alors même que ce dernier ne régit en toute logique que le premier verbe.

    Sans doute trouvent-ils que ça fait très chic, mais ça n'en est pas moins très con.

    En résumé, n'en déplaise à Anne Sinclair, Laure Adler ou, donc, Gabriel Matzneff, les formes correctes ne sont pas :

    « Je suis quelqu'un qui ai des idées / des sandales / des caries »
    « Vous êtes de ceux qui avez toujours défendu la démocratie / le jeu à XIII / la filière bovine »
    « Nous sommes des Français qui avons des convictions / des rouflaquettes / des morpions »

    mais bien plutôt :

    « Je suis quelqu'un qui a des idées / des sandales / des caries »
    « Vous êtes de ceux qui ont toujours défendu la démocratie / le jeu à XIII / la filière bovine »
    « Nous sommes des Français qui ont des convictions / des rouflaquettes / des morpions »

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    1. Mon cher Chieuvrou, il va de soi que vos exemples sont indiscutables. Cependant, je trouve que la phrase de Matzneff l'est beaucoup moins. En réalité, il me semble que l'accord qu'il fait serait lui aussi recevable, pour peu qu'on y ajoutât une simple virgule ; ainsi :

      Nous sommes les trois petits cochons, qui dansons en rond.

      Qu'en pensez-vous ?

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    2. "Nous sommes les trois petits cochons qui dansons en rond" : ce sont les trois petits cochons qui parlent, et ce sont eux qui dansent ; je ne vois donc aucune incorrection dans cette phrase où le pronom relatif renvoie aussi bien au groupe nominal "les trois petits cochons" qu'au "nous" du locuteur, puisque les deux sont identiques !

      "Nous sommes les trois petits cochons, nous dansons en rond."

      "Nous sommes les trois petits cochons qui dansons en rond."

      Je préfère aussi littérairement cette tournure pour le jeu sur l'allitération ("on") qu'elle permet...

      Matzneff est un très grand styliste, et j'aurais plutôt tendance à lui faire confiance en matière de correction grammaticale. Une petite recherche sur Gougueule m'a fourni aussi cette phrase de Pierre Loti, autre grand styliste (quoiqu’inverti, je le signale pour les commissaires de la police des mœurs qui croiseraient encore en ces parages) :
      "Nous sommes des Basques qui dansons en plein air, devant d'autres Basques."



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    3. C'est vous qui avez raison : mon histoire de virgule semble relever de l'enculage de mouches.

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    4. "Nous sommes les trois petits cochons qui dansons en rond."

      Ah oui, c'est sûr, là on a affaire à un styliste de pointe, un champion de la langue et, tenez-vous bien, un maître ès allitération.

      Finalement je pense que Manu est un élève de Lycée (section "S" je pense), car je ne vois personne d'autre pour venir oser parler d'allitération en "on" à propos d'une phrase aussi vilaine et mal conçue.

      Pierre Loti est aussi un très grand styliste, et Manu est celui qui décerne des brevets de style aux grands auteurs, ce qui sans doute le place au-dessus d'eux.

      C'est d'une police du mauvais goût que ce blog aurait besoin, de temps en temps.

      Quant à la phrase du pédophile elle me semble incorrecte. Qui est-ce qui danse ? Ce n'est pas "nous", mais bien les trois petits cochons. Cela dit peu importe : ce texte de Matzneff ne présente pas d'intérêt littéraire et ne saurait impressionner que des lecteurs (ou des auteurs) de romans de gare.

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    5. Très drôle votre réaction M. Polo !
      Tant de délicatesse pour ces trois petits cochons si mignons qui dansent sous la lune..
      Je ne voulais me moquer de personne, les phrases de chacun donnent parfois l'impression de lire du théâtre.

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  26. J'étais persuadé, cher Monsieur Goux, qu'une des culottes de peau qui doivent (et non pas doit) avoir leurs (et non pas ses) habitudes chez vous allait me ressortir le Chant des AfricainsC'est nous les Africains qui revenons de loin », und so weiter...), mais on m'oppose plutôt du Pierre Loti, ce qui est quand même, je le reconnais, d'un niveau au-dessus.

    Cela étant, ça ne me convainc en rien. Va pour un effet de style, mais la tournure est à mes yeux incorrecte grammaticalement.

