dimanche 1 avril 2018

L'air de la bêtise, 3


ART

– L'art est aussi la cause principale de la dépravation des hommes au point de vue des relations sexuelles, si importantes dans la vie sociale.
Léon Tolstoï, Qu'est-ce que l'art ? 1898.

– Pour faire une œuvre d'art, la matière première ne suffit pas ; il faut un artiste.
Le Gaulois, 10 novembre 1902.


ATOME

– Le moment est venu d'extirper de la physique aryenne les derniers vestiges de l'esprit sémite. L'atome allemand ne ressemble en rien à l'atome judéo-marxiste.
Johannes Stark, prix Nobel 1919, Les Grands Hommes devant la science, 1938.


AUTOPSIE

– On tente de camoufler en accident le lâche assassinat de Marseille. Mais l'autopsie démontre que la victime a été tuée d'un coup de feu tiré par les communistes.
L'Ami du peuple, 28 avril 1936.


AUTRUCHE

– L'élevage de l'autruche commence, à Madagascar, à être très actif. Cet animal est appelé par les indigènes “oiseau-chameau”, parce qu'il se couche comme le chameau, en pliant les jambes de devant, en appliquant à terre sa poitrine, puis en pliant les jambes de derrière.
Le Petit Var, 16 juin 1908.


AVIATION

– Je ne crois pas du tout que l'aéronautique entre jamais en jeu pour modifier de façon importante les moyens de transport.
H.-G. Wells, Anticipation, 1902.


BAISER

– Le baiser sur la bouche, c'est-à-dire sur les lèvres, dit baiser nominal, est certainement préhistorique, mais sûrement pas si ancien que la femme. Je le fais désormais remonter, au plus, à l'âge de bronze.
Dr Marcel Baudouin, Le Maraîchinage, coutume sexuelle du pays de Mont (Vendée), 1917.

– Un vrai baiser produit tant de chaleur qu'il détruit les germes.
Dr S. L. Katzoff, avril 1940.


BALZAC

– Il a tout l'air d'être occupé à finir comme il a commencé… par cent volumes que personne ne lira.
Sainte-Beuve, Portraits contemporains, 1840.

– Quel homme aurait été Balzac s'il eût su écrire !
Gustave Flaubert, Correspondance, décembre 1852.


BAUDELAIRE

– Il eut la chance de trouver Edgar Poe et de le traduire. Il eût dû n'être jamais qu'un traducteur, lui qui ne savait ni inventer ni voir, et qui, à court d'idées, à bout de ressources, pour conquérir au moins la réputation d'originalité, fourbit son imagination et affola sa sensibilité.
Jules Vallès, La Rue, 7 septembre 1867.


BEETHOVEN

– Beethoven a toujours été pour moi comme des sacs de clous qu'on renverserait avec, de temps à autre, un coup de marteau.
John Ruskin, Correspondance, 6 février 1881.

19 commentaires:

  1. Mouarf !
    Quel observateur ce Léon Tolstoï !
    Quant à la matière première de l'art, j'en connais une mine qui est à vendre, si cela intéresse quelqu'un.

    RépondreSupprimer
  2. Oh mais dites donc c'est une bonne livraison !
    L'autruche/chameau et les balles communistes sont pas mal non plus !

    RépondreSupprimer
  3. Ah! Maître Goux, vous corsez le jeu !
    D'abord et avant tout, joyeuses Pâques à vous-même ainsi qu'à votre épouse...
    J'hésite entre plusieurs choix, mais il faut se décider :
    "On tente de camoufler en accident le lâche assassinat de Marseille. Mais l'autopsie démontre que la victime a été tuée d'un coup de feu tiré par les communistes.
    L'Ami du peuple, 28 avril 1936."

    RépondreSupprimer
  4. Et aussi : "De plus j'aide les écrivains qui écrivent de mauvais livres pour faire obstacle aux bons, et ceux qui recherchent leur renom en anéantissant celui d'autrui."

