dimanche 25 mars 2018

L'air de la bêtise, 2


ALTERNANCE SOCIALISTE

– Si nous n'étions pas arrivés, la France était condamnée à disparaître en 1990.
Jean-Pierre Chevènement.

– Le lendemain de l'élection, des millions d'ouvriers ont passé le portail de leur usine plus droits, plus fiers.
Pierre Mauroy.


ÂME

– Nous sommes aujourd'hui semblables à des ballons dégonflés. Ce gaz merveilleux, qui fut la religion, est devenu plus lourd que l'air : les âmes ne montent plus !
Albin Valabrègue, Le Christianisme pour tous, 1895.


AMÉRICAINS

– Je ne crois pas à la stabilité du gouvernement américain.
Joseph de Maistre, Considérations sur la France, 1797.

– Ainsi les Américains sont comme des enfants inconscients qui vivent au jour le jour, privés de toute réflexion et de toute intention supérieure.
Friedrich Hegel, Le Fondement géographique de l'histoire universelle, 1830.


ANGLAIS

– Les fondateurs de la nation anglaise, aussi, descendaient des tribus perdues d'Israël, Saxon étant manifestement une corruption de Isaac's son, fils d'Isaac.
Cité in Pall Mall Gazette, 3 avril 1894.


ANONYMES

– De nombreux anonymes signent le livre placé devant le domicile de Raymond Poincaré.
L'Intransigeant, 17 octobre 1934.


APARTHEID

– L'apartheid a réussi en République sud-africaine, pays dans lequel Noirs et Blancs vivent libres et heureux.
Robert Anders, Rivarol, 16 décembre 1965.



APPÉTIT

– Comme l'âme d'un animal est très susceptible par rapport à sa condensation très puissante, il arrive qu'elle est forcée d'attirer à elle des substances pour amortir les rayons des autres objets, qui autrement la dissoudraient. C'est pourquoi les animaux mangent continuellement. Plus un être animé est à la vue des regards des objets, plus il a d'appétit. Ainsi donc, un prisonnier qui n'a que quatre murs autour de lui a bien moins d'appétit que s'il était en plein air.
J. Puthod, La Vérité, 1874.


ARABES

– Les Arabes vivent de peu ; mais cette sobriété ne doit pas leur être comptée comme vertu ; elle est le résultat de leur paresse originelle.
Dr Bodichon, 1855.

– On peut impunément battre l'Arabe, ce clown tout cabriolant ; c'est un polichinelle en caoutchouc, s'aplatissant sous le poing, et tout aussitôt remis en forme. […] L'Arabe est prolifique à un point extraordinaire – je crois bien que le hareng seul lui est sur ce point supérieur.
Jean Revel, Chez nos ancêtres, 1888.


ARISTOTE

– Aristote est, à juste titre, surnommé le prince des philosophes de l'Antiquité. S'il eût été éclairé des lumières de l'Évangile, il eût poussé très loin les questions dogmatiques et morales.
Abbé Migne, Encyclopédie théologique, 1850.

52 commentaires:

  1. Sur l'air de la bêtise aussi :

    "Dans chaque village sont plantés de riches et puissants idiots qui répandent sur leurs frères des ombres abondantes et qui prouvent leurs liens de parenté par une haine grégaire envers l'homme intelligent..."

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    1. Et la source ? C'est moi qui la trouve tout seul, la source ?

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    2. Ben oui ! C'est le jeu ! Celui qui trouve a gagné et le jeu s'arrête. Sinon on continue !

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  2. C'est lourd, puissant, et nous n'en sommes qu'à la lettre A.
    Âneries sera t-il suivi de bêtises, conneries, débilités etc. ?

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    1. Il faudrait voir si on peut trouver un synonyme, même approximatif, pour chacune des lettres…

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  3. Saxon étant manifestement une corruption de Isaac's son, fils d'Isaac.

