mercredi 25 mai 2011

Se faire teindre pour mieux se faire tondre

Pour oublier un peu les démêlés caleçonniques de M. Strauss-Kahn, rien de mieux qu'une bonne galéjade gauchiste : ça détend et ça ne tire pas à conséquence. La pitrerie du jour, c'est cette indignation vaguement récurrente à propos des insubmersibles contrôles au faciès. Un avocaillon s'est récemment ému de ce que les hordes fascistes assermentées – comprenez : la police française – auraient comme une vague tendance à demander plus volontiers leurs papiers aux noirs et aux Arabes qu'au paysan normand juché sur son tracteur. Et il trouve ça profondément injuste, l'avocaillon en mal de cause publicitaire. Du coup, il relit vite fait son Hessel de poche et il s'indigne. Immédiatement, les agités du blogobocal embrayent.

Et ils ont raison, je le dis bien haut : ces pratiques sont un véritable scandale, exigeant au minimum un soulèvement citoyen, si ce n'est une insurrection durable, un frichti à la tunisienne. Si l'on veut traquer le clandestin, il faut le faire équitablement et partout. Dans le bocage silencieux comme dans les cités sensibles ; chez les gardiens de chèvres de Lozère aussi bien que parmi les dealers du forum des Halles. Seul mot d'ordre pour la police : yapa d'raison. Et encore, je ne dis rien du cas scandaleux des mamies à cabas et à cheveux mauves qui, elles, passent systématiquement entre les mailles du filet répressif, alors que nombre d'entre elles – j'ai mes sources… – en ont gros sur la conscience. Donc mobilisons-nous, camarades modernœuds papillons, et exigeons que pour chaque pitbul à capuche dont on aura sur le boulevard exigé le pedigree et l'inscription au L.O.F., on fasse immédiatement de même pour le petit caniche artistiquement tondu qui passe au même moment en rasant le mur – sans doute dans l'intention de le souiller de son urine.

Et pourquoi s'arrêter à la police, camarades modernœuds volants ? Il m'est venu aux oreilles que nos prisons logeaient et nourrissaient infiniment plus de crépus que de mauves : cela aussi doit cesser ! Exigeons d'une seule voix que, désormais, pour chaque noir ou Arabe incarcéré, on entôle aussi sec une mamie à cabas (qu'on lui confisquera au greffe) et à cheveux mauves – qu'on lui tondra à la peau –, non sans avoir au préalable dûment vérifié sa parfaite desoucherie. Et on les bouclera dans la même casemate, au nom du vivrensemble.

En vérité je vous le dis : il est temps de trancher dans le vif, camarades modernœuds gordiens !

18 commentaires:

  1. Il faudrait quand même faire quelque chose pour les clandestins originaire de Pologne ou de Russie qui n'ont pas la chance d'être victime de contrôles au faciès. Qu'ils se teignent les cheveux en mauve ?

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  2. OUI !!! Militons pour des Polonais mauves et des Russes à cabas !

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  3. Faudra penser à demander à Zemmour ce qu'il en pense.

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  4. Je ne parlais pas des chevelus mauves mais de ceux-là:

    "les hordes fascistes assermentées – comprenez : la police française – auraient comme une vague tendance à demander plus volontiers leurs papiers aux noirs et aux Arabes qu'au paysan normand juché sur son tracteur."

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  5. Je me sens un peu visée, pas pour les cheveux mauves mais pour les trucs louches dans mon cabas…

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  6. Jacques Etienne25 mai 2011 à 13:25

    Et que dire de la police New-Yorkaise qui arrête en priorité les directeurs généraux du FMI ?

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  7. ou alors obligeons tout le monde au port du sweet à capuche règlementaire...
    dès que les députés UMP se feront contrôler plus de deux fois en une journée... le gouvernement devrait revenir en arrière... ;o)
    m'enfin,
    @+
    PS : à quand un M. Goux déambulant dans les rues de sarcelles ou saint denis en sweet à capuche à 21h30... ce serait un test "grandeur nature"... (euh.. attention au flashball !) ;o)

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  8. Arrêtez vos conneries ! Je ne vais plus oser sortir.