    Je citerai quant à moi à l'appui de ma démonstration l'admirable strophe du non moins admirable Cohon transfiguré de Sophocle Thuivreau :

    Je suis le sanglier,
    La truie et le goret,
    Qui dansent sous la lune.


    Toutefois, l'honnêteté m'oblige à signaler que la Banque de dépannage linguistique de l'Office québécois de la langue française considère quant à elle que les deux solutions sont correctes (cf ici).

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    1. Oui, enfin, si on se met à se reposer sur les Québécois pour parler le français correctement, on n'est pas sorti du bois, à c't'heure…

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    2. Non, mais dites-donc, Chieuvrou, culotte de peau vous-même : nous n'avons tout de même pas gardé les petits cochons ensemble !

      Pour en revenir à nos soucis grammaticaux, votre exemple ne me semble pas pertinent ! "Je suis le sanglier, la truie et le goret qui dansent sous la lune." : dans ce cas, ce n'est pas "je" qui danse, mais les trois animaux auxquels il s'identifie... En revanche, dans la citation matznévienne, ce sont bien les petits cochons qui dansent, et donc ma petite démonstration ci-dessus reste valable (qui = nous).

      Cela dit, je veux bien vous accorder que les deux orthographes sont envisageables ("qui dansent" ou "qui dansons"), mais la seconde n'est en aucun cas incorrecte !

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    3. Entièrement d'accord avec le commentaire de M. F.

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    4. Le Bon Usage, p 1317 § 896
      "c) Lorsque qui a pour antécédent un attribut dont le verbe est à la 1re ou à la 2e personne, l'usage hésite entre l'accord avec l'attribut (3e pers.) et l'accord avec le pronom de la 1re ou de la 2e personne. -- Il est difficile de donner une vue simple des choses.

      1°...

      2° Quand le verbe principal n'est ni négatif ni interrogatif, l'accord se fait le plus souvent avec l'attribut, si celui-ci est un pronom démonstratif ou un nom précédé de l'article (sauf avec un numéral) ou du démonstratif :

      Je suis celui qui TIENT le globe (Hugo...). -- Nous sommes ceux qui VONT tous les vendredis soir chez Angèle (Gide...) + Loti, Giraudoux, Bosco -- Vous êtes l'élève (ou cet élève ou ce Dupont) qui A le mieux répondu.

      On trouve pourtant l'accord avec le pronom personnel, surtout si l'attribut est le pronom démonstratif (comme dans l'usage classique : cf. Hist.) :

      Je suis le Seigneur, qui t'AI fait sortir d'Ur en Chaldée (Bible de Maredsous...) [Vulgate : Ego Dominus qui EDUXI te de Ur Chaldeorum. -- Le Seigneur est plus proche des noms propres que d'un nom commun avec l'article défini.] -- Nous sommes aujourd'hui toute la bande de jeunes qui VOULONS faire vivant et vrai à n'importe quel prix (Huysmans...). -- Je ne suis plus l'innocente jeune fille qui m'en SUIS rapportée à toi plus qu'à moi-même (Hervieu...).
      ...
      3° Quand les conditions signalées dans le 1° et le 2° ne sont pas remplies, l'usage est indécis.
      Accord avec l'attribut ...
      Accord avec le pronom (c'est surtout fréquent lorsque l'attribut est un numéral ou un adjectif précédé de l'article défini) : Vous êtes une nymphe antique qui nous IGNOREZ (Nerval...). -- Vous êtes des chiens qui COUREZ chacun après son os (Taine...). -- Vous êtes un enfant qui PRETENDEZ agir comme un homme (Fromentin...). -- Je suis un paresseux qui ne me PLAIS qu'à dormir au soleil (Aymé...). + Taraud, Simenon, Mauriac, Romain, Renard, Mauriac, Barrès, Flaubert (Nous sommes [...] les deux personnes de la paroisse qui AVONS le plus à faire.) etc."

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    5. « Entièrement d'accord avec le commentaire de M. F. »

      Pas moi, comme il se doit. Disons que l'emploi de cette tournure est une tolérance ou, comme je l'écrivais, un effet de style, mais, grammaticalement, ça ne tient absolument pas, le sujet du verbe danser étant, qu'on le veuille ou non, « les trois petits cochons » et non pas « nous ».

