dimanche 22 octobre 2017

Nos dimanches Dávila, 9


– Les préjugés ont ceci de bon, qu'ils préservent des idées stupides.

– Établir une loi scientifique donne moins de satisfaction que de découvrir une évidence qui la détruit.

– Pour la défense de la liberté, il suffit d'un soldat ; l'égalité, pour s'imposer, a besoin d'un escadron de policiers.

– La société industrielle est condamnée au progrès forcé à perpétuité.

– Démagogie est un mot qu'emploient les démocrates quand la démocratie leur fait peur.

– La liberté est plus florissante parmi de mauvaises lois que parmi des lois nouvelles. 

– Chaque nouvelle génération accuse les précédentes de n'avoir pas racheté l'homme. Mais après y avoir échoué à son tour, l'abjection avec laquelle la nouvelle génération s'adapte au monde est proportionnelle à la véhémence de ses invectives.

– Le penseur progressiste ne se préoccupe ni du chemin, ni du but, mais seulement de la rapidité du voyage.

– L'intelligence est attirée par l'imbécillité comme les corps vers le centre de la terre.

– Est bien élevé l'homme qui s'excuse d'user de ses droits.

– L'angoisse devant le crépuscule de la civilisation est une affliction réactionnaire. Le démocrate ne peut gémir sur la disparition de ce qu'il ignore.

– Le moderne se refuse à entendre le réactionnaire, non que ses objections lui paraissent irrecevables, mais parce qu'elles ne lui sont pas intelligibles.

13 commentaires:

  1. Aujourd'hui c'est du lourd : il faut donc chercher la petite bête. Je crois bien que j'en ai trouvé une : à la cinquième ligne, emploieNT aurait été plus approprié comme on dit par chez nous ces temps-ci, ou bien ?
    Je continue à lire...

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  2. Ah! notre drogue du dimanche, merci Maître Goux et bon dimanche à vous et à votre épouse.
    Dans votre sélection d'aphorismes, nos petits fours du dimanche, je me choisirai volontiers celui-ci :
    "L'angoisse devant le crépuscule de la civilisation est une affliction réactionnaire. Le démocrate ne peut gémir sur la disparition de ce qu'il ignore."

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  3. Bonne cuvée !
    (Finalement grâce à vous plus besoin d'acheter le livre...)

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    1. Ah, mais si ! D'abord parce que je n'ai retenu (moyenne à la louche) qu'environ un aphorisme sur dix voire sur douze. Ensuite parce que j'ai fait le choix de ceux qui me semblaient les mieux adaptés à la lecture bloguesque, c'est-à-dire les plus immédiatement recevables. Mais il y a de superbes pépites dans tous ceux que j'ai laissés de côté.

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  4. - Il faudrait encore qu'il n'y ait pas des préjugés stupides.

    - C'est possible ! Va falloir demander à jazzman ?

    - Comme dit l'autre : "Y a quèque chose qui cloche là'd'dans ! "

    - Le progrès des uns fait le déclin des autres.

    - Démagogue, démocrate, démocratie : tout ça c'est synagogue !

    - La liberté, moins on en a, plus on en parle !

    - Imaginer qu'on puisse "racheter l'homme" est une idée stupide.

    - Penseur progressiste ? Oxymore ?

    - Intelligence et imbécillité sont les deux faces d'un même médaille.

    - Parce que l'homme aurait encore des droits ?

    - Faudrait être stupide pour s'angoisser à propos d'un truc qui a disparu et que tout le monde a déjà oublié.

    - Le réactionnaire se refuse à entendre le moderne, non que ses objections lui paraissent irrecevables, mais parce qu'elles ne lui sont pas intelligibles.

    Bon ! J'ai fait ce que j'ai pu.

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    1. Mais oui Mildred, moi aussi je vous aime.

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  5. "L'angoisse devant le crépuscule de la civilisation est une affliction réactionnaire. (la 2ème phrase de cet aphorisme est ridicule)

    n'est pas sans rappeler ce petit développement de Régis Debray

    "Par ailleurs, la décadence je suis pour ! Cela me semble un moment formidablement fécond, un moment de transition. Paul Valéry – encore lui – disait que les littératures de la décadence sont les littératures les plus fines, les plus achevées : elles intègrent tellement de contradictions, d’éléments ou d’aliments extérieurs qu’elles ont une vitalité, une densité extraordinaires, comme le montre l’histoire de la littérature, que ce soit en Grèce, à Rome ou chez nous.

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    1. Affirmation toute gratuite que, bien entendu, ce clown pontifiant de Debray se garde bien d'étayer par des exemples. Sage prudence, car il lui faudrait alors nous démontrer en quoi les écrivains du siècle de Louis XIV sont inférieurs à ceux des années 1880, et en quoi Sophocle et Aristote valent moins que les écrivains grecs du 1er siècle avant J.C.

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    2. "...Le démocrate ne peut gémir sur la disparition de ce qu'il ignore."
      Ne vous vexez pas. Il ne vous connaissait pas.
      C. Monge.

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    3. @ Didier Goux

      Je ne crois pas qu'on puisse établir un classement des auteurs comme aux Jeux Olympiques ( médaille d'or Kafka, médaille d'argent Flaubert médaille de bronze Dostoïevski, etc.); mais les périodes de décadence permettent certainement de prendre un recul,une lucidité et un esprit critique sur tout ce qui allait de soi pendant les périodes d'expansion.

      Petit débat qui n'est pas sans intérêt (ne pas sauter la dernièr partie, débat avec la salle, qui comporte aussi quelques développements intéressants ):

      http://www.fondation-res-publica.org/Civilisation-avec-ou-sans-s_r140.html

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  6. Le penseur progressiste ne se préoccupe ni du chemin, ni du but, mais seulement de la rapidité du voyage.

    Je me demandais quel aurait été la position d'un Penseur Progressiste, selon Rodin.

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    1. Bonne question. C'est presque la même position, mais les pieds sont à plat et il suce son pouce.

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