    Alléluia on est est tous Juifs !

    Sinon pourquoi celle de l'âme se voit ranger au rayon des bêtises ? Je la trouve très bien !

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    1. C'est ce que je disais dans mon billet d'annonce : parfois, on se retrouve à être pleinement d'accord avec l'une des sentences de cette anthologie. Du coup, les questions angoissantes se mettent à affleurer…

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    2. Moi, ce qui m'angoisse, c'est d'être encore d'accord avec Fredi M.

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    3. Mais !...
      En quoi cela devrait-il être angoissant ?
      Quelle image dégradée avez-vous de moi ?

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    4. Ah, c'est malin : tu nous l'as angoissé pour la semaine, maintenant !

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    5. Mais je plaisante. C'est un jeu !

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    6. Mais oui, je le sais bien.

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  4. Celles sur nos amis arabes sont assez bonnes. La seconde, du dénommé Jean Revel, mériterait d'être examinée dans son contexte, pour vérifier qu'il ne s'agit pas d'un trait d'humour burlesque. Car si ce n'est pas le cas, c'est grandiose.

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    1. Grandiose en effet. Et je suppose que s'il s'agissait d'humour (qui, du reste, ne serait pas très drôle), Carrière et son acolyte ne l'auraient pas retenue.

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  5. Le comble de la propagande mythomaniaque :
    "– Les fondateurs de la nation anglaise, aussi, descendaient des tribus perdues d'Israël, Saxon étant manifestement une corruption de Isaac's son, fils d'Isaac.
    Cité in Pall Mall Gazette, 3 avril 1894."

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  6. Quel jeu de massacre. Le gros Quinquin de Matignon en prend pour son grade.
    Avec lui ce fut du lourd, effectivement, qu'on en juge :
    « La nationalisation est une des formes du génie français. »
    « La rigueur, c'est l'austérité plus l'espoir. »
    « Les discours doivent correspondre aux saisons. »

    Pensez printemps, il est temps.

    « Entre le sens de l'intrigue comitarde et la capacité de gouverner, la distance est grande. Débordé par des problèmes qui le dépassent visiblement, coiffant une équipe ministérielle qui tire à hue et à dia et où irresponsables se ramassent à la pelle, tour à tour absent et vitupérant, pratiquant la méthode Coué et inondant le pays de paroles vides et rassurantes, Pierre Mauroy – une fois les illusions passées – risque fort de ne laisser dans l'Histoire qu'une image fugitive et caricaturale. »

    Le Crapouillot nouvelle série – n°61. Hiver 1981-1982. Tome III Du Dictionnaire Des Contemporains. "Les Grosses Têtes".



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    1. Penser printemps c'est vraiment nous prendre pour des cons. Il aurait dû directement nous demander de nous réincarner en bourgeons, c'eût été bien plus efficace..

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  7. "– L'apartheid a réussi en République sud-africaine, pays dans lequel Noirs et Blancs vivent libres et heureux.
    Robert Anders, Rivarol, 16 décembre 1965."

    Alors celle là !!!! Celle là !!!! J'en reste muette.

    Pour Chevènement j'aimerais bien savoir de quel contexte cette phrase a été tirée. Parce que Maastricht arrive 2 ans aprés, et qu'en 1990 il a démissionné à cause de la guerre du golfe à laquelle la France a participé.
    Ma foi ! Moi pas comprendre.
    Hélène dici

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    1. La phrase de Chevènement doit dater de mai ou juin 1981, quand tous les socialistes ont été saisis par une sorte de bouffée démentielle collective.

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    2. A l'époque, tous les socialistes (sauf Rocard, et Mitterrand qui s'en foutait complètement :bref, sauf leurs deux seuls présidentiables) voulaient "rompre avec le capitalisme".

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  8. "– Les fondateurs de la nation anglaise, aussi, descendaient des tribus perdues d'Israël, Saxon étant manifestement une corruption de Isaac's son, fils d'Isaac.
    Cité in Pall Mall Gazette, 3 avril 1894."