      Quant à l'argument selon lequel, dans mon exemple, le cas serait différent par le fait que « je » s'identifie aux trois animaux danseurs, je lui objecterai que, dans la phrase de Matzneff, « nous » se définit, ce qui revient au même, comme étant les trois petits cochons qui dansent. À la question : « Qui sommes-nous ? », ceux-ci répondraient « Les trois petits cochons qui dansent » (et non pas « qui dansons »).

      Citation pour citation, je viens de trouver, au hasard, celle-ci, de Voltaire : « Les Français sont le seul peuple moderne chez lequel on écrit élégamment des fables ». Or, dans cette phrase, les Français ne s'identifient pas à un peuple, mais le constituent, ce qui n'empêche pas d'accorder la proposition subordonnée (ou plus exactement, le pronom relatif) au nom qui la précède immédiatement.

      Ah, voilà en tout cas un débat comme je les aime.

      Quant aux culottes de peau, cela visait avant tout de hauts stratèges en chambre que j'ai le vague souvenir d'avoir croisés ici il y a de cela quelques années déjà.

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    6. "Quant à l'argument selon lequel, dans mon exemple, le cas serait différent par le fait que « je » s'identifie aux trois animaux danseurs, je lui objecterai que, dans la phrase de Matzneff, « nous » se définit, ce qui revient au même, comme étant les trois petits cochons qui dansent. À la question : « Qui sommes-nous ? », ceux-ci répondraient « Les trois petits cochons qui dansent » (et non pas « qui dansons »)."

      C'est là que je ne vous suis plus : dans la phrase de Matzneff, l'attribut ("les trois petits cochons") et le sujet ("Nous") sont rigoureusement identiques : vous pouvez donc choisir d'accorder avec l'antécédent du pronom, mais aussi avec le sujet, puisqu'ils désignent la même chose (c'est ce que Grevisse appelle joliment l'accord "par attraction", le verbe de la relative étant irrésistiblement attiré par la personne désignée par le sujet du premier verbe). Votre solution est acceptable, bien sûr, mais celle de Matzneff n'est pas fautive. Grevisse en cite d'ailleurs de fort nombreux exemples :

      "Vous êtes une nymphe antique qui vous ignorez." (Nerval)

      "Vous êtes des chiens qui courez chacun après son os." (Taine)

      "Je suis un paresseux qui ne me plais qu'à dormir au soleil." (M. Aymé)

      "Nous sommes des pies qui nous jetons à l'étourdie sur ce qui brille." (Tharaud)

      "Vous êtes le seul qui connaissiez ce sujet." (Littré)

      "Nous sommes deux bossus qui sourions de la bosse de l'autre." (Mauriac)

      "Nous sommes les chevaliers blancs qui luttons contre toutes les perversions." (Anonymes sur Internet)

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    7. Et voilà nos littéraires qui s'écharpent sur un sujet que les mathématiciens ont clos en 1930 lorsque Kurt Gödel a démontré son théorème d'inclomplétude.
      On pourrait essayer de le vulgariser ainsi :
      Dans tout système forrmel suffisamment complexe pour être intéressant, il y a des propositions qui ne sont ni vraies, ni fausses.
      Or un système intéressant doit pouvoir parler de lui-même, et l'auto-référence, c'est le diable.

      Et ça blablate nous, c'est la première personne du pluriel mais non voyons les trois petits cochons, c'est la troisième personne du pluriel pardon mais Grevisse dit joliment que les deux sont blablabla....
      Bref, je vous conseille à tous Gödel, Escher, Bach : Les Brins d'une Guirlande Éternelle
      Livre de Douglas Hofstadter. Je serais surpris que vous en lisiez plus de quelque dizaines de pages, mais vous pourrez regarder, voire colorier (c'est la mode) les dessins d'Escher en écoutant du Bach.
      Chaque chapitre se termine par une amusante parabole d'Achille et la tortue, à l'intention des littéraires, visiblement...
      Tout cela peut à mon avis déboucher sur une tentative d'explication de la connerie humaine, mais c'est un autre et plus vaste sujet.

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    8. Les raisons qui font que les littéraires ne comprennent généralement rien aux mathématiques m'intéressent depuis quelques années, et le débat ci-dessus me semble parfaitement illustrer une de celles-ci : ils sont incapables de voir la différence entre l'énoncé d'une formule, son analyse, et sa mise en oeuvre.
      Comme le mot formule risque de provoquer des phénomènes de rejet pavlovien, je dirai phrase et je remplacerai mise en oeuvre par éxécution par souci de concision.
      La conlusion stupéfiante de cela sera que cela leur fait inverser la cause et l'effet.

