samedi 21 avril 2018

La leçon sous le cerisier


Fort agréable après-midi, passée à l'ombre du cerisier qui achève de perdre ses fleurs. Charlus se roulait dans l'herbe drue à ma gauche, cependant que Cosmos se risquait à venir jusqu'à mon fauteuil avant de repartir en flèche vers la maison qu'il venait de quitter à pas précautionneux. Tous deux, le chien et le chat, semblaient tenir pour assuré que j'étais bien là, avec eux.

En réalité je me trouvais, 350 ans en arrière, au milieu des steppes de Podolie *, sous la menace des cosaques zaporogues, qui n'allaient plus tarder maintenant à exterminer les Juifs de la région, avec la complicité des Polonais. À exterminer les hommes et les vieillards des deux sexes : pour les jeunes femmes, elles devaient être d'abord violées, comme le veut la coutume, avant d'être vendues au khan pour ses harems.

J'avoue qu'il m'ont bien déçu, ces cosaques zaporogues, qui trônaient assez haut dans mon estime, depuis que j'avais pris connaissance, chez Apollinaire, de la fin de non-recevoir, superbe d'impertinence et de santé, par eux adressée au sultan de Constantinople :

                                                         Bourreau de Podolie amant
                                                         Des plaies des ulcères des croûtes
                                                        Groin de cochon cul de jument
                                                       Tes richesses garde-les toutes
                                                       Pour payer tes médicaments

Comme quoi, il n'est pas toujours très judicieux de se fier à une première impression ; surtout dès qu'il est question de cosaques.

* Sholem Asch, La Sanctification du nom, dans le volume intitulé Royaumes juifs, trésors de la littérature yiddish, Robert Laffont, Bouquins.

11 commentaires:

  1. Vous êtes lourdingue avec vos trucs de juifs et de non-juifs (ce qui finit par être la même chose, un peu comme A et Ā).
    Bon, alors ?! Est-ce que le petit déjeuner sur l'herbe sous le cerisier, c'est pour la Brit Milah du chien ?

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  2. Il m'en est arrivé une bien bonne aussi : m'étant trompée de jeudi sur mon programme de télé, j'ai cru être installée devant "La femme au tableau" alors que j'étais en train de regarder "La rafle" !

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  3. Et pour poursuivre ce pélerinage littéraire, on pourrait s'approcher du Ghetto Vecchio de Venise ou de la Grenade flamboyante des marchands juifs qui importaient d'anciens documents grecs de leurs voyages...

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  4. Sans oublier en ce chaud dimanche d'avril, de rendre hommage au maître de céans pour ses infatigables recherches qui nous rendent toujours un peu plus cultivés !

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  5. @ Barbara Schayer

    Et surtout des médecins juifs qui ont traduit en latin les ouvrages ainsi rapportés des médecins arabes, dont celui d'Ibn-al-Nafis (médecin syrien exerçant en Égypte ),qui, au XIII ème siècle, à été le premier à évoquer l'idée de la circulation sanguine ; mais,lu bien plus tard en Europe par Michel Servet, qui en a diffusé l'idée, a permis à Harvey de la démontrer au XVII ème.

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    1. Tiens, cela faisait longtemps qu'on ne nous avait pas expliqué que tout le savoir de l'Europe vient des Arabes. Merci, M. Arié, pour cette utile piqure de rappel.

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    2. Ah, c'est qu'on prend des manies, à cet âge-là ! Heureusement, ça ne pense pas à mal…

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  6. En effet, il y a eu des transferts culturels très importants à cette époque.

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  7. Dimanche fin d'après midi : je viens cherchez ma pitance hebdomadaire de bêtises soigneusement sélectionnées par M. Goux. Et qu'est-ce que je vois ? Le proprio qui ronfle...

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