mardi 20 décembre 2011

La cantinière et les pyjamas rayés – journée portes ouvertes à l'asile

Policiers français en pleine procédure administrative, après le contrôle d'un sans-papier

Le billet débute comme suit :

Ce qui est fascinant, si l'on jette un regard en arrière, c'est que nous venons de passer 10 ans sous le régime de la terreur.

D'emblée, on sent que le tableau va être réaliste et tout en nuances. Et en effet, la suite donne dans le pastel le plus délicat :

Cela fait maintenant 10 ans que nous sommes plongés en permanence dans une sorte d'ambiance de fin du monde, dans une crise de panique sans fin dont la principale conséquence, et non des moindres, est d'oblitérer chez nous toute capacité cognitive un tant soit peu rationnelle.

On parlera ensuite de notre “joug de peur”, moins tendre que la joue de bœuf mais conduisant tout aussi sûrement à la boucherie, présume-t-on. Parvenu au bout du deuxième paragraphe de cette prose pâteuse, grisâtre, très “Europe de l'Est” dans sa conception d'ensemble, on se demande déjà quel genre de carotte poursuit notre âne gauchiste, lorsque l'on débouche tout à trac sur l'esplanade des tours jumelles, un certain 11 septembre. Mais si, vous savez bien : ce fameux fait divers dont on ne saura probablement jamais qui l'a commandité (on ne nous dit pas tout…), qui a permis aux forces de la réaction et du grand capital de transformer la moitié du monde – au moins – en un gigantesque camp de concentration, avec exécutions sommaires, désignation puis extermination de gentils boucs émissaires innocents et barbus, barbelés électrifiés, petits enfants grecs et espagnols mourant de faim sous leurs préaux, etc. Tout cela au nom d'un danger “qu'on ne voit pas” (encore que, à mon modeste avis, les dizaines de personnes qui se sont jetées du haut des tours en flammes l'ont tout de même entr'aperçu, le danger en question).

Personnellement, j'ai la chance de n'être pas de gauche et de n'avoir que de très faibles accointances avec le progressisme de cabanon tel qu'il se déploie ici. Mais si je l'étais, de gauche, il me semble que je déprimerais quelque peu à l'idée d'avoir de semblables alliés. 

Toute obnubilée par la terreur, la panique, la tremblote du mouton et le joug de peur qui lui enserrent les tréfonds, la Dame laisse pourtant échapper ceci, entre deux sulfatages de financiers ventrus et cyniques :

L'état de sidération des peuples est tel que nous avons même perdu la capacité de rire du ridicule le plus achevé.

Qu'elle se rassure : cette “capacité de rire du ridicule le plus achevé”, nous venons tout juste de la retrouver, grâce à elle.

16 commentaires:

  1. Je me demande parfois où vous trouvez la force de lire de bout en bout les délires de ces paranoïaques. J'ai beau essayer, je cale dès les premières lignes...

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  2. Et quand on annonce à Bush le fait divers en question et qu'il hoche la tête, vous en déduisez qu'il a une bonne dose de sang froid...
    Bush à l'école

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  3. Excellent billet, d'une sidération contenue alors qu'on a plutôt envie de se taper la tête contre les murs. La photo et sa légende sont d'une efficacité terrible.

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  4. "10 ans sous le régime de la terreur" explique qu'elle ait un peu perdu la tête…

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  5. C'est pas gentil de tirer sur les ambulances.

    Encore ! Encore !

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  6. Désolé, je ne peux pas en rire. Non, ce n'est pas ridicule, c'est terrifiant ! Votre tête,Didier, va bientôt décorer le bout de la pique du Monolecte. Et d'autres aussi... Car un jour ou l'autre,le Monolecte et ses semblables combattront cette supposée terreur par une terreur réelle. Remember 1793 !

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  7. Je ne vois que deux références ici :

    La France de Françoise Dolto bien définie par la chanson de son fils Carlos " la cantine " ..

    Et puis bien évidemment le film superbe " Vol au dessus d'un nid de coucou " où Jack pour échapper à la prison se fait interner et aura eu le temps avant d'être végétatif de faire bien des émules .. La vérité dans ce cas était effectivement une prison.

    Je pense que vous autres réactionnaires dont je suis je l'espère l'apprentie ou l'élève ( craintive je le reconnais ), vous êtes des Jack en quelques sortes ..

    Le problème étant que malgré l'agacement certain de nous autres, pris pour des fascistes, ou des racistes, ou là encore dans ce billet des terroristes, enfermés et prisonniers par l'image et l'idée que les Doltos ont de nous ( si je puis me permettre ), l'élection présidentielle arrive à grands pas, il est temps d'assumer les vérités et de choisir un camp, surtout celui capable d'exercer un pouvoir !

    Je pense bien évidemment à Marine..car nous n'avons plus le choix.

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  8. Elle a ses papiers Sand, dans quelle langue elle parle?
    Si elle ne s'applique pas un peu, rlle risque une reconduite à la frontière, manu militari.Faites gaffe à Guéant, Sand

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  9. Léon franchement je vous aime bien mais là vous m"énervez.

    C'est quoi la question ?

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  10. Une simple réflexion, Sand.
    Peut-être un peu méchante, je l'avoue.
    Mais tout de même, venant de faire un tour sur votre blog, je persiste et signe, votre plumage est bien supérieur à votre ramage.

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  11. Léon,..

    Je vous en conjure, ne vous méprenez pas sur ma personne, elle est de toute grâce au coeur des hommes.

    J'ai lu La Fontaine, et sa morale n'est point un blasphème.

    Cordialement,
    Sand.

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  12. Jacques Étienne : je suis rewriter depuis trente ans : c'est un excellent entraînement pour supporter les inepties.

    Roberta : je crois que Bush est littéralement saisi d'incrédulité.

    Marco Polo voilà pourquoi c'est utile, d'aller flâner sur les blogs asilaires !

    TG : comme dirait Coluche : c'est pas grave pour celle qui l'a perdue, mais c'est con pour celui qui va la trouver sans savoir…

    Mat : Vous confondez le contenu et le contenant.

    Janus : mais non ! les petits-bourgeois dans ce genre-là sont toujours les cocus de l'histoire !

    Sand : si on est des Jack, j'espère ne pas finir de lamienne manière. encore que le blogage soit sans doute le plus court chemin menant à la lobotomie.

    Léon : fous la paix à ma copine, d'abord !

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  13. Un second tour Hollande serait une déception. Bayrou Le Pen un effroi. Un second tour Le Pen Sarko serait un génocide. Et dire que complotiste je retrouve ces gens.

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  14. La joue de boeuf...la queue de boeuf...Quand je pense que je n'ai pas encore fait de pot au feu...
    Heureusement l'hiver ne fait que commencer.

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  15. Je lisais et j'ai trouvé celle-ci très jolie :


    « Avec l’amorce d’un mensonge, on pêche une carpe de vérité. »
    de William Shakespeare

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  16. J'ai entendu hier une dame invitée sur France Culture
    vers 12h30 dire que nous vivions aujourd'hui en France sous une dictature et que les policiers faisaient des rafles de sans-papiers.

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