      Nous sommes les trois petits cochons. ne poserait aucun problème car le point final est perçu comme une autorisation/obligation d'éxécution de la phrase. J'ai rencontré un seul contre-exemple, mais je dois m'auto-censurer car cela me ferait citer une personne récemment nommée à l'Académie Française...

      Nous sommes les trois petits cochons qui pourrait s'exécuter, mais il n'y a pas de point à ce stade de la phrase !
      D'où la suggestion amusante de Didier Goux Nous sommes les trois petits cochons, qui parce que la virgule lui semble inconsciemment autoriser l'éxécution, mais si Emmanuel F le bouscule un peu finalement non, quoique peut-être...

      Comme personne, pas même Grevisse, n'a compris le problème, le débat se fait à coup de citations et se termine en match nul.
      En fait c'est celui qui écrit la phrase qui décide, tout simplement.
      Nous sommes les trois petits cochons qui dansent en rond n'autorise pas l'exécution partielle.
      Nous sommes les trois petits cochons qui dansons en rond impose l'exécution partielle.
      C'est l'accord du verbe final qui détermine l'instant d'éxécution du début de la phrase, et non l'inverse !
      Les petits allemands apprennent cela à la maternelle, mais ils sont assez bons en mathématiques, donc ça ne compte pas.

      En passant, on comprend mieux les frissons que doivent procurer à M. Goux les longues phrases de Proust, parsemées de virgules, merde encore une, qu'est-ce que je fais, j'exécute ou pas, arghh un point-virgule, il veut ma mort ou quoi ?
      Quelle belle chose que la littérature française.

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    9. Comme tout doit se finir en chansons, on peut remarquer que la dernière note d'une musique monodique indique presque toujours sa tonalité.
      Indique, pas détermine, hein. Mais là je ne peux pas développer parce que je suis moins bon en théorie musicale qu'en grammaire. Eh ben, qu'est-ce que ça doit être...(je préfère prendre les devants et la faire moi-même).

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  27. La culotte de peau a le don de m'enchanter !

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  28. Je vais me permettre un petit bilan concernant le vrai sujet de cette conversation.

    Notre hôte, Didier Goux, suivi par quelques-uns (heureusement non majoritaires) s'étonne que l'on fasse de la pédophilie un crime abominable depuis quelques années, alors qu'il trouve cela très peu condamnable, en somme. On ne lui fera pas le mauvais procès de vouloir ainsi banaliser ses propres turpitudes, mais je ferai remarquer qu'il se trompe lourdement.

    En n'accordant pas plus d'importance que cela à la pédophilie, en refusant de considérer Matzneff comme le monstre qu'il est, Didier Goux se montre très "moderne", au sens soixante-huitard du terme. Car la pédophilie a bien sûr toujours été condamnée, et par la loi, et par la morale, et par la voix populaire. Cela ne signifie pas qu'elle n'ait pas existé (je le précise pour les imbéciles qui m'objecteraient cela), bien au contraire, puisque c'est évidemment parce qu'elle existait qu'elle a été condamnée.

    Ce qui est récent ce n'est pas la condamnation de la pédophilie comme un crime abominable, c'est la tolérance dont fait preuve Didier Goux, tolérance qui est allé jusqu'à l'approbation dans les années soixante-dix, comme nous le savons notamment à travers l'exemple de Cohn-Bendit. L'infâme Matzneff est le pur produit de cette époque de dépravation affichée et fashion, et il a d'ailleurs participé activement au mouvement en signant des pétitions de soutien aux prédateurs sexuels que Libé, entre autres, à l'époque, présentait comme des visionnaires et des hérauts venus nous annoncer la Bonne Nouvelle de la libération des esprits. Il s'agissait de sortir de la morale sclérosante de la bourgeoisie chrétienne, souvenez-vous.

    Vaste programme, dont je signale au passage qu'il faut en attribuer la paternité à Wilhelm Reich, disciple dément (et dissident) de Freud.

    Didier Goux témoigne par là qu'il est resté en quelque chose le gauchiste qu'il fut, la libéralisation du sexe et notamment de la pédophilie ayant été le cheval de bataille d'une époque où il fallait lutter contre toutes les frustrations, dans un délire d'égocentrisme qui n'a peut-être jamais eu d'équivalent puisqu'on allait jusqu'à nier la nécessité de protéger les enfants contre les désirs forcément légitimes des adultes. La morale de Gilles de Rais, en somme (qui fut exécuté pour ses crimes, lesquels ont révolté l'humanité notamment parce qu'il s'en était pris à de "petits enfants", comme l'attestent les attendus du jugement).

