dimanche 8 octobre 2017

Nos dimanches Dávila, 7


– Après toute révolution le révolutionnaire professe que la véritable révolution sera celle de demain. Le révolutionnaire explique que la révolution d'hier a été trahie par un misérable.

– Ceux qui excusent leur abjection en se prétendant “victimes des circonstances” sont des socialistes doctrinaires. Le socialisme est la philosophie de la culpabilité des autres.

– Ceux qui défendent la réalité telle qu'elle est luttent pour un but concret : un privilège, une structure sociale, un bien incarné ; par contre, celui qui combat pour un programme abstrait peut croire qu'il prend la défense de l'universalité. L'homme de gauche se croit généreux parce que ses fins sont fumeuses.

– Les phrases sont des petits cailloux que jette l'écrivain dans l'âme du lecteur. Le diamètre des ondes concentriques qu'ils engendrent dépend des dimensions du bassin.

– Invoquer la beauté d'une chose en sa faveur irrite l'âme plébéienne.

– La religion n'est pas née d'un besoin urgent d'assurer la solidarité sociale, pas plus que les cathédrales n'ont été construites dans le dessein de favoriser le tourisme.

– Plus les problèmes sont graves, plus grand est le nombre d'incapables auxquels la démocratie fait appel pour les résoudre.

– Spasmes de vanité blessée, ou de cupidité flouée, les doctrines démocratiques inventent les maux qu'elles dénoncent pour justifier le bien qu'elles proclament.

– Dans la société médiévale la société est l'État ; dans la société bourgeoise État et société s'affrontent ; dans la société communiste l'État est la société.

– Seuls les lieux communs sont adaptés aux circonstances émouvantes. Une chanson idiote exprime mieux une grande douleur qu'un beau vers. L'intelligence est une activité réservée aux êtres impassibles.

– Qui ne tourne pas le dos au monde actuel se déshonore.

– La culture n'occupera jamais les loisirs des travailleurs, parce qu'elle est le travail exclusif de l'homme de loisir.

17 commentaires:

  1. Il aurait quand-même pu ranger ses bouquins depuis dimanche dernier. Quel je-m'en-foutiste ce Dávila.

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    1. Vous n'êtes guère observateur, mon cher : dimanche dernier, la photo était différente…

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  2. Merci, Maître Goux !
    Cette semaine, je prendrai celle-ci :
    "Les phrases sont des petits cailloux que jette l'écrivain dans l'âme du lecteur. Le diamètre des ondes concentriques qu'ils engendrent dépend des dimensions du bassin.".
    Elle est formidable, je vous vois bien en train de la méditer, assis les yeux mi-clos tel un maître zen...

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    1. C'est également la préférée de Catherine, je crois.

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  3. "pas plus que les cathédrales n'ont été construites dans le dessein de favoriser le tourisme.

    En tous cas, les multiplications des reliques, dans les cathédrales, avait pour but d'y attirer les foules pour favoriser les foires et le commerce; en additionnant tous les orteils du Christ de toutes les églises du monde, on pourrait en faire un poulpe.

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    1. Toujours s'acharner à rabaisser ce qui est hors de notre portée…

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    2. Je dirais même plus : toujours s'ingénier à rabaisser ce qui est hors de notre portée. Utilisez votre intelligence pour essayer de comprendre les ancêtres des Européens modernes.

      Quant à « L'homme de gauche se croit généreux parce que ses fins sont fumeuses », je l'opposerais volontiers à « Le pur réactionnaire n'est pas un nostalgique qui rêve de passés abolis, mais le traqueur des ombres sacrées sur les collines éternelles. »

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  4. Et s'il ne allait en retenir qu'une, je dirais : "Plus les problèmes sont graves, plus grand est le nombre d'incapables auxquels la démocratie fait appel pour les résoudre."
    Mais depuis, n'a-t-on pas fait encore du chemin, puisque les "incapables" fleurissent sous nos pas tels le chiendent sans que la démocratie ne puisse en venir à bout ?

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    1. La démocratie n'a certainement pas pour vocation de mettre ors d'état de nuire les incapables : plutôt d'assurer leur promotion sous les acclamations de la populace.

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    2. La démocratie n'a certainement pas pour vocation de mettre ors d'état de nuire les incapables

      Elle a vocation a profiter des hors de la royauté.

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    3. Sinon pour ce dimanche mon choix se porte sur celle-ci :

      Plus les problèmes sont graves, plus grand est le nombre d'incapables auxquels la démocratie fait appel pour les résoudre.

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  5. Ceux qui défendent la réalité telle qu'elle est luttent pour un but concret : un privilège, une structure sociale, un bien incarné ; par contre, celui qui combat pour un programme abstrait peut croire qu'il prend la défense de l'universalité. L'homme de gauche se croit généreux parce que ses fins sont fumeuses.

    Si ça c’est pas de la mauvaise foi !
    Ça n’a rien de fumeux il me semble de protéger son maigre revenu.

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    1. Sans vouloir vous contrarier à l'excès, je crois que c'est précisément ce que dit l'auteur : relisez plus attentivement…

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    2. Jean-François Brunet8 octobre 2017 à 21:16

      Ce que veut dire M. Tienhain je pense, et à bon droit, c'est que la gauche a souvent lutté pour un but concret (salaires, droits). Mettre l'abstraction du côté de la gauche, et les buts concrets du côté des "réactionnaires" qui "défendent la réalité telle qu'elle est" semble n'avoir guère de base.

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    3. Rien à voir avec la défense d’un privilège ni d’une structure sociale que lutter pour améliorer le revenu du petit peuple…
      Il me semble.
      A moins que le concept de structure se résume au maintient d’un statu-quo.
      Etc.

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    4. M. Brunet, surtout si on considère que Davila a défini le « pur réactionnaire » comme « le traqueur des ombres sacrées sur les collines éternelles ». On peut à la rigueur estimer que l'homme de gauche poursuit des buts plus immédiats, et aurait une conception mesquine et bassement matérialiste du bonheur humain. On peut dire que les fins de l'homme de gauche sont inatteignables, mais pas qu'elles sont abstraites.

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  6. Comme Muray l'avait bien vu la quasi totalité des tares moderne n'a qu'une origine le protestantisme anglo saxon, cette perversion du christianisme qui n'a été crée que pour déculpabiliser les plus riches et faire enfin descendre Dieu sur terre (les américains parlent de généralement de Dieu comme si il était leur pote, leur frères, tandis qu'eux memes sont persuadés d'etre le nouveau peuple élu) On dit que les américains sont abrutis non ils sont juste protestants (le freudisme qui prétend qu'il suffit de parler de ses problemes pour qu'ils disparaissent ou encore que la connaissance de soi est la clé du bonheur parfait, est une autre forme de protestantisme qui se marie d'ailleurs remarquement bien avec l'officielle) Et comme nos élites sont profondément imprégnés de cette religion philosophie dogme qui ne dit meme pas son nom pour mieux se faire oublier (la fin des idéologies qu'ils disent, la bonne blague)

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