mardi 9 décembre 2014

Manuel Valls : le mystère du troisième homme


Dimanche soir, sur France 2, le Premier ministre a, au milieu d'un brouet sans intérêt, laissé échapper une phrase qui aurait dû faire bondir tous les Français, tant ses implications pourraient être lourdes ; pourtant, nul n'a réagi, à ma copnnaissance. Manuel Valls a dit ceci :

Nous discutons beaucoup, avec le président de la République.

Que le président et son Premier commis parlent ensemble, c'est bien la moindre des choses. Mais alors, qui est le troisième homme ? Quel est cet inconnu qui s'est inséré en tiers dans cette conversation au sommet ? Car je ne puis seulement envisager qu'un homme aussi brillant que Manuel Valls parle le français comme un Basque espagnol ou comme un progressiste de la blogoboule. Par conséquent, s'il a enployé cette formule, c'est en connaissance de cause, pour révéler sans en avoir l'air à tout le pays l'existence de ce shadow triumvirat. 

Donc, je repose la question : qui est donc le second membre de ce “nous” qui discute avec le président de la République ?

20 commentaires:

  1. C'est sa Majesté du je(nous) !

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  2. Sans doute le même qui fait redonder les donc

    "Donc, je repose la question : qui est donc..."

    Robin

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    1. Ah oui, tiens… Tant pis pour moi, je le laisse.

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  3. C'est l'hypothèse du "Basque espagnol" qui est pourtant la plus plausible.

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  4. Je pose une question "pourquoi nous introduit il 2 personnes et pas 3456 ? "
    Nous c'est Manu, c'est suffisant

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    1. Suffisant est le mot qui convient, en effet.

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  5. HS, désolé
    La photo illustre le film l'exorciste, je pense. Je l'ai revu il y a deux jours. Je me suis fait les réflexions suivantes à la vue du film: c'est film pro-catholique, rôle très positif des prêtres...et la mère de la petite possédée est une femme disons "progressiste" mais avec des côtés conservateurs qui vous plairaient: elle est actrice, vit séparée de son mari(?), père de son enfant et évolue dans le milieu artistique, elle est actrice, avec des alcooliques, des dramaturges et des drogués...normal que le démon s'attaque à sa petite fille...(humour...). Mais sinon, on voit donc la mère de l'enfant, laver et repasser la chemise du prêtre pendant que ce dernier prend son verre dans un fauteuil, un peu comme la bonne du prêtre. Cette scène m'a surpris, tellement que je suis peu habituée à voir une femme repasser et prendre soin de sa maison.

    Parfois vous faites une critique des films de zombie, horreur...j'attends la vôtre sur l'exorciste...

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    1. Ah, mais il ne vous aura pas échappé que je ne critique que les mauvais films d'horreur. Or, celui de Friedkin – que j'ai vu au cinéma à sa sortie et qui m'a flanqué une venette biblique – en est un très bon.

      D'autre part, si ma mémoire est bonne, la scène que vous dites avait été coupée dans la version originale et n'a été rajoutée que récemment dans la "version longue", à laquelle, d'ailleurs, elle n'apporte rien, à mon sens.

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    2. Non, pas HS. Au cœur du sujet.

      Mais, simplement, ce n'est pas ici que seront remis en cause 2.000 ans d'évolution (bref épisode d'une saga bien plus longue, puisque, après tout on pourrait dire 200.000 ans d'évolution ou 40 milliards d'années, avant le big bang donc).

      Ce que vous dites sur les représentations mentales qui sont mises en jeu par le film que vous citez est très vrai, mais cela est non pas hors sujet mais, plutôt sans objet en ce qui le concerne.

      Didier travaille sur la permanence de son sensible, qu'il confronte à la contingence et - forcément - à ses changements dans un tête à tête soudain, comme l'idée, mais sans conséquence: il cède à la mode du "je m'en fous".

      Du haut de ses 70 piges d'espérance de vie, il veut un monde qui retourne à son authenticité perdue et idéalisée, pendant le bref instant où il va l'occuper, sans se soucier du reste, qui l'emmerde.

      Cet effort littéraire, car dans son cas cela se traduit par un effort littéraire, l'amène à s'interroger sur un sac à main de pédé ou une vieille photo, ou un chanteur has been, dans une tension nostalgique où tous ses muscles se bandent pour répéter toujours le même mouvement. Comme une horloge suisse qui voudrait remonter le cours d'un temps ancien et figé.

      Il est exactement dans la position du rameur d'appartement: il rame, mais il ne bouge pas, ce qui est très exactement ce qu'il veut.

      Cette lente marche dans l'immobilisme le condamne au perfectionnement: il refuse d'être un Sisyphe poussant toujours la même pierre sans se perfectionner. En l’occurrence, c'est le perfectionnement du langage. Il travaille le sien, pour l'épurer, le débarrasser des scories, et pointe chez les autres ce qui fait défaut.

      Le lecteur de ce blog est donc convié à s'interroger sur la faute de français que pourrait recéler la phrase: " Nous discutons bcp, avec X"

      (différent de "je discute bcp avec X", sans pluriel car c'est moi qui discute, forme qui normalement devrait s'imposer)

      Dans cette phrase, il est assez évident que la virgule sauve tout: elle a le pouvoir d'isoler un membre de la phrase tout en lui permettant d'accorder le verbe.

      Mais peu lui chaut et il invente un troisième homme. Ce qui n'est du reste pas surprenant puisque lorsque vous mettez deux Français dans une pièce, vous obtenez trois avis différents, au moins, ce qui justifie l'emploi du pluriel: il faut inventer un troisième homme à la proposition verbale "je discute".

      Il ne s'agit donc pas du "nous" de majesté, mais d'un nous collectif qui devine dans la conjugaison normale du verbe "discuter" un esprit commun, gisant dans le sous texte.

      Un troisième homme mystérieux, sinon, il ne serait pas romanesque.


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    3. Bon je ne vous pousserai pas plus dans vos retranchements. En revanche, si quelqu'un ici peut m'éclairer sur le rôle du policier moustachu âgé qui cherche absolument à aller aux cinémas avec les prêtres, je lui saurai reconnaissant.

      N'ayant pas vu la version ciné, je ne puis vous rencarder sur ce qui a été ajouté/coupé selon les différents versions,

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    4. tschok : êtes-vous né comme cela ou c'est un accident ?

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    5. Ni l'un ni l'autre: cela se travaille!

      (remarquez, on peut aussi considérer ma naissance comme un accident et aussi comme un travail, donc ça se discute)

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  6. C'est la machine à café selecta de l'entreprise. Je sais, c'est facile, ce sont les guignols, mais son mariage avec selecta est visuellement à hurler de rire.

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  7. Je croyais que la curiosité était essentiellement féminine et avec votre questionnement je m'aperçois que non

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    1. C'est que, parfois, je laisse s'exprimer la femme qui est cachée en moi…

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  8. A environ 13mn 11
    A la question :
    - Elles sont comment vos relations avec le Président de la république ? ;Vous allez me dire qu'elles sont bonnes ..
    - Vous vous rendez compte si je vous disais le contraire ?
    - Non ....Il serait intéressant de savoir s'il y a deux lignes des différences ...
    - Nous discutons beaucoup ,c'est la base c'est la confiance , la base entre le Président de la République et son Premier Ministre il ne peut pas en être autrement .
    Vous voulez me dire où vous voyez un troisième homme dans ce déroulé ?... A moins que ce ne soit le ST Esprit .

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  9. Malgré son aptitude pour le bagout il s'est mal exprimé, tout simplement.

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