    La pédophilie, nous le savons, porte assez mal son nom. il s'agit bien plutôt d'une haine de l'enfant et d'abord d'une haine de l'homme qui s'exprime dans la volonté de salir ce que l'on considère (à tort ou à raison) comme ses représentants les plus purs. Le pédophile veut faire quelque chose qui relève du monde des adultes avec quelqu'un qui n'est pas un adulte. Matzneff l'explique très bien quand il décrit ses goûts pour les très jeunes filles qui n'ont pas encore les formes épanouies de l'après-puberté, mais seulement la promesse. Cette attitude proprement satanique se complète évidemment d'un narcissisme sans limite puisqu'il s'agit aussi de s'autoriser ce qui est interdit au commun des mortels.

    (à suivre...)

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  29. (la suite)


    Le pédophile littéraire entend par là témoigner de sa supériorité. Il est au-dessus des lois, comme le roi de jadis qui pouvait multiplier les batards sans que quiconque lui fasse reproche de ne pas respecter la morale imposée par lui à ses sujets. Il est symptomatique que Matzneff, pour sa piètre défense, ait affiché son dégoût pour les "vrais" pédophiles qui s'attaquent à des bébés ou à des enfants de huit ans (il a bien choisi ces âges, observons-le). Il réclamait alors pour ces "monstres" la plus grande sévérité pénale, se montrant très compréhensif à l'égard d'une "police des mœurs" que les imbéciles qui le défendent veulent repousser loin d'eux, sans s'apercevoir du fait qu'ils vont plus loin dans leur tolérance que leur propre champion.

    Il est difficile dans ces conditions de ne pas sombrer dans l'ironie, mais je préfère exprimer pour finir ma compassion à l'égard de ces bien étranges amis de Matzneff. Voilà des gens qui croient refuser virilement le "moralement correct", la moraline, la bien-pensance modernisante contente d'elle-même, et qui, en réalité, tombent dans la pire bouillie que notre extrême modernité a pu produire, à savoir l'idée folle que les adultes sont là pour jouir de tout, y compris des bêtes et des enfants si cela leur chante, sans avoir à se préoccuper d'autre chose que de leur droit et de leur plaisir. Difficile de faire pire en matière de modernité gerbante.

    Et finalement je vois un lien entre ce refus de dénoncer la pédophilie et le mépris ostensible des jeunes dégommés au Bataclan qui, supposément, écoutaient une musique de merde comme des zombies. Ces jeunes ne sont plus en effet ceux de mai soixante-huit. Ils veulent bien baiser, boire et fumer toutes sortes de choses, certes, mais ils ont accepté, ces traîtres, les tabous que leurs aînés ont voulu piétiner, et au premier rang desquels, bien sûr, figure la pédophilie. Ils ne l'ont pas inventé, ce tabou, comme feint de le croire absurdement Didier Goux, ils l'ont simplement retrouvé, et voilà peut-être ce que certains détestent chez cette jeunesse, qu'elle leur fasse honte en leur montrant qu'eux, les Matzneviens, ne sont que des dépravés et non des jouisseurs, des rebuts que l'humanité vomit plutôt que des avant-gardistes ouvrant la voie, de vieux saligauds plutôt que de juvéniles esprits ouverts à toutes les expériences.

    Oui, Didier Goux, vous êtes vieux, infiniment vieux, oh ! pas à cause de votre âge ! mais parce que vous êtes daté, parce que l'on peut dire très exactement le petit nombre d'années où vous avez tenté d'être moderne, alors que vous n'étiez qu'à la mode, et quelle mode ! Dès lors il est assez logique que vous détestiez les enfants et les jeunes et tout ce que les jeunes aiment, leur musique notamment, à laquelle vous ne comprenez rien. Ce que vous comprenez trop bien c'est que votre temps est fini, non parce que vous vous rapprocheriez de la mort, mais parce que vous n'avez pas vécu dans la vraie vie, celle où la pédophilie est un crime, par exemple. Vous avez vécu dans cette petite et triste parenthèse où non seulement des Matzneff ont existé (il en a existé à toutes les époques), mais où ils ont pu, grâce à vous et aux vôtres, faire publicité de leur vice sexuel et étalage de leur narcissisme effréné.

