samedi 27 septembre 2014

Jane Austen ou la praxis du genre


Par quels méandres de la pensée vagabonde en suis-je venu à évoquer silencieusement Jane Austen, et à me dire que Catherine connaissait son œuvre bien mieux que moi ? Qu'en sais-je, et qu'importe. Cette constatation s'est formulée ainsi dans mon esprit : « De nous deux, le véritable spécialiste c'est elle. » Aussitôt, ce masculin que je venais d'employer sans le vouloir m'a fait sursauter intérieurement (j'ai parfois une vie intérieure assez agitée), en ce qu'il semblait jurer avec le fait qu'il désignait Catherine. Puis, y ayant réfléchi quelques secondes, je dus convenir que la tournure qui m'était venue était parfaitement correcte, qu'elle était même la seule à l'être, si je voulais que soit préservée l'espèce de “suspense” contenu dans la phrase telle qu'elle était agencée, sur le mode and the winner is… : « De nous deux, le véritable spécialiste c'est… », ce masculin “neutralisé” nous englobant en effet tous les deux. Si j'avais pensé “la véritable spécialiste”, je désignais automatiquement Catherine, et n'avais plus alors le choix qu'entre produire une redondance (“… c'est Catherine”) ou une phrase tronquée et, donc, absurde (“De nous deux, la véritable spécialiste.”)

Finalement, je l'ai échappé belle.

22 commentaires:

  1. Vous avez bien raison.
    "EchappéE"?
    Quand on a lu et apprécié les romans de Jane Austen, on peut tirer un certain plaisir des livres de Stéphanie Barron, romans policiers dont Jane Austen est le personnage principal.

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  2. Ouf, on a eu chaud (la prochaine fois que je verrai Catherine, nous causerons Austen, je pourrai alors dire que "de nous deux, la véritable etc.)

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  3. "Finalement, je l'ai échappé belle."
    ou
    "Finalement, je l'ai échappée belle."
    William répondrait "That is the question"

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  4. De même qu'une médecine n'est pas une femme médecin, portière n'est pas le féminin de portier. Le français est une langue précise, donc très compréhensible et laissant peu de place à l'interprétation. Evidemment, il y a tout plein de règles, et ça ce n'est pas bisoucompatible.
    J'ai toujours pensé que les olibrius qui ont ajouté un "e" à certains mots (une auteure, par exemple) devraient aller consulter. Un gros problème d'auto-estimation assorti d'immaturité clinique...
    Cata

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    1. Ajoutons qu'une sentinelle est le plus souvent un homme, etc.

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    2. Et qu'une estafette en état de marche se fait bien rare...

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  5. Et " De nous deux, Catherine, de Jane Austen, c'est la véritable spécialiste" ? Le suspens est ménagé jusqu'à la fin, et, en plus, style beaucoup plus élégant et aérien.

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    1. Nous ne devons pas avoir la même conception de l'élégant et de l'aérien.

      Et puis, il ne s'agissait nullement de style, mais d'une phrase formée spontanément dans l'esprit, je vous le rappelle.

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    2. Belle marquise, vos yeux beaux d'amour mourir me font.

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  6. échappé belle, seule orthographe possible dans votre phrase.

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    1. OUI, moi aussi, mais c'était pour rebondir sur "le véritable spécialiste c'est elle"...
      enfin, je me comprends... dirait elie...

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  7. Au lieu d'entrainer vos lecteurs dans les méandres de votre pensée vagabonde sur la praxis du genre ce qui, somme toute n'a que peu d'intérêt, vous eussiez dû demander à Catherine de vous écrire ce billet sur Jane Austin que nous aurions pu lire avec passion.

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    1. Quoique....
      Jane Austin existe
      http://www.janeaustinyoga.com/

      C'est peut-être de cette dernière dont Catherine Irremplaçable est LE spécialiste.

      OK, c'est nul, je sors.

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    2. O.K. Austen : I owe her an apology !
      Mais votre réponse me paraît, disons, succincte.

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    3. Ana Maria, spécialiste en prenatal yoga ?

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  8. J'ai toujours qu'Austin était une ville du Texas ou une marque automobile pour Jane, je croyais que Tarzonn de pichat s'occupait d'elle mais apparemment la Reine Bazonga lui a appris la passion de l'écriture.

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