jeudi 21 juin 2018

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Je suis finalement parvenu au sommet de cette méchante Montagne magique, mais Dieu que les dernières dizaines de mètres furent laborieuses ! Il n'a pas pitié du pauvre monde, ce monsieur Mann… Comme le hasard et la Poste font parfois bien les choses, j'avais à peine tourné l'ultime page, et délacé mes chaussures à crampons, qu'arrivaient les livres de juillet, les plus précoces d'entre eux, en tout cas. On trouva dans le paquet :

Un apostolat, d'Albert t'Serstevens, cet écrivain belgo-français, dont le nom étrange siffle tel un aspic, et qui m'est encore, à cette heure, tout à fait inconnu (à part son nom, justement, croisé deux ou trois fois, je ne saurais dire où).

Le Désert des Tartares, de Dino Buzzati, qui m'avait fort impressionné lorsque je l'avais découvert, vers 18 ou 19 ans. L'impression sera-t-elle aussi forte cette fois-ci ? On vous dira. 

Mr Vertigo, de Paul Auster : nous l'avons déjà évoqué dans un précédent billet, je n'y reviens pas ; pas pour l'instant.

René Leys, de Victor Segalen. A priori, je ne suis guère attiré par ce qu'on appelle les “écrivains voyageurs”, peut-être parce que n'étant moi-même ni l'un ni l'autre. Mais enfin, comme c'est en hommage à Segalen et à son roman qu'un jour Pierre Rickmans est devenu Simon Leys, et que c'est lui, ensuite, qui a éveillé mon intérêt pour la Chine, il était logique que je finisse par boucler cette boucle.

– Enfin, celui par lequel, tout à l'heure, j'ai attaqué cette mini-pile en en lisant les sept ou huit premières pages : La Folie Baudelaire, de Roberto Calasso, parce qu'il faut toujours revenir à Baudelaire, surtout quand il est, comme ce semble être le cas ici, en excellente compagnie.

Ces heures de lecture à venir m'ont coûté moins de 40 € : la littérature est un plaisir de salaud de pauvre. Mais de salaud de pauvre d'élite.

18 commentaires:

  1. A force de lire des conneries, vous n’avez plus le temps d’aller au bistro.

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    1. Oh, mais on peut très bien lire au bistrot : je l'ai souvent fait ! Évidemment, à partir de la 18e bière, on commence à ne plus trop comprendre ce qu'on lit. D'autant que les lignes ont tendance à se mettre à onduler tels des serpents farceurs.

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    2. J'emporte toujours un bouquin à la Comète quand j'y déjeune donc on peut !
      J'ai fait un certain nombre de dictées tirées de textes de t'Serstevens quand j'étais petite ; c'est peut-être pour ça que le nom vous est familier ? j'avais toujours cru qu'ils s'appelait André. Je n'ai lu que son "Itinéraire espagnol" : il a parcouru l'Espagne en s'arrêtant partou, mais vraiment partout. Plutôt savoureux comme bouquin

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    3. C'est curieux : moi, à la Comète, je n'ai jamais dépassé la deuxième page du livre que j'y avais emporté.

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    4. "à partir de la 18e bière, on commence à ne plus trop comprendre ce qu'on lit"

      Et surtout ce qu'on écrit.

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  2. Elite comme l'agence de mannequins?

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  3. Sur le site de Babelio consacré à La Montagne magique, j'ai trouvé pour vous cette amusante critique : "Pendant la longue lecture de La Montagne magique l'envie m'est venue à trois reprises de lancer ce livre à bout de bras en criant à l'endroit des protagonistes : "Mourez ! Mourez !" "
    J'en ai conclu que ce livre n'est pas "de votre âge", comme on le disait jadis aux enfants qui voulaient lire des livres de "grandes personnes".

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  4. Puisque les commentaires peinent à dépasser le niveau des pâquerettes, je n'ai pas trop de scrupules à glisser un message de service :
    Maintenant que vous avez ouvert les commentaires des Modernoeuds, vous pourriez passer à la phase de publication de ceux qui s'y sont accumulé(s). Enfin, si ça ne bouscule pas trop le train-train du sanatorium.

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    1. Mais non : quand les commentaires sont fermés, ils ne s'accumulent pas ! Ils disparaissent je ne sais où, ils n'existent pas, que sais-je. En bref : ils sont perdus pour la postérité.

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    2. Vous me prenez pour un genre 1, c'est ça ? Je parlais évidemment du commentaire que j'avais déposé après l'ouverture.

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    3. Ah, oui, bon sang : c'est vrai que je ne reçois plus les "notifications" par mail ! Bon, voilà, c'est publié.

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    4. Tant d'insistance pour si peu ? Allez, je vais me refaire un petit noir !

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    5. On ne dit pas "un petit noir", mais une boisson chaude de couleur…

      (Cela étant, j'vas aller m'en faire un itou.)

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  5. Savez-vous (oui, je suppose) que ce tableau est exposé au musée Fabre à Montpellier? (là où je suis né, comme mon père et mon grand-père)

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Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.