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  9. Mildred aurait donc les cheveux mauves et se promènerait avec un cabas ... je me disais :)

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  10. @ Corto
    Vous vous disiez quoi ?
    Qu'il valait mieux que je laisse mon cabas à la maison ?

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  11. Vous avez mille fois raison.
    D'abord, on sait ce que ça coûte de
    justifier des pratiques injustifiables et de proférer des propos de nature à laisser croire
    que la diversité pourrait être
    autre chose qu'une richesse.
    Chacun de nous, sales Céfrans, devrait solliciter de temps en temps un contrôle au faciès suivi d'une incarcération pour délit de sale gueule blanche.
    Cela rétablirait un peu l'équilibre.

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  12. Moi, Monsieur, on m'a déjà contrôlé et incarcéré au faciès, cachez-le ! Mais c'était APRÈS m'avoir fait souffler dans l'éthylotruc.

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  13. "Moi, Monsieur, on m'a déjà contrôlé et incarcéré au faciès, cachez-le !"

    On va s'ingénier à le cacher, Didier.
    Si on nous interroge dans un contrôle, on ne dira rien, juré !

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  14. Tiens, Hoplite a disparu de vos best friends ?

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  15. Carine : ah oui, tiens ! Il ne semble pas être le seul d'ailleurs. J'ai eu des petits problèmes, avec cette damnée liste, il y a quelques jours : ça doit dater de là. C'est pénible, ça coince souvent, ce truc. Va falloir rétablir tout ça, retrouver les liens, pfff

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  16. J'ai vu un reportage il y a deux ou trois ans, au sujet des contrôles.
    On prenait des jeunes Noirs, des jeunes Arabes et des jeunes Blancs, garçons et filles, et on les lâchait par groupes de trois à cinq individus à des points stratégiques de rondes de pandores dans des départements riches en diversité.
    Il est indéniable que les noirzéarabes se faisaient plus contrôler, mais mais mais...
    Les garçons se font contrôler bien plus que les filles, quels que soient leur race, allure, comportement, vêtements. Les groupes composés uniquement de garçons se faisaient davantage contrôler que les groupes mixtes.
    Les blancs habillés style banlieue se faisaient davantage contrôler que les Noirs style non-banlieue. les Blancs style bien habillé ne se sont jamais contrôler s'ils étaient seuls ou en couple, et les mêmes Noirzéarabes se faisaient peu, voire pas contrôler s'ils étaient deux ou trois, et vêtus comme s'ils allaient à un entretien d'embauche, et se faisaient arrêter à coup sûr quand ils étaient cinq ou six avec capuche, cagoule, fringues à l'avenant, style mitraillette à crachats, regard mauvais, bras ballants et pieds plantés dans le béton.

    C'est tellement évident...

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  17. Suzanne, comme vous le dites, les résultats sont évidents. On appelle ça utiliser du bon sens. Sauf qu'on refuse que les policiers en aient, car le bon sens est nauséabond et immoral.

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  18. Mes enfants adoptifs, au nombre de quatre, ados et jeunes adultes sont originaires d'Afrique.Ils sont donc noirs. Ils vivent sur
    Paris ou en banlieue avec nous. Ils sont "propres sur eux", étudiants, jeunes actifs ou lycéennes, pas le look "zonard" sans être costume-cravate. Des jeunes sympas et qui ne cherchent pas les problèmes. Pourtant ils en ont souvent eu avec la Police. Contrôle d'identité "au faciès" puisque leurs potes blancs qui se trouvent avec eux n'ont pas a montrer leurs papiers, sac à main de ma fille retourné sur un quai de métro par une gentille policière rageuse, discours racistes qui en disent long sur la pensée de leurs auteurs. Il y aurait de quoi écrire un livre. Mon mari (chef d'entreprise) et moi sommes souvent très en colère par ces comportements indignes. Je comprends que certains jeunes (et moins jeunes) "pètent les plombs" face à ces policiers qui se croient tout permis. Il faut être dans la place pour voir cela et quand on est blanc comme vous et moi on ne peut pas s'en rendre compte. Donc moi les discours sur les gentils policiers qui font bien leur travail ça me laisse songeuse.

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