    Je ne sais pas pourquoi cela m'a fait penser à Roger Peyrefitte qui aprés avoir écrit "les Juifs", disait que les Français ne pouvaient pas être antisémites parce qu'ils avaient tous une origine juive.

    Hélène dici

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  9. Il est temps de rapporter les déclarations d'un certain Stephane Poussier,auquel nous devons d'avoir apporté sa modeste mais précieuse pierre à votre mémorial de la connerie dominical,après l'assassinat du gendarme Beltrame: "A chaque fois qu'un gendarme se fait buter,et c'est pas tous les jours,je pense à mon ami Remi Fraisse.."
    Là c'est un colonel,quel pied!"

    Magnifique! il faut l'inscrire au fronton...

    Vendémiaire.

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    1. Dans une prochaine édition, sans doute…

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  10. Les pneus de Jésus crissent et la Kadjar-van passe.
    J'ai lu avec intérêt l'échange Fredi-tauliers un peu plus haut.
    Si Fredi a de la mémoire, il a des raisons de s'inquiéter en se souvenant du jour où il a été éjecté du présent blog en compagnie de Mildred. Ce même jour, Marco Polo a avoué qu'il avait eu la trouille de sa vie.
    C'était il y a environ 7 ans.
    Ma question, sérieuse, est : les protagonistes que je viens de citer s'en souviennent-ils ?
    Je ne donne pas le lien, ça fausserait le jeu.

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    1. Allons bon... v'là que la Stasi ressort les vieux dossiers !
      7 ans quoi qu'on ait pu dire y'a pas prescription normalement ?

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    2. Ah non, aucun souvenir.

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    3. jazzman lui, en revanche, tient ses fiches à jour ! Et par les temps qui courent, on peut dire que cela tient de l'exploit. De plus c'est un véritable réconfort de savoir qu'il existe quelqu'un qui en connaît plus sur vous que vous-même !
      Je sais qu'il a eu soufflé un mauvais vent il y a quelques années, mais jamais au grand jamais mon Parrain n'a eu la moindre velléité de m'éjecter. Et toc ! comme on disait sur la Zad. Je vous défie de prouver le contraire. Et si vous continuez je vous détruirais comme dirait Sarkozy.

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    4. Pendez-le à un croc de boucher !

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    5. Le dépouillement des voix est intéressant.
      Fredi doit assez bien se souvenir puisqu'il commence par une attaque ad hominem (classique de la chutzpah) avant de préciser qu'il doit y avoir prescription.
      Marco répond simplement non, c'est très plausible.
      Mildred fait preuve de toute la mauvaise foi qu'on pouvait attendre d'elle. Elle se souvient peut-être que ce n'est pas le taulier qui lui a signifié d'aller se faire voir chez les grecs...mais qu'il s'est contenté de regarder ailleurs avec le même courage dont il vient de faire preuve en attendant que les autres répondent avant de donner son avis.
      A vous les studios !

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    6. Ah, parce que, sous prétexte que vous cherchez à déclencher une polémique sans queue ni tête (il n'y a aucun "échange" entre Frédi Maque et moi dans les commentaires de ce billet, mais un échange de plaisanteries entre Catherine et lui) en ressortant vos vieilles fiches cartonnées, je devrais maintenant faire preuve de je ne sais quel "courage" et avoir un avis ? Vous rêvez, mon vieux !

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    7. Vous vous faites traiter de Stasi maintenant ? Prenez-le donc comme un compliment, cela vent dire que l'on vous craint...

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    8. J'avais posé une question simple : vous en souvenez-vous ou pas ?
      Il n'y a que Marco qui a répondu à cette simple question.

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    9. Lorsqu'il y a obligation de répondre aux "questions simples", cela s'appelle généralement un interrogatoire : permettez-moi de m'y soustraire.