    Honte à vous.

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    1. Je n'ai pas cliqué sur votre lien, F. Si vous avez quelque chose à dire, dites-le vraiment.

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    2. " Dès lors il est assez logique que vous détestiez les enfants et les jeunes et tout ce que les jeunes aiment, leur musique notamment, à laquelle vous ne comprenez rien... "

      Qu'est-ce que c'est que ça, leur musique ?

      Quand j'étais jeune, ma musique était au moins autant celle de Bach ou de Machaut que la pop qu'on entendait me faire aimer. La "musique jeune" est détestable comme tous les sous-produits de la kulturindustrie destinés à ce segment si formidablement maléable, inepte et conformiste : vêtements jeunes (ce que le textile produit de plus basse camelote), littérature jeunesse (ce que l'on torche de pire dans l'édition), langage jeune (le plus pauvre bredouillis jamais gargouillé par d'humains gosiers), pour ne rien dire de l'immonde ragoût concocté par l'industrie alimentaire à l'intention des jeunes intestins, afin d'écouler, en les valorisant, les plus infimes déchets qu'engendre son fonctionnement. Vraiment, être écoeuré par la BD, la pop music dans toutes ses métastases et toutes les autres saloperies "jeune" qui enlaidissent le monde, c'est absolument légitime et nécessaire.

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    3. Je suis d'accord avec vous, Victor, j'ai simplifié pour faire court (parce que j'étais déjà beaucoup trop long). Cela dit il y a aussi de la très bonne "pop music" (difficile à trouver) et de l'excellente BD.

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    4. "Si vous avez quelque chose à dire, dites-le vraiment."

      Heu, si vous avez compris que j'avais quelque chose à vous dire, c'est que je me suis vraiment très mal exprimé...

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    5. Quelque chose à dire, quelque chose à "me" dire... il y a une petite différence, il me semble. Ce n'est pas un problème d'expression que vous avez, c'est un problème de compréhension.

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    6. "Cela dit il y a aussi de la très bonne "pop music" (difficile à trouver) et de l'excellente BD."

      Que l'on puisse trouver, mon cher Marco Polo, en cherchant bien, des individus talentueux qui sachent tirer de leur frêle pipeau des musiquettes pas trop navrantes n'enlève rien au fait que l'instrument soit esthétiquement très limité et qu'il impose une réduction de l'univers à son échelle. Cela n'enlève rien au fait que cette armée de pastoureaux robotisés massivement médiocres, dont les échos sont massivement répercutés par les médias, nous rendent sourds à la beauté du monde.

      On peut trouver des hamburgers mangeables, des rappeurs habiles et pleins de verve, des bédés instructives et amusantes, de bonnes émissions de télé, du plaisir à rouler sur autoroute, une certaine poésie des centres commerciaux et des terrains vagues de banlieue, une beauté des centrales nucléaires, que sais-je ? Même le chaos des zones multiculturelles a son espèce de pittoresque. Il n'empêche que la bédé est, essentiellement, une insulte faite au langage et au dessin, l'un et l'autre se rabaissant et limitant réciproquement et que la pop music sous toutes ses espèces est pauvre mélodiquement, harmoniquement et poétiquement.

      Dans le meilleur des cas, c'est le pâle reflet d'une chanson et pourrait à peine se chanter en travaillant ou pour bercer un enfant. Et c'est encore bien rare. Ordinairement, ça s'écoute à la radio ou sur lecteur mp3, ou devant un mur d'enceintes, et la valeur de la chansonnette est inversement proportionnelle à l'enthousiasme temporaire de ses consommateurs et à la quantité d'électricité consommée.

      On peut avoir légitimement, je crois, la nostalgie d'un temps pas si ancien où la musique populaire et la musique savante vivaient d'une vie autonome et vigoureuse, infiniment différenciée, tirant l'une et l'autre leur substance d'une tradition et s'inspirant mutuellement. Cela a été détruit irrémédiablement par certaines innovations technologiques, mais aussi par un effort concerté pour déposséder les hommes de leur passé et des liens qui les rattachaient à eux-mêmes.

