mardi 20 mars 2018

Le nouveau cancer réactionnaire


C'est un mal étrange et terrible qui frappe Catherine depuis quelques mois. Dès le début de l'hiver, elle s'est mise à faire preuve d'une implacable étourneauphobie, digne des heures les plus sombres de l'histoire naturelle. Lorsque les froidures sont arrivées, les oiseaux du ciel – ainsi qu'on les nomme dans les zoos, par opposition aux pensionnaires ailés – ont rapidement pris l'habitude de sautiller jusqu'au narthex de notre poulailler où, profitant de la bénévolence d'Odette et Nana, ils pouvaient se gaver de graines et de mie de pain ramollie dans l'eau.

Or, si Catherine tolère parfaitement bien les moineaux, mésanges, pinsons, rouge-gorge et même merles, elle est saisie de fureur dès que deux ou trois étourneaux ont le front de pénétrer eux aussi dans le temple nourricier. Et l'on peut la voir, ouvrant la fenêtre, se mettre à gesticuler et à pousser des pschttt ! sonores afin d'effrayer les infortunés et les contraindre à quitter les lieux le gésier vide (si les étourneaux ont bien un gésier, ce que je ne saurais garantir). Certes, de nature peu craintive, les volatiles reviennent se goinfrer à peine la fenêtre refermée. Néanmoins, cette soif de discrimination, cette stigmatisation, cette façon de chasser au plumage comme d'autres au faciès, me dévoile soudain une âme plus noire que je n'aurais osé l'imaginer, se vautrant sans le moindre remords apparent dans le réactionnariat le plus vil et virulent.

Heureusement encore que la maison n'abrite pas de jeunes enfants : quel triste exemple ce serait pour eux !

22 commentaires:

  1. Je me demande ce que Catherine dirait si des pigeons décidaient de s'installer directement chez elle, comme cela m'arrive à moi, d'y construire leur nid, d'y élever leurs petits. Je viens d'envoyer par la fenêtre, N° 9 et N°10, mais j'ai déjà un œuf frais pondu, comme si cela ne devait plus avoir de fin !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On va la laisser répondre…

      Supprimer
    2. De kwaaaa!
      Vous JETEZ les oeufs de pigeon?
      C'est un gaspillage éhonté, c'est trés consommable, pas en omelette mais durs ou mollets comme les oeufs de caille.

      Supprimer
    3. J'ai acheté au marché dimanche, une boîte de 6 œufs de pigeon de Paris, et l'omelette fut délicieuse..

      Supprimer
  2. J'ai vérifier sur internet : les étourneaux ont des gésiers (comme tous les oiseaux et les crocodiles mais je crois qu'il n'y en a pas beaucoup au Plessis-Hébert).

    Quant à Catherine, vous savez si la médecine peut faire quelque chose ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je crains que non. Je crois que je vais l'envoyer en stage intensif chez Gauche de Combat, le meilleur phobophobe de France.

      Supprimer
  3. Les oiseaux (puisque mon blog ne s'actualise plus chez vous), j'en parle ICI.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pour ce qui concerne Birdy, Berta n'était pas une perruche mais un canari !

      Supprimer
    2. Ah !
      Bon...
      J'en prends bonne note et je corrige !

      Supprimer
    3. La grosse Berta était un canari ? Ben merdre alors !

      Supprimer
  4. Idem envers les pigeons : racisme assumé.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Nous étions très pigeonophobes lorsque nous habitions Levallois, vers 1991. Notamment le soir où, nichant sous le toit juste au-dessus de notre appartement, l'un d'eux m'a chié sur la tête alors que je sortais tout juste de la douche.

      Depuis que nous sommes campagnards, nous sommes devenus de gentils tourterellophiles.

      Supprimer
    2. Au sujet des pigeons, j'ai remarqué qu'ils traversaient souvent dans les clous. Je les laissais passer, amusé, démontrant leur capacité à nous imiter.

      J'ai une autre anecdote si ça vous intéresse, sur 10 pigeons tournant autour d'un bout de pain, aucun n'osant l'approcher, quand soudain surgit de nulle part un moineau racaille qui chipa le bout, pour se barrer aussitôt vers le ciel.

      Et les 10 pigeons, comme des cons...

      Supprimer
  5. A l'époque où j'habitais dans une zone à pigeons, je réglais le problème à la carabine à lunette avec silencieux. Je regrette que la méthode ne soit pas autorisée pour tous les types de nuisibles.

    RépondreSupprimer
  6. Intéressant le regard en coin du mâle vers sa femelle qui signifie: "Elle est en train de se goinfrer comme une malade et dans quelques jours j'aurai droit au cinéma du Ixième régime à mettre en œuvre illico pour perdre les kilos en trop".
    Un sansonnetologue amateur.

    Le Page.

    RépondreSupprimer
  7. Bah, il vaut mieux pour vous que votre épouse souffre d'une etourneauphobie que d'une phobie des fourneaux.
    Ôtez moi d'un doute, la photo ne sort pas de l'un de vos appareils j'imagine ?

    Hélène dici

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non, je l'ai empruntée à Mme 'Ternet (et une aphérèse, une !).

      Supprimer

  8. Il y a chez tout quinquagénaire ou sexagénaire, chez le plus attentif, le plus méticuleux, un petit étourneau de dix ans qui ne vieillit jamais...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Sous un plumage de vieux corbeau, néanmoins.

      Supprimer
  9. Une nouvelle qui fera plaisir à Catherine : hier matin, alors que j'écrivais un article de blog, j'entendis que quelque chose venait de frapper ma fenêtre. Levant les yeux, je vis voleter quelques plumes. Par curiosité, je descendis voir quel oiseau était responsable de ce dérangement et trouvai, sur le seuil de ma porte un étourneau mort.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne suis jamais contente quand un oiseau meurt. Didier a beaucoup exagéré d'ailleurs, je ne déteste pas les étourneaux, mais comme ils sont gros, nombreux et voraces, ils vident la gamelle des poules en un rien de temps. Ces andouilles de poules ne défendent pas leur graines !

      Supprimer
  10. On ne se méfiera jamais assez des étourneaux.

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.