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    10. Il n'y avait pas d'obligation, j'étais simplement curieux parce que je m'intéresse un peu au phénomène de mémoire sélective. Je ne suis pas déçu du voyage.

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    11. Je dois dire que vous êtes un sujet de choix. Vous souveniez-vous de celle-là, par exemple ? (sans obligation)

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    12. jazzman, si tout ceci entrait dans une stratégie en vue d'obtenir une fessée, je me porte volontaire pour vous l'administrer, sans obligation, bien sûr !

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    13. Merci, j'ai mes habitudes avec Maîtresse Barabara qui est cruelle mais pas méchante.

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  11. Rien à voir avec votre billet ,qui a tout à voir,en revanche,avec la bêtise panthéonisée,mais je me suis à lire le journal intime de Muray,Ultima Necat II...
    Certes,c'est dans la forme du journal et c'est,comme vous le signaliez dans un vieux billet,du "Muray avant Muray",mais,outre les quelques lignes de force,déjà en germe, qu'il développera dans ses oeuvres suivantes,comme le Bien et le sirop qui envahissent tout,je suis frappé par son obsession au sujet de la procréation et du désir d'enfant chez la femme.
    Une obsession qui revient quasiment à chaque page...

    Vendémiaire.

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    1. Sans doute parce que, à cette époque, il est plongé dans son gros (et illisible) roman, Postérité, dont c'est le sujet.

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  12. "J'dis pas que Louis était toujours très social, non, il avait l'esprit de droite.
    Quand tu parlais augmentation ou vacances, il sortait son flingue avant que t'aies fini.
    Mais il nous a tout de même apporté à tous la sécurité.

    Les Tontons flingueurs (1963), écrit par Michel Audiard


    Hélène dici ;-)

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    1. Bah ça ne veut rien dire en dehors de son contexte.
      Je voulais l'inclure dans la conversation de Jazzman et je me suis plantée
      Pas grave.

      Hélène dici

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  13. Fredi doit assez bien se souvenir puisqu'il commence par une attaque ad hominem

    Non je ne me souviens de rien ayant une remarquable faculté à oublier les choses sans importance. Je me souviens seulement qu'à cette époque j'étais un piètre (et assez ridicule) blogueur. A ma décharge je ne prenais pas Internet très au sérieux. J'ai longtemps eu un sain recul devant ces nouvelles technologies dont je me servais surtout pour déco..., faire le fanfaron. Je regrette une seule chose au fond : avoir perdu ce regard très distancié sur ce media.

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  14. Reste Jazzman, que je ne comprends pas très bien l'intérêt de votre démarche.

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    1. Lui non plus, mais ce n'est pas cela qui l'arrêtera.

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    2. Jazzman compose des théorèmes comme d'autres entrecroisent des fils qu'on appellera toiles...

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    3. J'espère que ça ne vous empêchera pas de dormir...

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  15. Je n'ai pas rêvé ? Vous avez repris la sensure sournoise ?
    Et pour un simple lien vers un billet de Georges...

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    1. Ayant demandé à Lady Mildred de cesser de me bassiner avec Georges, et ayant commencé de supprimer ses commentaires où il est question de lui ou de son blog, je ne pouvais pas, avec le sens de l'équité que chacun me reconnais, ne pas agir de même avec le vôtre.

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    2. Mouih...c'est un argument qui se tient.

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  16. Alors voilà, c'est pas drôle :

    Une polémique initiée par Jazzman, à laquelle je ne comprends rien, s'en ajoute une autre au sujet de Georges.
    Mais qui est Georges ?
    "Les amis de Georges" chantait Moustaki mais je sais que ce n'est pas lui
    Hélène dici

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    1. Il n'y a qu'un seul Georges dans ma blogroll : vous devriez réussir à le débusquer…

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  17. En ce qui concerne les Arabes, Albert Cossery n'aurait pas démenti!

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