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  30. Mon Cher, si d'aventure je croise dans les environs du Plessis-Hébert, je ferai un détour pour admirer votre culotte de peau. J'apporterai évidemment la mienne et peut-être danserons nous sous la lune, aidés en cela par un stimulant Riesling de l'ami Fritsch. Comme il faut une troisième, Rosaelle m'accompagnera, culottée de peau comme il convient!

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  31. J'ai tout lu. C'est à vous dégoûter de la navigation...

    Alain

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    1. Vos interventions sont pourtant toujours remarquables, mais peut-être, les ayant écrites, ne les relisez-vous pas. Grossière erreur.

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  32. "J'ai tout lu. C'est à vous dégoûter de la navigation..."

    J'y songe : cette remarque fine et constructive pourrait bien s'adresser spécialement à moi, ce qui ferait croire qu'Alain n'est autre qu'Emmanuel F sous un autre pseudonyme, les deux affirmant que Marco Polo était un navigateur (voir divers messages ci-dessus), alors qu'il était presque exclusivement un marcheur. Cette proximité dans l'inculture est presque une signature. Et voilà comment un imbécile s'arrange pour se soutenir lui-même, en imaginant un autre imbécile au pseudonyme encore plus stupide.
    J'espère qu'Alain-Manu aura remarqué la magnifique assonance en "i" de ma dernière phrase.

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    1. Je précise que je n'interviens ici que sous une seule identité, et que je n'ai rien à voir avec Alain, ce que peut confirmer facilement Didier Goux puisqu'il a accès à nos adresses IP. Ce pauvre Marco nous fait maintenant une petite crise de paranoïa, je sens qu'on n'est pas sortis de l'auberge...

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    2. Voire : « On n'est pas sorti de l'auberge de la journée ! », comme je me le suis fait dire, une fois, il y a longtemps, par un brave gardien de parking neuilléen.

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    3. Pour les adresses IP, vous avez évidemment raison… mais du diable si je sais comment il faudrait que je m'y prisse !

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    4. Les vrais trolls invoquent toujours le coup des adresses IP car ils passent par des proxy. C'est un métier.

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    5. Dieu du ciel ! Je jure ne pas être Emmanuel F., dont j'ignore tout.
      Quant à la « culture » :
      http://www.maxicours.com/swf/2/0/5/0/20504.swf

      Alain

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    6. Pourtant il y a comme une communion d'idées et surtout de méthode : jamais de messages de fond, seulement des remarques mesquines sur les réflexions des autres, telle la mouche du coche. Et puis des tartines sur les cochons qui dansent en rond. Mouche du coche et enculage de mouche, donc, ce qui, s'il s'agit d'une mouche pré-pubère, nous ramène à Matzneff.

      Maintenant, il est assez normal de trouver de tels points communs entre les imbéciles d'un certain calibre, qui fonctionnent un peu comme un seul homme. Même si F et Alain sont deux, ils sont strictement interchangeables.

      Bon. Ne disposant plus d'un "plastron" satisfaisant, je me retire et vous souhaite une bonne soirée électorale. Sans rancune, hein.

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  33. Bon, maintenant que nous sommes tranquilles, j'aimerais, Emmanuel, vous poser une question : comment fait-on un joli lien hypertexte comme vous le fîtes plus haut avec Ariel et Caliban, au lieu d'un vilain copié-collé comme je viens de le faire ?

    Alain

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    1. C'est un peu difficile à expliquer, voyez ici, l'explication est assez claire.

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    2. Mon Dieu, heureusement qu' "il" ne clique pas sur les liens, sinon on était reparti pour un tour !

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    3. Je vous remercie, Emmanuel.
      C'est quand même dommage que pour trouver des gens serviables il faille aller sur des blogs d'extrême-droite.

      Alain

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  34. Vous pouvez constater que la formule à utiliser n'est pas difficile à expliquer, mais il faut savoir comment l'écrire sans qu'elle s'exécute...
    <a href="URL"> Titre ou nom que vous voulez donner au lien </a>

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    1. Et ne pas oublier l'espace entre a et href !

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    2. Au fait, vous vous y prenez comment, pour l'écrire sans qu'elle s'exécute (cette conne) ?

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    3. Je vous l'avais bien dit que l'auto-référence c'est le diable !
      Les concepteurs de HTML ont prévu que l'on puisse écrire du HTML en HTML sans qu'il s'éxécute.
      Par exemple ici j'ai remplacé les < par des &lt; qui produisent la même lettre à l'écran...

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