dimanche 10 juin 2012

Disons que tout est compliqué, ce sera plus simple


De même que le souci a définitivement vaincu le problème, le compliqué semble désormais avoir à cœur de nous fabriquer un monde plus simple. Il y a deux ou trois soirs, faute de films regardables sur les autres chaînes, je me suis retrouvé à écouter d'un tympan désinvolte Yves Calvi et ses quatre invités de C dans l'air ratiociner sur les élections législatives. Il y a avait là le quasi inamovible Pascal Perrineau, le presque aussi omniprésent Dominique Reynié, et deux autres dont l'histoire ni moi n'avons retenu les noms. En une heure, chacun de ces personnages a prononcé une bonne douzaine de fois l'adjectif compliqué. Moi qui pensais vivre dans un monde complexe, où certaines négociations étaient parfois délicates à mener, et des situations plutôt confuses, ou des raisonnements alambiqués, et même tels paris intenables, je me suis aperçu que j'avais tort et me perdais en de vaines distinctions byzantines : tout cela était juste compliqué ; il n'y avait plus à se mettre martel en tête : on allait vous alléger les dictionnaires. En fait, il ne me fallut pas trop de temps, cette constatation faite, pour comprendre que, dans l'esprit de ces oracles télévisuels, compliqué voulait avant tout dire impossible, mais un impossible dont on ne se ressent pas trop d'assumer franchement l'annonce ; un impossible de biais ; un impossible chuchoté et dont on espère sans trop y croire que caméras et micros ne l'auront pas clairement enregistré, des fois que le réel viendrait ensuite vous contredire. La télévision, la parole publique, la divination vespérale : tout cela est décidément bien compliqué.

6 commentaires:

  1. Remplacer "impossible" par "compliqué", c'est pour ne pas désespérer Billancourt.
    Quand l'émission a un caractère purement politique, les autres tauliers sont souvent Barbier de l'Express, Dely du Nouvel Obs, Roland Cayrol de Sciences Po et Bruno Jeudy du JDD. Il y en a d'autres, à la présence assez récurrente mais moins assidus ou moins convoqués.
    Quand l'émission est à dominante économique, les tauliers sont Marc Fiorentino de BFM et Challenges, Christian Saint Etienne du PSG, non du CNAM, Pierre Larrotourrou éditorialiste plutôt de gauche, Philippe Fremaux d'Alternatives Economiques, Philippe Dessertine de Paris X, Bernard Maris, membre du conseil général de la Banque de France mais de gauche.
    Je dois avouer que je suis devenu accroc de cette émission car les invités sont de qualité, argumentent sans s'invectiver ni se couper la parole. Je n'ai jamais tant appris en économie qu'avec cette émission. Je concède que Calvi est un peu "primesautier" mais il lui arrive souvent de reformuler certaines opinions ou certaines formulations de telle manière à ce qu'elles soient claires pour tous. Il est vrai que cela passe parfois par une certaine simplification du vocabulaire. Car on ne peut-être spécialiste en tout et user des nuances quand on débat.
    Cela étant, je suis comme vous, très attaché à la variété et à la justesse de la langue quand les circonstances s'y prêtent.

    Duga

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    1. Moi aussi je la regarde très souvent. Mais c'est justement parce que les deux autres n'étaient pas des invités “à rond de serviette” que je n'ai pas retenu leurs noms.

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    2. Robert Marchenoir10 juin 2012 à 19:06

      Wahou... Bernard Maris est membre du conseil général de la Banque de France ? Juste j'hallucine ! Mais Bernard Maris est d'extrême-gauche ! C'est un communiste enragé !

      Bernard Maris, c'est un type qui a écrit un livre intitulé Marx, ô Marx, pourquoi m'as-tu abandonné ?... Il a été directeur adjoint de la rédaction de Charlie Hebdo... Il a fait partie du pseudo "conseil scientifique" du club d'intellectuels d'extrême-gauche ATTAC...

      Et ce type fait partie des dirigeants de la Banque de France ?

      La France est bien le dernier pays communiste du bloge avec la Corée du Nord ! Même Cuba a récusé le communisme !

      A noter que d'après Wikipédia, Bernard Maris habite dans le 16ème arrondissement de Paris... Mouahahaha... Marxiste des beaux quartiers, et haut fonctionnaire dirigeant de la Banque de France... la Banque de France, l'une des plus belles planques de la République, avec des conditions de, ahem ! "travail", et de retraite, dorées sur tranche... à nos frais... aux frais des gens qui travaillent vraiment...

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  2. Robert Marchenoir10 juin 2012 à 18:55

    Mais pas du tout. Vous complexifiez inutilement la situation.

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  3. Vous n'êtes pas encore tout à fait dans la cible de cette émission simplificatrice. Peut-être utilisez-vous déjà des "libra" de Téna pour faire de la motocyclette mais disposez-vous du monte-escalier "Stana" ?

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  4. Non, c'est juste que j'entends pas bien11 juin 2012 à 10:57

    "À la poste, ce matin, j'étais dans la fille d'attente, derrière une femme d'une quarantaine d'années ou un peu plus, blonde, cheveux courts, dont le pantalon blanc, s'arrêtant à mi-cheville, laissait apercevoir un tatouage..." à lire chez Georges plus empressé d'entrer dans la fille que d'attendre son tour !

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