    RépondreSupprimer
  5. Pour ce qui est de Pâques, on a beaucoup exagéré : je viens de faire trois fois, très soigneusement, le tour du jardin, et pas un seul œuf ni poule en chocolat…

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Odette et Nana ne savent pas encore faire des oeufs en chocolat. Et pout l’autopsie, c’est pourtant simple, la balle était rouge, gravée d’une faucille et d’un marteau. Ils sont un peu cons les communistes

      Supprimer
    2. Incroyable Catherine, je viens de comprendre votre ébouriffante intelligence qui fiche par terre toute la construction abstractive...
      Mais bon sang, mais c'est bien sûr !

      Supprimer
  6. Savoureuse livraison, merci ! C'est comme un boîte de chocolats, on ne sait pas quoi choisir...(j'ai un livre sur le maraîchinage - y a t-il eu une abondante littérature sur le sujet ? - je m'en vais aller voir ça de plus près)

    RépondreSupprimer
  7. Superbe livraison !
    Mais je reste perplexe devant le jugement de Flaubert sur Balzac...

    RépondreSupprimer
  8. Vallès n'engendre pas la mélancolie. Mais je lui préfère, et de loin, le grand Marcel Aymé qui écrit :

    "Baudelaire reste en effet le sommet de cent cinquante ans de romantisme. Ce n'est pas qu'il y ait eu d'autres poètes d'un souffle plus large, d'une inspiration plus personnelle, d'un métier plus sûr aussi. Il y en a eu beaucoup au contraire et s'il l'emporte sur eux, c'est qu'il réunit en lui, poussés à l'extrême, toutes les caractéristiques du romantisme : le flou, le mou, le ténébreux, le narcissisme, les infinis faciles. Ce qui ne l'empêche pas, soyons juste, d'avoir un petit fumet assez personnel de viande décomposée et de savonnette."
    "Baudelaire, lui, abrité par sa défroque classique et farouche gravité de tireuse de cartes, demeure incontesté. Même les littérateurs de bonne bourgeoisie, de gauche ou de droite, qu'ils soient catholiques, protestants, juifs, athées, anarcho-mondains ou de familles révolutionnaires, se prosternent devant lui."
    "Je vous dis qu'il est le grand maître, le prince noir du romantisme, le plus nocif et le plus contagieux de nos poètes, celui dont l'art nous aura préparés à comprendre la poésie du docteur Petiot."

    Marcel Aymé, Le Confort intellectuel.

    Ce n'est certes pas le meilleur du grand écrivain mais il surclasse, sans conteste, les minets conformistes et obséquieux de la littérature contemporaine.

    RépondreSupprimer
  9. Quand on a lu l'autopsie, plus rien n'a de sel dans la vie. :-)))
    J'aimerais que tous les jours, un peu à la manière d'un chapelet, vous égreniez une phrase aussi rocambolesque.
    Vous feriez œuvre utile pour notre moral.
    Hélène dici

    Joyeuses Pâques à la petite tribu Goux.

    RépondreSupprimer
  10. Puisque nous sommes dans les bêtises, j'en profite pour poser une question, sans obligation, naturellement :
    En septembre 2012, vous disiez avoir commandé une liseuse Kindle Touch. Depuis, plus un mot, jamais.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est Catherine qui avait commandé ça. Pour une raison qui, aujourd'hui, m'échappe totalement, elle est repartie directement à l'envoyeur.

      Voilà pourquoi vous n'en entendîtes plus parler.

      Supprimer
    2. "C'est Catherine qui avait commandé ça. Pour une raison qui, aujourd'hui, m'échappe totalement, elle est repartie directement à l'envoyeur" Qui? Catherine?

      Supprimer
    3. Serait-ce une belle anacoluthe?

      Supprimer
  11. M'en suis allée patauger dans le marais de ma petite bibliothèque et n'y ai point retrouvé la source de mon savoir en matière de maraîchinage.
    Dans un BT, j'ai retrouvé qu'il s'agissait de s'embrasser sous un grand parapluie, et l'autre fascicule retrouvé est si médiocre et sans interêt que je m'en vais le mettre au pilon. (merci pour le nettoyage de bibliothèque ).
    Je chercherai encore, à l'occasion.

    RépondreSupprimer
  12. Beethoven était tellement sourd que toute sa vie, il a cru faire de la peinture
    Auteur inconnu

    Désolé
    Duga

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.